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VI. Principes et faits importants introduits dans la

science.

I. Anatomïe comparée. Vicq-d'Azir est la conséquence de Haller; dès lors il adopte et défend Tanatomie |)liysiologi<|ue, ou l'union de la physiologie et de l'anatomie : « Enseigner la physiologie sans lanatomie, dit- il , ce serait s'éloigner des connaissances qui peuvent seules

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être les bases d'une saine lliéorie; ce serait ouvrir de toutes parts un champ libre à Terreur.

«Haller est le premier qui ait établi ce principe, et qui l*ait consacré dans ses écrits. . . . Les primœ Lineœ de Haller éprouvèrent d'abord de Topposition ; mais bientôt cet ouvrage obtint tous les suffrages.

<x Comme \\ n'est point de partie de la médecine sur laquelle on ait tant écrit, il n'en est point non plus sur laquelle les bons traités soient aussi rares. Les livres de Galien sur l'Usage des parties, le Système auatomique de CoUins, dont le plan est vaste et vraiment encyclopédique; quelques-uns des livres de Stbal ^ les Instituts de Boerhaave, l'ouvrage de Borelli sur les Mouvements, et celui de Halès sur la Statique des animaux, sont en effet, depuis le siècle d'Hippocrate jusqu'à l'époque où Haller a écrit, à peu près les seuls traités de physiologie dignes qu'on les lise et qu'on les conserve; presque tous les autres sont défectueux et déjà tombés dans l'oubli. »

Si les auteurs que nous venons de citer ont mérité cette exception, on doit l'attribuer surtout à ce qu'ils n'ont point séparé la physiologie de l'anatomie. Comment donc toutes les facultés ont-elles confié l'enseignement de ces deux sciences à deux professeurs différents? Dans celle de Paris, c'est le professeur de physiologie qui fait le cours d'anatomie, par lequel il termine son exercice. Mais il vaut mieux encore réunir ces deux études, et les faire marcher d'un pas égal, de sorte qu'elles se servent l'une à l'autre de preuve et de complément.

Il suit de ces dispositions que l'enseignement de la chaire que Vicq -d'Azir a occupée et créée, était, sous lui , composé de quatre parties ; savoir : l'anatomie

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humaine, raiiatomie comparée, la physiologie théorique eî la |)li siologie e* périmentale; et M. de Blainville, qui occupe aujourd'' ui ce* te chaire au Muséum, donne encore en partie cette division dans chacune de ses leçons.

Dans cette direction, Vicq-d'Azîr a d'abord perfectionné la mesure, et l'a comparée aux animaux. Il a senti ce que devait être l'anatomie comparée , et Ta créée en en donnant les principes. « On distingue, ditil, deux espèces d'anatomie, dont l'une est simple, et l'autre comparée. T^ première s'exerce sur des objets qu'elle considère seuls, et sans aucune relation avec ceux dont ils sont environnés. La seconde en montre les rapports'.

ce L'homme est, parmi les corps vivants, celui dont l'organisation est la mieux connue. On a aussi disséqué les animaux et les plantes, et on s'est enfin aperçu que c'est la comparaison des organes, considérés à difle* rents intervalles dans le système des êtres, qui peut répandre le plus de jour sur le mécanisme et sur Tusage de leurs parties'.

a L'anatomie comparée existe à peine ; tous ceux qui ont écrit sur l'art vétérinaire n'ont traité que de l'anatomie simple des animaux, sans les comparer avec l'homme, ou entre eux ^.... On a beaucoup recueilli, et on a peu comparé; jamais on n'a travaillé sur un plan commun ; chacun a décrit à sa manière...., quelquefois même sans aucun ordre déterminé. Il n'y a eu jusqu'ici rien d'arrêté dans la nomenclature , par suite

■ Discours sur l'anatomie considérée dans ses rapports avec l'hisioire naturelle.

• Discours sur Vanat, simple et comparée, ^ Dise» sur Vanam. consid,, etc.

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impossibilité de distinguer les différences et les rapports'. »

Avoir ainsi senti le besoin, cest déjà Tavoir satisfait: « Aussi, continue-t-il , c'est à M. Daubenton , notre maître et notre modèle, qu'appartient Tlionneur d'avoir créé parmi nous Tanalomie comparée proprement dite. Tout ce qui concerne la forme générale et extérieure du squelette et des grands viscères des quadrupèdes est exposé dans ses écrits. » Cet hommage de la reconnaissance est très-louable , mais n'est pas exact ; en effet, ce qu'il appelait anatoniie comparée, n'est que de l'anatomie des animaux. La véritable anatomie comparée est celle dont il dit :

a Mais il nous reste une autre espèce d'anatomie comparée, dont toutes les parties correspondent à celles de l'anatomie humaine. L'on n'a pas encore décrit les articulations , les ligaments, les muscles, les vaisseaux , les nerfs, les glandes, ni la structure interne des viscères considérés dans les différentes classes d'animaux. J'ai commencé, depuis plusieurs années, ce travail dont les difficultés sont immenses; je continuerai de m'y livrer avec courage, espérant que ceux qui l'achèveront un jour avec gloire, me sauront quelque gré de la peine que j'aurai prise pour jeter les fondements d'un édifice dont les matériaux sont épars ou entassés sans ordre dans des constructions vicieuses ou cachés dans le sein de la nature ^. n

Il a montré les défauts à éviter dans la dissection ; déterminé les genres anatomiques les plus frappants, et leurs différences générales; donné une idée de ce qu'on

' Disc, sur Vanat, timp, et comp, " Bue, sur i'anai. ctmsid., etc.

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a fait en anatomie, de ce qu'il y a lui-même ajouté, et de ce qu'il y n à faire.

Il résulte de ce qui précède , que Tanalomie comparée, pour Vicq-d'Azir, c'est comparer les animaux à l'homme pris comme mesure, pour arriver à la connaissance de leurs difTérences et de leurs rapports, et par suite, à une connaissance plus approfondie de Terganisme.

Mais, pour y atteindre, il est nécessaire de suivre un plan méthodique ; et deux moyens se sont présentés à lui pour l'exécution de ce plan : i"* ranger ses recherches suivant une méthode qui soit la même pour chaque être, et qui soit également comparable pour tous; sà^ marquer , à des distances déterminées dans les difTérentes classes d'animaux, des individus dont la dissection et la description soient faites suivant des principes identiques, et dont les rapports et les différences bien connues dévoilent les vrais caractères anatomiques propres à chaque grande division des corps vivants. Pour cela, il faut examiner, dans les individus indiqués, les mêmes parties dans le même ordre , et les décrire dans le même style; il faudrait perfectionner avant tout la nomenclature. Pour arriver là, il pose comme principes : I® «Tout organe que l'on se propose de décrire doit être traité comme un solide géométrique, dont on examinera d'abord à l'extérieur les faces, les bords et les angles y et dont on considérera ensuite l'intérieur avec les mêmes divisions. Dans les dénominations que l'on donnera aux faces, aux bords et aux angles de ces organes, on n'emploiera que des noms que l'on puisse appliquer à tous les animaux qui en sont pourvus, et ces noms seront composés de ceux des parties les plus remarquables de ces organes, ou de ceux des régions

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environnantes y ou des usages, lorsqu'ils seront bien déterminés et faciles à saisir , pour qu'il ne puisse y avoir aucune équivoque à cet égard. »

Il rejette les expressions : antérieur, postérieur , su» périeur ^ inférieur y comme ne pouvant convenir aux mêmes parties dans Thomme et les animaux.

<c Non-seulement 9 ajoute-t-il , les régions correspondantes du même organe doivent être désignées de la même manière , mais ces organes doivent aussi porter le même nom dans tous les animaux ; sans quoi les rapprochements que nos travaux requièrent ne pourraient s'exécuter. »

H conclut la nécessité d'une nouvelle nomenclature; mais il la croit impossible pour le moment, à cause du peu de connaissance de l'anatomie des animaux.

Voilà les principes posés; il en vient ensuite à leur application, et il détermine l'ordre dans lequel doivent être rangés les organes des corps vivants dont on décrit la structure. Il donne un projet de division , destiné à la description de l'homme et des quadrupèdes vivipares, et il annonce que les tableaux dont il se servira dans l'histoire des autres classes des corps vivants, seront extraits du premier, avec lequel ils correspondent dans tous les points principaux. Mais, nous l'avons déjà fait voir, il n'a pas été heureux dans son application. 11 n'a donc ici que la gloire d'avoir posé le principe, et c'est déjà beaucoup. Il a été plus heureux dans les autres applications, par exemple, dans l'examen général , dans la série de ces mêmes fonctions mal divisées ; chacune d'elles, prise à part, est parfaitement envisagée : cela est contenu dans un tableau des fonctions ou caractères propres aux corps vivants. Ce tableau fait connaître quels sont , dans les différentes classes, l'in-

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fluence et retendue des neuf fonctiotis qu'il a admises.

Il adopte la division des corps naturels en deux règnes , les corps bruts et les corps vivants.

11 donne de ces deux sortes de corps une comparaison généralequi lui appartient, et qui depuis lui a été rebattue par tous ceux qui se sont occupés de cette question.

Après avoir posé les généralités, il est entré dans l'anatomie comparée de détails , et là il reconnaît deux manières de ranger les corps vivants dont on décrit la structure. « La première , qui est la plus usitée, consiste à placer Tliomme en tête, et à décrire successivement, après lui, ceux des corps vivants avec lesquels il a plus d'analogie ; de sorte que, dans cette série, le nombre des organes aille toujours en décroissant, comme il suit : riiomme, les quadrupèdes vivipares, les cétacés, les oiseaux, les quadrupèdes ovipares, les serpents, les poissons, les insectes, les vers, les végétaux. .Vai suivi cette niétbode. y>

La seconde méthode serait absolument Tin verse. Il croit qu'il y aurait ici plus de logique en allant du simple au composé ; mais il a oublié que l'homme étant le mieux connu ^ il est évidemment plus logique d'aller du connu à l'inconnu.

Il a donné un exemple de la seconde méthode dans les tableaux de la seconde partie du Discours préliminaire de l'Encyclopédie méthodique. EnTin, il ne s'est pas contenté de créer l'anatomie comparée, mais il a cherché à en faire l'application aux deux grandes divisions du règne organique.

H. Règne viosTAL. 11 expose, en botanicpie, un ordre des familles, qui lui a paru propre à généraliser les

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idëes qui dëcoulent des observations dëjà recueillies sur l'anatomie et la physiologie des végétaux.

II donne sur chaque famille quelques généralités. Sa classification n'est pas heureuse : les détails sont tirés des phytologistes.

Mais il y a une plus grande valeur dans un tableau qu'il donne des organes des plantes, considérés : i^ dans leur structure y ou dans l'appareil de leurs parties internes;.!!^ dans leur organisation extérieure. Ce tableau est très-important sous le rapport de l'anatomie et de la physiologie végétale , et on a dû s'en servir avec fruit.

Il traite ensuite des principales qualités ou propriétés que les végétaux présentent dans l'étude de leur anatoinie et de leur physiologie ; il entre là-dessus dans des généralités détaillées avec beaucoup d'intérêt, et il finit par comparer physiologiquement la génération des végétaux avec celle des animaux.

III. RÈGNE ANIMAL. Il basc l'animalité sur la sensibilité : « La sensibilité est le grand caractère de la vie animale'.»C'est par là qu'il distingue les animaux des plantes. « De toutes les propriétés particulières aux animaux, la sensibilité est celle qui les distingue le mieux d'avec les corps dont ils se rapprochent le plus, tels que les plantes. » C'est elle aussi qu'il regarde comme caractère de première valeur pour la distinction des animaux entre eux ; a ceux dans lesquels elle a le plus d'infiuence sont r^ardés comme les plus parfaits, et la pulpe nerveuse, qui en est le siège, semble être destinée à établir une liaison constante entre les corps auxquels elle appartient et tout ce qui les environne'.»

' Discours sur l'anat, simp, et comparée. * Mém. sur Vorg, de Vouïe,

ga COMTEMPORAUfS.

Après avoir défini ranimai, il détermine ce qu'on doit entendre par une classe naturelle en zoologie, a Une classe naturelle résulte de l'assemblage d'un certain nombre d'espèces qui se tiennent entre elles par un nombre de rapports plus grand qu'il n'en existe entre chacune d'elles et les espèces des autres classes '. »

Il montre ensuite d'après quelle méthode on doit choisir les caractères. uDans Thistoire naturelle, on ne considère que les formes extérieures. L'anatomie proprement dite borne son examen à la structure interne. Ni l'une ni l'autre de ces classifications n'est la véritable méthode naturelle. Je les ai fait marcher ensemble, persuadé que l'étude de l'extérieur et celle de l'intérieur d'un animal doivent appartenir à la même science^.»

11 n'y avait donc plus qu'à appliquer la loi de la subordination des caractères d'une manière convenable, pour arriver à la méthode naturelle en zoologie. Mais il ne parait pas que Vicq-d'Azir ait senti Timportance de cette loi, ni qu'il l'ait même connue. Cependant il a pres(|ue deviné les caractères de première valeur dans la sensibilité; vérité qui sera démontrée dans la science parM. deBlainville, en posant la sensibilité comme base, pour en déduire, comme conséquence, la locomotion.

Vicq-d'Azir détermine donc les caractères qui doivent servir à classer les êtres. « Quoi(|ue la faculté de l'irritabilité soit très-bornée dans les végétaux, ils en sont pourtant doués, et elle ne peut servir à les distinguer des animaux ; mais ce qui distingue ces derniers sans exception, c'est l'existence d'un canal destiné à la première digestion des aliments.

« Le svstème nerveux offre encore un caractère très-

■ Disc, prélim. de VEncycL met h, * Ibid.

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rrappaiii. Ou n'en trouve aucune trace dans les végétaux '. »

II donne ensuite un tableau des animaux dans Tordre de leur composition anatomique; il y montre comment on peut concevoir que se fait , du simple au composé , la combinaison progressive dans les différentes classes des animaux^.

* Dise, prélim. de l'Enc, méth.

' TABLEAU DBS ANIMAUX DANS l'oRDRE DE LEUR COMPOSITION

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