‹ Histoire des Romains depuis les temps les plus reculés jusqu'à la fin du règne des Antonins (volume 3)Chapitre 9 sur 45 · T. m, p. 439 et suiv · texte numérisé non relu

T. m, p. 439 et suiv

idole. Cette idole, les empereurs, parvenus d'hier, la traitaient assez mal, lui faisant commettre mille indignités, avec toutes sortes de respects extérieurs. Cependant c'était un grand nom et Ton se disait qu'il serait facile d'en faire encore une grande chose, rien qu'en mettant la réalité sous les apparences, en ramenant le prince à n'être, comme rindiqpiait son titre, que le premier du sénat. C'est là ce qu'on avait voulu à la mort de Caïus et ce que Ton voulait encore sous Néron : les idées de révolution n'allaient pas plus loin. Aussi les Antonins paraîtront l'avoir accomplie par les égards qu'ils montreront à l'assemblée que Lucain appelle « l'Ordre Vénérable», et leur popularité tiendra autant à cette politique qu'à leurs vertus.

Néron au contraire affichait publiquement son mépris et sa haine pour le sénat, comme on a vu Caligula le faire insolemment. On lui prêtait l'intention de l'abolir et il laissait un de ses flatteurs lui dire : <c Je te hais parce que tu es sénateur. » Il n'est donc pas étonnant que beaucoup de Pères conscrits se soient jetés dans la conspiration de Pison, qui «fut puissante aussitôt que formée ». L'historien ne s'explique pas sur les projets ultérieurs des conjurés. Les uns parlaient de la liberté et du sénat, les autres d'un nouvel empereur. Il est évident que le dégoût inspiré par Néron à la haute société romaine devait pousser au désir de se débarrasser de lui ; que la révolution serait tentée par ceux qui avaient intérêt à la faire, c'est-à-dire par le sénat, et qu'elle se ferait à son profit; qu'en conséquence, sans supprimer le chef, représentant l'unité du pouvoir dont tout le monde reconnaissait la nécessité, on prendrait des précautions pour subordonner ce chef à l'assemblée.

Ces conjurés n'étaient pas des hommes de l'âge, d'or et d'une vertu antique. Il se trouvait autant de vices ei de débauches dans leurs maisons qu'au palais de l'empereur et pas plus l'intelligence des vrais besoins de l'État. Leur chef était Pison, de l'illustre famille des Calpurnius *. Il

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