COLONNE DU NORD
Le Général de brigade Moyse, Commandant la colonne du Nord de l’armée en marche, destinée à prendre possession
de la ci devant partie Espagnole de Saint Domingue, aû ñnom de la République Française, rend au Général en Chef de l Armée de Saint Domingue, le compte suivant de ses opérations militaires.
Le 19 Nivôse, an 9 (9 janvier 1801)
J’ordonnai à 2500 hommes d'infanterie, faisant partie de la colonne à mes ordres, commandée par le chef de brigade Adrien Zamore, de se mettreen marche de Laxavon où la colonne était réunie, pour se rendre à Saint Yague, ee qui fut éxécuté à la minute, je me mis également en marche avec la cavalerie, au nombre de 800 hommes, commandés ‘par le chef de brigade Mathieu, j'étais accompagné du général de brigade Pajeot; je laissai en arrière, la 9me demibrigade, qui ne m'avait pas encore rejoint: nous allâmes bivouaauer dans la savane du Guisabin,à 9 lieues de Laxavon.
Le 20. Nous nous remimes en marche à 7 heures du matin, et nous nous acheminâmes vers l’hopital et la savanne de Mahô qui est à huit lieues de la savane Guyabîn, où se trouve la rivière de ce nom: les Espagnols y avaient un poste et s’y étaient embusaqués dans de grands boïs, de l’autre côté de la rivière, aussitôt qu’ils nous appereurent, ils firent plusieurs décharges de mousgqueterie sur notre avant-garde qui riposta, mais ils prirent bientôt la fuite, nos troupes ayant passé la rivière avec rapidité;cette rivière est bien défendue par les défilés qui Fenvironnent et son courant est on ne peut plus rapide, ce qui aurait pu être un obstacle sur le courage de nos troupes, qui intimidera les Espagnols, j’eus dans cette affaire un tambour tué, un officier et deux soldats de blessés: la conduite brave et courageuse de cet officier, est au dessus de tout éloge, il se nomme Joseph, de la 5me, demi brigade.
Nous continuâmes néanmoins notre route vers l’hopital, nous y arrivâmes à deux heures de l’après-midi, la colonne ÿ fit halte pour s’y reposer; l'infanterie passa la rivière de ce nom, et la cavalerie resta sur la rive opposée, le propriétaire de l’endroit dit l'hopital, étant sur son bien, il me fit conduire par quelques dragons, après quelques questions
sur l’objet qui nous amenait dans la partie Espagnole, je le chargeai de porter une lettre au commandant du poste lAmina, et une autre au commandant de Saint Yague, avec votre proclamation; j’invitais Ces commandans à me laisser prendre possession de ces places, au rom de la République Française, conformément au traité de Bâle, et à l’arrêté de l’Agent du gouvernement français, à Saint Domingue, du 7 Floréal an 8, que dans le cas où ils s’y refuseraient, je les enièverais de vive force,
À quatre heures de l’après midi, je remis la troupe en marche, et nous allâmes bivouaquer dans la savanne de Mahô, où nous arrivâmes à huit heures du soir : la colonne fut formée de suite en bätaillon carré, après avoir fait prendre les meilleures positions pour sa sureté,il n’y eut pas un seul coup de fusil de tiré pendant la nuit.
Le 21. La colonne se mit en marche à six heures du matin, pour le bourg d’Amina, que l'ennemi évacua, sitôt la prise du poste de l’Espérance; en sortant de la savanne Maho, nous rencontrâmes la rivière de ce nom, où l’on tira un coup de fusil pour prévenir sans doute le poste de l’Espérance de notre approche. Le passage de la rivière à ce poste est très étroit, et semble avoir été fait pour y placer . des embuscades, l’avant-garde arrivée à une portée de fusil du poste, reçut de l’ennemi une décharge de mousqueterie, tandis que 200 hommes à cheval, placés un peu à droite, dans une grande savanue où ils étaient masqués, cherchaient à nous prendre en flanc, au moment où la colonne contour. nait le morne sur lequel est situé le poste de l’Espérance; une partie de la colonne fit face à la cavalerie qui fut aperçue à la seconde décharge, elle fut mise en déroute, et le chef paya de sa vie, sa témérité: 400 hommes d'infanterie défendäient le poste de l’Espérance: ils firent plusieurs décharges sur notre avant-garde, et tirèrent un coup de canon du calibre de 2. Cette avant garde fit une décharge sur l’ennemi, et enleva de suite le poste à la bayonnette: la pièce tomba en nos mains avec ses munitions; notre cavalerie mit une seconde fois la cavalerie ennemie qui s’était ralliée, en déroute, et l’a poursuivie jusqu’à la rivière d’Amina. Un instant après, nos troupes passèrent cette rivière, malgré sa
rapidité, et s’acheminèrent de suite vers le bourg de ce
nom, le chemin y est difficile.
et peu ...
(La fin de cette lettre manque, De même que toute la lettre indiquée dans le Procès-Verbal de Toussaint Louver-
ture sous le No XX.)
Conditions de la Reddition de Santo-Domingo.
No XXI.
(Le commencement manque)
Art. II
Ïl n’y a point d’opposition avec la seule protestation qu’ exige l’autorité du décret de l'Agence du 27 Prairial an 8, dans lequel l’Agent nous a fait connaitre officiellement qu'il avait annullé celui du 7 Floréal; qu’il se conformerait à ce qu’auraient décidé les autorité suprêmes, auxquelles il a été rendu compte en son tems; au demeurant, tout va se disposer pour la remise impérative.
Art, IN,
L’urgence est reconnue dans les mêmes termes. :
Art ÎLE,
Monsieur le Président est fortement invité de prendre immédiatement des arrangemens pour la prise de possession de laci devant partie Espagnole, au nom de la République Française, et conformément à l’arrêté de l’Agent du Gouvernement Français, à Saint Domingue, en date du 7 Floréal, an 8, de la République.
Art: HI,
Monsieur le Président sentira l’urgente nécessité d’accélérer cette prise de possession, attendu qu’un plus long retard ruineraïit les propriétaires, par la consommation des troupes dela République, campées dans les environs de Santo Domingo, Bany et Assua.