‹ Histoire des relations anglo-roumainesChapitre 5 sur 74 · Hurinuzaki, XI, p. 632, note · texte numérisé non relu

Hurinuzaki, XI, p. 632, note

2. Jbid., p. 651, n. lxxxix (Ilakluyt, Principal Navigations, I, pp. 320, 436).

3. Hnimuzaki, XI, p. 822: ., 30 Martii. Karh pin ÉngeTi«hder Kaiiffmàn hiher : schicktt imé auff Beîipl «in MaH

: çriebn Pisch, Weinn, Czippo".

Porte. II crut devoir assurer le commerce anglais dans ces contrées, commerce qu'il avait contribué à établir par un traité formel conclu avec le prince moldave.

Pierre le Boiteux, bien que tributaire de Mourad cl, avait certainement qualité pour signer une telle Ilonvenlion. Les douanes des principautés étaient absolument indépendantes de celles de l'Empire ottoman, qui avait seulement le droit de des provisions à bon marché et, dans certaines conditions, un faible contingent militaire, qui ne fut presque jamais envoyé dans le camp des maîtres „païens". Le prince affermait ce revenu, très élevé, à des Grecs, à des Levantins de langue italienne, même à des indigènes, qui appliquaient aux marchandises de toute provenance des tarifs, certainement d'origine fatare, datant de l'époque où les Khans de la Horde d'Or commandaient jusqu'aux Carpathes. Dans les derniers temps, ces tarifs avaient été cependant abaissés, et Harebone demandait que ses co-nationaux fussent admis à bénéficier du traitement habituel des Moldaves et ,,autres négociants".

Sa demande fut agréée par Pierre, qui ne laissait échapper aucune occasion de gagner un appui dans la chrétienté (il faisait semblant de favoriser dans son pays l'œuvre de propagande catholique des Jésuites et des Franciscains de Pologne). Le privilège de commerce des Anglais est daté du camp moldave, le 27 août 1588. II fut rédigé sans

doute par Harebone lui-même et par le principat conseiller du prince moldave, Barthélémy Bruti^ Albanais italianisé, qui connaissait le latin : le style est absolument celui des actes occidentaux de cette espèce. Les Anglais paierotit trois ducats sur cent et jouiront de toute la liberté et la protection nécessaires'.

in.

Edouard Barton, qui remplaça Harebone, après le court intermède de l'Italien Mariani^, dédaigna de suivre l'exemple de cet humble marchand, "dont la seule préoccupation avait été d'assurer aux siens une plus large part à ce commerce d'Orient que commençaient déjà à troubler des pirates anglais. Il voulut s'enrichir et, en même temps, il eut l'ambition de se mêler aux affaires religieuses et politiques de l'Empire, intervenant comme médiateur, agissant comme propagandiste anticatholique, favorisant des candidats aux trônes de Valachie et de Moldavie, soutenant en chaque occurrence la cause du protestantisme et, par conséquent, celle des Turcs, menacés sans cesse, depuis la victoire de Lépante, par une coalition catholique, à carac-

1. Hakluyt, ourr. eit4, II, pp. 28S-290 ; Hurmuzakî, in ', p. 108, n. cxiv ; p. 122. n. cvii.

2. Hurmuzaki, XI, p. T76, Hot« 2. Cf. ma GescHichte é<s osmanisâien Reiches, 111.

tère de croisade, que conduisaient la Maison d'Autriche, l'Empereur et le roi d'Espagne.

Nous ne le suivrons pas dans ses agissementsqu'on peut étudier dans les résumés de ses rapports, donnés par M. Horatio Brown (Calendars of State Papers ; Venice, iX, 1592-1603). H suffit de noter brièvement ce qui regarde directement les pays du Danube.

En 1589, le beglerbeg de Roumélie était entré en Pologne pour venger les dégâts commis par les bandes cosaques sur le territoire moldave. Le roi fit tout son possible pour amener une réconciliation, et les efforts de l'ambassadeur polonais à Constantinople, Zamoyski, parent du puissant Chancelier, furent soutenus par Barton; les Turcs reconnurent qu'il en avait le droit ^ parce que le royaume d'Angleterre est voisin de la Pologne et que les Polonais entretiennent des relations d'amitié avec la reine d'Angleterre'' i.

Mais, pendant que la Pologne cherchait à gagner la Moldavie voisine à la foi catholique, ce qui aurait eu des suites politiques appréciables, car il ne faut pas oublier que le roi Etienne Bâthory rcvait d'atteindre la frontière du Danube et que le chancelier Zamoyski. était tout acquis à celte politique, Barton essaya, de son côté, de faire pénétrer au-delà du Danube ^le courant religieux de la Réforme. Les émissaires de l'archevêque de Lembergp

Page 1