I-a cr. ..on grecque végète encore sur les lieux
qui la %irent naître et se développer dans sa forme an-
150 HISTOIRB DIS ROOMAINS
ricnne. Celle du inonde »lave était cependant restée «in» abri; len rontinuatrurn danubiens de l'impéria- Itune balcaniquc s'empressèrent de la recueillir. Les moines copient activement dans des couvents de lettres, comme Tismana ou Histrita. rn OIténic. comme Neamt et Futna. fondation du grand Etienne, en Moldavie, des livres liturf(iques. des traités de morale et de t' " ' s de IT- des no-
mo. iiYUintin* pages de
chronique universelle, à côté du bref récit slavon des exploits acconii raière presse ru ;
Mihnea I** par un moine du Monténégro. Macarius, devenu Mr! "U- de Valachii*. donna de beaux livres
slavons dv- u\ ortlio<Ioxes de cette langue, et il
en fut de même pour toute la série des publications valaques du XVI* siècle (1).
Ce paysan couronne et vêtu de pourpre, qui écoute dans l'église, sous le dais portant les armes du pays,
les litanies slavones et s'incline Ir '- -nt devant le
Métropolite local ou devant le Piii . de passage
qui l'encense, ce vassal des Turcs, qui peuvent le rappeler à la Porte pour répondre aux accusations de ses ennemis et rendre compte de sa gestion, n'est pas cependant, comme les princes de l'Ibérie, restés indépendants sous la sauvegarde des hautes montagnes du Caucase, un dynaste oriental, faible reflet de la splendeur byzantine d'autrefois. L'Occident, avec lequel, jusqu'à Venise, à Danzig. en Angleterre, il fait le commerce et dont les éTénenients forment sa préoccupation continuelle, a contribué lui aussi à son caractère complexe, par cette vivacité innovatrice qui l'empêche de s'immobiliser dans les anciomes formes
(1) Voy. J. Biaiiu rt Ncrva Hodos, Bitfiiogrn/ia romanetuca otehe; étxtx volomes.
U\ CIVILISATION ROIMAINE AU XY* StACLE lôl
1!. (ù>mme ces anciens agrie. et plus que 9t% voisins de l'IvAt. rapidement alanguis, le» rois de Po> ' *v' . ■ ;» combu!! "me
, I aux Tui in-
terdit aux Valaques d'abord, toute expédition sans ordre im; ' ' re tombale d'Arges représente
Kadu (1 .il, le manteau soulevé par la
rapiditc- de l'attaque et la masse d'armes à la main. ! ' lite n'avait jamais réussi à décourager Htienne-
:. qui. ainsi que le dit un panégyriste postérieur, étant vaincu, s'élevait uu-<lessus de son vain-
■■• ur •; le niêine • re indomptable distingua
-e Rares, qui r : dédaigneusement au roi
^ne, fier du succt-s d'Obertyn. qu'il ne recon-
;;.... . w.ume vainqueur que Dieu seul. Ces princes de
la guerre, que rappelle le sens même du titre de Voé-
jamais quitté la cotte de inaille des Croi-
.,^. ,>w.:c déjà Mircea l'Ancien dans la fresque de
(:4i/ia. et l'épée qu'avait laissée choir, dans sa suprême
. -Terrible devait cire bien-
. - . -. -. -- ,-. -- .. i-:ius«' «!«• la ('rt)i\. u.jr le
Valaque Michel-le-Hravt
'é dit du prit! r rj.
>ont d'ori^ujf (;;..•;;,,■: . M. V ,.!u^ et des hôtes, rien d'essentiel ne les distingue des paysans; bien que le V(»év<>de It i - • ^^ droit sur la
dhue, iK n'en sont pas Cl. s. Ils n'ont pas
de blason, employant seulement des caniées acquis par hasard pour sceller les actes aQxqvcl» Ua participeut. Les noms de famille toot «neore 1res rares: chacun porte, sinon la simple meaiion de la dignité M' ' ' ': \ du moins un surnom r oa la
11 nom de son père. Il n'y ;i >ir dans
le vrai sens du mot, le Voévode étant entouré uniquement de sa famille et de ses mercenaires, les curteni
152 iiiSToini: ur% nouMAiN^
(lu soldr s'appelle ji'li. ilijMi II du nom); plus tard uiism. ^^uitwut tu . contre les étrangers de la garde, des Hongrois de Transylvanie, des Polonais (sous la dynastie des Movila), des Allemands et même, pendant le règne de Jacques Bastlicos. des Français, comme Roussel ou Jean de Revelles. Le boïar habite à la rampa{;ne. il communie avec ses paysans dans l'église qu'il a fait élever à ses frais et, lorsque les signaux de feu sur la montagne annoncent un invasion, il réunit les guerriers rustiques sous son drapeau de capitaine.
Ce groupe de chevaliers jouissant de privilèges et maîtres des terres de donations se renouvelle sans cesse. Non seulement l'hérédité n'existait pas: mais les charges variaient constamment: le prince conservait le droit de tout changer, de tout bouleverser selon son bon plaisir, bien que. au début, le témoignage des principaux boîars fût exigé par les Polonais pour garantir les engagements d'un Voévode encore incertain. Tel descendant d'un grand boïar recueillera seulement une partie de ses terres, et ses petits-fils se perdront parmi les razcsi (de raza, rayon), co-partageants de l'héritage. En échange, jusqu'au xvr siècle encore, le mérite d'un guerrier pouvait le faire entrer dans les rangs de cette classe active qui n'avait rien de la flère rigidité d'une aristocratie préoccupée de son arbre gt'i [ue et élevée dans la conviction qu'elle est sii^ r aux simples traditions du peuple, car la plupart de ces nobles ne sav.i' " I 'ire.
aie avait cependant donné aux boiars. avec les vêtements de luxe des Constantinopolitains, leur propension aux intrigues. La camaraderie avec les (irecs, toujours occupés à renverser quelqu'un, sinon à se faire payer leur appui, ne fut pas san> accroître le nombre des complots et à rafHner le
LA CJVII.tS*TTON novw^TVE *r xV sifcci.E 153
■>j^. tr urs dénoili i.it MHi>-, a ;i[.'.iu)iir rctt»* ii; i j-
mitive qui avait soutenu contre l'étranger ne
aristocratie. Le» guerriers de Pierre Rares, qui regrettaie-nt déjà d'avoir trahi un maître trop impérieux, tuèrent dan<i son palais P3tienne Lacusta parce qu'il avait consenti au dépt'cemenl du territoire moldave, puis ils se réunirent autour d'un des leurs, Alexandre ^iomea, pour en faire le chef de la révolte. Mais, bien -it gardé leurs vertus militaires, ces botars
;it plus désormais avec la même énerr*'*» "•
Lapusneanu contre le «« Despote », ni ce « Dc^; '>ntre Lapusneanu; ils ab.* rent à son soil le
j« une Bogdan, revenu avec u née polonaise, et il
fallut que Jean-le-Terrible demandât le concours des
"<, la d» de la , ip auquel . lomba. Désormais, on s*acr< . de 1* » abeille-reine sans '1 » et l'on ne sut même pas résister aux abus a Aaron.
Kn même temps, les boîars cessaient d'être les camarades de leurs paysans. L'Occid' «it, par la Transylvanie et la Pologne, «i tocratie féodale qu'ils s'empressèrent de sifivre. Ces ' *' ' Tiats hongrois, ces citoyens de hes étofTes, d'une coupe nouvelle, recherchaient des distractions et des délassements que leur*; - • '— . - -i ^ n'avalent jamais
connus: ils se d. t de la vie de leur
propre pays. Mais, ambitionnant d'aller de pair avec '*es voisins même en ce qui concerne la vie de l'esprit, n les voit employant leurs années d'exil à faire suixTe I leurs fils les cours des écoles latines, en opposition .ivec l'ancienne civilisation slavone, qui avait •■•-> l'ouvre et l'apanage des moines.
A l'époque d'Ktienne-le-(irand. les paysans libres
f;li^•nf I;i fori'i- \i\e dU paVS | la vi""*nir»» a\:«it .'••.'•
t&4 iiisToiiiB on nouHAtxs
i'héc le plus souvent par l'essor et l'Initiailre de
ers guerriers simples, tout aus&i résistants rumme fantassins que hurdis comme ravaliers. Ia: prince les faisait a^isembler une fois par an pour inspecter leur chc> val et leurs armes. Après le (IcHastrc de Bartioieni. une nouvelle noblesse avait surgi de leurs ranga.
Il y avait des serfs, fjuc les Valaqves appelaient des ramd/ii, simples « Roumains «>, sans qualité sociale aucune, et les "^^ ' s: des vecini, des ■ voisins », pareils, en ce /i nccrne le nom mssi bien que la situation, aux « parèques » b>'zantias; c'étaient li !>partenant très souvent à une antre
r.i s de guerre ruthènes. émigrés tzekler.
fuyant le servage des princes transylvains, ou colons *•! ■ ■ 's boiars sur une tcn ' ({uelle le
p< i;dt aucun droit. \ \ ai des n«^'
avec lesquels ris frayaient au-delà des frontières, les boiars du xvi* siècle voulurent rabaisser k cette condition inférieure la grande masse des paysans, libre jusqu'alors. Les serfs de Pologne étaient là ponr montrer quel profit on peut tirer d'une classe rurale réduite à l'esclavage, et l'exemple fourni par cette terre d'oppression qu'était la Transylvanie n'était pas moins alléchant.
Déjà une phase plus avancée de la vie économique avait été introduite par un commerce très actif, auquel les paysans, habitués au labeur domestique et aux simples trocs éventuels, étaient restés étrangers. Bientôt on leur demanda de payer en argent t t leur part du tribut, et, comme ils n'avaient pu . > v . .4rgent. ils vendirent pour quelques centaines d'nspres leur part à l'héritage de l'ancêtre. Pour sceller leur sort, il ne restait plus qu'à les enchaîner par un lien légal au champ qui déjà ne leur appartenait plus et qu'ils auraient préféré abandonner, au grand domrauL l'acheteur. Fn ir)9ri. Mirhel-Ie-Iîrav»-. menaré n:!
t^ l,l> ILJSA I lU.N IllJl. aiAI.M^ ÀL
Turcs du Cirand-Vizir -nvoya, di;.s ic mois de
mai. des clercs et dt*^ ^ .^ en Transylvanie pour
demander l'appui du prince Si^ismond Bàthory; ce« dé! clause f
réf i>aysans '1 .
ter leur ancienne propriété. Cet abaissement de la
cl» ation des Roumains
un uiger à leurs tradi-
tions nationales; mais d'autre part, elle était dominée par lu '' prince habitué U <I
sans ai> < de la personne et d<
de tous ses sujets.
Art boumain du xt* et ou xvi* siècles. — Le second domaine où se fixa, dès le début de l'époque moderne, et au lendemain même de lu création des principautés, l'originalité de la race roumaine, fut celui de l'art.
La tradition indigène était incapable de se développer dans des formes supérieures. C'était un art domestique, casan '•utantpli des racines plu- unes et i- ^ conservé jusqu'à nos jours sans avoir accompli d'autre évoluti' ■ récente* vers le n .
goût, li >e riche apport de > avec celui de l'Occident. Les Roiimains surent se tirer de ' '" "''urope une nouvel, r..'
Si Saint-Nicolas d'Arges oITre des ressemblances avec les c^' Transylvanie où '
de défeu-sr .iffe l'édifice r<
la cathédrale du tite Hyacinthe, dans cette
même vil!.. ; ' - ,.- jj,^^ les<|uels les
briques tn ^ rondes encas-
trées dans ie ciment, avec ses coupoles basses et ses trois lignes de colonnes qui la partagent en longueur.
156 HISTOIRE DIS nOUMAIMS
le type des églises de Salonique. Les plus ai^ bâtisses en pierre élevées dans TOlténie soi fluence serbe, telle qu'elle se présentait k la fin du xiv* sièdc sous l'influence de l'Athos. n'offre, comme Vodita, que des ruines informes ou, comme Tismana» qu'un lourd édifice plusieurs fois refait et aggloméré de détails postiches. On ne connaît pas davantage la forme primitive de la grande église de Cozia, transformée vers la fin du xvii* siècle, à l'époque du riche restaurateur que fut le prince Constantin Brâncoveanu.
L'œuvre pieuse de ce dernier a presque partout anéanti les traces d'un passé plus simple et moins fixé dans ses éléments constitutifs. Nfais il est certain que tout le xv* siècle se passa sans que la principauté valaque, qui avait dû employer dès cette éi>oque des artisans indigènes pour continuer les traditions étrangères, eût réussi à trouver une forme qui. tout en tirant parti des enseignements variés, les eût confondus dans une nouvelle unité harmonieuse. L'église de Dealu, sur la colline au-dessus de Târgoviste, dominant le cours de la lalomita, est un parallélogramme de pierres carrées, surplombé de deux tours et offrant comme seul ornement des broderies et des inscriptions de style vénitien semblables aux vit' ùera
livres imprimés en Valachie sous l.i ^ aca-
rius, l'élève monténégrin de Venfse. Quant au célèbre monastère d'Arges, bâti par Neagoe, dont la femme, Militza, était la fille du despote serbe Jean Brancovitsch, cet édifice, refait sur les ruines de l'ancien par un architecte français de l'école de Viollet-le-Duc, correspond au même type, légèrement arrondi sur les côtés, dans le choeur réservé aux fidèles et surmonté de quatre tours, dont les deux premières, en face, s'appuient sur douze fortes colonnes de marbre. Les détails, dus au ciseau d'un maître venu de Transylvanie, sont empruntés, dans leur richesse et même dans ce
IJi ClVlLISA-nOS BOCMAnnE AC XV* SltCLT. 157
cara I de la peinture, dor et d'azur, qui les
recou inmencement. à cet art nouveau, tout
!e combinaisons ingénieuses, de fines broderies élégantes, qui relevaient la monotonie architecturale des mosquées turques.
Maigre les beautés sporadiques de l'art, ce n'est pas en Valachie que pouvait se former le style roumain. Il devait naître en Mo]da\ne, à l'époque heureuse d'Etienne-le-Grand. Aucun de ses prédécesseurs n'a laissé un monument en pierre qui soit venu jusqu'à nous, bien que sans doute l'ancien couvent d'Alexandre-le-Bon k Nfoldo>ita et celui do même prince à Bistrita, où l'on voit encore son tombeau, aux larges fleurons gothiques, aient été sans doute d'une construction plus solide. Etienne fut même le premier à faire poser des pierres tombales, aussi bien à Bistrita qu'à Neamt et à Radauti, sur les lieux où la tradition mon indiquait des sépultures princiêres. Ce-
pend. . . . - ce moment, la Pologne envoyait en Moldavie des artistes, qui rencontraient ceux de la Trananie saxonne et des peintres venant de l'Orient, ! <• leur sobre manière traditionnelle de représenter, dans leurs attitudes figées, les saints hiératiques de l'orthodoxie.
Les nombreuses églises d'Etienne offrent ça et là des divergences. Tel édifice ne porte aucune tour (Reuseni. Bor * " 'rs, paraît avoir été annexé un
portail u- Ole étage (églises de Mirauti,
l'arhauti. BalinestiK Mais un type général se dégage . ,^ :„*i.. ,..„ , -: .„i„i^. çt occidentales, qui donne une
architecture moldave de cette que: il devint, tellement elle était appropriée au . l'architecture générale roumaine jusque vers la lié du siècle passé.
La forme en croix, les proportions modestes conve- -vV-nt ù une église destinée aux seuls moines, la dis-
15S atSTOlBK DES noUMAIMS
tribulion intérieure: pièce d'entrée, proaaos, autel, sont dus au Mont Atlios où l'on trouve des constructions plus récentes qui ont le mèm - :i~:-t. La tour qui se détache d'un niouvoincnl si .. ^t
cependant bien occidentale, de même que le rol)ust clocher, pris dans le mur d'enceinte, et dont la vusU porte donne accès dans la cour du monastère, clocher qui rappelle les constructions militaires et religieuses de la Transylvanie saxonne. Les ornements linéaires du gothique le plus récent, qui encadrent la porte, les fenêtres, dont certaines, sur la façade, sont d'un beau caractère lleuri. sont eniprui^'*-^ -«mv M1. mands de Hongrie.
Eln ne considérant que ces UctaiLs, l'cgiisc moldave parait donc une copie de celles qui, au-delà des Carpathes, désignent parfois la place où le grand Ilunyady remporta des victoires sur les Turcs <' -,
par exemple, ou celle de Feleac). Si i .. , is
Tintérieur, dans le sombre intérieur humide, sur le> quel se j»; He des rayons r tr ies
fenêtres ci rouve la même *„ :iyrai»-
tine que siir n'importe quel autre point du domaine de l'orthodoxie. Les murs sont r- i-
ture — conservée à Papauli, comp ^ is
la ville de Botosani, à Dobrovat. dans le district de Vasluiu, — où se mêle le ton <: ' "' ' '-s
verts profonds, des rouges eflTi*' <-
liers de figures et de scènes se poursuivant dans l'ordre fixé par un code inviuiabée. Au fond, l'iconostase de bois doré, comprenant, dans plusieurs registres, audessus des portes de l'autel, les images principales, est travaillé par des mains d'une infatigable piété, avec ses fleurs variées, ses fruits en plein développement, ses rameaux enchevêtrés d'une manière indrchillcable, ses figures de lions et de griffons. On a abandonné l'nsage byzantin du xiv* siècle qui. comme
IJV CIVIU8ATIOK nOVMAIKE AV XV* SIÈCLE 139
danft la < ^V^ni- Tes Choms » de ConsUBtinople. place.
dans l >e fMinctère •> d'Arges, le |»artrait du
iortail; il figure, «Tec toota aa
„ ,. jricur du prooaot, au o&té 4i«it.
Une belle inscription, dont les lettres cyrilliques ont, de xnéin 'li ornent les tombe» i tout à !.• ,. ^ nrplacc ce portrait u rééilice. Cette entrée, au lien d'être de face, est pra- ^énéralemeai à droite, pour qu'an pénètre en- ;>ar le gnnd portail ogival, dans le pronaoa. Il y a cependami, outre ce mélange caractéristique. ùan ' I rien ne Tient aâgnaler la ^venilé. poortaiiv lie, de Tinapiration. ée» élémenla dus à lu pensée créatrice des architectes du grand prince. Regardez d'abord ce toit de bardeaux de bois qui ne recouvre pas d'une seule masse morte l'édifice, mais qui semble te poursuivre dans tous ses détails, dans • — I... ^^..i;. (jç gyn corps d'un -doux mouvement de vie et d'amour. On ne le trouvera nulle I' urs que dans ce pays de pkiiea abondantes. ..i.-. ...blées )uir les grandes forêts qui entottrent le cxiuvent, et de lourdes neiges hivemales. Au milieu, une leur qui s'élève entre les lenSles qui la ' ' tn tour repose sur un double appui de poh its l'un dans l'autre, qui est une des mêmes architectes, anasi so- „ n'y a pas encore de pdninre extérieure, mais l'aspect des murs est varié par la «lifférence de ton entre les grises fondations de pierres mtâ s'élèvent jusqu'à un Imn quart de la hautanr et les contreforts qui appuient l'édifice, entre les différents étages, vivement colorés, de briques émaillées. qui se succèdent montant vers la toiture, entre les absiden pleines d'ombre qu'elles encadrent et le miiilllliiiil
*^. bleos. bruns.
•iiieuse des cou-
160 NISTOIRB DES ROCMAIXS
Ieur«. aux points où se touchent les arcs et surtout sur fa ligne bordant le toit et sur tout le dessin, correspondant en petit h celui de l'église elle-même, de la petite tour flne couronnant riKlifice. Il faut ajouter \e% broderies à la manière de Byzancc: rideaux d':n ' couvertures de tombeaux, présentant les naïfs pu. traits des donateurs, les objets en métal: ciboires ciselés, ostensoirs ornés de bas-reliefs, croix de bois tincroent travaillées, à la tige d'argent, selon le tv-pe de l'Athos, en un mot tout ce qui vivifia à un certain moment les instincts artistiques de la race.
Ce style, qui, à l'époque même d'Etienne-le-Grand, avait trouvé son plus complet développement dans l'église du couvent de Putna, on le fondateur fut enterré en 1504, distingue aussi les bâtisses des princes du xvr siècle et surtout de Pierre Rares, d'Alexandre Lapusnennu et de Pierre-le-Fioiteux, ceux dont !<' patronat fut plus large et plus actif. Dans les trois grands monastères qu'édifia la piété de ces princes: à Pobrata, où Pierre et plus tard sa femme Ht! Brancovitsch furent ensevelis, à Slatina, qui consles restes d'Alexandre, tyran aussi cruel que dévot; à Galata, on constate des innovations: l'extérieur des murs est recouvert déjà de peintures d'un style doux, se détachant sur un fond d'azur; à Galata, on a osé surmonter l'édifice de deux tours qui se suivent. Avant la fin du siècle, la famille des Movila, dont deux frères, Jéréroie et Siméon, régnèrent, alors que le troisi» Hi-'. Georges, fut, pendant de longues années. Métropolite de Moldavie, donna à l'art roumain un autre de ses plus grands monuments, le monastère de Sucevita (en Buco\ine), dont les belles peintures extérieures, sur un fond vert, font l'admiration des connaisseurs. La tradition sera continuée dans cette principauté la fondation, datant d'environ ItilO, du .Métropo...- Anastase Crimca, lui-même un enlumineur de talent.
LA CIVIUSATION ROUMAINE AU XV* SliCtfi 161
& Dragomirna, et par celle de son prince, Etienne Tomsa, à Solca. dans cette même Buco\ine annexée pius tard par rAutriche, par les quelques églises de .T;ivs iiventdeBârn '< la
luun , ; 'parenté aux on
Harnowski — Roumain de sang, mais, comme tant (! ' a p<rfonais — et enfin pai ' 'V de
i evés dans cette même ( lia
et les Trois Hiérarques, dont le dernier, tout couvert de sculptures décoratives d'un caractère oriental, a été recopié ii noire époque sur l'original par le même réparateur attitré des églises roumaines.
Ce style moldave s'imposa à la Valachie, grâce aussi à l'inlluence exercée par le mariage de la fille de Pierre Rares dans cette autre principauté, et l'ancien carré de pierres, plutôt bas et orné de peintures clairiKrmées, fut remplacé par l'élégant édifice, se dévelop- (>ant en hauteur et tout tapissé d'images, que la Moldavie avait créé. Telle cette petite égHse du cimetière de Cozia qui n'a rien perdu de ses caractères distinctifs. Vn peu plus tard, les architectob valaque^. tout en cherchant dans l'ancien système byzantin des briques placées de biais et dans l'alternance de la brique ordinaire avet- les pierres rondes confondues dans le ciment, un remplacement pour le difficile re^'étement des peintures extérieures, placèrent devant la > «'-e un léger péri " '' les
( ii\ chapiteaux s< . ma-
tion, qui ajoutait essentiellement à l'élégance de l'édiflce. fut adoptée d'une manière définitive, et on la rencontre désormais dans tous les édifices religieux valaques jusqu'à l'époque d'activés réparations et re- * ns que furent les réffkt* de Mathieu Basat>54) et de Bràneoresnn (I6S8-17I4).
L'n puissant essor d'originalité se produisit aussi à la même époque dans l'art du livre. De» numosciits
i§2 MrsToim oss hoomains
iiUrroat de NeamU écrits sur parchemin et sur papier, sons Im niccMSCurs d'Alcxandre-le-Bon et surtout sous F 'rrand. sont parmi 1rs plus beaux
qu'ait .-- art byzantin. Des fronUs|Mci's d'un
art délicat les ornent, et l'on rencontre même des portraits de princes, des images de aaiaÉs d'une technique fine. H j anra un progrès inceunai dmui ce domaine jusqu'à la fin du xvii* siècle. Quant aux Urres imprimés en V V d'abord, puis en Tm; BrMOV-Kr< . k Szasz-Sebes et à (>.
p«r un diacre exilé, Coresi, et par ses disciples et concurrents, ils conservent, surtout ceux qui parurent dans la principauté. la bonne tratlition artistique de Macarius.
C'était tout le il. «
l'artiste; s'il est «j
princesse valaque, fille de Chiajna, que voulait épouser le « Despote 'Vive, cl à la m " 'u tableau mural, rej» mt le combiil lequel ce même aventurier arracha la couronne à Al( < I^pusneanu, il faut y voir, probablement, 1*4 1 ir quelque maître étranger qui n'était pas lié par les mêmes restrictions.
Dést'TS DE LA LiTrÉJUTURE Roi'MAiNE. — Pour avotr aussi une Mre, il fallait une laiu ^>.
dès le com ^menl du xV siède. u.. . n
du Nord-Est de la Transylvanie ou du Marmoros voisin, influencé p«r la pr< dans ces régions, donna
Ecritures, qui s'est conservée ^ manuscrits dits
de Voronet (Actes ia (Psautier),
elle ne fut pas ad I ^ ' i'ortliodoxie
dominante. On se serv ondant du roumain pour
des ébaaehes de i '"s iastnwlAoaa d'am-
bassadeurs, des i . des BoMoet person-
LA CIVIUSATIOK BOUMAIKB AU XT* SIÈCLE 163
nelles, des mémoires à l'usage du prince el des boîara, des lettres privées, et même pour des gloses en marge des r riété« qui devaient être rédigées
dans ' ^- i- urrespondait en Orient au latin
des Occidentaux. Nous avons trouvé des manuscrits r*-' xvr siècle, >' es même
di (ians lesqveJ^ on lettres
suit le texte aUivon à Tencre, l'on étant pour la lecture
■•l l'autre :>■ Lir î'offioe.
gu.tiid I w .;.ie Coresi te mit à publier, outre son Evangtilc de 1561, des ouvrages religieux en roumain, ou en * ' n. d'après les ancit ' '<s
qu'il .. i légèrement et gaU' .t,
M n'obéissait pas seulement au désir de donner en lar-"- ••■'•- l'Ecriture et ses commentaires — • à l'i. s\ons qui avaient publié dès 1541 un
catliéchisme roumain de propagande ùk Sibiiu-Hermaïuistadt, — ni de fournir de livres liturgiques la nouvelle église calvine qui s'était formée en Transylvanie dès 1560, sous la protection impérieuse de l'Etat (1); il obéissait aussi à un besoin général de lecture qui avait saisi la société roumaine entière et que le slavon, généralement inconnu même aux prêtres, ne pouvait pas satisfaire. On en a la preuve dans ces
rsions. restées en manuscrit, des Miracles de sainte ]'. . de certaines Nies de Saints, surtout, à ce
qu .. ....ait, des saints guerriers, et de la légende
d*Âlexandre-le-(îranU, qui fut traduite en roumain, p») ■ i\ même temps, d'après un texte
Si . .
Or, si, à l'époque d'Etienne-Je-Grand. la Bible pouvait inspirer ' d'humilité qu'elle attribuait au roi David, si i inographes impériaux amenaient
notre • Hintmirt et Mommtalmê éê Tnmafflumnim «f
. I. p. ltf« rt «ulT.
164 HISTOIR£ OBS ROl'MAINS
Neagoe à écrire, pour l'éducation de son (Us Théodose, un manuel du prince, dans lequel on retrouve aussi des prtkeptes originaux, que l'auteur avait tirés de sa propre expérience sur les relation:» avec les Turc* et les rapports avec les boîars, d'autre part, les réctts de combats et d'aventures si nombreux dan« le domaine de la fable, devaient plaire à cette classe aristocratique en plein développement et aux princes nés dans ce milieu agité et leur donner soif d'accomplir des actions d'éclat, au moment où la fureur sacrée des croisades reprenait l'Europe CD-