CHAPITRE VIE
Toussaint Louverture et les Anglais
C’est en combattant les Anglais que Toussaint Louverture apprit à les connaître et à les estimer. Et, réciproquement, c'est en le combattant que les Anglais apprirent à connaître et à estimer Toussaint Louverture. Une amitié basée sur une telle connaissance et sur une telle estime demeure toujours. Les années ne peuvent que la rendre plus solide. Pendant tout le cours de la lutte, qui opposa, durant de nombreuses années, Toussaint Louverture etles Anglais, la guerre fut menée avec acharnemént certes, mais avec humanité. L’'hommage à fendre aux deux adversaires est tout à leur honneur, Nous en avons de nombreux et frappants exemples.
Comme bien l’on pense, les prisonniers que les deux partis se faisaient mutuellement étaient nombreux. Îls furent tou jours bien traités. L'un et l’autre parti mettant une certaine coaquetterie à adoucir leur captivité.
Le 18: Avril 1794 Le Colonel Whitelock, du Môle Saint Nicolas, remercie le Général Laveaux le Gouverneur, et par Jui Toussaint Louverture, le Général en Chef, de ‘'sa conduite généreuse envers les prisonniers qu’il a faits au Camp Fouché.'’ Le 10 Mai 1794, il lui écrit à nouveau. Il lui demande de lui retourner ‘‘les sujets de S. M. Britannique qu’il a pris à Jean-Rabel et à Bombarde.”
Le 14 Septembre 1795, Toussaint Louverture mande à Laveaux après ses victoires à Mirebalais, à Las Cahobas et aux Grands-Bois : ‘‘.... Les prisonniers anglais que j’ai faits sont déjà en route pour se rendre vers vous. Je vous envoie la note des prisonniers français que je voudrais avoir en échange.’
Le 10 Novembre 1795, des Gonaives, Toussaint Louverture demande à Laveaux de lui retourner 4 prisonniers de guerre anglais, expédiés à Port de Paix par ses ordres, pour les remettre à l'officier anglais. Les échanges de prisonniers étaient si fréquents, qu’un service spécial avait été institué. Celui qui en était chargé était T. White, qui avait pour titre ‘Commissaire anglais des prisonniers de guerre dans l'Île de Saint Domingue.??
Le 7 Novembre 1795, de Port au Prince, il écrivait à "Toussaint Louverture, Général de Brigade. Monsieur, Dans ma qualité de Commissaire des prisonniers de guerre, je vous adresse par la goelette L’Endeavour, expédiée en parlementaire, quatorze prisonniers dont vous trouvez ci joint la liste. Il ne s’est trouvé ici au nombre des personnes dont vous donnez les noms au Commandant de St Marc, que les nommés Pierre Coquilleau et Marie. Je me proposais de vous les faire passer . ,. . J'espère que les prisonniers qué vous recevrez vous rendront compte de la douceur et des égards avec lesquels ils ont été traités par moi et que vous en userez de même vis à vis de tous ceux que vous aurez à nous envoyer. Parmi ceux que vous avez, doit être un enfant nommé Davy, pris il y a environ deux mois sur la goélette Gasgogne et conduit aux Gonaives ..:.Je vous aurai une obligation particulière de me le renvoyer. Et soyez persuadé qu’en semblable et tout autre occasion, j'aurai grand plaisir à faire ce qui pourrait vous être agréable, ”?
Tous deux, le Chef Anglais, et le Chef Noir, s’estimaient à tel point que le Général Anglais, traitant de la reddition du Môle Saint Nicolas, ne craignit pas de se rendre, accompagné seulement de deux officiers d’ordonnance, dans le camp de Toussaint Louverture. C’est avec Toussaint Louverture d’ailleurs qu'il voulut traiter. La gravure a popularisé cette entrevue. Toussaint Louverture sort de sa tente tenant à la main deux papiers. Il les tend au général anglais. Que contenaient ces deux papiers ? L’un, une lettre de Roume, l’agent du Directoire, l’autre, la réponse de Toussaint Louverture. Mis au courant de l’entrevue, Roume invitait Toussaint à s’emparer de la personne du général anglais. Toussaint lui répondit que le général anglais était venu dans
8es ligñes, confiant dans sa parole. Îl ajoutait qu’il servait loyalement la République, mais que ce ne serait jamais au détriment de son honneur. Toussaint Louverture reçut le général anglais avec tous les honneurs dûs à son haut rang.
L'on sait que ies Anglais traitent magnifiquement. La Convention qui réglait l’évacuation des troupes anglaises signée, le général anglais annonça au général en chef qu’il lui faisait don de son palais avec tout ce qu'il contenait : meubles de prix, vaisselle d'argent, ainsi que toutes ses voi: tures et tous ses chevaux, L'amitié des deux grands chefs nous valut d’appréciables avantages : le ravitaillement était assuré ainsi que l’enlèvement de nos denrées. Et l’honneur d’avoir, les premiers, parmi les jeunes Nations Américaines, depuis 1794, 1796 et 1798, établi et noué des relations consulaires et diplomatiques avec la grande Puissance, maï. tresse des mers. Des relations si cordiales et quirépondaient si bien à nos besoins et à nos aspirations que non seulement elles n’ont jamais été troublées, mais qu’elles ont toujours été s’affermissant. Elles continueront cette marche ascendante.
Toussaint Louverture et le parlementaire anglais.
Nous conuaissons les excellentes relations qui existaient entre Toussaint Louverture et les Anglais. Tous deux, adversaires chevaleresques et loyaux, dignes de se comprendre. Les lettres écrites de part et d’autre à propos de l'échange des prisonniers, nous ont apporté la preuve de l'estime réciproque, dans laquelle se tenaient les adversaires. Lutte courtoise, qui, par sa correction, établit leur amitié et eimenta teur union. Les Anglais sont des gentlemen qui aiment le fair play.
Toussaint Louverture apprend à Laveaux l’arrivée d’un Parlementaire Anglais, le 20 Brumaire an IV (10 Novembre 1795), Des Gonaives, il lui mande de lui renvoyer 4 prisonniers de guerre, envoyés à Port-de-Paix, par ses ordres pour les remettre à l’officier anglais. Il continue ainsi : ‘‘Je
ne dois pas vous passer sous silence que l’ers de l’arrivée du parlementaire anglais, ie commandant Vernet était auprès de moi, chez Descahos pour affaires. Une barge du Cap, sortant de l’Anse à Veau, entrant aux Gonaives, insulta le parlementaire anglais, qui m’en porta des plaintes très amères. J’en fus singulièrement fâché: j'ai fait punir le Capitaine de cette barge et ai témoigné à l'officier anglais la douleur que j'en ressentais. Je lui ai offert toutes les réparations qu’il exigerait de la part du capitaine de barge. Ce qui l’a satisfait et l’a porté à solliciter qu’il ne fut fait aucun mal au capitaine de barge. Je l’ai ensuite amené chez Descahos, mon quartier général, où il a soupé avec moi. fl m’a demandéla permission de passer la journée à terre. Je nem’y suis pas refusé. Il ne partira donc que demain. Pendant cet intervalle de tems, je le traiterai très honorablement et je n'oublierai rien pour effacer de son esprit l’injure qui lui a été faite par le capitaine de barge du Cap.”’
Tout ce que je pourrais ajouter à ces lignes risquerait de les affaiblir et d'en amoindrir la portée, Il était préférable de les reproduire exactement.
Bonne foi de Toussaint Louverture
reconnue par les Anglais.
Le 20 Avril 1799, le Colonel Harcourt, chargé des négociations du Général Maitland, écrivait à Toussaint Lcuverture ,., Mais tout ce que je suis chargé de vous offrir, doit, dans mon opinion, être considéré comme une grande concession de la part du Gouvernement Britannique. Aussi le motif de sa conduite dans cette occasion en accédant à la Convention et aux arrangements dont il s’agit, n’est pas tant de procurer quelqu'’avantage militaire ou commercial aux deux partis, que de vous témoigner la satisfaction que lui ont donné votre bonne foi et votre ponctualité dans l’exécution de vos engagements en faveur des personnes et des propriétés de ceux qui, ayantété sous le Gouvernement Anglais, ont préféré rester sur leurs possessions quand les troupes de Sa Majesté se sont retirées . . . ?’
Le 27 Mars 1801, Toussaint Louverture, écrivant à l’Agent Anglais à Saint Domingue, affirmait: “Votre Gouvernement ne pourra jamais me reprocher la plus légère infraction aux Conventions convenues.”?
La lettre suivante que, du Port Républicain, Whitfield adressait à Toussaint Louverture le 21 Mai 1801 est à l'honneur et des Haitiens et des Anglais. Il lui mandait ; ‘‘ Par l'Adjudant-Général D’Hébécourt, je viens de recevoir votre lettre du 14 Mai 1801, par laquelle j’observe que vous aviez eu la bonté de renvoyer à l’Amiral Lord Hugh Seymour, les matelots anglais qui étaient détenus prisonniers au Cap. Permettez moi de vous témoigner combien je suis sensible de votre équité et de votre loyauté sur toutes occasions et de vous assurer que j'ai l’honneur d’être, avec le plus haut respect et estime, etc. WHITFIELD.’
Nous ne nous étonnerons pas que des adversaires qui s’estimaient à ce point, et avaient une si haute opinion de leur réciproque loyauté, aient signé des Conventions qui furent si favorables pour la Grande Bretagne et Saint-Domingue.
Les Anglais et iIndépendance de Saint-Domingue
Les Haïitiens n’oublieront jamais que le premier peuple qui souhaiïita et réclama l’Indépendance de leur Pays, ce fut le Peuple Anglais. Ils n'oublieront jamais en quels termes élogieux et réels ‘‘La Gazette de Londres’ travailla à rendre effective cette Indépendance et son acceptation enthousiaste par le Peuple Anglais.
Le grand journal anglais fit de Toussaint Louverture un portrait aussi flatteur qu’exaet. Le premier — dans le monde — le journal anglais se félicita, et engagea ses compatriotes à se féliciter, que ‘l'Indépendance de cette île très importante soit reconnue eë garantie””. Le premier — dans le monde — il se félicita et engagea ses compatriotes à se
féliciter que “pour la Cause de l'humanité un gouvernement noir soit organisé sous le commandement d’un Noir.”
Ces déclarations en pleine époque esclava giste, firent, comme bien l’on pense, la plus vive sensation. Elles ne rencontrèrent d'écho favorable qu’en Angleterre. Elles prouvent la générosité du peuple anglais et en quelle haute estime il tenait Toussaint Louverture. Elles étendent sa générosité et son estime à toute notre Race, puisqu’elles demandent — ces généreuses déclarations de la ‘‘Gazette de Londres, ”’” datée de 1798 — de traiter notre Race ‘‘avec la plus parfaite égalité. ??
Les Haitiens qui sont aussi chevaleresques que reconnais” sants ne l'oublieront jamais.
Voici des Extraits de l'Article de la ‘‘Gazette de Londres’ du 12 Décembre 1798 :
‘* L'histoire de la guerre actuelle ne présente aucun évé. nement qui soit plus intéressant pour la cause de l’huma:- ‘* nité comme pour les intérêts permanents de la Grande ‘* Bretagne, que le traité fait par le Général Maitland avec ‘* le Général noir, Toussaint Louverture, à l’occasion de ‘* l'évacuation de Saint Domingue.
LE
‘" Par ce traité, l'indépendance de cette île très impor- "" tante est, en fait, reconnue et sera garantie contre tous ‘" les efforts que les Français pourraient faire maintenant "* pour la recouvrer ,..
‘* Toussaint est un nègre et dans le jargon de la guerre, il a ‘‘ été appelé un brigand. Mais on s’accorde pourtant à pro- ‘" clamer qu’il est un nègre né pour venger l'outrage de ‘" son espèce et prouver que le caractère de l’homme est indépendant de la couleur extérieure . ..
LE
‘* C’est un grand point, pour la cause de l’humañnité, ‘ qu’un gouvernement noir, soit, en fait, eonstitué et orga- ‘‘ nisé dans les Indes occidentales sous le commandement ‘* d’un noir, chef ou roi : et que la race noire qui, par le ‘ créateur, à sa honte, avait été accoutumée à être dégra- ‘" dée, sera maintenant reconnue comme une soeur et trai-
“ tée avec la plus parfaite égalité. Tous les hommes ver- ‘* tueux se réjouiront à la vue du drapeau des noirs qui ‘* flotte msaintenant.’’
Les conventions secrètes entre Toussaint Louverture et Maitland.
Dans sa Proclamation du 10 Novembre 1798, Toussaint Louverture déclarait : ‘Rigaud poursuit sa diatribe et dit que j'ai fait un traité avec le Général Maitland et le Prési. dent des Etats-Unis, et qu’il y a des articles seerets. (Rigaud faisait allusion au traité de la Pointe Bourgeoise, signé le 31 Aout 1798). Cela est vrai. Mais si j'ai fait des traités, ils ont été remplis et effectués tant par l’évacuation entière des Anglais que par l'établissement d’un commerce avec les nations neutres. Tout cela est à l’avantage de la République, et s’il y a des articles secrets, ce dont je n’en discon.viens pas, c’est pour l’intéret de la Colonie.’?
Ces articles secrets, ces conventions secrètes que l’on savait exister, étaient presque tous inconnus.
Aux Archives du Ministère de la Guerre .à Paris, j'ai trouvé tous les documents se rapportant aux Conventions Secrètes quiengageaient Saint Domingue et l'Empire Britannique et qui furent signées par leurs Représentants, lé Général en Chef de l'Armée de Saint Domingue, Toussaint Louverture, et le Brigadier-Général Maitland.
Le seul but de Toussaint Louverture fut toujours la libération de sa Race et la prospérité de Saint Domingue. Il ne pouvait faire renaître et maintenir cette prospérité qu’en rétablissant l'ordre à l’intérieur, et la paix à l’extérieur. A ces seules conditions le travail pouvait se poursuivre à l’intérieur, et les relations commerciales être reprises avec les deux grandes puissances maritimes : l’Empire Britannique et la République des Etats-Unis. Le problème de la Production ne trouvait une solution que dans le Ravitaillement de Saint Domingue et l'Exportation de ses produits. Il fallait
donc renouer des relations amicales et des relations commerciales avec les Etats-Unis d'Amérique et avec l’Empire Britannique,
C’est pourquoi Toussaint Louverture avait signé avec le Général Maïtland, le 31 Aout 1798, le Traité de la Pointe Bourgeoïise. Traité qui mettait fin aux luttes entre les An. glais et lui. Traité qui jetait les bases solides des relations d’Amitié entre l’Empire Britannique et Saint Domingue: relations d'Amitié que renforcèrent, plus tard, les relations commerciales, Ce traité est un document diplomatique de très grande valeur, Car, comme l'assurait la Gazette de-Londres enle commentant, ‘‘par ce traité l’indépendanceé de cette île très importante est, en fait, reconnue, et sera g'arantie contre tous les efforts que les Français pourraient faire maintenant pour la recouvrer.’’
Après avoir établi une situation amicale avec l'Empire Britannique, Toussaint Louverture ne pouvait pas manquer d’en établir une aussi favorable avec la République des Etats- Uuis. Le 6 Novembre 1798, il écrivait au Président, John Adams. L’on nesaurait trop louer ces initiatives intelligentes qui poussaient le Général en Chef à s'assurer. en même temps que de solides amitiés, de vastes marchés, avec les deux grandes Nations, Maitresses des Océans.
Le Général en Chef mandait au Président : ‘C'est avec la plus grande surprise et la peine la plus sensible que je vois les navires de votre Nation. abandonner, depuis quelques temps, les ports de Saint Domingue, renoncer par là, à toute espèce de relations commerciales avec nous. .., Je me bor. nerai uniquement à me concilier avec vous sur les moyens propres à rétablir la navigation et à faire arriver dans nos ports le pavillon Américain , ... Vous pourrés être assuré, Monsieur, que les Américains trouverônt dans les ports de la République à Saint Domingue, protection et sûreté; quele pavillon des Etats-Unis y sera respecté comme celui d’une puissance amie et alliée de la France... Je me féliciterai d’avoir rétabli entre le Continent et la Colonie de Saint Domingue ces relations qui, pour l’intéret des deux Républiques, n’auraient jamais dû être suspendues un seul instant... ee
Dans une magnifique vue d’avenir, Toussaint Louverture nous indique notre Destin : l'amitié et l’alliance avec les Etats-Unis, les deux plus anciennes ‘‘Républiques’’ du Nouveau-Monde dont ‘‘les relations ne doivent jamais être suspendues un seul instant."
Mais le Traité dela Pointe Bourgeoise qui réglait l'évacuation des troupes anglaises, ne pouvait régler toutes les questions encore pendantes, ni aider à établir les relations commerciales entre Saint Domingue et l'Empire Britannique- Dès que ce premier traité fut ratlfié, les conversations entre le Général en Chef et le Général Maitland reprirent.
Le 13 Juin 1799. une Convention Provisoire fut signée entre Toussaint Louverture, Général en chef et le Colonel] Harcourt, représentant le Général Maitland. Cette Convention autorisait le libre commerce entre l'Empire Britannique, la République des Etats-Unis et Saint Domingue. Elle prévoyait aussi de ‘‘nouvelles discussions.”
Prenant hardiment l'offensive sur le terrain diplomatique, comme il l'avait si souvent fait surle terrain militaire, Toussaint Louverture, le 28 Mai 1799, ‘‘fit des propositions’” au Général Maitland. Il explique les conditions auxquelles, selon lui, dans les ports de Saint Domirgue soumis à son autorité, seront admis les bâtiments anglais et américains. Il règle le commerce maritime entre les ports étrangers et ceux de la Colonie. Il n’accorde aucun monopole et conserve ainsi le commerce libre. Et brusquement, à l’article 6, il propose : ‘““Pour prouver au Général Maitland le désir sincère que al de voir le fléau de la guerre disparaître pour jamais de Saint Domingue, je demande qu’il s’engage solennellement au nom de son Gouvernement de ne jamais attaquer Saint Domingue ni de ne fournir jamais à aucune puissance les moyens de le faire. Je m'engage de mon côté, de la manière la plus solennelle, à n’attaquer jamais les possessions anglaises ni d’en fournir les moyens.’
Toussaint Louverture, le premier, a ainsi posé un principe qui depuis a été ponctuellement suivi. Cette assurance, de ne pas porter la guerre dans les îles voisines, nous la voyons reproduite dans la Constitution de 1805. Cette assurance a
beaucoup contribué au maintien de nos cordiales relations avec les puissances voisines. -
Afin de prouver son égal désir de paix et d’entente avec le Général en Chef, au nom de la Grande Bretagne,le Géné. ral Maitland accepta. L’Article Ier des Conventions Secrètes déclare : ‘‘... L’honorable Brigadier Général Maitland s’engage à ce qu'aucune expédition ne sera formée de la part de S. M. Britannique contre les partis de l’Ile de Saint Do. mingue qui sont sous le commandement du Général Toussaint Louverture: et le Général Toussaint Louverture s’engage, de son coté, qu'aucune expédition ne sera formée contre aucune des possessions de S. M. Britannique ou des Etats: Unis de l'Amérique par les troupes de Saint Domingue. ft l’une et l’autre partie s’obligent réciproquement à empêcher en ce qui les concernent et par tous les moyens qui seront en leur pouvoir, que rien ne soit entrepris contre le gouverne” ment intérieur des possessions respectives.” Garantie abso” lue était également donnée, de part et d’autre, pour la sécu” cité des bâtiments en haute mer et dans les eaux territoriales. Les navires naviguant avec leurs papiers en règle, ‘‘signés par les consuls des deux nations (la Britannique et |’ Américaine) et par le Général Toussaint Louverture’”’, ne devaient pas être inquiétés par leurs corsaires respectifs.
Les articles 5 et8 des ‘‘Conventions Secrètes”’, fai saïent eux-mêmes l’objet de conventions secrètes que de nombreux paragraphes exposaient. Ils réglaient, dans tous leurs détails, la navigation entre Saint Domingue, l’Empire Britannique, les Etats-Unis, et entre les différents ports de 1a Colonie.
Sur les bases solides de fréquentes et fructueuses relations commerciales, l’amitié entre l'Empire Britannique, les Etats Unis et Saint-Domingue, était solidement établie. Si solidement, qu’elle s’est maintenue jusqu’aujourd'hui.
C’est un nouveau bienfait dont nous devons être reconnaissants à Toussaint Louverture,