ANATOMIQUE
Les animaux sont composés de tissu cellulaire et de fibres musculaires.
polypes, hydra, vers des zoophytes.
t® Avec un estomac { — des lithophytes.
biphorcs.
vibrio-paxillifer.
Plus s» . . des intestins { mtKs.
' sèches, argonautes, béroé.
la plu p. des vers infusoiref.
f, , I 1 vorticclles.
un organe extérieur de res- trachiones. piration aqueuse jbotryles.
quelques viscères ; "" ^y^'^fiiétie
lème de vaisseaux lym- 1 „„^^!- I , . , '' \ anomie.
Pins 4».. P*'*'"l"f'''..*'«^*»''8'""'* Mcréis.
de génération (sans or- ,^^ ^^.^^^^ j^^ j,,^^
ganes de coït); un re- bi,.„,^^, ^l univalves? seau nerveux. ....... \
Plus S**. • i "" ^'^V''?^ '**"«"'," ', "ï"^*" i les vers intestinaux. ( quefois le sens de la vue. (
des organes de coït (herma- ^.
phrudites); un cœur(lim- I phatiquc) sans oreillettes, Iles sangsues, avec des pulsations dis- Mes limaces.
Plus 6® . . / tinctes ; des ganglions ; H'aplysia.
le sens de la vue; un lies animaux des coquilles organe masticatoire im- I univalves.
parfait , intérieur ou ex- | térieur /
IV. Anatomie plus spécialement appliquée aux am^ maux. Jusqu'ici Vicq-d'Azir a donné des principes et des caractères généraux pour la classification ; il va en donner déplus spécialement propres aux quadrupèdes vivipares et à Thomnie.
« Les quadrupèdes étant ceux des animaux qui res« semblent le plus à Fliomme, ce sont ceux aussi qui ont mérité le plus d'attention de notre part.... Les formes des pieds et des doigts des quadrupèdes ont de grandes liaisons avec celles de Tavant-bi as et de la jambe. Nous connaîtrons, par leur examen , les rapports de Tanimal avec le sol qui le soutient , avec le milieu où il vil, et avec les corps dont il est environné '.» Voilà donc posée la loi des modifications de l'organisme en rapport avec les milieux ; loi dont M. de Blainville prouvera l'importance pour l'application du principe delà subordination
un cerveau; des membres \
pour la locomotion ; des
organes de la génération
-., ^o ] séparés entre les mâles l i • Plus 7 . .< .If II . I ; les insectes.
^ et les femelles ; (|uel(|ue-
fois le sens de Touïe ; un
système osseux exté-
\ rieur /
i les premiers rudiments d*un/'t ., .
svsrème osseux intérieur, '«^ ?«>*«►"* cartilagineux un cœur ; des vaisseaux (»>'.« "<!"oslegeschondro- ' f pteryt'iens).
sanguins \ ' ^^ '
m no (un système osseux inté-jles poissons proprement *^'"* ^ • • 1 ritur I dits.
^1 -^o ( des poumons intérieurs, un ) , ^ ^ , ... Plus 10 . .{ * 1 1» 1 - • les amphibies.
( organe de 1 odorat | ^
Plus 11** . I un cœurbiloculaire | les oiseaux.
Ides organes parfaits dégoût \ et de mastication; des I les cétacés, organes de lactation ; | les mamellifères. une matrice 1
Disc, prélim. de l'EncycL méth.
des caractères , en montrant que cette modification n'est pas essentielle à l'organisme, mais qu'elle a un but final 9 qui ne doit préjudicier en rien à la détermination du caractère essentiel et de première valeur de l'organe.
Vicq-d'Azir a encore remarqué, d'après Daubenton, Farticulation delà tête avec l'atlas, tantôt verticale, comme dans riiomme, le plus souvent horizontale dans les animaux; la diminution du cerveau, en rapport avec l'augmentation des Filets nerveux de la périphérie ; la clavicule; sa présence dans les uns, son absence dans les autres. La langue , l'os hyoïde , les organes de la digestion, ont des rapports constants avec le genre de nourriture : autre loi analogue à la loi des milieux , et dont M. de Blainville fuera également la valeur.
11 a encore remarqué la diverse position du cœur suivant les divers animaux; le rapport des organes de la phonation et de l'audition ; le nombre et la grosseur des mamelles en rapport avec l'étendue des cornes utérines, parce que les unes et les autres sont relatives au nombre des fœtus à loger et des petits à nourrir.
«A l'aide de ces caractères , ajoute-t-il, nous déterminerons ce qui est propre à riiomme, et ce qu'il partage avec les quadrupèdes ^ »
Voilà donc les principes de l'anatomie comparée , et de l'anatomie de signification, posés; suivons-le maintenant dans l'application de ces principes, pour voir ce qu*il a apporté à la science dans l'étude des divers oignes et de leurs fonctions.
Nous y verrons comment, prenant toujours l'homme pour mesure , il le sépare totalement de tous les aui-
' Disc.prélim. de l'Efu.méth,
maux en montrant sa supériorité; thèse qu'il pose nettement dans son premier Discours sur l'anatomie en général , en même temps qu'il développe, sous un autre point de vue, ce qu'il entend par anatomie comparée.
«L'homme, dit-il, occupe, sans doute, le premier rang dans ce bel ensemble (de la nature), puisqu'il connaît sa place, et qu'il en a mesuré tous les rapports; il est sans doute le roi de animaux, puisqu'il les subjugue et qu'il leur commande. Sa description doit être faite la première; elle doit être la plus étendue, soit parce qu'elle nous intéresse de plus près, soit parce que, indépendamment de ce motif, les organes étant toujours composés en raison de leurs effets, c'est-à-dire, de l'industrie de chaque classe d'animaux , c'est encore l'homme qu'il faut, sous cet aspect, étudier avec le plus de soin et le plus longtemps.
(c II entre dans mon plan de considérer le corps humain dans tous les âges et dans les diverses circonstances où il peut se trouver, d'en examiner toutes les parties, et d'écrire Thistoire de leurs phénomènes, objet trop négligé par les physiologistes...
«Mais, dans ce travail, il ne faut pas considérer l'homme seul; on doit le rapprocher des autres animaux : ainsi rassembles^ ils forment un tableau imposant par son étendue, et piquant par sa variété. L'homme isolé ne parait pas aussi grand; on ne voit pas aussi bien ce qu'il est : les animaux , sans l'homme, semblent éloignés de leur type , et on ne sait à quel centre les rap- , porter.» Les diflérents corps organisés et vivants devaient donc être réunis dans cet ouvrage, comme ils le sont dans la nature.
Combien de fois, dans le cours de mes recherches , j'ai joui. d'avance du plaisir de voir rangés sur une
même ligne tous ces cerveaux qui , dans la suite du r^oe animal, semblent décroître comme l'industrie; tous ces cœurs dont la structure devient d'autant plus simple qu'il y a moins d'organes à vivifier et à mouvoir; tous ces viscères où se filtre de tant de manières , le fluide élastique que nous respirons; tous ces Foyers où s^élaborent tant de substances différentes , destinées à se convertir en chyle , et d'où se séparent les molécules gros«ères des os ; l'esprit éthéré , dont les nerfs paraissent être les conducteurs; le ferment delà digestion, qui maintient la vie au dedans de l'individu, et cette liqueur, plus surprenante encore, quoiqu'elle ne coûte pas plus à la nature, qui propage Texistence au dehors, et qui contient mille fois en elle l'image ou plutôt l'abrégé de toutes ces merveilles ! »
Dans le même discours, après avoir donné de nombreux et intéressants détails d'anatomie comparée, sur les muscles, les os, etc., il conclut : «Mais ne retrouvent-on pas ici évidemment la marche de la nature, qui semble procéder toujours d'après un même modèle primitif et général ^ et dont on rencontre partout des traces ? »
Il prépara donc des éléments à la démonstration de la série dont il a senti le plan. Entrons dans les détails.
1® Organes des sens, i® Toucher. « On sent combien l'homme a d'avantage pour la délicatesse et l'étendue du toucher : ses doigts sont un instrument d'adresse et de sensibilité; il n'y a pas, dans toute l'étendue de son €X>rps, up point où cette fonction ne s'exerce, tandis que presque toutes les parties externes des animaux sont encroûtées et endurcies ^»
> De la Sensibilité Mor., t. V, p. 35.
98 ' GONTEirPQRAINS.
a^ Le goût. H n'a fait aucun travail spécial sur ce sens ; mais il Ta étudié dans les animaux dont il a fait Tanatomie.
3^ 11 en est de même de Todorat et de la vue.
l^ Mais il a étudié d'une manière spéciale Toi^ane de Touïe des oiseaux , comparé avec celui de lliomme, des quadrupèdes, des reptiles et des poissons. Après les détails les plus intéressants sur cet organe dans la série, il tire immédiatement les conséquences suivantes, qui traduisent nettement Tétat de la science , et auxquelles on a fort peu ajouté.
. I ^ L'existence des osselets , si elle n'est pas essentielle , est au moins très-utile pour la perception des sons, puisqu'on la trouve, sans aucune exception , dans tous les animaux susceptibles de les entendre : mais il n'est pas nécessaire qu'ily en ait plusieurs, puisqu'un seul suffit aux oiseaux et aux reptiles.
c( 2" Il est également démontré que les conduits demicirculaires sont une partie essentielle à l'organe de Touie, puis(|u'ils existent dans tous les animaux, où cet organe a été aperçu et bien décrit.
« 30 Enfin , le limaçon, qui est particulier à l'homme et aux quadrupèdes, n'est pas indispensablement nécessaire aux fonctions de l'oreille interne, puisque les oiseaux, qui en sont dépourvus, entendent très-bien.
ail y a apparence (nous prions qu'on veuille bien nous permettre cette conjecture), que le limaçon forme, avec les conduits demi-circulaires, dans chaque oreille, un double instrument composé de deux parties trèsdistinctes, dans lesquelles la perception des sons se fait séparément, mais avec des rapports déterminés, ce qui doit ajouter à Tharmonie, à la sensibilité, et, pour ainsi dire, à l'intelligence de l'organe.
VIGQ-D AZIl. 99
« Ne pourrait -on pas, d'après ces réflexions, consU dérer le sens de l'ouie sous un double point de vue : premièrement, par rapport aux parties essentielles i^ sa structure, qui sont une membrane, au moins un osselet, des conduits demi-circulaires et une pulpe nerveuse; secondement, par rapport à ses parties ao* cessoirea, qui sont la conque, le conduit auditif interne, plusieurs osselets, des muscles, la corde du tympan, et surtout le limaçon ? Ainsi les animaux dans lesquels on a démontré cet organe , pourraient être divisés en deux classes : les uns réunissent, en éflPet, toutes les parties qui le constituent; les autres ont seulement celles que nous avons dit lui être essentielles. L'homme et les quadrupèdes doivent être rangés dans le premier ordre : outre que les oiseaux sont à la tête du second, on peut encore ajouter qu'ils ont les parties essentielles h l'organe de l'ouïe, les seules dont ils soient pourvus, beaucoup plus développées que l'homme et tous les autres animaux; de sorte que le sens de l'ouïe, dans les oiseaux , est aussi parfait qu'il est simple ; et jusqu'à ce que l'on ait déterminé , avec plus d'exactitude. Tusage de la lame spirale du limaçon , qui leur manque, nous ne croyons pas que i'on puisse rien dire de plus précis sur la place qu'il convient de leur assigner. »
Ce mémoire, si plein de faits neufs, est un modèle admirable de méthode en anatomie comparée. Il y définit Forgane, et le décrit dans son état complet dans l'homme, puis il le décompose, en en faisant voir les difierences dans la série.
Locomotion. Ostéologie. Il a traité en détail du squelette des poissons, des oiseaux et des mammifères, dans des mémoires spéciaux et dans le Système anatomique de l'Encyclopédie méthodique. U nous serait impos*
lOO COITTEMPORAINS.
sible de le suivre dans ces détails, et nous nous con* tenterons de faire remarquer quelques-uns des faits généraux qu'il constate.
al*" Les vertèbres, les côtes, le sternum et les os du bassin , composent la charpente du tronc. Les vertèbres du cou sont, dans tous les quadrupèdes, au nombre de sept.» L'unau, qui n'était pas connu de Vicq-d'Azir, fait seul exception à cette règle. «La constance de ce nombre s'étend jusqu'aux cétacés, où il subsiste malgré la réunion apparente de plusieurs de ces vertèbres.... Ije nombre des vertèbres du dos est toujours en raison de celui des côtes. Les vertèbres lombaires varient beaucoup.... Le nombre semble s'accroitre à mesure que celui des vertèbres sacrées diminue. Plus on s'éloigne de l'homme, plus aussi on voit le coccyx se prolonger. Les pièces qui le forment sont au nombre de trente dans le phalanger, et de quarantedeux dans le fourmilier^ » Il a vu aussi que, dans les oiseaux, le plus grand nombre des vertèbres est au cou.
(c Le sternum est beaucoup plus étroit dans les quadrupèdes que dans l'homme, et le nombre des osselets qui le composent est toujours proportionné à celui des côtes que les anatomistes appellent vraies, et auxquelles j'ai donné le nom de sterno-verlébrales, » appelant les fausses côtes vertébrales. Il entre dans le détail de toutes ces parties dans les différents animaux, comme aussi s,ur les côtes et leur nombre. En général, la poitrine des quadrupèdes étant plus étroite que celle de l'homme, doit être plus longue, puisqu'elle a les mêmes viscères a contenir, et il fallait que les côtes qui
* Disc, préL de l'Enc. méth.
VICQ-DAZÏR. lOI
en forment l'enceinte fussent aussi plus nombreuses.
« L'homme est conformé pour se tenir debout , en appuyant le talon sur la terre comme le reste du pied. L'articulation de la tête avec le cou, par le milieu de la base du crâne, concourt à prouver que l'homme est conformé pour marcher debout.
a Les animaux ne peuvent se tenir debout sur les pieds de derrière, et ils n'appuient pas le talon sur la terre avec le reste du pied. » Il démontre que plus on s'éloigne de l'homme, plus les animaux tendent à marcher sur le bout des doigts. 11 compare aussi le nombre des doigts dans la série des quadrupèdes.
Il fait encore remarquer que l'homme seul est bipède^ «c'est-à-dire, que lui seul a deux pouces aux mains sans en avoir aux pieds , tous les autres ayant,, un pouce à chaque extrémité, comme les singes et les makis; ou en étant tout à fait dépourvus, comme la plupart des quadrupèdes ; ou n'en ayant qu'aux extrémités postérieures , comme le sarigue, etc. Il compare, en détail, les extrémités du squelette des quadupèdes avec celles de l'homme, puis leur station , et il conclut: «Ainsi, plus l'on s'éloigne de l'homme,' phis on voit le pied se rétrécir et s'allonger; plus la partie qui sert d'appui diminue, et plus l'angle que le talon fait avec la jambe devient aigu. »
Mjologie. C'est surtout dans la myologie des singes et des oiseaux qu'il a fait le plus d'observations neuves ; mais ici encore il démontre la supériorité de l'homme.
«Que l'on ne croie pas que la main des singes et autres animaux jouisse de la même force et de la même mobilité que celle de l'homme.» Il examine, en confirmation et dans le plus grand détail, les muscles exten* seurs des doigts , d'une manière neuve , et qui lui
lOa CONTEMPORAIKS.
appartient; il montre dans lliomnoie l'indépendance des extenseurs y qui n'eiiste pas dans les singes, etc. cil suit de cette structure, conclut-il, que les singes doivent le plus souvent étendre plusieurs doigts enâetnble , et qu'ils ne peuvent fléchir le pouce de la main ^ sans fléchir en même temps, plus ou moins ^ les autres doigts. Il suit qu'ils sont dépourvus de ces mouvements dans lesquels l'action du pouce se combine avec celle du doigt indicateur et du médius, mouvements in« dispensables dans toutes les opérations un peu délicates , et sans lesquels il n'existerait peut-être aucune trace de l'industrie des hommes. 11 suit enfin que la main n'est, pour les singes, qu'un instrument propre à saisir les corps; et c'est en la comparant avec celle de l'homme que l'on découvre pourquoi lui seul a créé les arts.
« En continuant l'examen de la main postérieure ou pied du singe, j'ai appris que chacun des muscles perforés fournit un tendon au pouce, sans doute afin que, dans toutes les attitudes et dans toutes les circonstances possibles, ce doigt soit fléchi sans peine; et ^ par une suite nécessaire de la disposition des parties ^ cette structure doit être très-utile à ces animaux, qui ne sont pas, à parler rigoureusement, des habitants de la terre, mais qui vivent sur des arbres, aux branches desquels ils sont sans cesse accrochés et suspendus. Considérons-les sous cet aspect, et nous verrons que l'étroitesse de leur bassin , que la forme de leur corps qui se rétrécit de haut en bas, que la demi-flexion des cuisses sur los des iles, que la direction des callosités, que la séparation du pouce d'avec les autres doigts du pied, sont très-propres à cette habitation, et répondent à toutes les conditions de cette hypothèse.
VltQ-D'AZlR. Ib3
« Je suis bien loin d'avoir épuisé la matière. De nouveaux faits viennent appuyer ma conjecture, et la chabgent en démonstration. Dans Thomme, les muscles fléchisseurs de la jambe se terminent par des contour^ douceitiént arrondis vers la région la plus élevée de l'os tibia. Dans le singe, ces mêmes muscles se portent trèsloin sur la faee interne de cette partie, où îlsfornient une corde, qui rend très-difficile et très-rare sa parfaite extension sur la cuisse. Mais c'est surtout dans la manière dont le tendon élai^i du muscle plantaire passe sur le calcatiéum du singe, que j'ai trouvé la raison pour laquelle cet animal ne peut marcher droit. Comment^ en effet, tout le poids du corps pourrait-il être soutenu sur une base osseuse qui, comprimant et gênant le nîuscle fléchisseur, rendrait imparfaits et pénibles des mouvements sans lesquels la station et la marche n'auraient aucune solidité ? L'homme, au contraire, a le talon nu et dépouillé de toute expansion musculaire^ et lui seul est ainsi conformé. »
Nutrition. Dans les divers organes qui exécutent les diverses fonctions de la uutritioti, Vicq-d'Azir a encore fait connaître des faits nouveaux. Il les a étudiés dans un grand nombre d'animaux.
11 donne iine étude comparée des dents, de leur nombre , de leur forme et de leur structure , dont « les diflerencés constituent, dit-il, leis caractères les plus sûrs dont les naturalistes puissent faire usage. »
Il compare, dans les différentes classes, les mouvements de la mâchoire dans la mastication.
La forme des dents lui à montré une loi d'équilibre harmonique de la nature;» car des rapports constants existent entre la structure des dents des carnivores et celle de leurs muscles, de leurs doigts, de leurs ongles.
I04 CONTEBTPOR A.INS.
de leur langue, de leur estomac et de leurs intestins. Cet appareil doit évidemment servir à poursuivre, à tuer des animaux, à déchirer leurs membres, à digérer leur chair, à s'abreuver de leur sang. Se pourrait-il que cette guerre non interrompue entrât dans le plan de la nature ! Par elle, le fort fut armé contre le faible; par elle, fut aiguisée la dent du lion et du tigre; par elle, les substances végétales furent destinées à nourrir des animaux, qui, dévorés à leur tour, se replongent successivement dans ce règne muet et insensible où tout s'abtme et s'engloutit ; par elle, enfin, furent oi^ganisés ces grands quadrupèdes qu'on ne retrouve plus, et dont les débris épars laissent entrevoir que le domaine de la vie a déjà reçu quelque atteinte, et que celui de la mort s'élève sur ses ruines, et s'agrandit à ses dépens ^ »
Il a fait voir les différences générales du canal intestinal dans la série, et donné un tableau des dimensions comparées de l'estomac et des intestins de l'homme et des animaux, d'après Daubenton.
Respiration. Dans l'appareil de la respiration, c'est surtout pour la partie de cet appareil qui produit les sons, qu'il a fait les travaux les plus intéressants.
Dans son Mémoire sur la voix , il examine la structure des organes qui servent à la formation de la voix dans l'homme et dans les différentes classes d'animaux^ depuis l'homme jusqu'aux repliles.
Il décrit d'abord la forme et la structure du larynx humain ; puis il ajoute : « Parmi les quadrupèdes , il n'y en a peut-être aucun qui n'ait dans le larynx à peu près le même appareil , et il y en a beaucoup dans les-
• * DUc. préL de VEnc. méth.
vicq-d'azir. 1 o5
quels la dissection fait apercevoir des pièces sur-ajoutées à celles dont le larynx humain est dépourvu; de sorte que ,* si la plupart de ces animaux, avec beaucoup de moyens, ne produisent que des sons désagréables, la prééminence de la voix de l'homme ne doit pas être regardée seulement comme l'effet physique de sa cons« titution, mais encore comme le fruit de son industrie, et du besoin qu'il a de modifier ses sons pour expri* mer un plus grand nombre d'idées. »
Il décrit ensuite l'oi^ane de la phonation dans les singes; fait connaître, pour la première fois , le renflement hyoïdien de la luette; passe ensuite aux quadrupèdes, puis aux oiseaux , chez lesquels il démontre que Tor^ gane de la voix est à la bifurcation des bronches. De ces observations il tire les conséquences suivantes :
c lO La glotte étant formée, dans la plupart des quadrupèdes, par des bords presque entièrement cartilagineux, qui ne sont susceptibles d'aucune tension graduée; cette ouverture étant , dans les oiseaux , trèséloignée de l'organe vraiment sonore, et ne produisant qu'un sifflement dans les serpents, où elle est seule, ne peut-on pas en conclure qu'elle n'est point essentielle à la formation des sons ?
« n^ Les ligaments inférieurs étant , dans plusieurs quadrupèdes et dans quelques reptiles , les seules parties capables de vibrer, des membranes élastiques en étant également susceptibles dans les oiseaux, n'est -on pas conduit à penser que ces différentes parties ont un usage marqué dans la formation des sons ?
a 3^ Le timbre de la voix augmentant dans les conduits recourbés et dans les cavités formées par des parois cartilagineuses et élastiques, n'est -il pas probable que tout l'appareil dont quelques animaux sont pour-
to6 COHITMPORÀINS.
VUS, ne tend qu'à augnenter k rësonnânce de la voix , sans influer sur son intonation?»
M. Cuvier a étë plus loin dans Fëtude du larynx des oiseaux.
Génération. C'est encore Vicq-d'Azir qui a fait connaître la position intérieure des testicules dans le fœtus huniain. Il a aussi étudié Fœuf anatoitiiquement et physiologiquement. U a décrit les organes de la génération du canard.
II avait déjà remarqué que la manière de se reproduire des poissons cartilagineux , analogue à celle des animaux ovipares et vivipares , semble prouvet* que le mécanisme de la génération n'est pas aussi difTérenl qu'on le croit dans ces deux classes d'animaux.
Il a vu les rapports entre les mamelles et les comel de la matrice et le nombre des petits. Il a fait la comparaison des organes de la génération des animaux et même des végétaux. Il a vu que toutes les espèces donnaient au produit de la génération une éducation plus ou moins étendue, mais qu'elle est individuelle dans tous les animaux , tandis que pour l'homme seul existe réducation de l'espèce, preuve la plus élevée de la sociabilité deThomme, qu'il ad'ailleurs examinée à part.
Système nen^eux. Enfin , nous arrivons à l'une des parties les plus importantes et les plus glorieuses des travaux de Vicq-d'Azir : ce sont ses travaux sur le système nerveux et la sensibilité. Il a compris toute la hauteur et toute la portée d'une telle question sous le rapport intellectuel , psychologique , anatomique et physiologique. S'il n'en a pas résolu toutes les difficultés, il est entré bien avant dans la voie qui doit mener à cette solution. H a préparé la marche à Gall et à ses successeurs. Les découvertes et les faits qui ont signalé
YICQ-DAZIR. 107
les travaux de Gall ^ont en germe dans Vicq-d'À2ir) qui a su repousser avec sagesse les conséquences trop hà* lives de théories non encore solidement assises , et qui ne le seront peut-être jamais.
Regardant donc la sensibilité comme le caractère essentiel de Tadinlalité, il a senti l'importance de l'étude du substratum de cette haute faculté , ou du système nerveux.
Il en a distingué les deux substances anatomiques, en assignant à chacune sa fonction ; il a reconnu le système nerveux volontaire^ et le système nerveux de la vie organique. Il a étudié tout ce système méthodiquement, dans sa partie centrale et périphérique; il en a beaucoup avancé la description, et en a montré la dégradation sériale, en l'étudiant comparativement dans l'homme et les animaux; de plus, il en a indiqué la haute importance physiologique et psychologique , en demeurant toujours dans une mesure pleine de sagesse'. On peut
' Cette bote est de la plus haute importance et du plus haut intérél ; elle montrera véritablement la foi*ce de Yicq-d'Azir, et apprendra des détails intéressants.
« La distribution des nerfs et la structure du cerveau, du cervelet et des moelles allongées et épinières, offrent à l'anatomiste une nouvelle source de remarques importantes. Ces organes ont avec rame des rapports inconnus; mais, considérés dans les corps vivants des divers ordres, ils en ont entre eux qu'il est possible de déterminer, et, comparant ensuite le tableau de ces di/îérences physiques avec celui de l'entendement ou de l'instinct, du sentiment ou des passions, des mouvements ou des besoins de chaque classe d'animaux , il semble que l'on puisse espérer d'avoir un jour quelque prise sur l'agent caché qui s'unit et qui commande à la matière ; commerce admirable et incompréhensible pour celui même qui en est le sujet; commerce qui sera peut-être à jamais un mystère pour nous, mais dans l'examen duquel il est pertnis à l'esprit bamaiii de
Io8 CONTEMPORAINS.
assurer qu'il a préparé les voies à Gall et à tous ceux qui se sont occupés du système nerveux.
Il ne s'est donc pas contenté de démontrer les prin-
s'essayer, en dirigeant vers cette recherche difficile, toute la finesse de l'observation la plus déliée, et toute la force de la logique la plus exacte.
« Les fautes de ceux qui ont couru la nicme carrière, ont montré des écueils dans lesquels nous éviterons de tomber avec eux. Loin d'ici ces vaines et dangereuses spéculations sur le siège de l'âme^ sur les diverses régions cérébrales auxquelles des auteurs qui la regardaient avec raison comme un être indivisible et simple, avaient cependant pensé, par une contradiction choquante, que ses différents modes pourraient correspondre. Nous n'oublierons point que nous écrivons sur l'anatomie ; nous nous bornerons à rechercher quels sont les points dans lesquels il se réunit un plus grand nombre de ces fibres molles, qui sont le foyer du sentiment et da mouvement *. »
Dans cette direction, Yicq-d'Azir a parfaitement établi que le système nerveux se compose de deux substances bien distinctes: la substance blanche, fibreuse et plus solide, et la substance cendrée, grise et pulpeuse, molle; que la première est conductrice et comme la servante de la seconde, tandis que celle-ci , la substance pulpeuse, est le siège de la sensibilité et le foyer du mouvement.
Il détermine ensuite les diverses parties de ce grand appareil , le nombre, la qualité et le mode de leurs actions : « Il uic semble, ditil, que l'on peut distinguer dans l'enchaînement des différentes parties qui constituent le système nerveux , trois actions différentes : j'appelle la première action ou communication nerveuse externe; la seconde, réaction nerveuse; la troisième, action ou communication nen^euse interne. La première s'étend de la circonférence vers le centre ; elle se passe dans les organes des sens et dans les nerfs qui communiquent leurs impressions au sensorium commune; la seconde s'exerce dans le sensorium commune lui-même , et se transmet aux nerfs qui en sortent ; la troisième se propage, par leur moyen , soit jusqu'aux muscles, pour leur faire ressentir l'aiguillon de la volonté, soit jusqu'aux viscères, pour les faire participer au ton général du
* Disc, sur VAnat, en général.
VICQ-DAZIR. 109
cipes de l'anatomie comparée , mais il les a appliqués
à toutes les parties de l'organisation dans la série; et
même à tous les êtres organisés , végétaux et animaux.
Anatomie de signification. L'anatomie comparée le
sjstèmc, ou pour en recevoir des modifications que leur difTérents états déterminent : en sorte que l'action nerveuse qui s'étend , pour l'ordinaire, des organes des sens vers le sensorium commune^ et de là vers les muscles et les viscères dans certaines circonstances, remonte de cette extrémité de la chaîne vers la première. C'est toujours en suivant des lignes droites et non interrompues, que les impressions des sens se portent au cerveau, et que la réaction nerveuse se dirige vers les muscles. Dans ces deux cas, le mouvement des cordons n'est point arrêté par des ganglions ou des plexus, qui sont au contraire très-nombreux le long des nerfs sympathiques des viscères, et qui, s'ils ne les dérobent pas tout à fait à l'action nerveuse, suffisent au moins pour les soustraire à l'empire de la volonté dont l'influence s'égare et se perd , en quelque sorte , dans ces entrelacements , et aux caprices de laquelle il était important que des fonctions aussi essentielles ne fussent pas soumises.
« Cette distinction étant bien entendue, il sera facile défaire connaître en quoi les nerfs et le cerveau de l'homme l'emportent sur cenx de la brute. Les cordons nerveux qui établissent les communications internes et externes, sont disposés à peu près de la même manière dans l'un et dans l'autre. Ils sont tous placés entre deux pulpes nerveuses, soit entre celle des organes des sens et celle du sensorium commune, comme les cordons destinés aux sen** satîons, c'est-à-dire, à l'action ou communication nerveuse externe» soit entre cette dernière et celle qui est répandue dans le tissu des muscles ou des viscères, comme les cordons qui servent aux communications nerveuses internes. Cette dernière pulpe devant être à peu près semblable dans l'homme et dans les animaux, il nous reste à rechercher la principale raison de leurs différences dans la structure des organes des sens et dans celle de la masse cérébrale.
« Sous le premier rapport, on sent combien Thomme a d'avantage par la délicatesse et l'étendue du toucher : ses doigts sont un instrument d'adresse et de sensibilité ; il n'y a pas dans toute l'étendue de son corps un point où cette fonction ne s'exerce, tandis que près-
1 1 0 GON TfiMPORAINS.
conduisait nécessairemeDt à l'anatomie de signification , qui en est la conséquence immédiate. « On appelle, dit-il y du nom d'anatomie comparée, cette science qui
que toutes les parties externes des animaux sont encroûtées et
durcies.
« Sous le second rapport, sa prééminence est encore plus marquée: dans plusieurs classes d*animaux, les nerfs correspondent seulement à quelques éminences cérébrales pulpeuses qui sont interposées entre les cordons destinés aux actions nerveuses externes et internet, et ces tubercules déterminent d'une manière qui nous est inoonnoe, la réaction nécessaire pour les besoins physiques. Les viscères en reçoivent la vie, et les muscles le mouvement; ils suffisent donc à œ genre d'existence. Si l'homme était réduit aux mêmes organes, il ea recevrait les mêmes services. Non-seulement la nature ne les lui a pas refusés , mais elle lui en a encore accordé plusieurs autres qui forment une masse excédante, dont l'usage est sans doute de conccHiiir à la perfection des fonctions intellectuelles ; c*est là que les images se peignent avec plus d'étendue et se combinent avec plus de fécondité. Dans la brute, les sensations concentrées et liées avec m certain ordçe de mouvements, ne peuvent offrir qu'un petit nombre de variétés. Dans l'homme, l'action qu'elles excitent, en même temps qu'elles déterminent des contractions musculaires ou sympathiques dont le mécanisme est le même dans les animaux , se réfléchit y ea quelque sorte, dans la masse pulpeuse qui lui est particulière, et s'y modifie avec des nuances dont le nombre croît et se multiplie dans une progression très-rapide, en raison des organes sur-ajoutés.
« Il y a donc dans le cerveau de l'homme une partie automatique qui en forme principalement la base, et, au- dessus des tubercules qui la constituent , est une région plus élevée et destinée à des usages plus importants, comme il y a dans son âme un degré de perfection d'où naît sa supériorité, rapprochement que je m'étais proposé d'établir et de prouver par l'observation *. »
Après ces considérations générales et ces principes si nettement posés par Vicq-d'Azir lui-même , nous allons le suivre dans les détails les plus importants de l'anatomie physiologique du système
^Dela SentUnHa Mon, t. V, p. 33, ete.
oppose la structure de rhomme à celle des autres animaux, pour en apercevoir les rapports et les diiïérences. Cesl en superposant les objets , c'est en mesurant leurs
nerveux, i° dans la partie centrale ou moelle vertébrale allongée ) a^ dans le système ganglionnaire sans appareil extérieur ou le cerveau ; 3° dans le système périphérique ou les nerfs.
Nous les étudierons avec lui, d*abord dans Thomme, et puis dans les animaux.
I. Système nerveux dans V homme, i^ Partie centrale. « La moelle épinière s'étend jusqu'à la seconde vertèbre des lombes y que souvent même elle n'atteint pas ; déprimée de devant en arrière dans le cou y approchant de la forme quadrangulaire dans la région dorsale, et un peu aplatie sur les côtés, elle se termine par une pointe au milieu de la queue de cheval. Sa grosseur varie aussi bien que sa forme ; elle se renfle un peu vers le milieu du cou , elle diminue de volume dans la région dorsale, et vers les premières vertèbres lombaires elle semble augmenter de nouveau. »
Il fait remarquer que la moelle épinière est composée de deux cordons adossés et séparés par deux sillons, Tuu antérieur qui se continue entre les pyramides, et l'autre postérieur qui va jusqu'au caJamus scriptorius.
Qu'il y a dans toute l'étendue de la nSoelle, entre les deux cordons, une lame blanche, plus épaisse vers le cou ; elle est analogue au corps calleux, qui établit dans le cerveau une communication entre les deux hémisphères ; elle fait fonction de commissure.
Que les deux sillons antérieurs et postérieurs contiennent un petit nombre de très-petits vaisseaux.
« L'on ne peut s'empêcher de reconnaître dans l'épaisseur de la moelle épinière une certaine quantité de substance cendrée ou corticale. Cette substance doit , dans la moelle, être divisée en trois parties : l'une moyenne, transversale qui s'étend de droite à gauche; plus épaisse et plus large dans le cou, plus déliée et plus étroite dans le dos, elle acquiert de nouveau plus de volume, sans augmenter de largeur vers les lombes.
« Les deux autres parties de la substance cendrée sont latérales et courbées de manière que leurs corps convexes sont opposés l'un à l'autre, tandis que leur concavité est tournée en dehors. On peat
lia CONTEMPORAINS.
contours et leurs surfaces , que Ton peut en acquérir une parfaite connaissance. • . Si donc, Tanatomie comparée a rendu des services aussi importants, ne pour-
y distinguer deux extrémités, et le corps ou partie moyenne : Testrémité antérieure est la plus grosse, et forme comme une petite tête ; rextrémité postérieure est très- déliée ; elle se prolonge par un trait presque imperceptible jusqu'à la face postérieure de la moelle épinière, et elle se termine précisément dans le point d'où sortent les filets qui composent les racines postérieures des ner£s spinaux. Le corps de cette portion semi-lunaire et latérale de It substance corticale, que l'on peut comparer à une larme de Job, va toujours en décroissant , depuis la tête, qui est en devant, jusqu'à la queue très-fine, par laquelle on la voit finir son trajet en arrière.» Cette substance corticale enfermée dans la substance blancbe de la moelle , si bien décrite par Vicq-d'Azir, et que M. de Blainville démontre toujours dans ses cours, s'y présente sous la figure d'une espèce de x grec.
« Les parties latérales et semi-lunaires de la substance corticale, ont, dans le haut du cou , plus d'épaisseur que dans le bas de c^ette même région ; elles en ont encore moins dans le dos. Vers la partie inférieure de la région dorsale et dans la lombaire, l'extrémité postérieure de cette demi -lune se renfle; elle devient, dans les dernières coupes y près de la queue de cheval , presque égale à la tète ou extrémité antérieure. Ce qu'il est important de remarquer, c'est sursurtout, 1° que le volume de cette substance est, dans les coupes tout à fait inférieures de la moelle épinière, beaucoup plus considérable que dans le dos et même dans le cou; a^'que le sillon antérieur qui, dans tout le reste de la moelle spinale, est plus court que le postérieur, près de la queue de cheval , lui devient presque égal en profondeur.
« Saus que l'on en sache précisément la raison, on voit toujours la substance cendrée correspondre, d'une manière plus ou moins éloignée, à l'origine des nerfs; c'est ce que j'ai prouvé en traitant du cerveau. Ici, on voit de même les radicules des nerfs spinaux correspondre, en devant, à la tête de la portion semi- lunaire de la substance corticale, et en arrière, naître du lieu où elle aboutit. Il n'est donc point surprenant que cette substance corticale devienne
VICQ-D*AZÎR. Il3
rait-on pas en instituer une seconde, qui ne s'occuperait uniquementque des rapports qu'ont entre elles les parties du même individu ? Ces nouvelles considérations
plus Tolumiueuse vers la queue de cheval , et que là elle égale à peu près la substance blanche, par laquelle elle est surpassée dans tout le reste de la moelle épinière, puisqu'il nait de Textréinité de cette production un très-grand nombre de nerfs lombaires et sacrés. La marche de la nature est toujours la même, et mes observations en démontrent l'identité.
« Tout à fait au haut du cou, vers le bas du corps dentelé ou rhomboïdal des'éminences olivaires , la substance corticale a encore une disposition particulière. Lorsqu'on fait dans cette région une coupe perpendiculaire à Taxe de la moelle, on aperçoit les traces du corps dentelé en devant, et en arrière une tache grise assez grande, formée par la substance cendrée qui, dans ce lieu, est réunie en masse, tandis que plus bas, et dans tout le reste de la moelle épinière, elle prend de chaque côté, comme je l'ai dit, une forme semi-lunaire.
« Il résulte de cette description :
« X ® Que la moelle épinière est formée de deux cordons , Tun droit et Tautre gauche, adossés en devant et eu arrière, où sont les sillons dont on a parlé ; a^ que la substance blanche est comme excavée dans son épaisseur, pour loger la substance grise ou corticale ; 3^ qu'en ouvrant le sillon postérieur, on parvient, sans aucun obstacle, à cette substance corticale; et qu'en ouvrant le sillon antérieur, une lame blanche très- mince est placée à la manière des commis-* sures> devant cette substance, et compose le fond du sillon ; 4^ qu'en détruisant les adhérences qui tiennent rapprochées les parois du sillon y et en coupant la lame blanche ou commissure antérieure, on peut réduire les cordons de la moelle épinière en deux corps très • distincts; et qu'étant tout à fait séparés l'un de l'autre et de la substance corticale, ces cordons sont un peu aplatis, et ressemblent à des rubans qui, roulés les uns contre les autres, en devant et en arrière, forment une colonne médullaire, telle qu'elle se présente dans le conduit vertébral; 5^ enfin, que, sous un autre rapport, on pourrait admettre, au lieu de ces deux cordons dans la moelle épi«nière, quatre divisions assez distinctes, dont deux plus petites, pla* T. III. 8
I 1 4 CO VTEHPORA INS.
ne jetteraient-elles pas un plus grand jour sur leg usages, sur le mëcanisme des pièces qui le composent? Ne serait-il pas possible qu'elles fissent apercevoir des analo-
eéts en arrière entre les portions semi-lunaires et eonvexes de la substance corticale, et divisées par le sillon postérieur, et les deux autres sur les côtés dans la tonoavité de ces mêmes portions semilunaires de la substance corticale, et en devant divisées par le sUlon antérieur *. »
3o Système ganglionnaire sans appareil extérieur ou cerveau. Il BOUS est impossible pour cette partie d'entrer dans les détails , par la raison que Vicq-d'Aair n'ayant point encore une conception nette et précise du cerveau, conception qui ne nous sera donnée que par M. de Blainville et M. Foville, il est impossible d'en faire une analyse rationnelle assez claire et assez précise pour satisfaire le lecteur ; nous nous contenterons donc de faire remarquer quelques-uns des points principaux.
Vicq-d'Âzir procède, dans ses dissections du cerveau et dans ses planches, par tranches horizontales de haut en bas, de la partie frontale et coronale du cerveau à la partie basilaire; il coupe d'abord les hémisphères tranversalemeot, de manière à arriver au-dessus du corps calleux sans l'attaquer, puis il enlève la partie supérieure dn corps calleux de manière à laisser apercevoir le septum lucidum , les plexus choroïdes supérieurs, la voûte à trois piliers, une petite partie des couches optiques, les corps cannelés et les cavités digitales.
Il montre dans la substance blanche les traces des vaisseaux cou* pés dans la préparation par le scalpel.
D'après toutes les descriptions il a parfaitement décrit et distingué la substance grise et la substance blanche.
Dans les hémisphères, les anciens distinguaient trois lobes, antérieur, postérieur et moyen. Haller n'en a distingué que deux. Yicq-d'Azir a montré qu'il est presque toujours impossible de marquer la séparation du lobe postérieur et moyen; et il préfère admettre trois régions, frontale, pariétale et occipitale.
Il observe que les circonvolutions ne sont presque Jamais seni-
^ SuppUm. au traité de l'anat, du eerv., tiré des Mémoires de l'aead,Mer., t Vf, p. SOS, et fiiif ,
vigq-d'azir. 1 1 5
gies surprenantes? Ët^si les parties qui difTèrentle plus en apparence, se ressemblaient au fond, ne pourraiton pas en conclure avec plus de certitude qu'il n'y a qu'un
blables, uniformes et identiques dans le lobe gauche et le lobe droit.
Il décrit le corps calleux, qu'il regarde comme la commissure des hémisphères, et l'analogue de la commissure blanche des deux cordons de la moelle. Il j remarque au raphé, que Tentre-croisement des Ebres du côté droit avec celles du côté gauche, n'est encore prouvé par aucun anatomiste, et qu'il semble plutôt qu'elles passent d'un hémisphère à l'autre. Il donne les mesures du corps calleux , et toutes ses dimensions sur divers sujets.
Dans la planche troisième, il dessine de la manière la plus nette les prolongements ou cornes antérieures des ventricules latéraux. Ces prolongements ont la même forme que l'extrémité antérieure des corps stries. Ils ont été dessinés dans une planche d'Ëustachc : on y a fait peu d'attention depuis cette époque.
On voit sur ce dessin de Vicq-d'Azir, de la manière la plus nette et la plus évidente, ce que M. Foville vient de démontrer, que les bosses frontales du coronal répondent parfaitement, pour la position et la forme complète, aux cornes antérieures des ventricules ; fait qui n'ayant point été remarqué ni démontré avant ce savant anatomiste, a pu laisser croire que ces bosses étaient la traduction des circonvolutions. La même observation peut se faire dans cette planche pour les ventricules latéraux et les bosses pariétales ; et dans une oo deux planches suivantes, pour les ventricules postérieurs et les bosses occipitales. Ce n'est pas que Vicq-d'Azir ait remarqué ces faits , mais cela prouve la perfection et la précision de ses dessins.
Il décrit dans le plus grand détail le septum lucidum et les parties qui l'entourent, aussi bien que les tubercules quadrijumeaux, le cervelet et toutes leurs dépendances. Il a vu les processus a</ notes, les processus ad testes et ad medullam. Il a aussi aperçu une partie des rapports de la protubérance annulaire avec les corps olivaires et les pyramides ; il a décrit cette protubérance , et a vu que des fibres transversales se dirigent du sillon médian vers les parties latérales de la protubérance ; que la structure de ces fibres blanches et transversales est assez uniforme vers le milieu ; mais, sur le côté, elles s'écartent pour faire place au nerf de la cinquième pairej et
1 1 6 CONTOIPORAUfS.
ensemble, qu'une forme essentielle, et quaTon reconnaît partout cette fécondité de la nature qui semble avoir imprimé à tous les êtres deux caractères nullement
elles se divisent en quelque sorte en deux petits plans dont l'un est antérieur et Tautre postérieur.
Il décrit aussi « une substance blanche qu'il appelle perforée. Cette substance, percée d*uu grand nombre de conduits plus ou moins verticaux pour le passage d'un grand nombre d'artérioles, se trouve, dit-il y située vers le tubercule d'où sort le nerf olfactif; entre la racine externe de ce nerf et le trajet du nerf optique. »
C'est ce même espace que M. Foville a beaucoup mieux connu et décrit sous le nom de quadrilatère perforé^ qu'il démontre être un centre d*où naissent et où reviennent trois grandes circonvolutions du même ordre, celle de l'ourlet , la grande circonvolution et la circonvolution de la scissure de Sylvius.
EnGn, Vicq-d'Azir a démontré la communication de tous les ventricules entre eux ; il a parlé des membranes du cerveau et des veines qui s'y trouvent.
4^ Système périphérique. Il a confirmé les expériences de Haller, et prouvé que la membrane qui enveloppe les nerfs , est très-peu sensible.
Il dit « que le tissu des nerfs les plus volumineux , considéré même dans le centre, est plus ferme que celui des nerfs plus grêles. J'ai de plus examioé les uns et les autres au microscope ; je me suis convaincu que, toutes choses d'ailleurs égales, la pulpe (ju*ils contiennent est beaucoup plus abondante dans les derniers que dans les premiers. Il faut cependant en excepter le nerf qui tient le milieu delà portion de la moelle épinière appelée queue de cheval, et quelques autres en petit nombre, lesquels ne paraissent contenir que trèspeu de substance spongieuse. 11 a parfaitement admis la distinction des nerfs sensoriaux et locomoteurs ^y que du reste nous avons déjà trouvée dans Técole d'Alexandrie, et dont Vésalc parle.
Il se trompe sur l'origine des nerfs, en faisant naître les uns du cerveau, les autres du cervelet, et les autres de la moelle allongée; leur naissance ne nous sera démontrée que plus tard d'une manière
* Delà Sensibilité en général.
vicq-d'azir. 117
contradictoires, celui de la constance dans le type , et de la variété dans les modifîcations ? »
a L'anatomie offre plusieurs exemples dans lesquels
nette encore par M. Foville ; mais il a parfaitement vu , contre Petit de NamuFy que c*est sur les côtés et non dans le milieu du sillon antérieur de la moelle cpinière, que les nerfs spinaux antérieurs prennent leur origine. Il a également vu que les fa\sceaux radiculaires de tous les nerfs viennent aboutir à la substance grise.
Il décrit dans toute son étendue la première paire ou paire olfactive. Il dit que son extrémité est une espèce de bulbe ou renflement ovale, qui se termine d'une manière insensible en arrière, qui est formée de substance grise demi-transparente , mêlée de stries blanches, et dont la face inférieure est soutenue sur la lame criblée de Tos ethnoïde. Ce nerf, dans sa totalité, est mou et pulpeux. Voilà pourquoi Galien et tous les anciens anatomistes après lui, ont. regardé cette production y non comme un nerf proprement dit, mais comme un prolongement de la substance du cerveau. Dans la plupart des quadrupèdes, ce nerf est creux; il n*en est pas de même dans l'homme ; ce qui était bien connu de Varole, de Vésale et de Yieussens.
Il décrit ensuite les nerfs optiques; « leur coupe prouve qu'ils sont fibreux et bien éloignés d'être mous comme on l'a avancé. » Il nie, avec Galien , leur entre-croisement, et dit, avec Haller, que leur substance médullaire communique et se confond, pour ainsi dire, d'un côté à l'autre.
Dans la planche quinzième, il a figuré et décrit toutes les paires de nerfs qui naissent de l'encéphale.
Il a fait un travail spécial du plus haut intérêt sur l'origine, la distribution, les fonctions et les divers rapports des nerfs de la deuxième et troisième paire. Nous ne le suivrons point dans ces détails.
5® Système nerveux dans les animaux, Vicq-d'Azira fait un mémoire sur la structure du cerveau des animaux, comparée avec celle du cerveau de l'homme.
Il pose d'abord en principe que l'on est forcé d'avouer que tout ce que Ton sait sur les fonctions des nerfs et du cerveau, se réduit à peu près aux trois propositions suivantes :
1 1 8 COimSMPOR ATHS.
on les trouve de la manière la plus frappante; c'est ainsi que les nerfs cervicaux peuvent être assimiles aux lombaires, les plexus axillaires aux sacres, les nerfs
1^ Le cerveau , le cervelel, la moelle allongée, la moelle épinière et les nerfs, sont les organes immédiats de la sensibilité, qui ne peut exister sans eux.
!iO En même temps que les nerk sont les instruments des sensa^ tions, ils sont aussi ceux dont la volonté se sert pour mouvoir les muscles.
3^ L'action nerveuse établit entre toutes les parties du corps humain auxquelles elle s'étend , une correspondance, une sympathie^ qui , réunissant tous les efTorts des diverses puissances organiques, maintiennent entre elles une harmonie déterminée par les impressions reçues et transmises dans tout le système nerveux. Les sensations, le mouvement des muscles et les sympathies des viscères | sont donc les trois principaux effets de cette influence.
En partant de ces principes bien avoués, nous avons essayé de nous élever, non à la connaissance du mécanisme des fonctions intellectuelles, ce que nul physicien n'oserait peut-être entreprendre, mais à celle de la disposition qui est particulière au cerveau de l'homme, et qui le distingue de celui des animaux, dans lesqueb la sensibilité a en général moins d'étendue et d'énergie.
U étudie ensuite le système nerveux dans les quadrupèdes, les oiseaux, les poissons , les reptiles , les insectes et les vers.
P^ous nous contenterons de résumer avec lui les conséquences qui peuvent être déduites de ses observations, dont il fait l'application suivante.
« Ne pourrait-on pas dire, par exemple, qu'en supprimant, dans le cerveau de l'homme, les grands hémisphères, le corps calleux, le septum lucidum, la voûte à trois piliers, les cornes d'Ammon, et leurs annexes, la glande pinéale et ses pédoncules ; en composant le cervelet d'une ou deux stries fort courtes j en plaçant sur deux lignes parallèles, dirigées de devant en arrière les corps striés trèsrétrécis, les couches optiques creusées d'une cavité et réunies par leur partie supérieure; en aplatissant la protubérance annulaire, et en réduisant toute cette masse à un très-petit volume, le système nerveux de l'homme serait alors le même que celui des poissons on
▼igq-d'azir. 119
diapbragitiâtiqued aux neifs obturateurs; c'est ainsi que les extrémités supérieures et inférieures , observées dans la disposition des os, des muscles, des yaisseaux et des nerfs, paraissent faites sur le même moule, mais placées en sens inverse , par l'opposition de leurs saillies et de leurs angles; c'est ainsi que j'ai tiré de mes recherches le résultat paradoxal, en apparence, mais susceptible de la démonstration la plus rigoureuse, que l'extrémité supérieure de l'homme ou antérieure des quadrupèdes, correspond, dans tous ses points, à l'extrémité inférieure ou postérieure du côté opposé.» «Cette espèce d'anatomie comparée peut s'étendre non-seulemeïit aux os, aux muscles et aux vaisseaux, mais encore aux vis*
des ampUbles; de niémey en plaçant en dessus les corps striés, et en les renflant pins que dans les poissons ; en portant les couches optiques en dessous; en les écartant et en les excavant, toutes les parties dont il a été question restant d'ailleurs supprimées, le cerveau de rhomme ressemblerait à celui des oiseaux? Eufin, avec d'autres changements plus faciles à déterminer, il serait conformé comme celui des quadrupèdes. Avec les hémisphères sans circonvolutions, il ressemblerait aux rongeurs ; avec les hémisphères et les meonvolutions diminuées, la scissure de Sylvins presque effacée, ans aiilrts quadrupèdes.
« Pour donner plus de poids à ces applications, il est important de remarquer qu'en considérant les organes nerveux dans toute Tétendue dç la chaîne, depuis l'homme jusqu'aux reptiles , on aperçoit toujours les traces du même système qui va toujours en décroisasaut , les brutes ne présentant aucune partie dont Thomme ne soit poarvii, f t celui-ci en ayant plusieurs qui leur manquent. »
ToQt ce mémoire renferme une foule de faits neufs et intéressants à connaitre^ et qui le placent encore aujourd'hui à la hauteur de la science.
Si nous avons été aussi long dans l'exposition de cette partie des travaux de Ticq-d'Azir, c'est qu'elle est importante, et une prépara- Ûmk faBDiédiafie à nûsioîra d# Gall que nous aurons bientôt à traiter
1 aO CONTEMPORAINS.
cères. » Pour faire cette comparaison avec mëlhode, il a choisi le chat et le chien parmi les fissipèdes non clavicules f le bélier parmi les bisulques , et le cheval parmi les solipèdes.
Il compte quatre principales parties dans chaque extrémité : l'omoplate et Tos des iles, le fémur et Thumérusy l'avant-bras et la jambe, le pied et la main.
11 jette un coup d'œil sur la position de ces différentes pièces. Il démontre ensuite i^ lanalogie de romoplale et de l'os des iles; a<> celle de l'humérus et du fémur; 3^ de l'avant-bras et de la jambe; mais il se trompe en regardant le tibia comme l'analogue du cubitus. Toutefois, il avait aperçu quelques-uns des faits qui prouvent que le tibia est l'analogue du radius, sans en sentir la conséquence, lorsqu'il dit que, dans les quadrupèdes à canon, le cubitus est le plus court des os de l'avant-bras: c'est un véritable os styloïde, terminé par une grosse apophyse. Le péroné ressemble exactement à un os styloïde; l'avant-bras et la jambe sont donc formés par deux os très-considérables, qui sont le radius et le tibia, et par deux os styloïdes, dont l'un a une grosse apophyse que l'on ne remarque point dans l'autre, et qui parait avoir été transportée en devant pour former la rotule. Le radius est donc l'os le plus important de l'avant-bras, puisque, plus nous nous éloignons de l'homme, plus nous voyons qu'il augmente, et qu'enfin, il reste presque seul dans les solipèdes, dont le cubitus est réduit presque à rien. Le tibia conservé la même étendue dans l'extrémité postérieure, dont le péroné est tellement diminué, qu'on en retrouvera à peine quelques traces.
Il démontre encore les analogies du métacarpe et du métatarse, du carpe et du tarse, et enfin, des doigts.
Il donne ensuite le même parallèle sur les muscles
VICQ-DAZIR. 121
qui composent les extrëmitës^ et puis sur les vaisseaux et les nerfs.
C'est encore Vicq-d'Azir qui a introduit dans Tanatomie de signification les os claviculaires. a C'est, dit-il, en disséquant avec soin les muscles des quadrupèdes , que j'ai trouvé des clavicules dans plusieurs où nul anatomiste ne les avait encore aperçues. Elles diflerent de celles que l'on a décrites jusqu'à présent, en ce qu'elles sont plus courtes et irrégulières , en ce qu'elles sont cachées dans l'épaisseur des muscles, et en grande partie ligamenteuses, ce qui fait que dans quelques pièces, je ne les ai désignées que sous le nom d'os claviculaires. )» Il a démontré cet os dans plusieurs rongeurs et dans le chat.
Zoologie méthodique. Outre l'anatomie comparée et Tanatomie de signification, que Vicq-d'Azir a créées, comme nous espérons l'avoir démontré , il s'est encore occupé de zoologie méthodique; mais ici il n'a pas aussi bien réussi; il n'était pas créateur en ce point, il n'a été que le copiste des classifications de Daubenton. Cependant il a préparé des matériaux à la méthode naturelle , qu'il ne connaissait pas, quoiqu'il en ait bien vu tous les éléments, puisque, dans tous ses travaux sur les différents oignes, il démontre la dégradation sériale, et a toujours conclu que d'après chaque oi^ane on pouvait classer méthodiquement les animaux. Une seule chose lui manquait donc, la loi de la subordination des caractères, à l'aide de laquelle on pût combiner ces divers caractères suivant leur ordre de plus ou moins grande valeur, de manière à en faire un tout , un système qui traduisit la science dans tout son ensemble. On ne voit pas que Yicq-d'Azir ait connu cette loi, et dès lors il a dû demeurer dans les méthodes artificielles.
Ida coimMt>OftAtNS.
Dans cette direction ^ il a nettement ëéparé lliomme de tous les animaux; il n'a admis qu'une espèce humaine. «On ne connaît point, dit-il , deux espèces d'hommes, mais plusieurs ^ariëtës se font remarquer dans cette espèce. Kant admet quatre races : l'Européen, l'Américain, le Nègre et l'Indien; Erxleben en admet six : le Lapon, leTartare, l'Asiatique, l'Européen^ l'Africain et le Mexicain. Chacune de ces races a des caractères de couleur, de forme et de grandeur, qu'il est important de considérer, et qui se trouvent à leur place dans cet ouvrage. » Il cite l'angle facial de Camper et les observations de Blumenbach.
Il a divisé les quadrupèdes qui ont quatre pieds et du poil en quinze classes ; les cétacés en quatre ; les oi« seaux en seize classes, fondées sur le nombre et la forme des doigts.
Si l'on remarque que dans sa classification , il a suivi l'ordre ascendant, on verra qu'il avait ici souvent ap« proche de la méthode naturelle sans la chercher, car les perroquets sont pour lui réellement les plus élevés^ comme chez M. de Blainville. 11 a fait aussi une classe particulière des sponsores, etc.
lia divisé les reptiles en trois classes, ainsi que les poissons; les insectes en quatorze classes, et le reste des animaux en dix classes, depuis les vers microscopiques jusqu'aux mollusques.
Ainsi donc, Vicq-d'Azir a perfectionné l'anatomie de l'homme, a créé l'anatomie comparée et l'anatomie de signification : i<* en prouvant que l'homme doit être pris comme terme de comparaison, comme mesure; en cherchant l'ordre dans lequel les organes et les fonctions doivent être étudiés; n^ eu prenant dans cet ordre chaque organe, chaque fonction à part, pour
VICQ-1>*A21B. I!l3
rétudier dans la sërie, et arriver ainsi non plus à étudier tel ou tel organe dans tel ou tel animal, mais l'organisation ou mieux Toi^anisme en général ; en cherchant par suite Tordre physiologique dans lequel les êtres doivent être comparés; 3® en comparant d'après cet ordre les animaux à l'homme; enfin , en démontrant la nécessité d'une nomenclature y et en en donnant les règles. Dès lors, il a dû pénétrer plus avant, et chercher la signification des organes et de leurs parties, et arriver ainsi à démontrer le plan de l'organisme dans sa structure comme dans ses fonctions. Il a senti que la méthode naturelle ne devait pas se borner aux seules parties externes, comme le faisaient les zoologistes, ni aux parties internes, comme le faisaient les anatomistes, mais qu'elle devait réunir les deux ordres de caractères. Une fois ces principes bien posés, ce sont des prémisses, vont arriver les conséquences naturelles par l'application.
C*est à Vicq-d'Azîr qu'est du d'avoir montré que la médecine et la chirurgie ne font qu'une même science; et il y a joint comme lumière l'art vétérinaire. Il a relevé la dignité de la médecine, en créant l'Académie royale de médecine et les éloges historiques. Il est le premier moteur de la création de l'Institut. Il a réformé le costume du médecin, introduit dans renseignement le débit oral, et il est, avec Buflfon, l'auteur de cet immense progrès qui tend à vulgariser la science , à en faciliter les progrès en la traitant dans la langue française, avec assez d'éloquence, de précision, de netteté, de méthode et de logique, pour montrer que cette langue était peut-être plus favorable au développement des sciences qu'aucune autre, et de là une ère nouvelle qui a conduit aux progrès les plus grands, parce qu'il a été plus facUe de les formuler.
ia4 CONTEMPORAmS.
Nous allons maintenant voir un autre progrès^ qui va consister à pénétrer dans le tissu intime pour en chercher la composition^ et arriver à connaître le si^e des maladies.