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Maitland à Toussaint Louverture
Londres 15 Janvier 1799 (26 nivôse an VII) ‘Monsieur le Général, ‘J'ai l'honneur de vou$ annoncer mon arrivée ici, il y à environ deux mois et que Monsieur le Général Spencer m'a
remis votre lettre, à peu près trois semaines après. Nous
avons tous les deux éprouvé beaucoup de mauvais temgs'et des vents continuellement contraires. J'ai appris avec beaucoup de chagrin qu’après mon départ du Môle quelque chose s’était passé qui vous à donné lieu de croire qu’il y avait quelque changement dans les articles mutuellement ecnvenus entre nous sur le sujet de l'évacuation de cette ville. Mais je suis persuadé, quand vous serez informé des mesures que les ministres du Roi viennent d'adopter, qu’elles seront suffisantes pour vous convaincre que c'était: bien loin de leurs intentions d’agir en cette manière et qu’au contraire ils sont déterminés d’entretenir avee toute l'énergie possible les dispositions amicales qui se trouvaient entre nous à cette époque et de porter en effet la Convention secrète, signée au Môle d’une manière qui ne peut pas manquer de donner Ja plus vive joie a tous ceux qui, comme vous, Monsieur le Général, désirent protéger l’humanité, soutenir le bon ordre et les gouvernements réglés. Revêtu des pouvoirs à cet effet et pour arranger définitivement avec vous tout ce qui est nécessaire pour garantir, à la partie de l’île de Saint Domingue sous votre protection, les avantages 6t les bonheurs de la tranquillité et du commerce: j'ai reeu les ordres des Ministres de Sa Majesté de retourner encore une fois dans cette île. Maïs comme je serai obligé chemin faisant, de m’arrêter en Amérique pour quelques peu de jours, j’ai prié les ministres du Roi d'envoyer le Colonel Harcourt,mon député adjoint général, pour vous annoncer, Monsieur le Général, que je suis sur le point de mettre à la voile et que probablement je serai au Môle peu de jours après son arrivée auprès de vous.
Le Colonel Harcourt, aura donc l’honneur de vous remettre cette lettre. Il est revêtu de pleins pouvoirs pour faire tels arrangements qui seront nécessaires et de vous donner les facilités de procurer les quantités de provisions dont vous aurez besoin jusqu'à mon arrivée, J'espère qu'il est inutile de vous assurer qu’indépendamment du plaisir que je trouve naturellement en obéissant aux ordres du Roi, j'aurais la plus vive satisfaction en ayant encore une fois l'occasion de vous témoigner les égards et l'estime que j'entretiens pour vous personnellement et pour votre caractère.
ai l'honneur d'être, avec considération, Monsieur le {xénéral, votre très humble et très obéissant serviteur.
(S) JH. MAITLAND
Le Colonel HARCOURT au Général TOUSSAINT L'OUVERTURE
Gonaîves 20 Avril 1799 (ler floréal, an 7)
Monsieur le Général,
J’ai lu avec la plus grande attention les propositions quê Vous avez eu la bonté de me remettre à l’égard de l’objet de ma mission auprès de vous et des entraves que pourraient apporter à la discussion qu’elle demande deux circonstances: celle de certains paragraphes insérés dans des g'azettes anglaises et celle de la conduite du Capitaine White, commandant de la frégate de S. M. l’Albicor. Je pense que ce que J'ai eu l’honneur de vous dire moi mème sur ces deux der: niers sujets, n'exige pas d’autre explication: et je vous demande la permission de passer immédiatement à l’objet essentiel de ma mission auprès de vous.
J'ai l’honneur de vous informer d’abord que je suis revêtu de pleins pouvoirs relativement à la convention faite entre vous et le Général Maitland, dont j'attends l’arrivée à tout moment : que Ce premier point étant arrangé, des relations de commerce peuvent sur le champ avoir lieu entre cette île et celle de la Jamaïque et les États Unis de l'Amérique, en ouvrant à cet effet un port à Saint Domingue où pourront entrer et d’où pourront sortir en retour tous les bâtiments qui seront munis de passeports, sans qu’ils puissent être arrêtés ni pris, par aucun des croiseurs de S. M.; ni corsaires particuliers. Et pour que les autres ports de cette île qui sont sous votre commandement puissént jouir pleinement aussi du bénéfice de ces relations. de commerce, les caboteurs munis de passeports seront également à l'abri d’être
gris par les batiments anglais. Les alliés de S. M., les ‘arnéricains, étant dans toute occasion compris dans les arrange. ments de commerce faits par le gouvernement anglais, ils le sont dans ceux-ci: et il est bien entendu que ni leurs bâtiments, ni eeux des sujets de S. M. n’éprouveront aucun empêchement ni détention de la part des eorsaires armés danS les ports de Saint Domingue qui sont sous vos ordres: et que si, par ignorance, ou contrairement eontre la teneur de cet arrangement, il était fait quelque prise, sur les sujets de S. M. ou sur les américains, ces prises ne pourraient être ni condamnées, ni vendues dans aucune des parties de Saint Domingue qui sont sous votre commandement. Vous observerez, Monsieur le Général, que eette condition est une conséquence dérivant nécessairement de far.
rangement même :et d’après la conversation que nous avons eue sur cesujet, je dois penser que vousla trouverez juste et loyale, puisque de notre côté nous proposons de protéger le cabotage et le commerce de Saint Domingue avec la Jamaique et les Etats Unis.
La nécessité de la résidence de quelques personnes à Saint Domingue sera, je pense également sentie par vous. Mais cet objet se présentera naturellement en diseutant quel est le port au’il est le plus avantageux d'ouvrir. Permettez-moi de vous faire observer, maintenant, Monsieur te Général, à l'égard de tout ce que je viens de vous dire, que ce sont mes sentiments que je vous présente en réponse aux propositions que vous m’avez remises ce matin,et que dans cé commencement de négociation, chaque objet peut-être soumis à la discussion qu’il exigera. Mais tout ce que je suis chargé de vous offrir, doit, dans mon opinion, être considéré comme une grande concession de la part du Gouvernement Britannique. Aussi le motif de sa conduite dans cette occasion, en accédant à la convention et aux arrangements dont il s’agit, n’est pas tant de procurer quelqu’avantage militaire ou commercial aux deux parties, que de vous témoigner la satisfaction que fui ont donné votre bonne foi et votre ponctualité dans l’exécution de vos engagements en faveur des personnes et des propriétés de ceux qui, ayant éte sous le Gouvernement anglais, ont préféré rester sur leurs possessions quand les troupes de S. M. se sont retirées.
Mes propositions, Monsieur le Gén véral, embrassent prin- , nt, deux choses : la continuation de Ja convention ie avec le Général Maitland e ee ent que les bâ-
nts anglais ou Américains ne pourront pas être pris par saires de Saint Domingue, et que dans aucun cas ils
des cor ne pourront être ni confisqués, ni vendus dans les ports de cette île qui sont sous votre commandement.
Si vous agréez, Monsieur le Général, ces deux articles, vous pouvez, avant même l’arrivée du Général Maitlard jouir pleinement de l’avantage de recevoir tous les approvisionnements et 7 né qui vous sont nécessaires, de voir votre cabotage protégé sur toute la côte de Saint Domin. gue sous votre con Hi et enfin d’obtenir lies conséquences particulières et très importantes qui résulteront de ue de ces arrangem nts et dont j’ai eu l’honneur de vous faire sentir toute la a e dans mes Conventions. Je pense qu'un arrangement vel que celui-ci, où la Grande Bretagne n’a aucune vue d'intérêt et qui doit évidemment être œeux Dh s parties de Saint Domingue qui sont À
SOUS vos ordres, n’éprouvera aucune difficulté.
très avanta
Veuillez, Monsieur le Général, recevoir me s remerciements les pius vifs pour les égards et l'estime qu'il vous a plu de
me témoigner et agréez l’assurance du plaisir que j’éprouve à Saisir toutes les occasions de vous prouver le repect et
t attachement que vous m'avez inspirés et le désir que j'al
f uiItiver votre amitié J'ai l'honneur d’être, Mor le Général, votre très mpl me le | [\ Dr [S] Geo. HARCOURT EE CS SR ST TA ee en. toc] HARCOURT A TOUSSAINT LOUVERTU Gonaïîves, 24 Avril 1799. 7 h. du soir (5 floréal, an 7) Monsieur le Général,
Le retour du courrier qui m'a ARE votre lettre du 8 floque le tems de vous en accuser la reception.
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J'attendrai avec grand plaisir votre arrivée aux Gonaives qui sous plusieurs rapports me donne beaucoup de satisfaction.
J'aurai soin de me conformer au désir que vous me te gnez, me trouvant toujours heureux de faire ce 5e peut s’accorder avec vos vues.
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Recevez de nouveau l'expression des sentiments inaltérales de : +. et d’ attacheme ent avec lesquels j’ai l'honneur je Le —
d’être.
Monsieur le Géné serviteur.
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LE re VE à d ICE 3 Th 7 dame Harcourt à Toussaint Louverture
Gonaïîves 2, Avril 1799.
Je dois seulement ajouter à ce que ne ai vous marquer, que d’après l'attachement à vosir a conduite et mon retour vous ont donné de si fortes preues vous devez compter sur tous mes efforts,sur mes démarhes les plus vives pour obtenir que e Républicain soit relaché.Cependant malgré mon ardent r,je n’ose pas es
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en espérer beaucoup de succès à cause des lois de notre marine. Mais dans le cas ou vous persisteriez à désirer que je reparte pour la Jamaique, je es vous prier de me Conner
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ton pour y prendre mesdames Ogé et d'Hébécourt, dont les personnes et les bagages pourront y être embarqués de suite dans le cas ou le bateau ne pourrait pas être relaché ou ne pourrait pas l’être sur le champ. Je vous promets pour ell Monsieur le Général, tous mes soins, ainsi que toutes. les attentions et tous les égards qu'elles méritent.
Je dois vous observer; au sujet de ce que vous me dites. Mon Général, que j'aurai des a “ général Maitland à la Jamaique, qu’il n’y à pas la plus petite ap )parence qu'il y relâche, parce qu’il était bien positiver ne dans ses intentions de se ie directement d'Amérique au Port Répubiicain,
Il est impossible qu’il n’y soit pas avant très peu de jours puisque, comme je vous l’ai dit, il était à Madère le 25 Fé-
vrier dernier.
En attendant votre réponse à ma lettre du 20 de ce mois, permettez-moi de vous renouveler l’assurance de l’attachement et de l'estime avec lesquels j’ai l’honneur d’être Monieur le Général, votre très humble et très bédant serviteur.