‹ Histoire des Romains depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'invasion des BarbaresChapitre 14 sur 62 · L'ÉPOUX, L'ÉPOUSE ET LA PARENTÉ · texte numérisé non relu

L'ÉPOUX, L'ÉPOUSE ET LA PARENTÉ

La condition du fils fera maintenant comprendre celle de la mère. « Je me plains de ma pauvreté, s'écrie tristement l'avare de Plante; me voilà avec une grande fille sur les bras, sans dot, et je ne puis la placer à personne ^ » Cette lamentation, on l'entend fréquemment à Rome : l'argent y décide beaucoup d'unions, tout comme dans les sociétés où l'on parle le plus de sentiment. Horace s'en fâche; il se plaint que « la reine Richesse*, lorsqu'elle donne une épouse bien dotée, paraisse donner du même coup la beauté, la noblesse, des amis et la foi conjugale. » Saint Jérôme use de la liberté évangélique pour peindre avec plus d'énergie ces mariages de convention. « On n'achète, dit-il, un cheval, un âne, un bœuf, qu'après mûr examen de leurs qualités et de leurs défauts : pour une femme, on la prend les yeux fermés. Est-elle violente, folle, disgracieuse, fétide, qu'importe tout cela, on le saura après les noces^ » Par contre, et c'est encore notre histoire, une fille sans fortune peut demeurer longtemps dans la maison paternelle, à moins que sa beauté ne frappe quelque jeune homme désintéressé. Cela est rare, mais non sans exemple : aussi Vénus est fort honorée par les mères anxieuses ^ Du plus loin qu'elles aperçoivent son temple,

< César, de Bello av., VI, 19; Gains, Ind., h § 55.

^ Gaïus, ihicL, II, 123.

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