‹ Histoire des Romains depuis les temps les plus reculés jusqu'à la fin du règne des Antonins (volume 3)Chapitre 29 sur 45 · I. Autorisation impériale pour des travaux publics · texte numérisé non relu

I. Autorisation impériale pour des travaux publics

« Faut -il autoriser les Prusiens à remplacer leurs bains qui sont vieux et laids par des thermes nouveaux?— Oui, s'ils n'établissent pour cela aucune imposition nouvelle et si les services ordinaires n'en souffrent pas. »

« Sinope manque d'eau ; j'ai trouvé une source à seize milles ; mais l'aqueduc devrait, sur une longueur de mille pas, traverser un terrain mou et suspect. Je ramasserai aisément l'argent nécessaire; il nous reste à obtenir votre approbation*. —Faites cet acqueduc, mais après avoir

suite à Suétone^ commençait à Nerva; de Dion, il ne nous reste que le maigre résumé de Xiphilin. Les abrégés d*Aurélius Victor et d*Ëutrope ne donnent que fort peu de chose. — 1. Voy. plus loin, le chap. Lvn. — 2. Je ne donne pas, bien entendu, le texte de ces lettres, mais la plus brève indication du contenu. Pline resta en Bithynie, suivant Clinton, durant les années 103 et 104. Il est aujourd'hui certain qu'il n'y alla qu'après la seconde guerre dacique, et Borghesi, OEuv, II, 213; IV, 118, 121, a fini par revenir à la date du cardinal Noris, vers 110 ou 111. Mommsen, dans son Etude sur Pline, p. 30, pense que la correspondance politique avec Trajan s'étend de sept. 111 au-delà de janv. 113. — 3. Dans ces deux cas, il s'agit d'impôts à proroger ou à établir, et, en France, il faut pour cela une décision du souverain, c'est-à-dire une loi. Il n'est donc pas étonnant qu'il en ait été ainsi dans l'empire ; mais c'est une preuve que la vieille indépendance municipale se perdait. Au reste, elle était depuis longtemps peu respectée. Voy. ci-dessus, t. I, p. 423-4. On reviendra sur toutes ces questions municipales au chapitre Lvn.

bien examiné si le lieu suspect peut le porter et si la dépense n'excède pas les forces de la ville. » . a Nicomédie a dépensé 3 329 000 sesterces pour un aqueduc qui est tombé, deux millions pour un autre qu*on a abandonné. J'ai le moyen d'en faire un troisième qui tiendra, si vous nous envoyez un fontainier ou un architecte. — Conduisez de Teau à Nicomédie,* mais recherchez par la faute de qui tant d'argent a été perdu. »

« Nicée a dépensé dix millions de sesterces pour un théâtre qui s'écroule, et de grosses sommes pour un gymnase qui a brûlé et qu'on rebâtit. A Claudiopolis on creusé un bain avec l'argent que les décurions offrent pour leur entrée dans la curie. Que dois-je faire à l'égard de tous ces travaux? Envoyez -nous un architecte. — Vous êtes sur les lieux, décidez. Quant aux architectes, nous les faisons venir de Grèce : vous en trouverez donc autour de vous. »

<f II me semble que les entrepreneurs de travaux de la ville de Pruse prennent plus qu'il ne leur est dû. Envoyezmoi un vérificateur pour toiser l'ouvrage. — Il y en a partout; cherchez bien et vous en trouverez. »

ce Amastris est empestée par un cloaque qu'il faudrait couvrir. Si vous permettez qu'on exécute cet ouvrage, j'aurai l'argent nécessaire. —Couvrez d'une voûte ce ruisseau infect. »

« Sur les confins du territoire de Nicomédie est un grand lac; il serait fort avantageux de le joindre à la mer par un canal. — Prenez garde que le lac en se réunissant à la mer ne s'y écoule tout entier. Je vous enverrai d'ici des gens entendus en ces sortes d'ouvrages. »

n. Surveillance des finances municipales,

a Les villes de la province ont de l'argent et point d'emprunteurs à 12 pour 100. Faut-il baisser le taux de l'intérêt et forcer ensuite les décurions à se charger de ces fonds? — Mettez l'intérêt assez bas pour trouver des preneurs, mais ne forcez personne à emprunter malgré lui. »

<c Dans la ville libre et alliée d'Amisus, qui, grâce à vous*, se gouverne par ses propres lois, on m'a remis une requête touchant les sociétés de secours mutuels. Je la joins à cette lettre pour que vous voyiez, seigneur, ce que Ton peut tolérer ou défendre. — Laissez-leur les sociétés [eranos) que le traité d'alliance leur donne ; surtout si, au lieu de dépenser le produit de leurs cotisations en cabales et en assemblées illicites, ils s'en servent pour soulager leurs pauvres. Dans toutes les autres villes de notre obéissance, il ne faut point le souffrir. »

« La plupart de mes prédécesseurs ont accordé aux villes du Pont et de la Bithynie une créance privilégiée sur les biens de leurs débiteurs. Il serait à propos que vous voulussiez bien, seigneur, faire à ce sujet un règlement. — Qu'on décide d'après les lois propres à chaque ville. Si elles n'ont pas un privilège sur les autres créanciers, je ne dois pas le leur donner aux dépens des particuliers. «

« Les habitants d'Apamée me prient d'examiner leurs comptes, malgré leur privilège de s'administrer eux-mêmes. Dois-je le faire? — Oui, puisque eux-mêmes le demandent.»

« Julius Piso a reçu en don 40 000 deniers du sénat d'Amisus. L'ecdicus les réclame d'après vos édits qui défendent ces libéralités. — Si le don remonte à plus de vingt ans, qu'il subsiste; car il faut avoir égard au repos des citoyens, tout en ménageant les deniers publics. »

« Les Nicéens prétendent avoir reçu d'Auguste le privilège de recueillir l'héritage de leurs concitoyens morts intestats. — Examinez cette affaire en présence des parties, avec Gemellinus et mon affranchi Épimachus, tous deux procurateurs, et ordonnez ce qui vous paraîtra juste. »

1. Pline a bien raison {Ep., X. 93) de réunir ces mots qui jurent "pourtant les uns à côté des autres : Civitas libéra et fœderata quas heneficio indulgentiœ iuœ legibus suis utituTj car on ne se faisait pas faute de regarder dans les affaires des cités qu'on disait libres. Ainsi Trajan envoya Maxime en Achaîe ad ordinandum statum liberarum civitcUum (PI., Ep., VIII, 24) ; Pline lui-même avait eu en Bithynie une mission extraordinaire; beaucoup d'autres en reçurent d'Hadrien. Cf. CI. G. 1624, 4033-4 et Orell. 6482.

« Les Byzantins dépensent chaque année 12 000 sesterces pour vous faire porter leur hommage, et 3000 pour envoyer un des leurs saluer le gouverneur de Mœsie. — C'est assez qu'ils me fassent parvenir par votre entremise leur décret d'hommage. Quant au gouverneur de Mœsie, il leur pardonnera, s'ils lui font leur cour à meilleur marché. » Réponse qui plut certainement à Byzance, car, malgré la police faite dans l'empire, aller à Rome n'était pas seulement une dépense, mais un péril. Pétrone, Apulée montrent que les détrousseurs de grands chemins étaient nombreux et nous avons un marbre où de braves gens de Méhadia sur le Danube, envoyés par leurs concitoyens, ont gravé leur reconnaissance envers les Divinités des Eaux pour les avoir ramenés sains et saufs dans leur cité*.

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