ARTICLE PREMIER
Le Général en Chef de l’ Armée de Saint-Domingue,estrequis de donner ordre au général de brigade Agé, Chef de . l'Etat major-général de l’ Armée de Saint-Domingue dont le
patriotisme et la sagesse sont connus, de se transporter à la partie ci-devant Espagnole; pour en préndre possession au nom du peuple Français,avec tel nombre de troupes hlanches que le Généra! en Chef croirait nécessaire.
II L'Agence prendra, de concert aves le citoyen Général en chef, les mesures convenables pour instruire le Gouvernement et Capitaine général de la partie Espagnole, de cette prise de possession et mettre sur sa responsabilité, les ordres qu'il devra donner pour la bonne réception du Général Agé et de sa troupe, partout où ils se transporteront,
III. Le général de brigade Chanlatte, actuelement employé comme commissaire du Gouvernement à la Partie cidevant espagnole, exercera provisoirement, dès la prise de possession de la ville de Santo-Domingo, les fonctions de délégué de l'Agence dans la dite partie.
TV. Il se concertera avec le Gouverneur et Capitaine-général espagnol, ainsi qu'avec le Général Agé, pour que ce glorieux évènement s'opère à la satisfaction de tous les aneiens et nouveaux français.
V. Il maïintiendra, d'accord avec le Générsel Agé, l’exercice du culte, tel qu’il subsiste actuellement, et invitera les Curés et autres Ecclesiastiques, à concourir de tous leurs moyens au bonheur pubiie,
VI, Le Délégué Chanlatte et le Cénéral Agé seront expressément chargés d’avoir pour le Gouverneur et Capitaine général et les autres officiers et Fonctionnaires publics espaœnols, tous les égards dûs à leur mérite personnel et à leurs grades respectifs, jusqu’à ce qu’ils sortent de la Colonie.
Le présent Arrêté sera imprimé, lu, publié et affiché partout où besoin sera, adressé aux autorités civiles et militaires de l’ancienne et de la nouvelle partie française de Saint-Domingue, transcrits sur les registres des Corps Administratifs et Judiciaires, et une expédition sera immé diatement envoyée au gouverneur ‘et Capitaine-général de la Partie ci-devant Espagnole: il sera en outre inséré au Bulletin officiel de Saint Domingue,
Fait au Cap-Français, le 7 Floréal, l'an huitième de la République Française, une et indivisible. (27 Avril 1800)
Signé au Registre des délibérations, l’Agent particulier du Gouvernement National Français.
ROUME Le Secrétaire de l'Agence, L. BLANCHARD
Pour copie conforme, le secrétaire de l’Agence Signé. L. BLANCHARD
Pour copie conforme, l’Adjudant-général À. DHEBECOURT
No. II LIBERTE EGALITE REPUBLIQUE FRANÇAISE
Au Cap Français, le ? Floréal ar. 8 de la République Française Une et Indivisible (27 Avril 1800)
Toussaint Louverture, Général en Chef de l'Armée de Saint Domingue.
Ordonne au citoyen Agé, Général de Brigade, chef de l’Etat-Major-Général de l’Armée de Saint Domingue, de partir de suite du Port-Républicain, pour se rendre dans le plus bref délai à Santo-Domingo, partie ci-devant Espagnole pour, conformément à l’Arrêté de l’Agent du Directoire à Saint Domingue, en date de ce jour, dont l'exécution m’est confiée, de prendre possession de la ci-devant Partie Espagnole, au nom de la République Française.
Le général de brigade Agé, se concertera avec le général de brigade Chanlatte, Délégué de l'Agence dans cette partie pour opérer sagement avec poids et mesure ce travail important, à la satisfaction de la République, et des anciens habi. tans espagnols de cette partie. Le Général Agé se pénètrera
des dispositions de l’Arrêté précité,et les exécutera de point en point: pour cet effet, je le lui envoye annexé au présent ordre.
Le général de brigade Agé, exécutera avec précision, notamment les 5eet 6e articles du dit Arrêté, et préviendra les habitans de ma part,que la Religion sera maintenue dans toute son intégrité, et que jamais je ne souffrirai qu'il y soit porté aucune atteinte, scus tel prétexte que ce soit; les Curés et autres Ecclésiastiques révérés dans leur partie, feront beaucoup d'impression sur le peuple ci-devant espagnol qui pourrait avoir des craintes; en conséquence, il importera que le général les visite, pour leur assurer protection, et que le caractère duquel ils sont revêtus, sera respecté.
Le général de brigade Agé prendra des moyens pour calmer les inquiétudes des anciens et nouveaux français, et leur persuadera que leurs personnes et leurs propriétés seront respectées. Il ne changera rien au système qui existe chez les Espagnols devenus Français, étant infiniment important de ne faire ce changement qu’à fur et à mesure que les circonstances le permettront, c'est-à-dire pour s’habituer les anciens espagnols au régime républicain.
Le général Agé verra de ma part, Monsieur le Gouverneur; il l’assurera de ma haute considération pour lui; 1] recevra les comptes qu’il lui donnera de l’Artillerie, armes,munitions, etc, qui devront rester dans les diverses places, ou autres fortifications desquelles le général Agé établira inventaire, pour expédition d’icelui m'être envoyé aussitôt sa confection
Le général de brigade Agé fera, dans cette circonstance, ce qui sera avantageux, tant aux intérêts de la République, qu’aux anciens et nouveaux francais, et exécutera, dans sa sagesse, tout ce que j'aurais pu omettre pour terminer glo-. rieusement cette entreprise.
Enjoignons par le présent ordre, à tous les commandans de la partie française, depuis le Port Républicain jusqu’à Saint-Juan de la Magnana, et prions Messieurs les commandans Espagnols, depuis ce dernier lieu jusqu à Santo Dominso, de prêter au général de brigade Agé, mon envoyé, secours, protection, aide et assistance, de déférer aux deman-
des qu’il fera d’escortes, pour ie conduire d’une ville à une autre, ainsi que les chevaux nécessaires pour le conduire à sa destination, en diligence et en sureté,promettant réci Iprocité au besoin.
Délivré au Cap Français, Isle et côte Saint-Domingue, les dits jour, mois et an que ci-dessus,
Le Général en chef de l’ Armée de Saint Domirgue.
Signé. TOUSSAINT LOUVERTURE
Pour copie conforme,
l’adjudant-général A. DHEBECOURT
No IIL Du 24 Mai 1800 es Habitans de Santo-Domingo, au Cabilde du même lieu
Notre Illustre Cabilde,
s Habitaus de Santo-Domingo, pour eux, et au nom de
de le Peuple de la Partie Espagnole de cette colonie, se AS devant vous pour vous manifester les sentimens de la plus parfaite reconnaissance, pour le zèleet Ja vigilence parternelle avec lesquels vous nous avez aidé à détruire les Calamités qui menaçaient cette partie de l’Isies ils supplient, que, également, vos excellences, veuillent donner de leur part les mêmes remerciements au digne Gouverneur et Capitaine-Général, duquel le généreux et compatissant coeur a sçu donner promptement le remède efficace pour prévenir les maux. Les habitans mettent à la considération de vos excellences, que, pour rétablir la tranquillité on a besoin encore d’autres mesures qui sont des consé-
quences naturelles de la suspension de [a cession de l'île. Cette mesure est le retour du général Agé, au lieu d'où il est sorti. Cet homme fut destiné à gouverner cette partie, au nom de ceux qui regardaient déjà comme prises, nos habitations et nos vies: la cession n’aÿyant point lieu, sinon à l’époque convenue, sa présence ici n’est pas seulement inutile, mais dangereuse: sa mission est finie, il n’a rien qui le retienne, sinon la qualité de conspirateur : ce considérant tout le monde le croit, et il n’y a pas un seul individu qui ne tremble pour les dangers qui menacent cette partie, quand il est en disposition de semer la discorde et le soulèvement. Ce qu’on doit croire prudemment, sachant qu’il y a des hommes si pervers et flatteurs qui se plaisent à remplir les oreilles de schismes et de mensonges, qui serviront à augmenter dans son esprit le germe de la conspiration.
Considérant ces principes, vos Excellences doivent voir toute la nécessité qu’ily a, qu’il sorte le plutôt possible; c'est l’unique moyen de resserrer les liens de notre union, et rétablir votre sureté et surtout prévenir des disgraces desquelles il serait la première victime. Les habitans confiane dans la prudence, le zèle et les lumières de vos excellences, savent qu’il suffit qu’ils vous montrent ce mal. pour que vos excellences appliquent le remède. Les bonnes intentions, sages mesures et continuelle affection qu’à toujours eu le seigneur Gouverneur pour ce peuple, à qui il vietit de donner une preuve qui lui a acquis un droit éternel à la reconnaissance de cette île de sa Majesté Catholique et de la République française, nous assurent qu’il détruira le levain avant que la fermentation puisse causer des malheurs. Nous comptons sur son coeur paternel, de la même façon qu’il peut compter sur le nôtre, en quels termes vos excel. lences supplions que vous décrétez, confermément à l’exposé, pour de toute publicité, et jurons de bonne foi, etc.
Pour copie conforme à l'original déposé à l'archive du secrétariat, à ma charge de ce que je certifie, 25 Mai 1800.
Signé, Nicolas de Toledo.
Pour copie conforme à la traduction de la copie de la pièce originale; le Général de Brigade, chef de l'Etat Major-Général de l’armée de Saint Domingue.
Signé Agé Pour copie conforme, l’Adjudant Général
À. Dhébécourt.
Du 25 May 1800 No IV:
Le Cabilde de Santo Domingo, à Monsieur le Gouverneur, Don Joachim Garcia,
Monsieur le Président, Gouverneur et Capitaine-Général,
Avec le motif d’avoir appris la nuit dernière, les nouvelles positives de l’état et dispositions de la Colonie pour prendre possession de la Partie Espagnole, par force ou de gré, et à cet effet le Général Toussaint a réuni 5 à 6 mille hommes, et avec autres circonstances qui ont appelé l’attention de ce Cabilde. Il s’est assemblé aujourd’hui extraordinairement pour traiter et accorder ce qui convient le plus à la tranquilité publique, et les voisins de commun accord, ont fait les représentations dont nous faisons part à votre excellence, afin que réfléchissant dans votre esprit les raisons sur lesquelles ils fondent leur pétition, vous preniez les mesures les plus convenables non seulement pour prévenir les risques qui menacent la vie du général Agé, mais aussi pour les conséquences qui pourraient attirer une violence effectuée dans sa personne par un peuple irrité, et qui ne voit en lui qu’un ennemi de la race blanche, et un pertubateur de la tranquillité de toute l’île. Les mêmes habitans qui présen-
tèrent àce Cabilde la représentation, ont dit verbalement quoiqu’elle se terminat à demander l’expulsion du Général Agé: mais ayant appris la nuit dernière à minuit, des nouvelles dispositions de Toussaint, et que par mer venaient trois cent hommes à cette capitale, que l’arrivée de ces hommes peut influer beaucoup sur les esprits turbulens, et la multitude de nègres français qui se trouve dans cette dépendance et pour toutes les promptes, efficaces et bonnes dispositions qui assurent la tranquillité publique, et Îles manières d’agir du Cabilde; Dieu vous conserve beaucoup d'années. Signé, Antoine Davilda Coca, pour la ville, Francisque la Batiste, Secrétaire.
C'est la copie de l'original que je certifie,
Santo-Domingo, le 25 Mai 1800.
Signé, Nicolas de Colede.
Pour copie conforme à la traduction de la copie de la pièce originale, le Général de Brigade, Chef de l’Etat-Major de l’ Armée de Saint-Domingue.
Signé Agé.
Pour copie conforme, l’adjudant-général,
A. Dhébécourt.
Du 25 May 1800.
No V.
Le Gouverneur Espagnol, au général de brigade Agé Les nouvelles positives que le Cabilde a des dispositions
prises par le général en chef de la Colonie, Toussaint Louverture, pour prendre possession de cette partie Espagnole,
d’une façon ou d’autre, jusqu’à l’extrémité de faire marcher des troupes, et l’incommodité que cause la présence de votre Excellence dans ce voisinage, reconnus, dans les représentations que vous même avez vu dans les conférences que
nous avons tenues, vu l’urgence, nous ont décidé à vous faire sortir aujourd’hui même, afin que le peuple se tranquillise.
Pour la sureté, le respect et l’honneur de votre personne, j'ai disposé six Grenadiers et un Sergent tous de confiance, qui vous accompagneront jusqu'à Bany, et delà six Dragons montés, également d’Azua à la frontière.
Cette garde est placée où loge votre Excellence, pour le même objet d'attention, respect et sureté de personnes.
Dieu vous conserve beaucoup d’années, Signé Joachim Garcia.
Pour copie conforme à la traduction, le général de brigadechef de l’état-major de l’armé de Saint-Domingue,
Signé Agé.
Pour copie conforme 6 | L’Adjudant-général
A, D'HEBECOURT.
No VI.
LIBERTÉ ÉGALITE
Cap-Français, le 29 Frimaire, an 9 20 Déc. 1800.
Toussaint Louverture, Général en chef de l’armée de Saint-Domingue,
À Monsieur le Président, Don Joachim Garcia, Capitaine Général! et Gouverneur pour le Roi
d’Espagne de la partie Espagnole de Saint-Domingue.
Monseigneur,
J'avais eu l'honneur de vous mander des Cayes, que je me réservais à mon premier voyage au Cap, de vous écrire: pour vous demander justice de: l’insulte faite au Gouvernement, en la personne d’un de ses Officiers Généraux, son envoyé auprès de l'Audience Espagnole: je vous avoue que si j'ai du être surpris d’un procédé si contraire aux règles établies entre les nations policées, mon devoir me prescrit impérativement d’en obtenir une réparation: j'espère donc, Monseigneur, que vous ne me la laisserez pas plus longtems désirer, en répondant d’une manière satisfaisante à ma réclamation. Des raisons d’état ont déterminé l'Agence du gouvernement à m’ordonner le 7 Floréal, an 8, de prendre, au nom de la République française, possession de la partie de cette Isle, cédée à la France par Sa Majesté Satholique, d’après le traité conclu à Bâle entre les deux Nations : en conséquence, je vous préviens que j'ai chargé le général Moise, commandant en chef la division du Nord, de cette importante expédition; et d’après l’outrage qu’a essuyé le Gouvernement, en la personne du général Agé, pour la même mission, j’ai dû faire accompagner le général Moise, d’une force armée suffisante, pour l’exécution du traité et pour la protection de toute cette partie de l'Isle, contre les entreprises quelconques des ennemis de la République. Je désire de tout mon coeur, que la conduite franche et loyale des Habitants et la votre, Monseigneur, réalise mes espérances, et me mette à même de contremander la plus grande partie des troupes, que l'expérience a nécéssité de mettre en mouvement, pour assurer la pleine et entière exécution des ordres du Gouvernement : j'espère également, Monseigneur,que vous voudrez bien ne pas laisser ignorer aux Espagnols qui resteront soumis ‘aux lois françaises, que leurs personnes et leurs propriétés seront respectées, et qu'il ne
sera rien innové aux usages Religieux qu'ils professent : recevez en, je vous prie, Monseigneur, ma parole inviolable de Militaire: soyez en même tems persuadé que, si j’insiste à la réparation que je réclame de votre Excellence, à l’occasion de l’insulte faite au Gouvernement, en la personne du général Agé, c’est parce que j'ai uniquement à coeur, en faisant respecter le nom Français, d'entretenir la liaison d'amitié qui existe entre les deux métropoles.Que Dieu vous prenne en sa sainte garde.
J’ai l'honneur d’être, avec tous les égards dus à votre mérite et à votre dignité, Monseigneur, votre très humble, etc.
Signé Toussaint Louverture.
Pour copie conforme.
L'Adjudant-Général, À. D'HEBECOURT.
No VII LIBERTE ÉGALITÉ ORDRE
Toussaint Louverture, Général en chef de l’armée de Saint-Domingue, ordonne au général Moïse, commandant en chef la division du Nord, de prendre avec lui les première, cinquième et neuvième demi brigades d’infanterie, et il se mettra en route pour la partie espagnole de Saint Domingue, de laquelle il prendra possession, au nom de la République française, conformément à l’Arrêté de l’Agence. Et avant de partir pour Saint-Yago, il fera passer ma lettre à Monsieur le Président, pour lui annoncer cette prise de possession, Il fera passer en même tems ma lettre au commandant
de Saint-Yago, pour la lui annoncer de même, et si le commandant fait la moindre résistance, il marchera rapidement sur cette place, et l’enlèvera : aussitôt la prise de cette place, il y laissera la garnison qu’il croira nécessaire, et partira de suite pour la ville de Santo Domingo avec la même rapidité, et arrivé dans le chemin qui conduit d’'Azua à Santo Domingo, il espèrera la colonne de l’Ouest, et une fois que toute ses forces seront réunies, il prendra ses dimensions pour enlever la ville capitale, et il aura soin de me donner connaissance de ses opérations journalières, et ce tous les jours, et même deux fois par jour, si le cas l’exigeait; il aura soin de tenir la troupe dansla plus grande subordination et bon ordre, et défendera toute espèce de pilage: il aura toujours soin de conserver ses forces en masse pour combattre l’ennemi dans tous les points où il se présenterait: il fera respecter les propriétaires et les propriétés: il mettra beaucoup d'ordre dans sa marche, et ne négligera rien pour la réussite de ses opérations importantes. Je compte sur la sagesse du général Moise, sa prudence, et sur sa bravoure ordinaire, pour combattre les ennemis de la chose publique. Je merendrai moi-même dans l'Ouest pour expédiér les troupes qui doivent marcher; d’après cela je me rendrai au Cap, de là à Saint-Yago, pour correspondre avec vous.
Le Général en Chef.
Signé, Toussaint LOUVERTURE.
Pour copie conforme.
L’Adjudant-Général D'HEBECOURT.
No VIII.
( Cette Lettre est incomplète) LIBERTE EGA LITE Cap Français, ce 29 Frimaire an 9, de la République Française, une et indivisible. (20 Déc. 1800)
Toussaint Louverture, général en chef de l’Armée de Saint-Domingue, A Monsieur le Commandant de Saint Yago. Monsieur le Commandant, En exécution du traité conclu à Bâle, entre la France et ’Espagne, et de l’Arrêté de l’Agent du Gouvernement fran-
çais en cette Isle sous la date du 7 Floréal an 8, qui m’ordonne de prendre possession, au nom de la Répüblique fran-
çaise, de la partie Espagnole cédée à la France, je vous pré- .
viens que j’ai chargé le général Moise, commandant en chef de la division du Nord de cette expédition. En conséquence, vous voudrez bien faire à cet officier général, remise de tout ce qui dépend de votre commandement pour le mettre à même d'exécuter sans obstacle, des ordres dont il est chargé par le Gouvernement. Je compte ainsi sur... *
N, B, Le reste de cette lettre manque.
Nc IX.
Duplicata de la lettre de Toussaint Louverture au Président Espagnol, datée du 29 Frimanre, 9. (20 Décembre 1800)
N. B. Cette Lettre manque.
No X.
Proclamation de Toussaint Louverture aux habitans de la Partie Espagnole
N. B. Le commencement de cette lettre manque.
. .« .« |. de son aïde de camp et de son secrétaire. Si la République a voulu prendre possession de la partie Espagnole, c’est pour assurer votre bonheur, rétablir la tranquillité publique et le bon ordre: et son général n’a agi qu’en vertu d'un traité existant, et qu’il était chargé d’exécuter. En conséquence, je vous préviens qu’afin qu'on insulte pas une seconde fois la Nation française, j'ai déployé la force armée et je viens moi même offrir protection à tous les Habitans qui voudront vivre sous les lois de la République: je promets sureté et protection à toutes les personnes et à toutes les propriétés.Je sais très bien qu’un grand nombre d’Espagnols ont été égarés, je les invite à revenir de leur erreur.
Citoyens, la République n’a pas besoin de vos biens ellene demande que vos coeurs. Elle ne veut que la réunion entière de la Colonie sous son autorité; alors tous les Habitans de l’Isle pourront paisiblement s’occuper de leur culture, de leurs affaires, de leur commerce, et vivre en paix dans la plus parfaite tranquillité.
Voilà Messieurs, tout ce que je puis vous dire, voilà ce que mes principes de Religion et d'humanité me prescrivent de mettre sous vos yeux, Je vous présente votre bonheur ou votre malheur: c’est à vous de décider de votre sort.
Quartier-Général de Saint-Juan de la Maguana,
le 14 Nivose, an 9 de la République française, une et indivisible, correspondant au 4 Janvier 1801
Le Général en Chef, TOUSSAINT LOUVERTURE Pour copie conforme, L’Adjudant-Général
D'HEBECOURT
No XI.
À Azua, 5 Janvier 1801 Les Habitans d'Azua au Général en Chef.
Les Habitans dela ville et juridiction d'Azua, assistés de tous les Magistrats, ont vu avec le plus grand respect, les lettres que votre Excellencea daigné leur écrire: ils sont convaincus de l'humanité et des vertus de votre Excellence, ainsi que de la douceur avec laquelle ils seront traités; mais se trouvant dépendre d’un gouverneur et capitaine général Espagnol, dont la Nation est intimement liée à la Souveraine République française, et vu le véritable et loyal vasselage qu’ils doivent toujours au Roi d’Espagne,ils espèrent de la pieuse bonté de votre Excellence qu’elle adresse les lettres nécessaires au susdit gouverneur, de qui dépendent ces Habitans, qui sont prêts à suivre ses ordres aveuglément et qui attendent toujours de votre Excellence la plus puissante protection.
Les Habitans de cette ville étaient instruits, d’après le décret de l'Agent particulier Roume, que la décision de la remise de cette partie à la souveraine République, était dif. férée jusqu'à la réponse de la cour et du consulat de Paris, comme le prouvent les pièces ci-incluses.
Quant à la manière ignominieuse avec laquelle votre Excellence veut que le Général Agé ait été reçu dans cette partie Espagnole, cette juridiction et ses Habitans ne méritent pas ce reproche, car il a été traité ici avec le plus grand res. pect,comme ce général aura pu en instruire votre Excellence.
Cette ville et sa juridiction est très pénétrée de ce que (dans le cas qu’elle ne le mérite pas) Votre Excellence ait eu la grande bonté de lui envoyer les lettres honnêtes déjà citées, et attend de la pieuse humanité de Votre Excellence, le même traitement pour l'avenir. Cette ville est toute entière à Votre Excellence, dont elle baise les mains: et ont signé, Aurelle Cabrera, Manuel Ortiz, Jean Ximénes, Ramire
Aznécédo, Domingo Damo, -Barthélémy Vassalo, Casi ai Félix, Viment Bobardil!la, Barthélémy Mallos, Pierre Depe
Pour copie conforme, L’Adjudant-Général,
A. D'HÉBECOURT
De Der ED MD em EP NS SEE
XII LIBERTE EGALITE
De la Hatte Hrago, près de la Rivière du le 22 Nivôse, an 9, de la République française, 12 janv. 1801
Paul Louverture, chef de brigade, commandant la colonne en marche
Au Citoyen os t Louverture, général en Chef de j Armée de Saint Domingue.
Citoyen Général en Chef,
Je m’empresse de vous accuser réception de votre lettre du 20 courant. Les ordres que vous me prescrivez, seront exécutés. Au moment où je recevais votre lettre, nous étions aux prises avec l’en inemi, en voici les détails.
Parti hier du Bourg de Bany, j'ai fait arrêter Îa
près de la Rivière de Nisao, limite de Bany et de Santo- Domingo: j’ai fait camper en avant de la colonne, le batail. lon commandé par le Citoyen Gauthier, pour être en observation, Dans cette position, j'ai fait demander aux Habitans des vivres pour la troupe: ile en apportèrent, je les fis dis. tribuer; le soleil était sur le point de se coucher: nous passâmes la nuit pour donner le tems à la troupe de les faire cuire.
Ce matin à six heures, nous nous sommes remis en marche pour notre destination; sur les neuf heures, la tête de la septième demi-brigade fut attaquée par des embuscades enne-
miles, dans un passage très étroit et qui lui était avantageux: la tête attaquée, eo. Le terrein disputé pendant une demi-heure, resta à notre disposition, les embuscades furent immédiatement levées, et les troupes espagaägnoles prirent la fuite, mais pour ne pas faire de carnage, et mettre à cet égard, vos ordres à exécution, elles ne furent que faiblement poursuivies: nous pouvions les tailler en pièces, ainsi que le restant de l’armée qui était cachée à peu de distance de là et faire le plus grand nombre de prisonniers. Dix seulement subirent ce sort; je vous les envoie sous &s. corte.
L’ennemi a laissé 12 à 15 hommes sur le terrein; de notre côté nous avons quelques blessés et 5 hommes tués; tous, même les blessés sont des Grenadiers du premier bataillon de la septième demi-brigade: lies deux autres bataillons comme les autres corps, n’ont pas donné à cause du chemin extraordinairement étroit.
Je vous adresse une lettre trouvée sur le champ de ba taille, ri par le général de brigade Chanlatte, et le livre d'ordre d’un sous officier d’un des régimens Espagnols qui Po armée ennemie, Par votre lettre, vous m’ordonnez de faire camper la colonne dans les environs de l'habitation Combat, et les mesures que je dois prendre à cet égar rd: vos ordres seront ponctuellement exécutés:y rendu, e procurerai un homme de confiance que j'enverrai du côté dé Santo-Y ago, avec votre Proclamation du 14 du cou: rant, pour qu'il connaisse la position du général Moise et venir ici en rendre compte; à son retour, je vous participerai le résultat de sa mission. Je vous désire une bonne santé
Salut et respect. Signé : Paul Louverture
Pour copie conforme.
L’Adjudant-Général A. D'Hébécourt,
No XIII.
À Santo-Domingo, ce 19 Nivôse an 9 (9 Janvier 1801)
Antoine Chanlatte, Général de Brigade, Commandant en Chef l’Expédition,
À M. le Baron, Commandant en Second les Troupes
Assemblées à Bany.
Je n’attends, mon cher Camarade, que les chevaux qui me sont promis, pour me rendre auprès de la brave armée dont le commandement m'est confié: je vous envoie de suite la compagnie du Bourg de St Carlos, que je mets sous vos ordres, et dans laquelle je place ma juste confiance. Je partirai vraisemblablement demain, avec cent chevaux au moins, la compagnie de Grenadiers d’Asize, et quelques autres troupes; tout va bien ici et j espère que les nouvelles que nous recevrons de Bany, avant mon départ contribueront à exalter encore les courages, et ne feront qu’ajouter à l’estime que nous faisons de vostalens militaires et de votre dévouement à la chose publique.
Salut et fraternité.
Signé Antoine Chanlatte.
Pour copiè conforme.
L’Adjudant Général,
A, Dhébécourt.