‹ Histoire des Romains depuis les temps les plus reculés jusqu'à la fin du règne des Antonins (volume 2)Chapitre 26 sur 51 · Pol., I, 58. — 2. Zonar., VIII · texte numérisé non relu

Pol., I, 58. — 2. Zonar., VIII

munitions de bouche, d'armes et d'engins de toute sorte. La flotte romaine, au contraire, leste, agile et légère, ressemblait à une armée de terre. Ce fut comme un combat de cavalerie. Nos navires obéissaient à la rame, ainsi qu'un cheval au frein et, avec leurs éperons mobiles, se lançaient si adroitement, tantôt contre un vaisseau, tantôt contre un autre, qu'on eût dit des êtres vivants. » Lutatius coula 50 de ces navires sans défense, et en prit 70 (10 mars 241). Les Romains redevenaient maîtres incontestés de la mer, et Drépane, Lilybée, Amilcar pouvaient être affamés. D'ailleurs, vingt-quatre années de guerres, de dépenses et d'angoisses, c'était assez, c'était trop, pour ces marchands : une troisième fois, ils demandèrent à traiter. Lutatius voulait qu'Amilcar livrât ses armes. « Jamais, répondit le héros indigné, je ne vous rendrai ces armes qu'on m'a données pour vous combattre. » Le consul consentit à ce que l'armée carthaginoise évacuât librement la Sicile1. La paix fut signée aux conditions suivantes : Garthage n'attaquera ni Hiéron, ni ses alliés ; elle abandonnera la Sicile et les îles voisines J, rendra sans rançon tous les prisonniers et payera en dix ans 3200 talents euboïques (près de 19 millions de francs).

t Ainsi finit la guerre des Romains contre les Carthaginois, au sujet de la Sicile, après avoir duré vingt-quatre ans, sans interruption : guerre la plus longue et la plus importante dont nous ayons jamais entendu parler.... Quelques Grecs assurent que les Romains ne doivent leurs succès qu'à la fortune. Mais, après s'être formés aux grandes entreprises par des expéditions de cette importance, ils n'avaient rien de mieux à faire que de se proposer la conquête de l'univers et ce projet ne pouvait manquer de leur réussir s. »

1. Corn. Nepos, Amilcar. — 2. Zonar., VIII, 17. — 3. Polybe, I, 14. Cet historien est la source principalo pour celte guerre.

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