‹ Histoire des Romains depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'invasion des BarbaresChapitre 40 sur 62 · II. — LE SENAT ET LES CHEVALIERS · texte numérisé non relu

II. — LE SENAT ET LES CHEVALIERS

A se contenter des apparences, le sénat occupait sur la scène politique une large place, et ses membres semblaient si indispensables pour la bonne conduite des affaires, ou plutôt leur résidence dans les provinces paraissait si dangereuse, qu'ils ne pouvaient sortir d'Italie sans la permission du prince. Il nommait aux charges et rendait des jugements^; il administrait ei légiférait; il veillait sur la religion et sur le trésor public, xrar'mm; il faisait de la police la plus minutieuse et de la politique la plus grave par ses conséquences : aujourd'hui recevant des ambassadeurs étrangers, ou déclarant le Décébale ennemi public et commençant une grande guerre; demain autorisant un particulier à établir une foire sur ses terres % ou interdisant aux avocats de rien prendre de leurs parties'. Les sénateurs se disaient tout bas qu'ils étaient les héritiers de la souveraineté nationale, qu'ils avaient plus de prérogatives que le sénat républicain, qu'enfin ils étaient la source de toute autorité, môme pour l'empereur, lex regia. Ils voyaient le prince réclamer d'eux la confirmation de son titre, siéger à leurs côtés comme un collègue et prendre un nom qui ne signifiait que le premier du sénat : princeps. ils partageaient avec lui le droit régalien de battre monnaie. Si le prince s'était réservé le privilège d'émettre la monnaie d'or et d'argent, les pièces de bronze étaient frappées par le sénat et portaient

■ Tout était si peu fixe dans cette conslifution, que le sénat croyait pouvoir, au cours même d'un procès, changer la loi qu'il s'agissait d'appliquer : ainsi dans le procès de Bassus (Pline, Episl., IV, 9) : Senalui licel et mitkjarc leçies el hitcndere.

- Pline, Episl., V, 4. Antre exemple, dans VEpliemeris epicjr., t. II, fasc. iv, p. '27], d'un sénatus-oonsulte pareil, de l'an 158, trouvé en 187.') dans la Tunisie.

s Pline, Epist.. V, 14 et 21.

sa signalurp, .S. C. '. Enfin, à la mort de l'enipercur, les Pères décrétaient pour lui le ciel ou les <;cinonies; ils le proclamaient dieu ou lyran et cassaient ses actes ou les conlirmaient. La curie était en outre la giandc école des fonctionnaires de l'empire : pour être mis à la lèle d'une légion ou d'une province, il fallait appartenir au sénat. (Certains commandements avaient même élé réservés aux consulaires, et c'était uin» des raisons qui obligeaient maintenant de faire chaque année huit, même douze consuls, désignés par l'empereur et nommés par le sénat qui leur donnait la chaise curule et le bâton d'ivoire". Les termes de l'ancienne politesse devenaient des titres ofliciels, et « l'Ordre Magnifique » n'était plus composé que de trèsilliisli'cs personnages, « les Clarissimes. » Leurs enfants, même les il lies, étaient ainsi salués''.

Ouelle pom|)e dans les formules ! Quelle splendeur dans les apparences! Kt qu'il devait se croire un |)uissant i)crsonnagc le sénateur de Home qui se prenait assez au sérieux pour ne ])as rire, comme l'augure, à la rencontre d'un collègue! Mais le sénat n'est qu'une machine commode, et Pline, qui appelle la plus respectée des anciennes magistratures une ombre vaine, inansm umbram et sine honore nomen\ nous a montré, dans son libéral empereur, un 'uiaîtrc absolu* même des biens (hî ses sujets".

Cependant entrons un instant à la curie et voyons agir ces hommes i\\\\ portent \\\\ si grand titre; le Journal officiel de ce temps-là nous pciiiicl d'assister à \\\\q séance. Nous sommes en l'année 222. Elagabal vient d'être égoi'gé, traîné au croc par la ville, jeté au Tibre, et les soldats ont |)roclamé Alexandre :

« Extrait des actes de liome, veille des nones de mars. » L'assemblée est nombreuse; elle invite le prince à se rendre à la curie, et, à son entrée, le salue de ces acclamations :

« Vertueux Auguste, que les dieux vous protègent !

» (Jn a vu cc|iriiil;iM(, p;ii;i' i!ll. (juc. nombre de villes clans les provinces orieninies avaient conservé le (Jroil ilr Ir.ippi'i- dr la monnaie d'argent (cislophores) et de cuivre. Ce droit du sénat et (les cités était important, car il empêciiait « l'empereur d'émellrc de la monnaie d'une valeur fictive )>. (Mommseu, ///.s(. de la monnaie rom., t. III, p. 12.)

- L. Heuier, Comples rendus de l'Aead. des inscr., 1875, p. lO.j, et llist. An!,^, AureL, IT».

■■ Orelli, n" 9i2'J, i)0ur le temps de Sévère; ibid., n" o717 : darissimi pueri, et n" 4911 : clarissimits juvcnis.

* Einst., I. -27,.

' Voy. I. IV, p. 775. Les sénalns-consullrs avaienl-ils Inrce de loi? On n'en saurait douter, dit I Ipieii (hiff,. I,."», ît); c'est une ipieslion, r('|)ond (iaius [Insl., 1, 4): pure (luestion tliéoriipie, car en fait l'empereur élait le maille.

« Empereur Alexandre, que les dieux vous protègent!

« Les dieux vous ont donné à nous ; que les dieux vous conservent!

« Les dieux vous ont arraché des mains d'un impudique ; que les dieux veillent sur vos jours!

« Vous avez souffert comme nous sous un impur tyran, les dieux l'ont exterminé; que les dieux vous protègent!

« Nous serons heureux sous votre empire; la république sera heureuse; que les dieux donnent longue vie à Alexandre! »

L'empereur ayant remercié l'assemblée, elle s'écrie de nouveau :

« Antonin Alexandre, que les dieux vous protègent !

« Antonin Aurèle, que les dieux vous protègent!

« Antonin le Pieux, que les dieux vous protègent! Nous vous supplions de prendre le nom d'Antonin.

« En vous est notre salut, en vous notre vie, en vous notre félicité !

« De longs jours à Antonin Alexandre ! Pour notre félicité, qu'il porte le nom d'Antonin !

« Qu'un Antonin consacre les temples des Antonins!

« Qu'un Antonin triomphe des Parthes et des Perses !

« En vous, Antonin, nous avons tout; par vous, nous avons tout! »

Le prince résiste; sept ou huit fois, les sénateurs, sans se lasser, répètent en chœur les mêmes acclamations, et, ne pouvant triompher de l'honnête opiniâtreté d'Alexandre à refuser un nom qui lui semble trop difficile à porter, ils imaginent soudain une autre manœuvre qui s'effectue avec le même ensemble, pour forcer ce jeune homme qui n'a encore rien fait, mais qui s'appelle Alexandre, à prendre le titre de Grand, donné au héros macédonien après la conquête de l'Asie. Les clameurs recommencent ; je ne les répète pas, car le lecteur moderne ne pourrait supporter ces litanies de plates adulations. Le prince persistant à ne point céder, elles reprennent une dernière fois pour vanter sa modération et, sur ce thème, continuent encore longtemps, « selon l'usage, » dit l'historien, ex more\

* Lampride, Alex. Set)., 0-12. Cependant l'historien a raison de dire ex more, car ces acclamafions étaient un usage fort ancien, qu'on suivait dans les l'êtes, les assemblées, au théâtre, aux lectures publiques. Ce qui nous parait ridicule et bas était donc une coutume nationale et semblait très-sérieux. On y mettait de la cadence, ])ar une sorte de modulation musicale. Suétone dit d'.\uguste : Revertenlem ex promncia modulalis canninibus jjroseqiiebanlîir iXéron réglementa ces acclamations dont le nombre élait d'avance donné par un maître des cérémonies : i-ièiiu.vi Ta 75 axxx caa i/.v.vjou.i&x (Dion, LXXII, 20), et elles étaient si bien dans l'usage, qu'on les retrouve dans l'Église (lettre 215de S. Augustin), dans les conciles, à celui d'Éphèse, en 451, par exemple, et (pi'elles existaient encore à Constantinople au dixième siècle et qu'au sacre des Capétiens le peuple approuvait, en criant trois fois : « iNous le voulons. »

534 l/KMPini': ET LA SOCIÉTÉ ROMAINE.

On (lira que \c sénat d'Alexandre Sévère avait jiassé par de si terribles mains qn'il devait en avoir perdn tonte dignité de caractère; mais voici le sénat que Marc Anrèle avait légné à son fils, le sénat des Antonins. C'est un témoin, un consulaire qui parle': « Les jeux durèrent (piatorze jours; l'empereur y figura comme acteur. Nous tous, sénateurs, imus ii(> manquâmes pas d'y assister avec les chevali(>rs. Le vieux Claudius Pompeianus seul s'en dispensa. Il y envoya bien ses deux (ils, mais il ne vint jamais lui-même : il aima mieux être puni de son absence par une mort violente que de voir le chef de l'empire, le fils de iMarc Anrèle, se livrant à de pareils exercices. Ainsi (pic nous en avions reçu l'ordre, nous faisions entendre diverses acclamations cl nous répétions sans cesse celles-ci : Vous êtes notre maUre, à vous le premier rang ! Vous êtes le plus heureux des hommes ! Vous êtes vainqueur! Vous le serez ! De mémoire d'homme, seul vous êtes vainqueur, ô Àmazonius ! » Et un peu plus loin : « L'empereur fit encore une chose qui semblait présager aux sénateurs une mort certaine. Après avoir tué une autruche, il lui coupa la tête, et s'avança vers les places où nous étions assis. Il tenait de la main gauche celte tète, de la droite l'épée encore sanglante et dont il tournait la pointe vers nous. 11 ne proférait pas une parole, mais, secouant sa tète et ouvrant une large bouche, il faisait entendre qu'il nous traitei'ait comme l'autruche. » Il y avait de quoi trembler. Cepcndaiil rpiclques sénateurs, moins frappés du danger qu'ils couraienl <pic de l'aspect grotesque de ce vainqueur d'un j)acifique oiseau dont il portait triomphalement la tête, s'oublièrent jusqu'à sourire. « L"eiiij)ereur les aurait tués à l'instant avec son épée, si je n'avais engagé ceux qui étaient près de moi à détacher de leur cou" ronne des feuilles de laurier et à les mâcher, comme je mâchais les feuilles de la mien ne, a (in que le mouvement continuel de notre bouche r(;m|)èchAt d'avoir la preuve que nous avions ri. »

Il n'est pas besoin d'autres témoignages pour attester l'humilité servile du sénat. Par contre, on pourrait citer, de la part de plusieurs princes, nombre de paroles respectueuses et d'actes de déférence cxtériciin' ;'i r{'gard de, la liante assemblée. Simple affaire de fiolitesse! Les pins comtois des empereurs n'abandonnaient aucun de leurs droits utiles. Kn r('alité, sous l'empire, le sénat n'eut point de rôle |)olitifpi(' ; dii moins il n'eut jamais que celui qu'il plaisait au prince <lf loi doiiiici'.

' Flion Cassius, fAXIl, 'JO. Voyez une aulre scène, LXWl, 8.

LE GOUVERNEMENT ET 1/ADMINISTIUTlON.

Des savants, qui joignent beaucoup d'imagination à beaucoup de science, ont voulu voir dans l'histoire de l'empire une lutte de trois siècles entre le césarisme et le sénat, jusqu'à la réforme de Dioclétien. C'est donner aux formules plus d'importance qu'elles n'en

Acclamations au cirque en présence de l'empereur*.

méritent. Les sénateurs ont conspiré contre les empereurs; entre eux et le prince, il n'y a jamais eu de lutte politique.

Nous connaissons les attributions judiciaires et administratives des magistrats annuels qui siégeaient dans cette assemblée^ : les huit' con-

* Bas-relief du piédestal de l'obélisque de Théodose à Constantinople. (D«d. desAnt., fig. 56, p. 19.)

- Voy. t. m, p. 750 et suiv., avec les noies qui s'y rapportent.

^ Quatre, sous INéron; six, sous Vespasien, savoir : deux consuls ordinaires, ceux dont les noms sont aux fasies et qu'on appelait cons. ex kal. januariis, exerçant six mois, les quatre autres étant trimestriels; huit et quelquefois douze, de Trajan à Constantin. Commode en nomma jusqu'à vingt-cinq dans une seule année. Les actes publics furent, d'Auguste à Caracalla, datés dos consuls en charge, qu'ils fussent suffccti ou. non. (L. Renier, Comptes rendus de l'Acad. des inscr., 1875, p. 105.)

•,r,6 L'EMPIRE ET LA SOCIÉTÉ ROMAINE.

suis, les dix-huit préteurs', les dix tribuns, les six édiles^ et les vingt questeurs. Leurs prérogatives, encore considérables, étaient sans indépendance; de sorte (|ue ces titulaires des magistratures qui avaient été le pouvoir exécutiC de la république, tout en occupant une place Ibrt importante dans l'administration, n'en avaient qu'une très-petite dans le gouvernement. Il serait inutile de s'arrêter plus longtemps devant ces ombres pour en dessiner les contours fuyants. L'histoire générale a le culte des morts, mais des morts qui ont vécu. Si rinsigniliance politique du sénat et de ses dignitaires n'est que trop démontrée, si la bassesse du caractère était un héritage que beaucoup de j)ères conscrits d'origine servile avaient trouvé dans la succession paternelle, il faut cependant considérer cette assemblée comme la ]»]us grande école d'administration qui ait jamais existé. A dix-huit ans, (piand la vie active le saisit, le jeune noble qui veut courir la carrière des hautes fonctions se rend à l'armée, où il passe les années orageuses de la jeunesse, dans les milices équestres qui font son instruction militaire"'' ; puis il entre au vigintivirat'* et achève dans les tribunaux son éducation juridi(jue commencée auprès de quelque jurisconsulte en renom. Après ce double enseignement pris au Forum et dans les camps, il est nommé à une des vingt places do. la questure et entre au sénat. Il n'a que vingt-cinq ans et cependant il sait déjà beanc()U|) de la vie pratique : il connaît la loi civile et les règlements militaires; il a obéi et il a commandé. Questeur de l'empereur, il porte ses messages à la curie et entend les discussions qui s'y élèvent;

« C(^s seize ou dix-huit pnUurrs élninnt tirées au sort par les candidats que l'empereur avait désignés (Tacite, .U/c, 7).

- Le trihuiiat et i'édilité ne formaient qu'un même degré de la liiérarcliie; aussi on gérait l'ime ou l'autre de ce» deux charges, jamais les deux successivement.

'• On les appelait Irihinti inililum honores peliluri, ou trihuni latidavii. (Voy. t. III, p. 745.) Ceux (|ui étaient sans and)ition miiilr.ire se contentaient d'im IvUuinnl armeslriel : ainsi Pline l' .leiMie eut poiw service à l'armée de Syrie rie tenir la eoniplahiliLi', ce qui lui laissa toul le leinps de suivre les leçons d(>s philoso|iiies, tandis que Trajan, enlrahié par ses goûts militaires, avait fait très-sérieusement le métier de soldat (Pancfiyr., Ib). M. L. Renier (il/é/. d'épigr., p. 23!)) a, le premier, démêlé le vrai caractère des milices équestres, ou giades de préfet de cohorte auxiliaire, de tribun légionnaire et de préfet d'une ala de cavalerie, par lesquels pa-saient les jeunes nohles. Ces grades et celui de primipilaire conféraient l'anneau d'iir à Cf-nx «pii les ohlenaient sans ajipartenir à l'ordre équestre. Deiiuis Hadrien, les jeunes iiiihles diiri'ul débuter jiar le vigiiitivirat ; ((uinze inscriptions ra])poii(''(ïs par AVilinanns le inouveiit.

* Les vigintivirs (voyez l. III, p. 7i"). n" .") ni' ruiMnainit (jirnn scnl ciillége; ils étaient donc tous de môme rang, :iii ijninicr rli'^'n' de la liirM-aieiiic, (■>■ (pii Inii- permettait d'aspirer tous, leur stage militaire aeconipli, à la magistralurc iinini'diatiMncnl sNp('iicure, la questure. (Cf. Dion, LiV, 2ti.)

questeur d'un des consuls, il devient comme son fils, reçoit ses conseils et écoute ses récits de guerre ou d'administration; questeur d'un proconsul, le voilà agent linancier, au besoin judiciaire, et il prend large part au gouvernement de la province. Plus tard, il est fait édile avec la surveillance des rues, des marchés et des bains publics de Rome, ou tribun du peuple avec le droit de faire des propositions dans le sénat et d'opposer son veto aux décrets de la curie'. Quelle maturité précoce devait développer cette continuelle application des facultés d'un homme aux services les plus divers ! A trente ans, il arrive à la préture ; à trente-trois, il peut obtenir le consulat : ce sont les grandes magistratures, les suprêmes honneurs. Mais l'État ne le tient pas quitte encore des devoirs publics. Entre ces deux charges, on lui a donné une légion à conduire^ ou une province à administrer, et, après son consulat, on lui confie un autre gouvernement ou une armée, sans parler des fonctions sacerdotales et des grandes préfectures ou curatelles auxquelles il peut être appelé". Sa vie se passe ainsi, moitié dans les conseils où les affaires se discutent, moitié dans les fonctions où elles s'accomplissent. Jurisconsulte et juge, administrateur et général, ingénieur construisant des routes ou jetant des ponts sur les fleuves, il est tout cela, tantôt successivement, tantôt à la môme heure, et sur un théâtre changeant dont la scène s'agrandit chaque fois qu'il s'élève dans la hiérarchie*. Enfin il connaît un des

' Tacite {Ann., XIII, 28) montre qu'au temps de Néron les tribuns avaient encore des prérogalives judiciaires importantes.

- Le commandement des légions n'était donné qu'à des prxlorii. (Cf. Borgliesi, Œuvres, t. III, p. 152.)

^ Outre les grandes charges, honores, il y avait beaucoup de curatelles : curnlores viarum, aquarum, alvei Tiheris, riparuin et cloacaruin urhis, operum locorumque publicorum, etc., prœfecU fnimeiili dandi, alimcntorum, œrarii Saturni, etc. Ces charges, formées du démembrement de la censure, étaient confiées à des fonctionnaires permanents. Les provinces d'Asie et d'Afrique étaient tirées au sort entre les anciens consuls. Mais le tour de chacun n'arrivait, au temps de Trajan, que douze ans après la sortie de charge. (^Y;lddingtnn, Fastes des prov. nsiat., p. 716.)

* Voici le cursus honoruni d'Hadrien jusqu'à l'année 112, cinq ans avant qu'il n'arrivât à l'empire : décemvir stililibus judicandis, préfet pour les fériés latines, sévir des chevaliers romains, tribun, successivement dans les légions //" Adjut., V" Maced., XXU'^ Prhnigenia, spcrélaire pour les actes du sénat, questeur de l'empereur et cornes du prince dans l'expédilion dacique, tribun du peuple, préleur, légat de la légioii /" Miiierv., légat propréteur de l'empereur dans la l'annonie Inférieure, soddlis angiistal, Vllvir des Épulons, enfin consul. (C. I. L., t. 111, n" 550- Voy. aussi Tacile, Vie d'Arjricola.) A dix-neuf ans, Agricola sert en Bretagne comme tribun militaire; à vingt-cinq, il est questeur de la province d'Asie; à vingtsept, tribun, et, par conséquent, il siège au sénat où la questure lui avait donné entrée; à vingt-neuf, il est préteur; à trente et un, il commande la X!^'' légion en Bretagne où il reste trois ans; à trente-cinq, il administre dtu-ant trois années l'Aquitaine comme gouverneur; à

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