‹ Histoire des Romains: depuis les temps les plus reculés jusqu'à la fin du règne des AntoninsChapitre 12 sur 40 · Lampr., HeL · texte numérisé non relu

Lampr., HeL

-CARACALLA, MACRIN ET ÉLAGABAL. è33

Dioclétien. Le plus misérable des empereurs joue donc, à son insu, un rôle dans la décomposition religieuse de la société romaine; ce fou de débauches avait aussi, à sa manière, l'ivresse du divin. Il est le représentant de ce pêle-mêle confus de croyances d'où finira par se dégager la foi en un Dieu unique. On retrouvera cette confusion dans l'esprit de son successeur, mais avec de la pureté morale, tandis que lui n'y cherche et n'y prend que ce qui peut exciter sa lubricité.

Pour son luxe inepte et ses sales débauches, nous renverrons à Lampride. L'histoire signale ces turpitudes ou ces folies : elle ne s'y arrête pas. Disons seulement qu'à l'exemple des monarques asiatiques, qui vont chercher leurs ministres aux derniers rangs de la société, il donna les premières charges de l'État à des danseurs et à des barbiers, quand il ne les vendait pas à de riches débauchés; qu'il traitait le sénat de troupeau d'esclaves en toge <, ce qui était malheureusement vrai; que son palais était sablé de poudre d'or et que ses vêtements de soie chargés de pierres précieuses ne servaient jamais deux fois ; qu'il remplissait ses viviers d'eau de rose et qu'il fit représenter desnaumachies sur des lacs de vin *; qu'enfin il s'habillait en femme, se fardait la figure, travaillait à des ouvrages de laine et se faisait appeler domina ou imperatriXy l'empereur étant alors le fils d'un cuisinier ou quelque vigoureux athlète. En moins de quatre ans, il épousa quatre ou cinq femmes, qu'il répudia et reprit, n avait ravi Tune d'elles à l'autel de Vesta, sacrilège qui faisait trembler même les Romains de ce temps.

Cependant Mœsa voyait quelle devait être la fin de tels excès. Par d'adroites flatteries, elle décida Élagabal à donner le titre de césar à son cousin Alexandre en l'adoptant pour fils. « Il se devait, lui disait-elle, à la joie de ses fêtes, à ses orgies saintes, à ses devoirs divins : un autre aurait le souci des affaires *. » Cet autre avait

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