‹ Histoire des relations anglo-roumainesChapitre 26 sur 74 · Ibid.. p. 446, n · texte numérisé non relu

Ibid.. p. 446, n

2. „As to his 1 [ighness, we left him to his own grandeur, not caring for the honour, or rather th» trou-

deur s'intéressa en , échange vivement au pâtretransylvain qui menait ses troupeaux à travers la Moldavie, des Carpathes à la Dobroudscha et au Dniepr, et il trouve plaisir à décrire le nomade vêtu d'une chemise de lin et recouvert d'une jaquette de peaux, qui se nourrit surtout de ce ,pain de millet" („millet broth") qu'il appelle de son nom roumain, la mâmàliga.

Deux ans plus tard on rencontre de nouveau un voyageur anglais en Moldavie, lord Baltimore, dont nous ne connaissons pas la mission dans ces contrées. Il prit lui aussi le chemin de la Dobroudscha pour se rendre en Moldavie, et non celui de Silistrie et de Turtucaia, qui menait à Bucarest. Il débarqua aussi à Galatz, le grand port d'aujourd'hui, qui n'était alors qu'une bourgade, avec quelques églises et un grand couvent grecs,' contenant la sépulture du fameux Hetman des Cosaques, Mazeppa. Continuant vers le Nord, on rencontre de hautes herbes et des terrains cultivés, 014 cependant les sauterelles étaient en train d'accomplir leur œuvre de destruction. Mais il n'y avait que des terrains en friche, bien que d'une qualité tout à fait supérieure, autour de ces anciennes villes de commerce, Bârlad et Vasluiu, qui n'apparaissent au

ble, of seeing him". Sir George Larpent, Turkey, its history and progress, Londres 1854, I, p. 375 et suir.» ians B«za, loc, cit., p. 281.

lord anglais que comme de «pauvres petites bourgades". Après avoir traversé la grande forêt, qui s'étendait sur des lieues entières, semée de clairières, de ruches à miel, de huttes oiî on travaillait le bois et on fabriquait le charbon, et de modestes églises, il arrive enfin à Jassy, après avoir employé Irente-cinq heures de voyage.

Dans les grandes rues de la Capitale moldave il rencontre le pavé de bois dont il a été déjà fait mention. Les rues secondaires n'en sont pas recouvertes. La plupart des maisons, à un seul étage, basses, ayant très peu de meubles, ne se distinguent guère des habitations des paysans. La Cour du prince, sur la place de laquelle, après plusieurs incendies, s'élève aujourd'hui le „Palais Administratif", était bâtie en briques et ceinte de murs flanqués de bastions. 11 en était de même pour les maisons des nobles, qui contenaient tout ce monde de domestiques et d'esclaves tziganes, chacun exerçant son métier dana cette ^économie complète* qui était la demeure d'un riche gentilhomme terrien ; nous ajouterons qu'il y avait même, comme dans la résidence d'un lord anglais du XV-e siècle, une chapelle avec ses desservants.

On ne conçoit pas comment sous un prince aussi accueillant et d'une si bonne compagnie que Grégoire, fils de Jean Callimachi, un étranger d'une si grande distinction put être logé dans une maisonette, une „hutte" infestée d'insectes et ayant pour habitant plus ancien une vache qui empêcha

Baltimore de poursuivre le sommeil de sa lassitude. Comme il dit cependant que l'animal passa sa tête au-dessus de la crèche dont il se nourrissait, pour renifler le lit de son nouveau voisin, il faut croire que, n'ayant pas de lettres de recommandation et voulant faire une connaissance plus approfondie de la couleur locale, le noble voyageur demanda l'hospitalité à un de ces khans de marchands à la mode turque oij, en effet, hommes et bêtes cohabitaient la nuit.

Il transporta ses pénates passagers au couvent de Saint-Antoine de Padoue, chez les pères franciscains, protégés par la Pologne et la France. Il y trouva des religieux d'origine diverse, parlant le latin, l'italien, le grec et, s'il faut l'en croire, même le russe. Ils lui donnèrent à manger et lui offrirent du vin qui n'était pas à trop bon marché dans ce pays de vignobles. Il tâcha de leur faire comprendre qu'on peut écrire des vers en anglais, mais ils objectèrent qu'une langue si rude ne peut se prêter aux exigences de l'harmonie, et quelque Italien du Levant confondit même en sa présence Londres avec l'Angleterre: „Ils nous demandaient si l'Angleterre est dans Londres ou Londres en Angleterre".

Grâce cependant à l'obligeance du frère Luc de Marseille, Baltimore apprit que la ville, contenant „jusqu'à deux mille maisons", est habitée par des Moldaves, des Arméniens, des Juifs et des Tziganes, qu'elle contient, en fait d'églises,

outre la Métropole, fondation du siècle précècédent, treize couvents de moines orientaux, un seul de nonnes de la même confession, quinze églises orthodoxes et deux arméniennes, sans compter une seule maison de prières pour les Juifs (la plupart des émigrés venus tout récemment de Pologne pour servir de médiateurs de commerce, plus ou moins superflus, et quelquefois pour introduire, comme artisans, les articles exigés par la nouvelle mode occidentale). Baltimore n'oublie pas le grand établissement de bains, dû à Basile Lupu, qui a été détruit tout dernièrement sans qu'on en eût pris des plans — „des. bains de pierre, de forme ovale, ayant un compartiment pour les hommes et un autre pour les femmes et qui fonctionnent journellement sauf pendant les fêtes". Des conduites d'eau, placées par des spécialistes turcs, des „souiouldschis" de Constantinople, une belle œuvre, dont on peut découvrir encore les traces, alimentaient les fontaines de pierre, autour desquelles on se rassemblait jadis comme à l'heure du soir dans la Bible ou même dans la Venise de Goldoni et dans celle ■d'hier encore. Le linge était lavé dans l'eau sale du Bahluiu, qui infecte la ville plutôt qu'elle ne l'arrose. Les belles collines, couvertes de vignobles et de jardins, qui entourent Jassy n'échappèrent pas a l'attention du voyageur, qui consacre aussi quelques lignes aux ^femmes très voluptueuses et d'une extrême amabilité moyen-

nant argent ou cadeaux", avec lesquelles ses guides le mirent en contact et dans lesquelles il croit naïvement avoir découvert le type féminin du pays'.

Or, par un caprice du hasard, au même moment les premiers Moldaves qui ne fussent pas des prétendants ambulants au trône de leur patrie se trouvaient à Londres. Ce n'étaient pas des Roumains, mais bien des Allemands de Pologne, de cette colonie, composée aussi de Polonais et de Hongrois, que le prince Jean Callimachi, puis son fils Grégoire avaient fait venir de Pologne en 1759—1762 pour fonder, à Filipenii-Noi, sur le Dniester, une fabrique de draps. Délégués par leur communauté et munis de privilèges accordés par le Voévode, Jean-Jacques Schiedmantel, pasteur luthérien, et Charles Christophe de Marschall exposèrent au roi qu'ils représentent la vraie foi aussi pour les voisins de Podolie, de Ja Russie Rouge, de l'Ucraine, qui font jusqu'à cent cinquante lieues anglaises de chemin pour jouir de la , prédication évangélique et qui leur confient l'éducation de leurs enfants, qu'ils pourraient pratiquer des conversions „entre les Turcs et les

1. Traduction rouinaine, d'après une version russe, par Serge Plestschéev (deux éditions à Pétersbourg» 1776 et 1778), dans Hasdeu, Archiva isioricâ, \, pp. 183 — 181. Nous n'avons pas vu l'original anglais.

membres de l'Eglise grecque" („among the Turks and the members of the greek Church"), mais qu'il ieur faut des fonds pour consolider leur organisation religieuse et scolaire, au moins deux mille cinq cents pounds. Leur seule requête était qu'on leur permît de recueillir des aumônes dans certaines contrées de cette Angleterre si libérale pour le soutien de la vraie religion. Et le privilège qu'ils désiraient leur fut facilement accordé le 2 février 1764».

Cinq ans plus tard une nouvelle guerre éclatait entre la Russie et les Turcs, qui furent en danger de perdre les deux Principautés. La situation générale en Europe fit qu'une attention particulière fut accordée à ces affaires du Danube par les représentants du roi à Constantinople, Weymouth, et à Pétersbourg, Cathcart, qui eurent connaissance même de cette convention par laquelle l'Autriche, qui n'avait rien risqué dans ce conflit, s'assurait de la part de la Porte, qui lui payait même une forte somme en récompense de sa «médiation", la possession de la Petite Valachie, qui avait été jadis la „VaIachie Autrichienne" ; de cette convention, qui ne fut pas exécutée, résulta cependant bientôt le rapt, en guise de compensation, de la Moldavie

1. British Muséum, B. IV, 7, dans nos Actes et fragments, I, pp. 380—382. Cf. ibid., pp. 375—377 (British Muséum, R. Il, 178). Voy. aussi Hurmuzaki, Documente, X, Préface,

septentrionale qui reçut des envahisseurs le nom de Bucovine'.

Il y avait eu du reste, en 1770, à côté de la médiation autrichienne et de celle du roi de Prusse, une médiation anglaise. Son agent grec avait été le beau-père et le représentant à Constantinople du prince de Valachie, captif à Pétersbourg, Grégoire Ghica, ce Yakovaki Rhizo, qui joua à cette époque un grand rôle à Constantinople. L'envoyé prussien, de Zegelin, se plaint de ce que cette ^créature du ministre anglais" remue ciel et terre pour remplacer une offre diplomatique par l'autre 2. Un autre Grec puissant, qui venait de succomber à ses intrigues, Nicolas Soutzo, celui-là même qui avait provoqué en 1762 la brouille entre Porter et son maître Grégoire Callimachi, avait combattu énergiquement l'influence de l'Angleterre, «cette Puissance hautaine" qu'il avait désiré voir aux prises avec les Etats Généraux de la Hollande 3. Et il y avait aussi à la même époque d'autres. à Constantinople et dans les Principautés, qui s'avisaient de critiquer les desseins ambitieux „des Anglais" 4^ en même temps que ceux du „prince le plus violent et le plus turbulent de l'Europe" qui est Frédéric U. Mais Hiérakis, agent du prince de

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