‹ Histoire des Romains depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'invasion des Barbares (volume 2)Chapitre 10 sur 112 · VIF · texte numérisé non relu

VIF

la quinzième année d'empire de Constantin, l'auteur païen du dixième panégyrique comparait le prince à Mars et aux Dioscures ; il assurait que c'était par l'inspiration céleste du dieu Constance, divini imtinctu, que son fils avait battu etMaxence et les Francs. Ainsi, à quatre ans du concile de Nicée, les orateurs du gouvernement rappelaient à Constantin l'apothéose de son père ' et l'assistance de cette puissance supérieure qu'avaient adorée Cicéron, Sénèque, Plutarque, et dont le nom revient sans cesse dans les paroles et les constitutions du prince, dans la prière qu'il rédigea pour ses soldats, dans le long rescrit qui effaça, après la défaite de Licinius, les effets de la persécution. Le Dieu qu'il se plaît à invoquer est moins le Christ ou Jésus que la divinité, quelle qu'elle soit, qui siège au plus haut des cieux : quidquid illud est divinum ac cseleste numen*. Ces mots sont dans l'édit de Milan, dans le message de Licinius au gouverneur de la Bithynic, même en des lettres de Constantin aux évoques. Ce n'est pas sans intention qu'il les répète avec tant de persistance3. Il aurait voulu réunir ses peuples dans une même croyance dont les formes pouvaient varier, dont le fond serait le culte du Dieu unique, et il pensait que, cette révolution accomplie, l'administration de l'empire deviendrait plus facile, la paix publique mieux assurée1. Cette même pensée l'empêcha de célébrer les jeux Séculaires que certains calculs faisaient tomber en 515. C'était la plus grande fête de Rome, mais aussi la plus païenne, et l'Italie entière y était conviée. Elle aurait surexcité les passions religieuses qu'il s'appliquait à calmer. Comme il n'y avait jamais eu de date certaine pour cette solennité, le peuple ne s'aperçut point de cet oubli volontaire. Seuls, quelques païens se plaignirent en secret que, de jour en jour, le respect pour les vieilles coutumes de Rome diminuât5. Une occasion de trouble était évitée; Constantin n'en demandait pas davantage.

i Lui-même, rappelant dans ses lois les actes de ses prédécesseurs, nomme ceux-ci des dieux, divorum rétro principum (Code Théod., XIII, 3, 5). Mais j'ai déjà dit dans quel sens il faut entendre, au quatrième siècle, le mot divus.

- Eusèbe, Hisl. ceci., X, 5 : 6 il «eré èan btiorit; xal cùpavîou irpâvp.aTo;. M. Egger, que j'ai consulté sur cette phrase singulière, a bien voulu me répondre : « Elle est fort incorrecte. On devine qu'elle doit exprimer la pensée d'un piétisme vague et qui s'accommode avec le christianisme comme avec la philosophie et les autres cultes.... » Cf. Lactance, de Morte pers., 48 : divinitatis reverentia. Dans une loi publiée un mois après le concile de Nicée, on lit ces mots : lia mihi summa divinitas et propilia sit (CoTle Théod., IX, 1, 4).

5 11 dit encore dans une constitution de 535 : quare divinitatis affectu confidimus (Constit. Sirmondi, n*4). Cœleste mimen., cœl. praesidium, divinum numen, sont les mots dont Marcellin se sert constamment (XIX, 1, G, 11 ; XX, 6, etc.).

« Eusèbe, Vie de Const., II, 65.

a Adeo in dies cura minima Romse urbis (<Yur. Victor, Cœs., 28 ; Zosime, II, 7).

LA POLITIQUE RELIGIEUSE DE CONSTANTIN'. Gl

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