‹ Histoire des sciences de l'organisation et de leurs progrès, comme base de la philosophieChapitre 21 sur 61 · III. Comment ses trat^aux et ses ouvrages nous sont · texte numérisé non relu

III. Comment ses trat^aux et ses ouvrages nous sont

parvenus.

Les travaux de Bichat produisirent le même effet que ceux de Pinel^ parce qu'ils en étaient la conséquence.

L'intensité de l'effort de Bichat nous est parvenue: i^ par ses leçons orales sur toutes les parties de la science médicale, leçons extrêmement lucides, chaudes et pleines de convictions, d'où sont sorties, %^ les thèses in-8* de ses élèves, soutenues à l'École de médecine de sou vivant et sous sa direction, et que l'on doit considérer par conséquent comme son œuvre; 3^ par ses ouvrages imprimés sous ses yeux et revus par lui-même. Après sa mort. Buisson, son cousin et son ami, qui avait été associé à ses travaux, continua ses ouvrages et y mit la dernière main'.

' Buisson était aussi neveu du père Bichat, qui fit son éducation; il manqua sa vocation ecclésiastique par la révolution, et se tourna vers la médecine qu*il vint étudier et pratiquer à Paris, après avoir suivi les armées en qualité de chirurgien. D'une piété tendre et remarquable, Buisson conserva son innocence au milieu des camps et des amphithéâtres ; il s'adonna à la médecine des pauvres, et employait ses loisirs à combattre les écrits des philosophes. Il travailla avec ardeur à donner à la physiologie une direction chrétienne: la mort le surprit dans cette tâche. Mais sa vie avait été si pure et si sainte, que son panégyriste a pu dire de lui : Consommatus in brtn cxplevU tempora multa^ placita enim erat Deo anima iliiits, (Liv. de la Sag.) Sa mort fut touchante : il répondit aux prières des agonisants; son père le bénit, et lui dit \e proficiscere anima christiana. Buisson jeta les yeux sur lui , puis vers le ciel, porta son crucifix sur ses lèvres, de

rV. Éléments des traifaux de BichaL

Il faut mettre au premier rang les leçons de son père, mëdecio de l'école de Montpellier, celles d'Antoine Petit, de la même école, et les ouvrages de Bordeu, dans lesquels Bichat puisa une partie de son impulsion; c'est même là qu'il trouva des idées sur les membranes muqueuses.

a* Dans l'école de Paris, les leçons, les entretiens et la collaboration de Desault; les leçons et les entretiens deCorvisart, qui lui tendit la main ; mais surtout les leçons et les ouvrages de Pinel ; celles même de Chaussier, qui a fait d'excellentes leçons, non pas un cours, cela lui était difficile.

3^ Enfin, et c'est là la source principale, ses travaux continuels dans les hôpitaux, dans les amphithéâtres de dissection, où plusieurs élèves distingués l'aidèrent.

Il a donc rencontré des circonstances extrêmement favorables; aussi disait-il peu de temps avant sa mort : « Si je suis allé si vite, c'est que je n'ai point lu ; les lic vres ne doivent être que le mémorial des faits; or, en « est-il besoin dans les sciences où les matériaux sont «toujours près de tous, et où nous avons les livres vi- «vants en quelque sorte : des morts et des malades?» Bichat ne raisonnait pas juste, car il est impossible de créer une science dans tout son ensemble sans antécédents.

ses lèvres sur sa tête par une sorte de mouvement convulsif, et expira. Son exemple, ses leçons et ses écrits ont pu contribuer à la rénovation religieuse dans l'école de Paris, qui commence à compter dans son sein un assez bon nombre d'hommes aussi remarquables par leor foi que par leur talent. Que n'en est-il de même de tous !

l8ft CONTEMPORAINS.

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