‹ Histoire des Romains: depuis les temps les plus reculés jusqu'à la fin du règne des AntoninsChapitre 25 sur 40 · Pierre le Pair., Excerpta de Légat · texte numérisé non relu

Pierre le Pair., Excerpta de Légat

346 l'anarchie MILITAIRE.

les ramena vers TEuphrate, en laissant derrière lui beaucoup des siens surpris par une soudaine attaque d'Odenath. Arrivés sur la rive droite du fleuve, les Perses s'embrassaient, se croyant sauvés ; mais il leur fallut encore, dit Zonare, acheter la liberté du passage, en livrant à Tarmée d'Édesse ce qui leur restait de Tor syrien* : et puis Odenath les suivait. Dans ces déserts, il se produit aussi des avalanches d'hommes. Attirés par Tappàt du carnage et du butin, les nomades accourent de tous les points de rhorizon, et de puissantes armées sortent delà solitude. Odenath, que Balista vint rejoindre, se trouva assez fort pour entreprendre de reconquérir la Mésopotamie, à quoi il réussit, et pour oser suivre jusqu'à Ctésiphon les traces de Trajan et de Seplime Sévère *. Dans une bataille, il enleva une partie des trésors et des femmes de Sapor. C'était la sanglante réponse des Palmyréens au grand roi.

Leur prince n'avait pu délivrer Valérien; mais il envoya à Rome des satrapes captifs, et Gallien, oublieux de son père, célébra par un triomphe cette victoire que les légions avaient laissé gagner par des Bédouins.

De cette expédition, Odenath revenait trop grand pour rester simple particulier. Les Arabes le proclamèrent roi, et Gallien, en vue de s'attacher un serviteur si utile, le nomma chef des forces impériales dans cette partie de l'Orient, ah-zo^pàxtùp ou imperator (commencement de 262). Plus tard, après de nouveaux services, il lui reconnut le titre d'auguste, et le fils des clients de Sévère prit rang parmi les empereurs de Rome*.

1. Pierre le Patr., Exe. de Leg., 10. — 2. Eutr., IX, 10, 11} Malalas, XII, p. 297 j Zon., XII, 23. — 3. M. de Vogué {Inscr, sém.j p. 29 et suiv.) ne croit pas qu'Odenath ait porté le titre d'auguste. Mais, comme le remarque M. Waddington (Inscr. de Syrie j p. 601), « à Palmyre, on ne se piquait pas de traduire très-exactement les noms des fonctions romaines », et comme Zénobie est appelée dans une inscription (jt6a<fvfi ou augusta^ on peut en conclure que ce titre lui était donné comme veuve d'un ffE6a<rr6(.

Page 1