DEPUIS LA RETRAITE DES GAULOIS JUSQUAU PARTAGE DU CONSULAT
Si le Gapitole était délivré , Rome était en ruines. Plusieurs tribuns reprirent la proposition de transporter le peuple à Véies, dont l'épaisse enceinte et les maisons étaient encore debout. Mais abandonner les lieux où tant de souvenirs nourrissaient le patriotisme , où habitaient les divinités protectrices, où l'empire avait été fondé, d'où la domination s'était étendue sur les peuples voisins; quitter la cité souveraine pour la ville vaincue, n'eût-ce pas été une honte, un crime envers les dieux et une grande faute politique? Camille le disait et le sénat le pensa ; un présage heureux décida le peuple, encore irrésolu, à rétablir la ville1. Une année y suffit, car le sénat donnait la brique, le bois et la pierre, pris sans doute à Véies, qui fut démolie pour fournir des matériaux. C'était un moyen habilement choisi pour empêcher à jamais le peuple d'y porter ses pénates. Celte fois encore , la persévérance du sénat sauvait les destinées de Rome.
Au milieu des ruines, on avait retrouvé le bâton augurai de Romulus, les Douze Tables, des fragments de lois royales et quelques traités. C'était tout ce qui allait rester de l'ancienne société romaine. Rebâtie au hasard, sans plan, sans direction, au caprice de chacun, Rome présentait, dans son