‹ Histoire des sciences de l'organisation et de leurs progrès, comme base de la philosophieChapitre 25 sur 61 · III. Comment ses travaua: nous sont pan^enus · texte numérisé non relu

III. Comment ses travaua: nous sont pan^enus

Les travaux et l'influence de Broussais nous sont venus par des leçons orales et des écrits.

1/invective est un élément populaire, et tout homme qui se moque des autres avec une grande hardiesse et un talent incontestable, est populaire et agit toujours sur les masses; voilà, outre la simplicité à laquelle il avait réduit la pratique médicale, la source de l'empire de Broussais sur la jeunesse de l'école. Sa démonstration arrivait à l'application immédiate, et devait, par consé-

* Je liens d'un des amis de Broussais, qu'il faisait apprendre le catéchisme à sa petite nièce, et que probablement lui-même ne se serait pas refusé aux derniers secours de la relij^ion si on l'y eût fait penser à ses moments suprêmes. Cet ami, médecin distingué, a beaucoup regretté de n'avoir pas été prévenu du danger.

quent, agir sur un bien plus grand nombre de personnes.

Pinel, qui avait posé les principes, ne s'adressait qu'à la science. La pratique véritable , rationnelle, sort logiquement de la science, il est vrai; mais toujours est-il qu'il faut l'en faire sortir, et ce travail, on préfère le trouver tout fait que d'en subir l'effort: voilà pourquoi la conséquence pratique d'un principe fécond aura toujours plus d'action sur les masses que le principe même dont elles ne sont pas appelées à contempler la puissance. Aussi Pinel, qui donna le principe, n'a dominé que les sommités de la science, du moins en apparence, et Broussais, sorti de ce principe, a été le terme où s'est arrêtée la pratique. Dès lors, il ne faut plus s'étonner de son influence momentanée sur la jeunesse des écoles et sur les praticiens qui ne sont que cela. C'est pour eux une sorte d'empirisme accepté in verbo magistrij et beaucoup plus facile qu'une pratique basée sur la science. Si elle est rationnelle dans Broussais, tant mieux; mais si elle ne l'était pas, elle n'en serait pas moins acceptée, sauf à durer autant que l'enthousiasme.

Broussais a professé, depuis 181 5 jusqu'à sa mort, sur presque toutes les parties de la science. Ses leçons inspirèrent tant d'enthousiasme à ses élèves, qu'ils se chargèrent eux-mêmes de les publier.

Par ses cours publics et ses entretiens particuliers, il agit puissamment sur la génération médicale naissante.

Les écrits de ses élèves, pour ou contre sa doctrine, ceux de ses antagonistes, ont aussi beaucoup contribué à vulgariser sa doctrine et ses opinions.

Tous ses ouvrages écrits ont été imprimés sous ses yeux et publiés de son vivant. Enfin, ses ouvrages posthumes ont été publiés, ainsi que ses rééditions corrigées

a 3o co wTEwrpOR à ms.

el augmentées par son fils; sa profession de foi, par son

secrétaire.

Page 1