‹ Histoire des Romains depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'invasion des Barbares (volume 2)Chapitre 40 sur 112 · II. — LES GRANDS ÉVÊQUES ET LES MOINES DU QUATRIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

II. — LES GRANDS ÉVÊQUES ET LES MOINES DU QUATRIÈME SIÈCLE

Si le christianisme avait fait d'aussi rapides progrès, c'est qu'il avait aimé les pauvres et délivré les fidèles des incertitudes de la mort. Julien, qui avait certainement médité les deux traités de la Superstition et des Délais de la justice divine', ne laissa pas aux seuls

1 Dans une de ses lettres, Libanius félicite, pour un sermon sur Esculape, fait dans un temple qu'on venait de rouvrir, le rhéteur Acacius dont Eunape a écrit (Acac, p. 497) qu'il aurait surpassé Libanius lui-même s'il n'était mort jeune. « On a maintenant, dit saint Augustin, pour les peuples réunis dans les temples de très-salutaires interprétations de l'histoire des dieux ; hier ou avant-hier, nous en avons entendu. » (Œuvres, t. II, p. 278.) « Julien voulait, dit Grégoire de Nazianze, établir des écoles et des chaires dans toutes les villes, des lectures sur les doctrines grecques, des explications de nature à former les mœurs..., des réprimandes graduées pour les pécheurs. Il voulait encore fonder des refuges, des hospices, des monastères, des maisons pour les vierges, des maisons de recueillement. » (Invective I, p. 138, édit. de 1842. Cf. Naville, op. laud., p. 1G3.) Le christianisme a été une loi de perfectionnement intérieur, et cette loi a fait des saints ; il n'a pas été une cause de rénovation sociale ; aussi n'a-t-il sauvé ni l'État ni les mœurs publiques. Mais le fond de cette religion étant la charité, tandis que les docteurs s'attardaient à des discussions subtiles sur le dogme, les aines pieuses créaient les institutions hospitalières qui sont l'honneur de l'esprit chrétien. Justinien (Code Just., I, 2, 19) parle de donations faites.... in sanctam ccclesiam, vel in xenodochium, vel in nosocomium, vel in orpkanotrophium, vel in ptocholrophium, vel in gerontocomium, vel in brephotrophium, vel in ipsos pauperes : et il rappelle que ces donations étaient réglées par de vieilles lois, ex veteribus legibus. (Cf. ibid., loi 22 et le titre 5.) Cependant je ne crois pas qu'aucun de ces mots se trouve dans le Code Théodosicn dont la rédaction est de l'année 458. Mais il est certain que l'Église avait favorisé de bonne heure les institutions de bienfaisance. Saint Basile, qui mourut en 379, avait construit à Césarée, pour les voyageurs malades, un hospice auquel étaient attachés des médecins et des gardes-malades, où se trouvaient des ateliers, des bêtes de somme et des conducteurs pour le service de la maison. (Lettre 9-4.) On se souviendra toutefois que les cités païennes avaient depuis longtemps des Ç=viva ou caravansérails pour recevoir les voyageurs et la médecine gratuite pour les pauvres, que les philosophes enseignaient la bienfaisance et que les grands princes la pratiquaient, lorsqu'ils avaient fondé l'institution alimentaire. Pline avait dit : « Faire du bien aux hommes, c'est être dieu. » (Histoire des Romains, t. V, p. 429, t. VI, p. 80, n. 5 et au chapitre des Idées, les §§ 2 et 5 passim.) La charité n'était pas inconnue à l'ancienne société, parce que c'est un sentiment qui se trouve dans le cœur humain, mais il ne se développa largement que sous l'influence du christianisme, qui en doubla la force en faisant de ce sentiment naturel une des conditions du salut.

2 Hist. des Romains, t. V, p. 761.

galiléens cette sanction ;'i la fois heureuse et redoutable de la vie terrestre. L'impérial élève de Platon n'a pas les hésitations du maître sur la nature de l'âme, ou du moins sur la persistance de la personnalité humaine. Dès les premiers jours de son règne, il avait célébré le Roi-Soleil dans un hymne d'ardente piété1, qu'il terminait par ces mots : « Je supplie le Soleil, roi de tous les êtres, de répondre à mon dévouement par sa grâce, de m'accorder une vie pure, la science des choses divines, et, quand viendra l'heure fatale, une douce fin, puis un essor facile vers lui et, s'il se peut, le séjour éternel dans son sein2. » C'est presque la pensée de Malebranche : « Dieu est le lieu des esprits, comme l'espace est le lieu des corps. » Mais ce dogme d'une existence immortelle dans un ciel aride, auprès de dieux sans forme et sans vie, pouvait-il l'emporter sur l'espoir des béatitudes dont les chrétiens se croyaient appelés à jouir dans les pompes célestes, au son des harpes d'or et des chants sacrés que les chœurs des anges, des vierges et des martyrs triomphants feront entendre au pied du trône de l'Éternel, alors que la sagesse divine n'aura plus de secrets pour les élus?

Julien avait voulu s'emparer des deux plus grandes forces du christianisme : la charité et les espérances futures. Cette ambition était honnête et l'on n'a point à blâmer les actes par lesquels il essaya de la réaliser, tant qu'il ne soutint la lutte que par la parole et par les œuvres méritoires. C'était revenir à la sage politique de l'édit de Milan. Mais saura-t-il s'y tenir mieux que celui qui l'avait rendu? Ce

1 Adressé à son ami Sallusle, qu'il avait nommé préfet des Gaules. Il dit, ad fincm, qu'en composant ce traité, il avait voulu « écrire un hymne de reconnaissance en l'Iionneur du dieu ». Pour Platon, l'immortalité de l'âme était une espérance qu'il convenait de garder afin de charmer l'existence, mais il ne démontrait pas ce qui est le point capital, que l'homme survit à la mort en gardant sa personnalité.

- Dans son second traité contre les cyniques, il parle encore « des retraites cachées où réside le Dieu suprême, le bien absolu avec lequel notre âme aspire à se confondre » ; et il se fait dire par le Soleil et par Minerve : « Souviens-îoi que tu ;,s une âme immorlelle et que, si lu suis nos conseils, lu seras dieu comme nous et tu jouiras de la vue de notre Père. » Il répète à peu près la môme prière à la fin de son traité sur Cybèle : « 0 mère des dieux et des hommes, donne au peuple romain d'effacer la lâche de l'impiété.... et à moi, pour récompense du culte que je te rends, la vérité dans mes opinions sur les dieux, la perfection dans les pratiques théurgiques. Accorde-moi la vertu et le succès dans l'accomplissement de mes devoirs politiques et militaires, et quand j'aurai atteint le terme de ma vie, une mort entourée d'honneur avec la douce espérance de parvenir jusqu'à Toi. » (Disc, V.) Cette croyance était une doctrine védique. Les Védas donnaient aux âmes, pour dernière demeure, le ciel ou le soleil (Bergaigne, la Religion védique, t. I, p. 7i, et t. III, p. iH— 120). La vieille doctrine avait naturellement reparu avec Jésus et, au temps de Julien, tous, païens ou chrétiens, croyaient à cette ascension des âmes.

lui sera difficile, car il a l'enthousiasme d'un sectaire; et quand il reconnaîtra la vanité de ses efforts pour opposer au christianisme une religion qu'il assoit sur des fondements vermoulus, il s'irritera de son impuissance. Sa nature honnête lui conseillait la tolérance; sa ferveur païenne finira par le pousser à la colère contre ceux qu'il ne peut vaincre1 et qui le maudissent, que lui méprise et dans lesquels il est bien près de voir des sujets rebelles. Alors il fera aux chrétiens une guerre qu'il croira légitime, parce qu'il ne donnera que des ordres qui lui paraîtront justes, et qui ne le seront pas, à cause de leurs conséquences inévitables.

Déjà quelques-unes des mesures mentionnées plus haut ont paru le commencement de ce que l'on a appelé la persécution de Julien, bien qu'elles ne fussent que des actes de justice et de bonne administration. Les gens qu'il avait chassés du palais ou envoyés au tribunal de Chalcédoine s'étaient dits chrétiens, sans mériter de l'être. Ceux qu'il avait dépouillés de privilèges lucratifs, trop libéralement concédés par les princes précédents, l'étaient aussi, mais ils n'avaient pas le droit de se plaindre d'être soumis à la loi commune; et quand il autorisa les revendications des particuliers qui avaient souffert des spoliations de la part des chrétiens, on ne peut davantage prétendre que la religion avait permis le vol.

Sa politique se montra plus clairement lorsqu'il enleva aux évêques la juridiction volontaire et à l'Eglise le droit de recevoir des legs. Ces rescrits n'ont pas été recueillis au Code Théodosien et ne pouvaient l'être, mais on a la preuve qu'ils furent promulgués par ces mots de la lettre de Julien aux Bostréniens : « Les clercs regrettent de ne pouvoir plus rendre la justice, rédiger des testaments, s'approprier les héritages et tirer tout à eux. » Il semblait revenir à l'ordre ancien et à l'ancienne justice en supprimant de récents privilèges. Mais lorsqu'il restituait leurs justiciables aux magistrats ordinaires et leur patrimoine aux familles, c'était, au fond, l'œuvre entière du premier empereur chrétien qu'il essayait de détruire.

Constantin avait bien vite repris la vieille doctrine romaine de la religion d'État. Julien fit comme lui en sens contraire : le polythéisme

1 Voyez, dans le Misopogon, en quel friste élat il trouva le culte païen à Daphnée, dont le •pauvre desservant a peut-être donné à Bouilhet l'idée de ses beaux vers sur le vieux prêtre apportant nu dernier autel la dernière hécatombe. Julien se plaint à plusieurs reprises de la tiédeur du zèle païen {Lettres 4, 27, 65). Cependant, dans la Lettre 49, il se félicite d'un succès qui dépasse ses espérances.

fut à ses yeux le culte national, et, pendant son règne, le gouvernement eut des laveurs pour les païens, des sévérités pour leurs adversaires. Le décret sur les restitutions présenta ce double caractère d'être en apparence un acte de justice, en réalité une de ces mesures de réaction qui irritent le présent et ne font pas revivre le passé. Les temples étaient, comme nos banques, des lieux de dépôt pour les particuliers, et, durant des siècles, les fidèles y avaient accumulé de riches offrandes1. Se donner, par une conversion, le droit de mettre la main sur ces trésors, à l'aide d'une pieuse sédition suivie de pillage, avait été une tentation irrésistible, et nous avons trop l'expérience des révolutions pour ne pas être certain que, au milieu de ce bouleversement religieux, de coupables excès furent commis. Des témoignages attestent que, parmi les briseurs d'images, sincères dans leur foi, s'étaient glissés des hommes de rapine qui avaient pillé méthodiquement*. Lorsque le gouvernement changea, des réclamations lui arrivèrent; des cités se plaignirent qu'on eût volé les trésors de leurs temples, détruit leurs sanctuaires, confisqué les terrains où ils s'élevaient et ravi aux dieux les joyaux, les étoffes précieuses qui ornaient à présent les églises. Julien, tout en interdisant les violences contre les personnes, prescrivit de rendre à ces villes les biens dont Constance et son père les avaient privées. Dépouiller des églises, c'était, disent les catholiques, autoriser des sacrilèges. Mais qui avait commencé? Aux yeux des populations païennes, dépouiller les temples n'était-ce pas aussi une sacrilège iniquité, un outrage pour ceux qui les avaient enrichis de leurs dons? Des spoliations de ce genre avaient eu lieu en des villes dont les habitants étaient en grande majorité païens. A Héliopolis, par exemple, ii n'y avait encore, un demi-siècle après la destruction du sanctuaire de Vénus, qu'un petit nombre de chrétiens. Malheureusement, autoriser ces revendications et la reprise directe du butin fait sur le paganisme, au lieu de charger l'État de

1 Voyez, au tome VI, p. 122, une loi de Septime Sévère à ce sujet, et, sur cette question, plusieurs mémoires de l'École de France à Athènes. Lucien, dans la Déesse Syrienne, 10, mentionne les riches offrandes qui arrivaient constamment au temple d'ihéropolis de tous les pays situés entre le Tigre et la Méditerranée.

2 A. Marcellin montre le palais de Constance plein de gens qui s'étaient enrichis des dépouilles des temples.... pasti lemplorum spoliis (W\l, 4); suivant Libanius (Discours pour les temples), ce prince donnait un temple, comme il aurait fait cadeau d'un chien, d'un cheval ou d'un esclave, et Eunape, dans la Vie d'Mdesius, ad fin., raconte le sac du Sérapéum, où les assaillants se partagèrent les offrandes suivant l'ordre établi pour le butin pris sur l'ennemi. En certains lieux, des terres appartenant aux temples avaient été vendues et loyalement acquises contre argent. Cf. Libanius, Lettre (>56.

procéder lui-même à des compensations acceptables pour les deux partis1, c'était préparer des violences locales ou individuelles. Le décret de Julien risquait de mettre l'empire en feu, car il était une arme de guerre frappant l'Église en plein corps et qu'elle eût cherché à briser, si elle n'avait pas été assez forte pour qu'en mille lieux l'ordre établi par elle fût accepté des populations. L'édit ne causa pas un bouleversement profond, mais il produisit les désordres que nous allons voir et que ne doivent jamais provoquer ceux qui ont la garde de la paix publique.

Cette mesure avait une apparence de réparation ; une autre fut nettement une iniquité. Julien interdit aux professeurs chrétiens l'enseignement des belles-lettres dans les écoles publiques, sur ce motif que, les chefs-d'œuvre de la Grèce parlant constamment des dieux, il ne convenait pas que des hommes ennemis des immortels travestissent ces histoires divines, ou mentissent à leur conscience en les racontant2. Lorsqu'il disait : « On ne doit pas nous percer de nos tlèches et s'armer de nos livres pour nous combattre », il niait le premier des droits de la critique religieuse; et quand il ajoutait : «Qu'ils aillent interpréter Luc et Matthieu; nous leur accordons à tous la pleine liberté d'être malades de l'esprit3 », il insultait en frappant, ce qui n'est pas d'un prince; mais ce lettré oubliait parfois qu'il était empereur. Un païen qui le respecte a appelé la révocation des professeurs chrétiens un acte d'intolérance qu'il voudrait ensevelir dans un éternel oubli4. La mesure fut sans effet, n'ayant pu être

1 Constantin avait pris en pareille circonstance une décision plus équitable. Voy. p. 89.

'- Nous n'avons pas ce document sous la forme d'un édit inséré au Code : les empereurs chrétiens, naturellement, ne l'y ont pas mis; c'est une longue lettre (n° 42) qui nous semble ne concerner que les professeurs officiels des écoles publiques, ceux qui recevaient un traitement de l'État ou des villes, après examen passé devant une commission municipale, et qui étaient peu nombreux, puisque Àntonin n'en avait accordé que dix aux plus grandes villes. (Voy. Hist. des Romains, t. V, p. 159 et 422-428.) Julien s'était occupé d'eux pour confirmer les privilèges que leur avaient accordés ses prédécesseurs. (Code Tltéod., XIII, 5, 5-5.) L'empire n'avait pas une organisation scolaire qui lui permit de contrôler ce qui se passait dans les écoles libres et de rendre partout effective l'interdiction qu'il était facile de faire observer dans les écoles publiques. Aux temps anciens, pareille question n'aurait pu être soulevée, parce que la politique et la religion étaient alors une même chose, mais il y avait maintenant deux religions dans l'empire, et Julien voulait mettre l'enseignement au service de la sienne. C'est une ambition dont presque tous les gouvernements seront possédés.

5 Lettre 42. Pour les guérir, il aurait, s'il l'avait pu, brûlé leurs livres. [Lettre à Ecdicius.)

4 A. Marcellin, XXII, 10, ad fin. Victorinus à Rome, Prohaeresius à Athènes, fermèrent leur école, Musonius fut forcé de quitter la sienne, .... i&oxn -yàp 6tv« xp"r~i*vo';. (S. Jérôme, Citron.; Eunape, Prohœr.) Orose (VII, 50) parle de nombreuses démissions. On a dit, mais c'est une erreur, qu'il interdit aux enfants chrétiens la fréquentation des écoles publiques. 11 les y

continuée que durant quelques mois. D'ailleurs, comme les Hébreux avaient emporté d'Egypte les vases précieux des infidèles, les chrétiens avaient déjà ravi l'or des Grecs, et ils allaient en faire la parure d'un monde nouveau.

Julien, qui chassait les professeurs chrétiens des écoles subventionnées, ferma aux galiléens l'accès des fonctions publiques : « Il

Les Évangélistes*.

faut, écrivait-il, leur préférer les hommes pieux. » Aux époques révolutionnaires, tous les gouvernements ont agi de même. Mais, pour ancienne que soit cette pratique, elle n'est ni moins injuste ni moins impolitique, car elle fait des mécontents ou des hypocrites, et, dans les deux cas, la société souffre. Ces hommes d'une piété sincère ou de commande, que Julien recherche et protège, auront un zèle compromettant; ils donneront au prince l'apparence d'un persécuteur

aurait poussés, au contraire, s'il l'avait pu, puisque dans ces écoles l'enseignement était à présent donné par des professeurs païens. Elles n'avaient d'ailleurs que des chaires de haut enseignement. Les écoles privées et élémentaires étaient au contraire innomhrahles.

1 Bas-relief du quatrième siècle; fragment d'un grand sarcophage du musée du Louvre dont la partie principale représente Jésus près d'une grande ville et entouré des douze apôtres. Ici les évangélistes sont vêtus du costume romain, excepté le troisième, peut-être saint Luc, Syrien d'origine.

Tirage au sort pour les places des concurrents au cirque1.

quand son ferme propos était de ne point persécuter. Heureusement il y eut loin des paroles aux actes. On voit des chrétiens dans les plus hauts emplois, même dans ceux qui supposent, de

la part du prince, une entière confiance, comme les charges occupées par Yalentinien et Yalens, deux futurs empereurs, et par Jovien, qui lui succéda après lui avoir servi de principal lieutenant dans l'expédition persane. On a donc le droit de supposer qu'il était demeuré bien d'autres chrétiens dans l'administration et dans l'armée, où leur départ eût causé une complète désorganisation2. Ces édits de Julien avaient été provoqués par une violente attaque d'Alhanase. Quand l'évêque d'Alexandrie vit le paganisme sur le trône,

il se résolut à réagir contre les concessions faites par les conciles d'Elvire et d'Arles3 et à reprendre les vieilles lois disciplinaires de l'Église qui, depuis un demisiècle, étaient tombées en désuétude. Il réunit en 562 un concile égyptien qui proclama de nouveau comme règle unique de la foi le symbole de Nicée ; et, pour élever une infranchissable barrière entre les païens et les chrétiens, il interdit à ceux-ci d'assister aux jeux du cirque, aux chasses de l'amphithéâtre, aux représentations scéniques et de participer aux fêtes des Gentils, même d'entrer dans les

1 Médaillon contorniate. Cf. Charles Robert, Étude sur les Médaillons conlorniates, 1882, p. 51. Voyez, ci-dessus, p. ICI, la même scène sur la deuxième partie du bas-relief de Constanlinoplc.

- Des écrivains ecclésiastiques parlent d'une disgrâce de Valentinien pour fait de religion, l'honnête Tillemont en doute. Socrate (IV, I) dit en effet le contraire, et son témoignage est confirmé par Zosime (III, 55, et IV, 2), qui montre Valentinien chargé par Jovien d'aller annoncer aux légions de la Pannonie et des Gaules la mort de Julien, d'où l'on peut conclure qu'il était alors à l'armée et non pas en exil au fond de l'Egypte ou à Mélitène, sur les frontières d'Arménie. Le premier soin d'un nouvel empereur était de faire û'urgenec cette notification aux provinces, et Jovien avait dû prendre un messager qu'il avait sous la main. Durant son règne, Valentinien ne montra pas un zèle bien ardent, et sa femme, l'arienne Justine, vivra en bonne intelligence avec les païens.

5 Voy., ci-dessus, p. 99.

4 D'après Agostini, Gemmnc, pi. 193.

Écuyer du cirque conduisant quatre chevaux (pierre gravée)'8.

JULIEN (o NOV. 361-26 JU

.'iiibergcs publiques et <le prêter, devant les tribunaux, le serment exigé par la loi romaine. Comme s'il eût voulu faire de tous les chrétiens une communauté de moines, il déclara excommuniés de fait ceux qui serviraient dans l'administration ou dans l'armée; qui communiqueraient avec un soldat, un gouverneur, un trafiquant ou un publicain. C'était un défi, l'empereur l'avait relevé1.

Julien combat des deux mains : comme prince, il décrète; comme savant, il discute. Son grand ouvrage contre le christianisme est mis par Libanius au-dessus de celui de Porphyre, et quelques-uns de ses arguments ont été reluis par la critique ou la raillerie moderne.

Mais pendantqu'il écri-

1 Voyez aux Archives des missions, 1877, p. 468 et suivantes, le rapport de M. Revillout sur une mission pour l'élude des manuscrits coptes

concernant leconcile d'Alexandrie.

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