‹ Histoire des Romains depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'invasion des Barbares (volume 2)Chapitre 29 sur 112 · VII. — 2tf · texte numérisé non relu

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apparue tenant embrassé le corps sanglant de son fils et demandant vengeance. D'artificieuses négociations, qui précédèrent les hostilités, rompirent l'union des deux usurpateurs. Le trésor de Constantinople était mieux rempli que celui de YIllyricum; les soldats et les lieutenants de Vétranion furent secrètement travaillés et séduits par des promesses ou des dons. L'altière Constantina, qui ne trouvait pas dans son protégé l'homme dont elle avait besoin, regagna la confiance de son frère en servant, sans doute, d'intermédiaire pour ces menées souterraines. Sous prétexte de soutenir Vétranion contre l'usurpateur des Gaules, Constance envoya des troupes dans la Macédoine et proposa une entrevue que le vieux général accepta. Elle eut .lieu à Naissus1, au milieu des deux armées rangées autour d'un tribunal sur lequel les empereurs montèrent (24 déc. 550). La vue du fils de Constantin, le souvenir des victoires de son père, qu'il rappela dans un discours habile, dirigé en apparence contre le seul Magnence, en réalité contre celui qui avait détourné la fidélité des légions illyriennes, entraînèrent des hommes gagnés d'avance. En entendant le cri de mort aux usurpateurs qui éclata de toute part, Vétranion comprit que sa cause était perdue ; il se dépouilla de sa robe de pourpre et se jeta aux pieds du vainqueur. Constance jugea qu'il n'avait pas besoin de recourir, contre ce vieillard incapable, à la précaution suprême d'un arrêt de mort; il le relégua dans une somptueuse retraite, à Pruse en Bithynie, où l'empereur découronné vécut six ans 2.

Magnence était moins facile à abattre. Il possédait les qualités et les défauts nécessaires à un usurpateur : du courage, quelque talent et point de scrupules qui l'empêchassent de se débarrasser des suspects par des exécutions, ni de grossir son trésor par des contributions forcées, ses troupes par des levées chez les Barbares, et son parti par des avances aux païens3. Il en faisait d'autres aux orthodoxes orientaux, suivant la politique habituelle aux empereurs de l'Occident : les ambassadeurs envoyés par lui à Constance durent passer d'abord par

1 C'est le lieu donné par saint Jérôme en sa Chronique. Socrate (II, 28) met l'entrevue à Sirmium.

2 Zosime, II, 43-44 ; Socrate, II, 28.

5 11 autorisa les sacrifices nocturnes, ce qui dut plaire aux païens, nombreux encore en Occident (Code Thcod., XVI, 10, 5). Julien (Pan., I, 29) prétend qu'il exigea des citoyens la moilié de leur revenu sous peine de mort. Mais cette assertion se trouve dans le panégyrique de Constance, ce qui permet de supposer de l'exagération, au moins dans le chil'fre de l'indiction.

Alexandrie dans le but de gagner Athanase à sa cause. Une tentative de Nepotianus, qui surprit Home (juin 551) et régna vingt-huit jours, fut aisément réprimée; sa mère Eutropia, sœur de Constantin, et beaucoup de ses partisans périrent avec lui. D'autres parvinrent à s'enfuir auprès de Constance, « dont le camp devint l'asile des sénateurs de Rome' ». Pour la défense des provinces qu'il allait quitter, Magncnce nomma césars ses deux Nepotianus (fl. ro-

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