‹ Histoire des Romains depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'invasion des Barbares (volume 2)Chapitre 22 sur 112 · III. - LA BOURGEOISIE: CUlilALES ET POSSESSOIiES · texte numérisé non relu

III. - LA BOURGEOISIE: CUlilALES ET POSSESSOIiES

Après la noblesse et la cour, regardons le peuple : il se divise comme partout on deux classes, les riches et les pauvres. Mais la richesse impose aux uns des charges souvent intolérables, et la pauvreté met les autres dans une demi-servitude.

Aux temps de l'indépendance, les citoyens pourvoyaient à tout dans les cités gréco-italiques : entretien des édifices et des chemins, police de la ville, gestion financière, justice, culte, fêtes publiques, etc., et ils faisaient tout sans se plaindre, parce que la liberté dédommageait des sacrifices. Mais Rome avait imposé sa loi à ces petites républiques, et l'empire finit par supprimer leurs franchises municipales. Les charges seules restèrent. On les rendit obligatoires; et elles furent d'autant plus lourdes pour les notables des villes, que s'augmenta sans cesse le nombre de ceux qu'on dispensa de les remplir. Ainsi lit-on pour la noblesse d'État et les vétérans de l'armée, pour les fermiers et les collecteurs de certains impôts, pour les colons du domaine impérial et les artisans dont l'industrie était utile à la cour, enfin pour les armateurs qui transportaient le blé aux lieux des distributions gratuites. On a vu que l'immunité donnait de l'honneur, parce qu'elle était un privilège, et du profit, parce qu'elle exonérait d'une dépense qui retombait au compte delà bourgeoisie des villes. C'était donc au détriment d'un ordre de citoyens que le gouvernement satisfaisait la vanité des nobles et assurait des services qu'il aurait dû prendre à sa charge. On naissait curiale, on ne le devenait point, si ce n'est, pour l'homme du peuple, par un coup de fortune qui mettait l'aisance dans une pauvre maison, ou, pour un noble, en expiation d'une faute. Des coupables, ou des hommes supposés tels, étaient condamnés à la curie, comme à une peine et en échange d'un supplice, ob culpam, loco supplicii1. C'était la presse des honneurs municipaux.

1 Code Théod., XII, I, lois 06 et 108. Ces deux lois, qui sont des années 575 et 584, défendent

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