‹ Histoire des Romains depuis les temps les plus reculés jusqu'à la fin du règne des Antonins (volume 3)Chapitre 41 sur 45 · Capit., Pertin., 2. — 2. Paus., X · texte numérisé non relu

Capit., Pertin., 2. — 2. Paus., X

HISTOIRB ROMAINE. IV— 29

franchit avec Verus, en l'année 167, le Pô et l'Adige, à la tête de ce qu'il avait pu ramasser de forces. Les Barbares, que ce grand nom d'empereur intimidait encore, reculèrent à son approche, pour mettre en sûreté leurs captifs et leur butin. Les Quades mêmes, dont le roi avait péri, consentirent, selon une coutume qui pour eux datait d'Auguste, à ce que leur nouveau chef sollicitât l'agrément de l'empereur avant d'exercer sa charge.

Les deux frères semblent être revenus passer l'hiver (167-168) dans la capitale de Tempire, pour y préparer un armement considérable. Mais, comme après le désastre de Varus, les hommes libres se refusèrent à Tenrôlement*. Il fallut armer les esclaves et les gladiateurs, exemple que la république avait d'ailleurs déjà donné, attirer dans les rangs, à prix d'or, les bandits de l'Apennin, de la Dalmatie et de la Dardanie, y mettre les soldats de police chargés de garantir la sûreté des routes dans les provinces, et soudoyer partout les Barbares disposés à vendre leur courage. On voit en quel état se trouvaient les forces militaires de l'empire trente ans après Hadrien. L'organisation donnée par Auguste à son armée et conservée par ses successeurs avait son inévitable conséquence : la société civile, déshabituée des armes, ne fournissait plus un soldat et, même pour se* sauver, était incapable d'un généreux effort. Lorsque Marc-Aurèle emmena de Rome à l'armée les gladiateurs, peu s'en fallut qu'une émeute n'éclatât : « Il nous enlève nos amusements, criait la foule, pour nous contraindre à philosopher*. »

L'argent avait manqué aussi bien que les hommes. Plutôt que d'augmenter les impôts, Marc-Aurèle épuisa d'abord toutes les ressources de l'épargne ; puis, durant deux mois, il fit mettre aux enchères, dans le forum de Trajan, les statues, les tableaux, les coupes murrhines, les meubles précieux, les mille curiosités du palais impérial, même les robes, les manteaux tissés de soie et d'or des

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