I. La milice palatine comprenant
1° La garde à cheval et à pied2, domestici et protectores, qui, recrutée de centurions émérites et de jeunes nobles3, avait une solde élevée,
1 Nolitia dignit., Seek, p. 51. Voyez, au tome VI, page 566, la chromolithographie représentant les insignes du mailre des offices en Occident.
2 Le service dans la cavalerie était plus estimé que celui de l'infanterie. (Voy. Godefroy. Code Théod., t. II, p. 277.) C'était un souvenir des temps où les chevaliers formaient seuls la cavalerie des légions.
3 En 354, un protector dumeslicus était fils d'un ancien magister equilum. (Amm. Marcellin, XIV, 10.) C'était comme un souvenir de la cohors prxtoria des consuls républicains, composée aussi de jeunes nobles qui formaient autour d'eux une garde d'honneur et de confiance. Jovien, quand il fut proclamé empereur, était domesticorum ordinis primus (ibid., XXV, 5), et
de nombreux avantages, dix commandants qu'on appelait clarissimes et deux chefs suprêmes : les comtes des domestiques.
1° Les scolares1, aux ordres du maître des offices, avaient la garde du palais où d'innombrables services étaient installés. L'emphase, qui était dans le goût du temps, faisait donner à leurs chefs le nom
Signifer d'une légion gauloise2. (Bas- relief de Strasbourg.)
de sénateurs, et, par les titres de ducenarii et de centenarii portés par leurs officiers, on voit qu'ils avaient une paye fort honnête : tout ce qui approchait du prince devait tirer de lui avantage3. Les soldats de ces deux corps étaient plus particulièrement dits les pa-
Ammien faisait partie de ce corps. Ces sortes de gardes nobles recevaient parfois de trèsimportantes missions. Valentinien Ior envoya en Afrique, pour rétablir l'ordre dans les affaires militaires, un protecteur, fils d'un comte, et un des scutaires, soldats qui étaient censés porter les armes du prince [ibid., XXVI, 5).
1 Procope (Hist. secrète, 24) donne 5500 bommes aux scolares et dit que la garde était moins nombreuse. Il parait qu'il y avait déjà des scolares scutariorum et genlilium au temps de Gordien III et de Philippe. (Cedrenus, I, p. 451, elChron. Paschale, p. 501-2, éd. de Bonn.)
- La nationalité du légionnaire barbare est indiquée par le coq placé à côté de lui. (G. Schlumberger, Œuvres de A. de Longpérier, t. III, p. 355.)
3 On rescrit de 415 parle des prœpositi et tribuni scholarum qui et divinis epulis adhibentur et adorandi principis facultatem antiquitus meruerunt (Code Théod., VI, 15).
latins; mais ce nom était aussi porté par des légions, par de l'infanterie auxiliaire et de nombreux escadrons. Ces corps réunis formaient la réserve de l'armée : ils suivaient l'empereur dans toutes les expéditions importantes.
II. L'armée de ligne, ou les comitatemes, infanterie, cavalerie et
Insignes du duc de Palestine (dux Palestine) l.
auxiliaires barbares, était répartie dans les divisions territoriales sous des comtes ou ducs qui commandaient aussi les flottilles chargées, dans leur ressort, de faire la police des fleuves et du littoral.
III. Les troupes qu'on pourrait appeler les régiments-frontière ; c'étaient les ripenses et les limitanei, dits aussi pseudo-comitatenses parce qu'ils ne changeaient point de garnison. Ils occupaient, sous des duces, les camps retranchés, châteaux et forteresses élevés le long des fleuves, ripa, ou derrière les retranchements, limes, qui servaient de limites à l'empire2.
1 Bôcking, p. 78. Représentation de treize villes de ce gouvernement militaire.
- La taille réglementaire était, au minimum, de 5 pieds 7 pouces romains (Code Tliéod., VII, 15, ô, anno dU7), ce qui répondrait, d'après M. Aurès, à lm,G55. Le minimum de taille, dans l'infanterie française, est de lm,54. Le chiffre de lm,655 est une preuve nouvelle que la plus grande partie de l'armée romaine était composée de Barbares, puisque la taille des soldats
Dans l'ordre civil, les colons ne possédaient qu'une demi-liberté; •dans l'ordre militaire, les leli et les gentiles étaient, comme eux, établis à demeure fixe dans les provinces frontières, sur un petit domaine qui leur avait été donné à charge de service militaire.
Enfin des corps entiers de Barbares, fœderati, étaient à la solde du
Insignes du comte de Strasbourg {cornes Argentoratensis)1 .
prince, qui achetait en outre, par des pensions faites aux chefs de la nation, le droit de lever des soldats chez eux.
Nous passons vite sur cette organisation administrative qui intéresse plus l'archéologie que l'histoire. Mais nous devons montrer les conséquences de la politique que Dioclétien avait inaugurée, que Constantin développa et que leurs successeurs continuèrent en l'exagérant, parce qu'il en est sorti tout l'ordre social du quatrième siècle, le dernier que nous étudierons.
tirés des provinces méridionales de l'empire n'aurait pas atteint ce minimum, qui d'ailleurs n'était pas exigé pour les psendo-comitatenses. (Ibid., VII, 22, 8.) Sur tous ces corps, voyez Godefroy, t. II, p. 286-7.
1 Notitia dignilalum. Bôcking (I, 284) explique les initiales F. L. intali Comord P. R. de la manière suivante : Felicilati, Laelitiœ, /mperatorii iYiiminis, futelse Augustorum Larium Civitates Omnes Afajestati Obediant flegiae Z)omini Populi Romani.