III. — MOUT DE LIC1NIUS; CONSTANTIN SEUL EMPEREUR
L'empire n'avait, plus que deux maîtres : c'était un de trop. La guerre, en effet, éclata bien vite entre ces ambitieux. Sous prétexte d'une conspiration vraie ou fausse, formée contre lui par son beau-frère Bassianus, Constantin le fit mettre à mort, puis réclama de Licinius l'extradition d'un frère du prétendu coupable, Senccio, qui était parent de l'auguste des provinces orientales1 : en réalité, il voulait
Carte pour la guerre entre Licinius et Constantin.
une part des dépouilles de Maximin Daza. Licinius refusa. Cet empereur était un brave soldat et un habile capitaine : ami des petites gens, dit un ancien, sans que nous sachions ce qu'il fit pour eux; par contre, ennemi des courtisans et des eunuques, qu'il appelait les rats rongeurs du palais; bon ménager, enfin, des revenus de l'État, qualité qui nous donnerait de l'indulgence pour son mépris des avocats, qu'il traitait de peste publique2, s'il n'avait été cruel, comme tous ceux qui eurent alors le pouvoir de tuer. Sans déclaration de guerre, Constantin passa les Alpes avec
1 D'après le fragment anonyme que Valois a joint à son édition d'Ammien Marcellin, un complot aurait été formé contre Constantin par Bassianus, qu'il avait nommé césar, et par Licinius. Cette histoire est très-obscure, et je ne crois pas que Constantin ayant un fils, Crispus, âgé de quatorze ou quinze ans, lui ait préparé un rival en donnant à Bassianus le titre de césar.
* Epilome, 41 ; Aurel. Victor, Cœs., 4t.
20 000 hommes1. Le 8 octobre 314, les années se rencontrèrent près de Cibales, en Pannonie, entre la Save et la Drave. La lutte fut longue, acharnée. Licinius recula à demi vaincu, mais conservant des forces considérables qui lui permirent de livrer une seconde bataille en Thrace, dans les plaines de Mardie. La victoire de Constantin fut encore moins décisive; il était loin de ses provinces, au milieu d'un pays ennemi, en face d'un adversaire que deux rudes coups n'avaient pas abattu et qui se fortifiait en reculant; il se décida à traiter. Licinius avait nommé césar un de ses généraux, Valens : c'était un nouveau prétendant dont il faudrait faire la part; Constantin refusa de le reconnaître. Pour simplifier les négociations, Licinius ordonna sa mort; puis il accepta un traité qui ne lui laissa en Europe que la Thrace et les côtes de l'Euxin, c'est-à-dire les portes de l'Asie devenue son seul domaine, mais il gardait en Orient tout l'héritage de Maxim in2.
Les deux beaux-frères réconciliés convinrent que leurs enfants seraient faits césars. Constantin donna ce titre à Crispus, qui, arrivant à l'âge d'homme, était déjà un auxiliaire utile3, tandis que Licinianus, enfant de vingt mois, devait, selon toute probabilité, voir mourir son vieux père, avant d'être lui-même sorti de l'enfance (mars 517). Les conditions n'étaient donc pas égales entre les deux augustes, et c'est pour ne point les changer que Constantin avait empêché Licinius de se donner dans Valens un lieutenant capable de le défendre.
La fécondité inattendue de Fausta accrut l'ambition de son époux. En quelques années, elle donna le jour à trois fils : Constantin le jeune, Constance et Constant4. Pour ces nouveaux venus à la vie, il fallait des héritages : leur père médita de les prendre un jour dans les provinces de son collègue. Il a dû y songer de bonne heure, car depuis l'année 519 on ne voit plus les noms de Licinius et de son fils dans les fastes consulaires. Deux années avant la rupture, les orateurs officiels n'osent parler, à la cour d'Occident, du second auguste, et une ambassade persane, reçue par Constantin, donne à penser que, en pré-
* Anonyme de Valois.
2 Anonyme de Valois, 14, 1G ; Zosime, II. 19; Pierre le Patrice, Fragm. des hist. grecs, IV, 189.
r' Tillemont (IV, 171) le fait naître vers 300; Ducange [Fam. bijz., p. 46) en 290.
4 Constantin le jeune fut nommé césar peu de temps après sa naissance, pour que Fausta eût un de ses fils égal en dignité au fils de Minervina. (Zosime, II, 20.)
vision tic la lutte suprême, il avait cherché des alliés chez les ennemis naturels de l'empereur d'Orient1. Il essaya d'en gagner d'autres par un édit déclamatoire, mais très-favorable aux débiteurs du fisc, qu'il adressa à toutes les cités de son obédience, ad populum, et par une amnistie qui ouvrit toutes les prisons, excepté pour les empoisonneurs, les homicides et les adultères, en faveur desquels personne n'entendait réclamer. Ces édits, promptement connus au delà de ses frontières, durent lui faire des partisans dans les provinces de Licinius. Mais l'humanité qu'il y montrait était de bonne guerre2.
Comme on avait mis tous les torts au compte de Maxence, pour sauver Constantin du reproche d'ambition, on accusa Licinius d'avoir été l'auteur d'une guerre qu'il était de son intérêt le plus clair d'éviter. Vaincu déjà deux fois, n'ayant plus qu'un tiers des provinces et les plus mauvaises troupes de l'empire, il eût fait acte d'insigne folie en provoquant son redoutable collègue. Constantin, au contraire, qui devait à une guerre heureuse l'Italie et l'Afrique, à une autre \Illyricum et la Grèce, avait l'ardent désir de reconstituer à son profit et à celui de sa race l'unité de l'empire3. Il eut l'habileté, qui a été plus d'une fois retrouvée, de rejeter sur son adversaire le blâme de la rupture et d'apparaître comme le défenseur des opprimés.
L'Orient comptait beaucoup d'églises. Constantin y envoya-t-il de secrets émissaires? Il n'en avait pas besoin pour faire tourner vers lui les yeux et les espérances des chrétiens. Ses égards pour les fidèles, ses lettres aux évêques, disaient assez où était leur protecteur. Provoqua-l-il une propagande active dans les Etats de l'auguste oriental ? Les rares documents de cette époque ne permettent pas de l'affirmer; mais on n'ira certainement pas au delà des probabilités légitimes en pensant que les évoques d'Asie souhaitaient le triomphe du véritable auteur de Ledit de Milan. Eusèbc ne s'en cache pas. « Licinius croyait
1 Dans la solennité du 7 mars 521, Nazaire, qui trace le plus brillant tableau do l'empire, ne fait aucune allusion à l'auguste des provinces orientales. C'est lui aussi qui mentionne l'ambassade persane.
2 Code Théod.,\l, 7, 3, anno 520. Cet édit défend d'employer la torture et les trop dures prisons contre les débiteurs du fisc : securi Iranseant, dit-il, et si quelques-uns sont assez dépourvus de sens pour ne pas se libérer, on les mettra aux arrêts en un lieu ouvert et commode. Leurs biens seuls répondront pour eux. On a vu (t. VI, p. 015, n. 4) à quel désespoir les rigueurs du fisc pouvaient réduire ses débiteurs, et l'on verra Valent inien I faire encore mourir des débiteurs du fisc. (Amm. Marcellin, XXVJI, 7.) Le prétexte du second édit, qui est du 30 octobre 5'J2. à la veille des hostilités, fut la naissance (?) d'un fils de Crispus. (Ibid., IX, 58, 1.)
5 Eutrope (X, 13) cl Zosime (II, 18) imputent la rupture à Constantin. Pour Eusèbe, bien entendu (Vie de Const., I, 50), Licinius est le seul coupable.
CONSTANTIN, MAXENGE ET LICIN1US (306-524). ."1
que dans nos églises nous ne priions que pour Constantin, et, en effet, nous étions les amis du très-grand empereur, si elicr à Dieu1. » Ces mois expliquent pourquoi Licinius chassa certains chrétiens de son entourage; pourquoi il interdit les synodes d'évêques, où il craignait que la politique ne se mêlât à la religion, et les assemblées trop nombreuses de fidèles dans l'intérieur des villes. 11 ne défendait pas ces réunions, disait-il, il les autorisait hors des portes, dans les plaines « où l'air est plus pur pour les l'ouïes que dans un étroit espace2 ». Au fond, il pensait qu'en rase campagne la contagion de l'émeute était plus difficile et la répression plus certaine. Ces précautions démontrent qu'il était sérieusement alarmé.
Signataire de l'édit de Milan, Licinius n'était pas un zélé païen. Après sa victoire sur Maximin, il avait fait tuer dans Anlioche les prêtres de Jupiter Philius et les plus violents persécuteurs de la religion nouvelle. Des chrétiens, traités, il est vrai, d'hérétiques, restèrent dans son intimité, comme Eusèbe évèque de Nicomédie, et les mesures qu'il prit ou qu'il conseilla3 : la séparation, dans les églises, des hommes et des femmes, renseignement des choses saintes donné à celles-ci, non plus par des clercs, mais par des diaconesses choisies pour cette fonction, ne sont pas d'un grand ennemi de la religion. Tout au plus peut-on y voir qu'il croyait aux vieilles accusations colportées parmi les païens contre les réunions des néophytes*. Les dispositions, supposées ou réelles, de son clergé le poussèrent à des actes de sévérité qui irritèrent justement les orthodoxes, et provoquèrent des résistances auxquelles l'autorité répondit avec les terribles lois dont elle était armée. Des églises furent encore fermées ou détruites; des confiscations, des sentences d'exil prononcées, des ingénus réduits en servitude, d'autres envoyés aux mines et peut-être quelques évêques exécutés3. Cependant des individus isolés furent seuls frappés, et il n'y eut pas de déclaration générale contre le
1 Vie de Const., I, 5(3, et Hist. ceci., X, 8; il oublie que, quelques chapitres plus (ùl, il avait célébré les services rendus à la religion par Licinius, « le très-religieux prince, prédicateur de paix et de piété », et que les chrétiens disaient que ce prince, à la première bataille d'Andrinople, avait reçu l'assistance du ciel.
- Id., Vie de Const., I, 53. Maximin avait aussi interdit les réunions dans les cimetières. (Eusèbe, Hist. ceci., IX, 2.)
5 Eusèbe, 17e de Const., I, ôô.
4 Eusèbe [Hist. ceci., 1\, ij) montre que ces accusations continuaient.
3 Eusèbe iibid., X, 8) n'en nomme pas un seul, il ne cite aucun l'ait particulier et, tout en donnant à croire qu'il y eut alors une violente persécution, il finit par dire que le tyran aurait décrété une persécution générale s'il n'avait été abattu.
christianisme; aussi les auteurs ecclésiastiques ne marquent-ils pas une persécution sous le règne de Licinius1.
Pour cette histoire, on marche dans les ténèbres, tant la passion religieuse a voilé ou dénaturé les faits; les ouvrages qu'elle nous a laissés sont comme ces palimpsestes dont l'écriture visible cache un texte plus important, mais très-difficile à lire. Quelques lignes, par exemple, de ïhéodoret 2 autorisent une conjecture qui peut bien être une vérité : « Constantin, dit-il, accusa plus tard l'évêque de Nicomédie, Eusèbe, d'avoir été l'âme de la guerre entre les deux augustes3. » L'arianisme, qui, en simplifiant le dogme chrétien, jetait un pont entre l'ancienne et la nouvelle religion, faisait déjà de grands progrès en Orient. Cet Eusèbe, qui sera un zélé partisan d'Arius, peut avoir poussé le prince dont il était le confident à sévir contre les adversaires trop ardents de la doctrine qu'il protégeait, de sorte que l'on peut voir dans les rigueurs de Licinius les suites d'une lutte entre deux communions chrétiennes. Ainsi s'expliqueraient les violences locales que l'autre Eusèbe, l'évêque de Césarée, raconte. Commises en violation de l'édit de Milan, elles donnaient à Constantin un prétexte légitime pour se faire le défenseur de la grande loi qui avait proclamé la liberté de tous les cultes.
Depuis la dernière guerre avec Licinius, Constantin avait pu tenir ses troupes en haleine et leur assurer des succès et du butin : double garantie de leur fidélité. Dans la Gaule, Crispus s'était habitué au métier des armes en de faciles campagnes contre les Alamans et les Francs, qui semblaient se relayer pour empêcher que les légions du Rhin Monnaie de Con- ne perdissent l'esprit militaire (320). Sur les bords du
stantin, frappée n -, , .
en souvenir des Danube, son pere repoussa une incursion de Sarmatcs
succès contre '-i • ■, • i > -, „ »
les sarmates5. clu lJ poursuivit jusque sur la rive gauche du neuve ;
des Goths qui s'aventurèrent dans la Mœsie et la Thrace
eurent le même sort. De ces deux expéditions, Constantin avait ramené
des captifs, qui, suivant l'usage, furent distribués entre les cités,
1 Sulpice Sévère dit, dans son Hist. sacrée : Sed et inler perseculioncs non computalur. Le 1 l" canon du concile de Nicée parle de clin-liens qui, sous Licinius, avaient apostasie « sans contrainte, sans perte de leur bien et sans péril ».
- Hist. ceci., I, 19.
- Hic et exploratores oculos in me miltebat et tantum non armatse militiie operam navabat tyranno (ibid., et lettre de Constantin aux gens de Nicomédie contre Eusèbe).
4 Eckhel, I. VIII, p. 75.
s SAMAT1A DEV1CTA. Victoire tenant un trophée. (Petit bronze.)
comme esclaves et comme colons, ou enrôlés dans les troupes impériales1. Ces campagnes sans péril étaient d'excellents préludes à de plus sérieux combats. En môme temps, il construisit une flotte de 200 galères; il agrandit le port de Thessalonique, et de nombreuses troupes s'assemblèrent autour de cette ville.
A ces préparatifs répondaient ceux de Licinius ; s'il fallait accepter les chiffres de Zosime, près de 500 000 hommes se seraient heurtés dans la plaine d'Andrinople. Les deux armées étaient séparées par l'Hèbre. Une habile ma- vktoria Gothica*-
nœuvre de Constantin qui trompa la vigilance de son adversaire, en surprenant un gué du fleuve, lui assura cette fois une victoire complète. 11 avait bravement payé de sa personne : après avoir tout disposé en habile capitaine, il s'était battu en soldat et avait été blessé (5 juillet 525). Licinius s'enferma dans Byzance avec les débris qui lui restaient pour interdire à son rival le passage d'Europe en Asie. Ses 550 galères, maîtresses de l'Hellespont, assuraient son ravitaillement et empêchaient celui de l'ennemi, qui ne pouvait se faire largement que par mer5.
L'Euxin, versant ses eaux dans la Méditerranée à travers un étroit canal, forme dans l'Hellespont un courant rapide que, par certains temps, il est difficile de remonter, mais qui devient maniable quand le vent du midi refoule dans les Dardanelles les flots de la mer Egée. L'amiral de Licinius avait ce courant pour lui : il ne sut pas en profiter. Dans une première rencontre entre les deux tlottes, les pertes furent égales; mais le lendemain le vent du sud se leva, et Crispus, le commandant de la flotte constantinienne, lança ses galères contre celles de l'ennemi, qui perdit 150 navires. Constantin, dès lors assuré de ses convois, allait presser le siège de Byzance, et la flotte victorieuse de Crispus se rapprocha de la Corne-d'Or. Avant d'être enfermé dans la place, Licinius repassa en Asie; il nomma césar ou auguste*
1 Zosime, II, 21, et l'Anonyme de Valois. Les deux adversaires avaient chacun dans leur armée des auxiliaires goths. L'Anonyme le dit pour Constantin, et Eusèbe(P7e de Const., II, 15) pour Licinius. C'était déjà un vieil usage.
s Médaillon de bronze frappé en souvenir du succès de Constantin contre les Goths : Rome casquée reçoit une couronne que lui tend la Victoire.
5 Constantin comptait si bien pour vivre en Tlirace sur ses convois de mer, qu'il avait réuni jusqu'à 200 navires de charge. Voyez plus loin la carte du Bosphore de Tbrace.
4 Des monnaies très-rares lui donnent le titre d'auguste. (Comptes rendus de l'Acad. des inscriptions et belles-lettres, nov. 1879.)
Monnaie de Constantia1.
son maître des offices, Martinianus, réorganisa rapidement son armée et l'étendit le long de la côte, de Chalcédoine à Lampsaque, pour garder les passages. Mais Constantin, maître de la mer, pouvait débarquer partout. Sa flotte porta ses troupes au pied des hauteurs de Chrysopolis (Scutari), où elles se couvrirent aussitôt de retranchements. Par cette manœuvre, la ligne de défense de Licinius était tour- MaMtUMARTiNiANOs n<^e : ^ *eva ses camPs et essaya, par une attaque vigoup.f.avg.). (Petit reuse, de rejeter son ennemi à la mer; il fut repoussé
et contraint de fuir jusqu'à Nicomédie.
N'ayant plus ni soldats ni trésor, l'énergique vieillard, à bout de force, vint déposer la pourpre aux pieds du vainqueur impassible et
dur (25 sept. 525). Constantin avait promis à sa sœur, femme de Licinius, de respecter la vie de l'auguste découronné; il le relégua à Thessalonique. Mais un homme qui avait été douze années empereur donnait, môme en captivité, des inquiétudes, et la méthode orientale de faire cesser les inquiétudes, en supprimant ceux qui les causaient, ne déplaisait pas au maître tout-puissant du monde romain. Malgré l'engagement pris avec Constantia, un ordre de mort fut envoyé à Licinius (524) \ Martinianus avait été égorgé dès le lendemain de la défaite. Selon l'usage du temps, les serviteurs, les amis de Licinius, curent le sort de l'empereur vaincu; ses actes mêmes furent abolis3, et la réaction dura près de deux ans. Lorsque Constantin l'arrêta par le rescrit du 8 juillet 326*, il n'y avait plus rien, en Orient, qui pût rappeler le gouvernement de celui que le vainqueur appelait un tyran. Quelles perturbations dans la vie sociale devaient causer ces vengeances politiques! Malheureusement, avec plus ou moins de gravité, elles sont de tous les temps.
On a représenté cette guerre comme la lutte suprême des deux religions. Eusèbe fait dire par Licinius à ses soldats, avant la bataille : « Voilà nos dieux et ceux de nos pères; notre ennemi les a abandonnés pour en suivre un que nous ne connaissons pas. On verra
« CONSTANTIA et le buste de la femme de Licinius. Au revers, S0R0R CONSTANTIN AUG. Dans une couronne, PIETAS PIJBLICA; à l'exergue, CONS. (Petit bronze.)
2 Contra relicjionem sacramenti occisus est (Eutrope, X, 6).
s Théodose fera de même après sa victoire sur Maxime. C'était antérieurement le sort des princes que le sénat avait déclarés tyrans.
4 Code Théod., XV, 14, 5 : « Ce que le tyran a décidé conformément aux lois doit subsister. »
aujourd'hui qui de nous ou de lui se trompe, et la victoire décidera à qui nous devrons offrir nos adorations. Nos dieux, qui sont plusieurs contre un seul, nous feront vaincre assurément. » L'histoire ne trouve pas à ces événements le caractère que l'évoque leur donne. Cette guerre fut, comme les précédentes, une guerre d'ambition, mais elle eut les effets d'une guerre religieuse, parce que le vaincu avait cherché son appui parmi les païens ou les dissidents. Lorsque Constantin vit les évoques orthodoxes de l'Orient l'appeler leur sauveur et la foule de ceux dont le succès détermine les croyances passer à la foi nouvelle, il se trouva plus que jamais fortifié dans la pensée que l'avenir était aux chrétiens et que la sagesse politique conseillait d'aller à eux. 11 y alla, mais avec les habiles précautions que nous allons voir.
« SOLI INVICTO AETERNO AVG. Constantin radié, debout, de face, dans un quadrige, est couronné par la Victoire, qui tient une palme ; à l'exergue, S. M. T. (Revers d'une monnaie d'or. )
Constantin radié, couronné par la Victoire1