‹ Histoire des Romains depuis les temps les plus reculés jusqu'à la fin du règne des Antonins (volume 2)Chapitre 30 sur 51 · Liv., XXIV, 11, 18; XXVIII · texte numérisé non relu

Liv., XXIV, 11, 18; XXVIII

taient soustraits au service ; les censeurs en firent une recherche sévère et les reléguèrent en Sicile avec les déhris de Cannes.

Rome ne donnait alors, en tout, que de grands exemples. Pour l'année 21 <», le peuple voulait porter au consulat deux citoyens obscurs. L'un, Otacilius, était le neveu même du Temporiseur. La première centurie le nomme. Fabius, président des comices , arrête aussitôt l'élection, harangue le peuple, lui montre quels consuls veulent les circonstances, et le renvoie aux suffrages Toutes les centuries proclamèrent Fabius et Marcellus, l'un, comme on disait, le bouclier, l'autre l'épée de Rome. Le peuple, malgré son instinctive jalousie contre le chef de la noblesse, avait compris que l'amour seul du bie.; public et non une stérile ambition animait ce vieillard chargé déjà de tant d'honneurs1. Dans une autre élection, c'est Manlius Torquatus qui refuse le consulat, puis la centurie des Juniores qui demande, avant de voter, à conférer avec les Seniores, et qui nomme consuls ceux qu'avaient désignés les vieillards2. Nous ne savons ce qui se passait alors à Carthage ; mais on n'y voyait assurément ni ce désintéressement dans les grands, ni cette sagesse dans le peuple.

À la suite d'Annibal, Gracchus était passé dans l'Apulie. Durant l'hiver, de petits combats contre l'armée carthaginoise, cantonnée autour d'Arpi, aguerrirent ses troupes. Annibal n'en conserva pas moins toute la liberté de ses mouvements. Appelé par Capoue, que pressaient les deux armées consulaires, il rentre audacieusement dans la Campanie, se joue des généraux romains et de leurs lourdes légions, court le pays ennemi dans l'intervalle des camps et des places fortes qui le couvrent, attaque Pouzzole, Naples, Noie, où Marcellus le bat encore dans une escarmouche; puis, fatigué de se heurter contre ces immobiles légions, contre ces remparts où il laisse toujours quelquesuns des siens, il fuit à tire d'aile jusqu'à Tarente, dans l'es-

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