Pince à mors denté avec nœud coulant. (Pompéi
.Cachet de médecin ou d'oculiste.
(Saglio, lig. UVl.)
INSTRUMENTS DE CllIIiUnClE.
drions par la remarque qui sera bientôt présentée que l'heure des grandes institutions de bienfaisance n'était pas venue pour la société romaine, parce que ces institutions n'étaient pas encore absolument nécessaires. Mais, quoique les inscriptions qui montrent des médecins
4t>8 L'EMPIRE ET LA SOCIÉTÉ ROMAINE.
salaries par les villes latines ne soient pas très-nombreuses ', elles nous autorisent pourtant à supposer qu'il y en avait partout.
Les jurisconsultes s'occupaient d'eux; ils nous disent ce qu'on trouvait dans leur succession : collyres et emplâtres, instruments de chirurgie et appareils pour la confection des médicaments^; et aussi quelle responsabilité terrible leur incombait! Qu'un de leurs remèdes tuât le malade, et il y allait pour eux de l'exil ou de la mort ^ Cette responsabilité entraînait, alors comme aujourd'hui, l'obligation pour le médecin de signer ses ordonnances, et l'on a déjà trouvé plus de cent cinquante de leurs cachets.
On sera confirmé dans la pensée que le service médical des villes était un usage général par le rescrit d'Antonin que nous avons donné au règne de ce prince. Ce rescrit* est un décret qui réorganise et non pas un décret qui fonde. L'institution était assez ancienne pour avoir déjà produit des abus qu'Antonin se proposait de réprime)'. Lorsqu'il fixait le chiffre de médecins publics que les villes grandes, moyennes et petites ne pourraient dépasser, il sauvegardait les finances municipales, et, en limitant le nombre des citoyens exemptés des mimera, il rendait le poids des charges communes moins lourd pour les habitants. Ce rescrit adressé à la province grecque d'Asie « vaut, dit le jurisconsulte Modestiiius, pour tout l'empire'* ». Un texte deGalien permet d'ajouter que, dans presque toutes les villes, se trouvait Vofficine médicale, Vinzpdo-j, sans laquelle le médecin public aurait difficilement rempli sa tâche à l'égard des pauvres ^ Nous avons, après bien des siècles, fait revivre cette institution due à l'aimable génie de la Grèce. Ce médecin public qui soigne les riches, mais n'oublie pas les pauvres, n'est-il point « l'ancêtre très-reconnaissable de notre médecin de l'assistance publique^ »?
On voit ce qu'il faut penser de l'axiome tant de fois répété que la charité était inconnue des anciens. A ce qui vient d'être dit, ajoutez l'assistance des cités les unes à l'égard des autres, les souscriptions
* Orelli, n- .w07 et 5901; C. I. L, t. V, 37 et 5377, etc.
* Paul, Sent., III, G, G2.
^ Id., V, 25. 19.
* Voy., ci-dessus, p. 159.
» Dig., XXVII, 1, 6, § 2. La même pensée conduira Constantin à limiter le nombre des clercs (Code Tlu-od.. XVI, 2, 3. 5 et 6.)
« ....-ivi /.ara w/Xit; tû/ iroXtuv (Galcni opéra, t. XVIIF, Comm. de mcd. off., \, 8, édit. Kuhn).
' D' Vr-rcontrc, la Médecine publiijue dans lanliquUé (jrecque {Revue arcliœl. de 1880). Voy. >ur le rnéme sujet un article du D' Decliambre, ibid., n° de janvier 1881.