Ci-dessus, p. 48-56. — 2. Liv. , VII, 29 et sq
néraux samnites de ne plus attaquer une ville devenue propriété romaine, ceux-ci répondirent, en donnant l'ordre de ravager les terres campaniennes, et une guerre de soixante-dix-huit ans commença.
La politique consulte moins souvent l'équité que l'intérêt présent qui n'est pas toujours l'intérêt à venir. Ici cependant, la raison d'État pouvait être invoquée. Il ne fallait pas, aux peuples épuisés des Volsques, des Aurunces, des Sidicins et des Campaniens, laisser se substituer, aux portes du Latium, un peuple brave et entreprenant; si l'on n'enfermait ce torrent dans ses montagnes, nulle digue ne pourrait bientôt l'arrêter. Les Latins le croyaient. Aussi pour eux la guerre fut-elle nationale, et ils s'y portèrent avec plus d'ardeur même que Rome ne l'eût souhaité. Trois armées furent mises sur pied. L'une, commandée par Valérius Corvus, alla délivrer Gapoue; l'autre, sous la conduite de Cornélius, pénétra dans le Samnium. Les alliés latins traversèrent l'Apennin pour attaquer les Samnites sur leurs derrières, et pénétrer dans le pays des Péligniens. Les historiens de Rome n'ont rien conservé, bien entendu, des opérations de l'armée latine. Mais pour les légions romaines, les détails abondent*. Cornélius, engagé au milieu de ces abruptes montagnes, se laissa enfermer dans une gorge étroite. Le dévouement et l'habileté du tribun légionnaire, Décius Mus, le sauvèrent; et une victoire le vengea de l'ennemi qui l'avait fait un moment trembler. Mais tout l'honneur de cette campagne fut pour l'autre consul, Valérius Corvus. C'était avec Manlius, que nous retrouverons bientôt, le héros des guerres gauloises. Aimé du peuple comme tous ceux de sa maison, il portait dans les camps, et sous le paludamentum consulaire, des manières populaires; affable envers les soldats, partageant leurs privations, leurs fatigues, et donnant à tous l'exemple du courage. Six fois il obtint l'édilité curule, autant de fois la préture et le consulat, deux fois la dictature et le triomphe*.