I. Des causes qui déterminent les maladies par
non nutritifs agissant.
dans les
directement sur.. ..
liquides, solides, le cerveau, le poumon, la peau, sympa thi* j les voies quement. ( gastr.
,par exagération 'd'action des organes.
I d'une mauvaise I alimentation.
par sous'txcitation par suite. • . . / d'un obstacle au
I cours du sang.
I d'autres causes.
Voilà donc cette sur-excitation et cette sous-excitation qui nous présentent à la fois Brown et l'ontologie.
II. Étiologie de la maladie en général , par suite d'une irritation. L'irritation n'a lieu que par le système nerveux. Elle est transmise au cerveau ; si elle se borne au système nerveux, elle produit les néi^roses; si elle s'étend sur les capillaires, elle est par son action :
i^'Sur les capillaires sanguins;
Susceptible de déterminer l'inflammation , qu'il définit : Action organique exagérée du système sanguin dans les capillaires ;
Qui, par réaction sur les nerfs entrelacés et confondus avec ces capillaires, et conduite jusqu'au cœur, détermine lafièi^re;
BRoussAis. a53
Qui, se dissipant d'elle-même, donne lieu à la ré' solution ;
Qui, en étoufTant la vie dans la partie, par excès du sang, donne lieu à la gangrène par excès; — en déterminant la suppuration , donne lieu à la gangrène par débilité; — ou bien elle devient chronique; et alors arrivent les efTets variés suivant les tissus , etc.
a^ Sur les capillaires non sanguins ou blancs;
Non susceptible de déterminer t inflammation ; mais elle produit F engouement , les obstructions ^ les affections locales organiques; affections chroniques, scrofules, carreau , phthisies , squirres , cancers.
Voici donc encore les phénomènes généralisés dans Tabstraction ontholôgique irritation , qui produit tout.
III. Etiologie de la fièvre. En existe-t-il d'essentielle? c'est-à-dire, existe-t-il des irritations du système sanguin qui ne soient pas TefTet sympathique d'une augmentation vicieuse de Faction organique dans un système ou appareil particulier? Et il résout la question négativement.
Maintenant arrive la classification des maladies d'après l'excitation en plus ou en moins, le brownisme, puis les membranes et les tissus divers, le pinélisme.
surexcitation ,
CONTEMPOIUINS.
/ de la peau
Maladies par,.
"«'«F"-";, •••.•• phlegmon», d un tissu du t.ssu cellulaire ^^^^^^^^.^^^^^^j^t
limite . . 1 souS'Cutane.. . . J
des articulations : depuis l'état
phlegmoneux jusqu'aux nuances
les plus chroniques de désorganir
sation et de la goutte.
du squelette et des os.
des ouvertures des j intérieures, membranes «nu- ^^^^^j^^^
queuses p
des membranes { gastriques, muqueuses . | pulmonaires,
( gcnito-urinaires, des membranes / péritoine.
séreuses. ... I pfèvre.
des parenchy-j
mes ( arachnoïde.
d'un tissu non limité à un / scrofules.
organe daus les | syphilis. ^
( cancers, sous-excitation ou /suite réactive d'excitation » défaut d*actionl ou médiate.
vitale < , obstacles à la circula-
1 tioD.
immédiate, . . / vices des fluides.
(défaut de stimulation compliquée.
Pinel avait déjà fait rentrer les fièvres intermittentes dans les fièvres localisées.
Les phlegmasies étaient définies avec ou sans état fébrile par lui, et partagées en
cutanées.
des membranes muqueuses.
Phi 'm * / — — séreuses.
^ • * * i du tissu cellulaire et parenchymateux.
des tissus musculaires, fibreux.
— — synovial.
Il faisait une classe des hémorragies , en les divisant suivant les membranes; une classe des névroses, divisées suivant qu'elles affectaient les organes des sens; enfin y il faisait une classe des lésions organiques.
Baou8SAi8. a55
En jetant un coup d'œil sur ce plan général , on voit: i^ que sa division par sur-excitation et par sous-excitation est celle de tous les médecins qui n ont point admis la psyché; ce qui n'est pourtant pas le cas de Broussais, car il admet le principe vital.
^^ Qu'il divise la sur-excitation des agents nutritifs dans les liquides et dans les solides ; et, plus tard j il a été obligé d'abandonner les liquides , et de laisser ainsi une lacune à remplir.
3"* La sur-excitation des agents non nutritifs, agissant directement sur le cerveau, le poumon , la peau et les voies gastriques, n'est que la grande découverte de Pinel, le siège des maladies dans l'organisme. Ces agents vont maintenant déterminer les maladies, suivant l'âge, le sexe, etc.
4"" ia sous*excitation est étudiée dans tous les mêmes agents et les mêmes circonstances; c'est donc jusqu'ici de l'histoire naturelle, étudier l'être naturel maladie, sous le rapport de sexe, d'âge, de nutrition , etc.
5^ Dans l'étiologie de la maladie , l'irritation n'est que le principe admis à la place de la psyché et du principe vital. En admettant que l'action organique exa« gérée réagit sur le cerveau, et que , conduite jusqu'au cœur, elle détermine la fièvre, il expose plus nette* ment une idée déjà émise.
6® Alais une nouvelle preuve qu'il était dans la direction de Pinel , c'est qu'il admet, comme tout le monde | que la fièvre pourra par elle-même arriver à une solution daps certains cas, que dans d'autres elle n'y arrivera pas, aiai$ qu'elle passera à une fièvre chronique.
9^ En pathologie générale , Broussais en est donc la où en étaient ses prédécesseurs, quoique l^s considérer
a56 CONTEMPORAINS.
lions physiologiques sur lesquelles repose son système soient souvent douteuses.
S"" £n traitant d'une manière générale de Tétiologie de la fièvre j suivant le lieu affeclé , etc. ^ il démontre qu'elle est un phénomène sympathique ^ provenant de Tirritation d*un organe en consensus. Or c'est précisément ce que Pinel avait élagué dans son ouvrage, et avec intention; il avait blâmé les humoristes , et s'était rapproché des solidistesy bien qu'il ne fût ni l'un ni l'autre. Broussais sera tout à fait solidiste, et ne pourra pas faire autrement.
La classification de Pinel était de dehors en dedans , et en rapport avec les modifications extérieures. Broussais essaye la sienne sur le principe de l'excitation en plus ou en moins de Brown , et d'après une anatomie chirui^cale, et non pas une anatomie physiologique, comme Pinel. A part cela, c'est donc la classification de ce dernier avec les modifications et les perfectionnements nécessaires. Il n'a pas, et ne pouvait pas changer la direction , mais il Fa développée.
Il est ensuite conduit à la thérapeutique y qui va devenir rationnelle. Là, il sort de notre direction, et nous n'aurons pas aie suivre; mais nous devons jeter un coup d'œil sur son Traité de l'irritation, et sa profession de foi.
Ce n'est pas une chose sans intérêt que de suivre le progrès des idées de Broussais. Comme l'école de Montpellier, comme Bordeu, comme Bichat, il fut d'abord vitaliste. L'esprit du vitalisme domine ses écrits, et a donné une grande puissance à sa critique, à une époque où l'exagération de l'anatomie pathologique pénétrait toute la médecine.
Dans son Traité de pathologie, il parle de la sorte:
BROIJSSA.IS. q57
« La puissance qui pi'éside à la formation , au dévelop» pement et à la conservation , est celle qui opère l'assimilalion des substances nutritives; qui en tire de la gélatine, de ralbumine, de la fibrine; qui donne à ces formes de la matière animale la propriété contractile; qui règle la forme, la consistance, le volume, la durée de nos orgîines; qui les rétablit dans les conditions nécesaires à Tétai de vie et de santé , lorsqu'ils en ont été écartés par une cause morbifique. Or , je le demande maintenant, est-ce la contractililé qui produirait tous ces effets? il vaudrait autant dire que la contractilité se produit elle-même, puisque nous avons vu qu'elle tient essentiellement à la forme de la matière animale , que la puissance vitale est seule capable de créer, La contractilité ne saurait donc jamais être considérée que comme un des ouvrages de la force vitale, comme un moyen qu'elle emploie pour exécuter les mouvements qui doivent concourir à l'entretien des fonctions.» «La force ou puissance vitale préexiste donc nécessairement aux propriétés, ou, pour mieux dire, à la propriété fondamentale des tissus. Elle commence par la créer ; ensuite elle s'en sert comme d'un instrument, pour se procurer les matériaux avec lesquels elle travaille continuellement à la composition du corps vivant. La contractilité, la sensibilité de relation, quoique ne marchant pas exactement sur la même ligne, sont donc des témoignages, des preuves évidentes de l'existence de la force vitale; mais elles ne sauraient être la force vitale.
« Celte force vitale est assurément inconnue dans son essence, car c'est une cause première; mais elle se manifeste à nos sens par des changements de foinie dans la matière. Ces changements consistent dans une modification spéciale des affinités moléculaires qui prési- T. III. 17
Sl58 CONTEMPORAINS.
dent à la chimie des corps inanimés, c'est-à-dire qu'elle se fait connaître par des phénomènes chimiques, mais d'une chimie propre à chacun des corps vivants. Or, cette chimie vivante est le phénomène le plus reculé qui frappe DOS sens : elle n'est pas sans doute la force vitale proprement dite y mais elle en est le premier instrument y l'instrument irwisible ^ immatériel ^ que nous ne connaissons que par la voie du raisonnement. En un mot, c'est rinstrument par lequel la force vitale, en agissant sur la matière, produit les instruments secondaires, purement matériels, perceptibles à nos sens, et où nous pouvons découvrir ce que nous appelons les propriétés vitales des tissus. »
De cette thèse si remarquable est sortie cette conséquence, que (c toute maladie est vitale dans son commencement , » et tous les corollaires qui en découlent.
Mais Teffervescence de l'exagération devait conduire Broussais, par la négation de c3es mêmes principes, jusqu'au fond de labime du matérialisme et du scepticisme le plus absolu.
JJd r irritation et (le la folie ^ ouvrage dans lecjuel les rapports du physique et du moral sont établis sur les bases de la médecine physiologique.
Epigraphe : Lisez.
Dans sa préface, il se montre le prolecteur de la jeunesse , qu'il veut prémunir contre l'envahissement des kanto-platoniciens, qui ont voulu flétrir les fruits de l'observation de Thomme au moyen des sens , à l'aide de mots sacramentaux, vains et ridicules. Ils oflFrent un appât à notre jeunesse dans l'orgueil de leur éclectisme ; ce sont des illuminés qui aspirent à la domination exclusive des consciences, en repoussant les physiologistes et se mettant à la place des théologiens. Us
BRousSÀis. :kSg
d'odI d'attention que pour les forces de la nature; leurs adeptes sont des orgueilleux ^ ignorants comme eux. lU ont la prétention de donner, dans un langage ampoulé, des lois à la médecine, lorsqu'ils ne savent pas ce qu'elle est. Leur doctrine a malheureusement fait quelques pas au milieu de nous; il faut la repousser.
C'est dans ce but qu'il entre en matière, et donne d'abord une idée de Tirritation, mot qui représente aux médecins l'action des irritants, ou l'état des parties vivantes irritées. Tous les corps vivants sont soumis à l'irritation , ou en d'autres termes sont irritables. Suit l'histoire de l'irritation dans les progrès de la médecine, et l'exposé des principes de la doctrine physiologique sur l'irritation.
Dans cette doctrine, l'archée, le principe vital, les propriétés vitales sont transformées en irritation , qui devient ainsi le seul agent et la raison suprême de tous les phénomènes de la vie, dans la santé comme dans la maladie.
11 en étudie l'influence sur les fonctions du système nerveux dans les phénomènes instinctifs et intellectuels; et bientôt l'instinct et Tintelligence ne sont plus que l'irritation mise en action; et l'irritation est elle-même le produit du système nerveux, dont il étudie les fonctions chez l'adulte, ainsi que le développement successif de ces fonctions depuis l'embryon jusqu'à l'adulte, en rapport avec le développement du cerveau.
Il réfute ensuite toutes les théories admises sur les facultés intellectuelles, et montre aux psychologistes que toutes les idées viennent des sensations. 11 résout leurs objections, qu'il a grand soin d'affaiblir; puis celles des rationalistes et des théologiens modernes.
Et alors se regardant comme vainqueur, il expose
a6o CONTEMPORAINS.
le développement des rapports qui existent entre Tap- ])areil nerveux et les phénomènes instinctifs et intellectuels, et enfui y comment ces phénomènes se rattachent à Tirrilation, dont ils sont le produit.
Après avoir considéré Firritation sous le rapport ])hysio]ogique et intellectuel, il l'envisage sous le rapport pathologique, et montre le rôle qu'elle joue dans la production des maladies; et ici revient le système de l'excitation en plus ou en moins.
. Dans la seconde partie, il applique cette doctrine aux maladies mentales.
Voilà donc tout réduit à l'irritation; le mouvement, la vie, l'instinct, l'intelligence , Fâme enfin, ne sont que les résultats purs et siujples de l'irritation. U était impossible de formuler le matérialisme d'une manière plus énergique-, mais enfin quelles en sont les conséquences? Où aboutit cette doctrine? Broussais va nous l'apprendre avec l'énergie de sa logique. U va nous dire le dernier mot. Cherchant à tout expliquer par la puissance de rinitation, il arrive à conclure qu'il faut admettre cette puissance mystérieuse, sans chercher à l'expliquer. Cependant lui qui s'est acharné conlre l'ontologie , fait de rinitation une abstraction ontologique; elle produit les phénomènes qui nous constituent êtres sensibles, et elle est produite par eux; ou, eu d'autres termes, rirritation produit l'irritation. C'est avec un tel point de départ, avec cette insoutenable et inexplicable théorie, qu'il prétend toutexpliquer. Ainsile principe vital, bien plus, lame elle-même, est devenue Tirrilation ; et l'irritation est tout.
Mais en 189.8, M. Dutrochel, ayant proposé de substituer au mot de s-nsibililé, le mot aclivité, conmie exprimant une propriété capillo-éleclrique commune
aux solides et aux liquides, Broussais s'y opposa. Cependant ses idées avaient fait un grand progrès depuis cette époque jusqu'à sa profession de foi, la dernière de ses œuvres, et par conséquent son dernier mot, son ultimatum; il y admet les activités des molécules ou atomes, variées par les impondérables, comme la seule cause appréciable de tout ce qui existe, et par conséquent au-dessus de l'irritation. Or voici la conclusion rigoureuse de toute la doctrine de Broussais en philosophie; conclusion, qu'il n'a point cachée lui-même, qu'il s'est avouée et qu'il a déposée dans le sein de ses amis en mourant: le sentiment d'une intelligence coordinatrice est une chimère, une impossibilité. Il est irapossible de savoir ce que c'est que les activités, que les impondérables et les atomes, aussi bien que les créations relatives et absolues. H ne peut y avoir d'au ire cnlle, d'autre loi morale, que la satisfaction des besoins phvsîques, c'est-à-dire qu'il est impossible que le monde, ou du moins le genre humain existe. L'autre vie est une chimère. De l'impossibilité de connaître les facultés intellectuelles, il résulte que toute science est une chimère; il ne peut y avoir aucune certitude sur quoi que ce soit, toute affirmation est impossible. Mais comme toutes ces propositions sont des raisonnements, et que les rai^ sonnements ne peuvent rien^ il s'ensuit que c'est quelque chose d'impossible à exprimer dans aucune langue humaine, puisque le langage n'est et ne peut être qu'une série de raisonnements.
Telle est la solution absurde du grand problème de l'existence du monde et de ses destinées: d'où il faut conclure mathématiquement que la solution catholique est la seule possible, la seule vraie.
Après avoir apprécié, le plus complètement qu'il nous
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a été possible pour notre plan , Broussais comme médecin et comme philosophe, nous n'avons plus qu'à rappeler ce qu'il a fait pour la science.