Actes et fragments, l, pp
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1728 le passage de Constantinople en Pologne de deux jeunes seigneurs anglais inconnus: „Cette même année vinrent air^si de ce côté, à la Cour du prince Grégoire (Ghica), deux jeunes princes, j,beyzadés", anglais, qui avaient quitté depuis quatre ans leurs maisons en Angleterre et s'en allaient à travers différentes contrées pour voir les pays et les coutumes nationales; et le prince les reçut honorablement, et leur offrit un dîner à Frumoasa" — le beau couvent dû à la libéralité pieuse de Ghica, tout près de sa Capitale de Jassy. „Et il ordonna au Grand-Postelnic (maître de cérémonies) et à d'autres boïars aussi de les servir et de leur faire honneur, ainsi qu'on l'a vu. Et ils passèrent ensuite en Pologne, des chevaux et des gens de service leur ayant été accordés pour les y conduire i."
Dix ans plus tard on a le récit du courrier anglais mentionné plus haut. Jean Bell d'Autermony fut chargé de sa mission auprès de Fav/lkner et des ministres de France et de Hollande à Constantinople par l'ambassadeur à Pétersbourg, Rondeau, avec; une lettre du chancelier russe, comte d'Ostermann. Ayant quitté la Capitale le 6 décembre 1737 avec un domestique comme interprète turc, il obtint à Kiev, du général Roumientzov
1. Chronique d'Alexandre Amiras, dans Kogâlnicea- »u, Letopisefe, 111, p. 172.
et du diplomate Néplouiev, un des délégués de la Tzarine au prochain congrès de Nimirov, une escorte de Cosaques jusqu au Dniester. Il se trouve sur les frontières moldaves, devant Soroca, — ancien château du XVI-e siècle, élevé contre les invasions des Tatars, et maintenant, malgré ses canonsd'ancien modèle, bourgade de commerce^ avec quelques Grecs, Juifs et Turcs mêlés aux Moldaves, — oij le burgrave, le „pârcâlab", un Grec, Petrachi, tout en lui présentant des fruits, du vin et d'autres menus présents, arrêta le voyage de l'étranger jusqu'à l'arrivée des instructions de son prince. Le 2 février 1738 il put se mettre en route, en compagnie du lieutenant de Cosaques Norov. Parles villages, qu'avait dévastés la peste, de Câinari et de Mâgura, il arrive au Pruth. /
Son audience au prince eut lieu à Jassy — ville de 2-3.000 maisons, la plupart en bois, — le matin du 4 février. Ghica, dont il écrit le nom : Duca, lui parut être „un prince d'un irès bon caractère", extrêmement poli, mais, en ce qui concerne la continuation du voyage, il s'en rem.ettait au séraskier de Bender. Bell dut se rendre, accompagné par un capitaine bosniaque et deux soldats de la garde moldave, faisant un autre chemin, par Volcinet et Chisinâu, à la résidence du Pacha, Après huit jours passés, comme visiteur, dans une hutte souterraine,. un tschochodar et deux Tatars vinrent le conduire à Constantinople. 11 vit en chemin jusqu'à Tulcea, dans la Dobroudscha turco-tatare, les habitations
de bois et de pisé des officiers du Klian à Câuçani, oij les Moldaves qui les servaient étaient des gens „très civils et très humains" ; un de ces officiers, qui avait été esclave du duc de Lorraine, commença, tout en partageant avec Bell un pilav d'orge, à parler français, s'intéressant à la politique eurbpéenne, au grand ébahissement de notre courrier diplomatique. Dans la forteresse d'Ismaïl il n*y avait que des Turcs, mais „bon pain et bon vin". Le retour de Constantinople se fit par la même voie, en mai. Le voyageur y retrouva le même prince „poli" et la même escorte d'honneur, qui le conduisit par Soroca au Dniester *.
Vers 1760 seulement l'Angleterre recommença à s'occuper des pays du Danube. Mais elle ne le fit d'abord que d'une manière accidentelle, car les seuls marchands occidentaux qui prenaient part au commerce de ces riches régions, fréquentées surtout par desRagusans, qui négociaient de seconde main, étaient les Impériaux, les Vénitiens et surtout les Français, qui vendaient, par leurs agents à Bucarest et àjassy, *même le drap de Londres, le londrin^.
1 Voyages depuis St.-Pétersbourg en Russie dans diverses contrées de l'Asie, traduction française, 111, Paris 1766; reproduit dans Th. Codrescu, Uricariul. XXIV, Jassy 1895, p. 215 et suiv,
2. Cf. Hurmuzaki, Supplément II, pp. 608 et suiv., 655. Le roi de Prusse cherchait à lier des relations diplomatiques permanentes avec la Porte par le moyen da l'ambassadeur d'Angleterre ; ibid., p. 701.
On croyait déjà en 1758 que le drogman impérial Grégoire, filsd'Aiexaudre Ghica, le diplomate phanariote décapité pour avoir bien servi les Autrichiens à la conclusion de la paix de Belgrade, était lié surtout aux Anglais i. Porter était alors représentant de la Grande-Bretagne à Constantinople, et il envoyait ses courriers à Berlin, où le roi Georges était représenté par Andrew Mitchells, par la voie de Moldavie et de Pologne. C'est ce qui provoqua en 1760 un échange de lettres entre ce dernier et le prince régnant à Jassy, Jean Théodore Callimachi, ancien interprète de la Porte lui aussi. Le British Muséum contient encore les originaux de ces lettres, le Voévode, „terrarum Moldaviae princeps", s'empressant de prorgettre tout son concours pour favoriser cette correspondance, transmise par le „sieur Rolland de Brixe", un Français 2.
En 1762 revenait par la Moldavie, accompagné du médecin Mackenzie, cet ambassadeur britannique auprès du Sultan, Porter, qui, pendant son long séjour à Constantinbple, dès 1747, avait reçu plus d'une fois dans son palais les membres de la famille, d'origine moldave, mais depuis longtemps pliée aux moeurs grecques, des Callimachi (originairement : Calmâsul). Ce passage