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II. Éléments et extrait de sa biographie

Ces éléments se ti^ouvent : i® dans un Discours pro- Doncé sur la tombe de Gall, en 1828, par le docteur Fossati. Dans une Notice historique sur le docteur Gall, par le même, Journal de la Société philomat., t. I, pag. 90-ior.

a® Dans l'Histoire de la maladie du docteur Gall, par Roboam, Clin, des hôpit. , f. III, in-8°, art. i838.

y Dans un Extrait des Notes cliniques du docteur Broussais; Méd. physiol. , vol. IV, pag. a64-a73 ; 1828.

Du même. Discours prononcé sur la tombe de Gall; Rev. encyclopéd. , août 18228.

4*" Notice sur Gall, par Bûchez.

5"* Renauldin , art. Gally du Supplément à la Biogr. de Michaud, i838 ; détails biogr. fournis par Fossati.

Jean-Joseph Gall naquit à Tiefenbrunn , dans le grand-duché de Bade , en 1758. Son père, petit marchand de ce village , était chargé d'une nombreuse famille, et ne put soigner l'éducation de Gall. Celui-ci fit ses premières études sous son oncle, qui était curé, et qui lui donna une direction particulière. De très-bonne heure, il s'occupait beaucoup d'histoire naturelle ; elle était pour lui toute dans les rapports des êtres avec les circonstances et les milieux. Dès son jeune âge , il avait fait pour la recherche des nids des considérations trèsimportantes , qui le conduisaient à deviner dans quels lieux et soùs quelle direction des vents les diverses T. m. 18

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espèces gisaient leurs nids; dès lors aussi la recherche des causes entrait dans ses études.

Il étendait ses obserTations sur lui-même, sur ses sœurs et ses camarades de collège) il remarquait les qualités qui dominaient dans chacun; et la première remarque qui le frappa fut que tous ceux qui se distinguaient par leur mémoire avaient les yeux gros. Cela le conduisit d'abord à admettre qu'il y avait, dans chaque indiiridu , des qualités dominantes qui tenaient à leur oi^anisation ; mais, encore peu hardi dans ses conclusions, il dit avoir été découragé d'abord parla doctrine des philosophes qui prétendaient que tous naissent avec des facultés égales, que l'éducation développe plus ou moins ; cependant l'observation plus minutieuse des animaux et de ses camarades l'amena à conclure que les facultés des hommes et des animaux sont innées» Cétait un grand point ^ d'où va , pour ainsi dire, iortir toute sa doctrine.

Il étudia d'abord à Badeti, et vint ensuite à Strasbourg, pour suivre les cours de médecine sous Hermann, qui était naturaliste. 11 se rendit ensuite h Vienne pour y étudier la pratique : les cours de clinique venaient d'être iiltroduits dans cette école. Sa thèse inaugurale parait avoir été une thèse de généralisation philosophique sur l'art et la science de la médecine, une thèse de causes et d'efTets. H se livra immédiatement à la pi*atique dans la ville de Vienne ; et il y obtint assez de succès pour être en état de faire cette collection de cerveaux en cire, qu'il promena par toute l'Ailemagoe, mais qui n'est jamais venue en France.

Cest alors aussi qu'il commença ses cours k Vienne, où il fit la connaissance de Spurzheim, qui embrassa «es idées et devint son bra» dn>it« GaU n'était pas ana-

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tomiste) lorsqu'il arrive à ce point, c'est chez lui une anatomie à la Descartes. Il n'était même pas en mesure de démontrer les pédoncules du cerveau, et ce fut Spurzheim qui suppléa a ce grave défaut; il était tou« jours chargé de la démonstration. Aussi, toute l'anatomie du système nerveux est sortie pour Gall de Willis ^ Reil, Malpighi, et surtout de Yicq-d'Azir, qui marchait beaucoup plus vers une systématisation. Il emprunta aussi beaucoup à Cuvier qui continuait Yicqd'Azir.

Cependant ses cours à Vienne furent regardés comme opposés aux idées religieuses, et furent repoussés par les gouvernants soit ecclésiastiques, soit civils; pour lui, il suppose que ce fut le clergé catholique qui le repoussa. Malgré cela, il nous apprend qu'il s'était déjà occupé de faire mouler en plâtre les têtes d'un nombre considérable d'hommes qui avaient acquis de la célébrité par une qualité quelconque. Il se procurait les crânes de ceux qui mouraient. 11 dit que S.Ë.M^Me comte de Saurau, ministre delà police de la monarchie autrichienne^ seconda son désir de rassembler un nombre suffisant de têtes iremarquables. Il fit également une collection de crânes d'animaux, et examina les têtes des aliénés, toujoui's en comparaison avec la nature de leur folie; celles des prisonniers, en comparaison avec leurs délits, leur vie entière et toutes leurs dispositions. «En outre, ajoutet-il , l'attention que l'on eut de m'envoyer des crânes de criminels fameux me donna la facilité de rendre ma collection plus complète. »

« Je visitai les écoles les plus nombreuses; je me fis montrer les élèves qui avaient un talent éminent, ceux qui étaient bien décidément dépourvus d'un certain taleDl quelconque. Je comparai entre eux ceux qui

avaient les mêmes qualités ^ puis avec ceux dont les qualités étaient opposées, etc. »

Dès lors, ses entretiens avec ses amis prirent de l'intérêt, s'étendirent, et on le pressa de publier sa physiologie du cerveau. Mais il ne tarda pas à éprouver le besoin de faire des recherches sur l'organe général des Facultés intellectuelles , et il commença par examiner anatomiquement le cerveau. 11 s'aperçut bientôt que nos connaissances sur la structure de cette partie si noble, étaient extrêmement défectueuses. La méthode ordinaire de procéder à son examen ne pouvait le satisfaire; il s'en créa une, l'apprit à INiklas, jeune étudiant qui le seconda beaucoup.

Il continuait ses recherches, lorsque le premier jour de l'an i8o5, son père qui demeurait toujours à Tiefenbrunn , lui écrivit ces mots : « H est tard, et la nuit pourrait netre pas loin, te verrai-je encore?» Cette circonstance, jointe aux tracasseries qu'il éprouvait à Vienne, le détermina à quitter cette ville, ses travaux, ses malades et ses amis, pour revoir ses chers parents, il emporta avec lui une partie de sa collection , dans le but de consulter les savants du nord de l'Allemagne. te docteur Spurzheim , qui depuis longtemps s'était familiarisé avec ses idées, l'accompagna, pour suivre en commun les recherches qui avaient pour but l'anatomie et la physiologie de tout le système nerveux. Ils furent reçus partout avec l'accueil le plus flatteur. Tis eurent de nombreuses conférences, et firent même des cours, ce qui prolongea leur voyage. Gall parcourut la Suisse de la même manière.

C'est alors aussi que s'éleva contre lui une nuée de critiques, des médecins attachés aux gouvernements. Il cite surtout parmi ces critiques, Walter, Ackermann

et SteiTeùs. Il fut même cjombattu par le ridicule et joué sur le théâtre en sa présence.

Cela ne Tenipécha pas de poursuivre ses cours, qui étaient publiés par ses élèves.

Dès 17789 il avait publié son premier essai dont parle Fossati, à Tépoque oii Pinel venait de publier son grand ouvrage; ce fut à Dretz qu'il publia pour la première fois quelque chose sur la structure du cerveau; il est indubitable que dès lors il s'était adjoint Spurzheim.

Ainsi jdonc, de 1796 à 1807 , il professa dans toute FAUemagn^y et alors il se réfugia à Paris , où il lui fut permis de faire son premier cours en 1808. Et le if\ mars il présenta son premier mémoire à Tlnstituf. Cuvier en fit le rapport. Mais le chef du gouvernement permettait encore moins que les autres sa direction apparente, et aussitôt il s'éleva une foule de critiques contre lui. Cependant il jouit d'un peu plus de tranquillité à Paris; il en profita pour publier avec Spurzheim son grand ouvrage en six vol. in-8.

Il se vit par sa position pécuniaire obligé de se livrer à la clinique.

En 18 13, il se brouilla avec Spurzheim, sans doute parce que celui-ci était le seul démonstrateur dans ses cours. En 181 5 ou 1819, il obtint des lettres de naturalisation de Français; et en 182:2, il essaya d'entrer à l'Académie des sciertces, d'où il fut repoussé.

L'année suivante, sa position, toujours assez peu large , lui fit penser à aller essayer ses cours à Londres, où Spurzheim avait déjà obtenu assez de succès; il en était ensuite parti pour l'Amérique du Nord où il est mort. Gall réussit moins que son disciple en Angleterre; il revint à Paris, reprit ses coursa l'Athénée et

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përit bientôt d'une demi-paralysie. Il mourut à Montrouge, le 22 août 1828, à l'âge de soixante-dix ans. Il ne voulut pas que son corps fût présenté à Fëglise , et ordonna que son crâne fit partie de sa collection , quil légua au Muséum d*anatomie comparée , où elle se trouve en effet.

Gall étudiait peu j réfléchissait beaucoup. Il était d*un extérieur remarquable ^ bien pris, et il avait le front extrêmement développé, aussi bien que le cervelet. Ses habitudes étaient extrêmement peu r^ulières; il avait peu d'ordre dans ses affairés, et les circonstances de sa position ont été peu brillantes, mais il n'en voulait pas. .

Dans ses leçons, il était d'une originalité extrêmement piquante par son langage germanique exprimé en français.

Ses qualités morales paraissent avoir été assez belles sous certains rapports ; on dit en effet qu'il était intéressé, fier, indépendant, qu'il avait peu d'amour^propre et était très-circonspect.

Il avait un grand tact dans Fesprit, était franc et loyal , mais fin et clairvoyant ; observateur réfléchi et constant, il avait peu de mémoire.

Ses relations de famille ont été nulles.

Ses relations d'amitié n'ont eu lieu que sous le rapport de la science et dans le but de propager sa doctrine.

Ses relations politiques ont été niilles comme celles de tous ceux qui ont une idée à poursuivre.

Les opinions religieuses de Gall étaient à peu près celles de Broussais à la fin de sa' vie^ c'est-à-dire un déisme réfléchi.

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m. I^uaujc de Galt, leur nombre et comment ils nous

sont parvenus.

Les travaux de Gall ne sont pas nombreui^ '; ils n'ont qu'un .seul but , Tanatomie et la physiolc^e dû

* Énuroération de ses ouvrages :

1^ Lettre à M, J,-F. Retter^ relativement à son Prodrome (déjà terminé) sur les facultés du cerveau de t*homme et des animaux ; dans le tion^eau Mercure allemand^ rédigé par Wiclard, eab. de décembre 1798, à Weimar, avec une réponse de Retzer. Cette let<* tre a été traduite dans le journal de la Société phrénologique de Parisiavec une lettre de M. le docteur Fossati^ vice-président de cette société y adressée au docteur Elliotson, président de celle de Jjoudres.

a* Recherches médico-philosophiques sur la rtature et l'art dans /Vfai de santé et de maladie (en allero.), t vol. in-8. Vienne, 1791. — • Ce n'était que la i'^ partie ; le manuscrit de la seconde lui étant parvenu à Paris deux ans avant sa mort , il ne jugea pas conve-* ^nable de le publier, ne la trouvant plus au courant de la science.

3^ Introduction au court de physiologie du cen^au^ ou discours prononcé par le docteur Gall , à Touverture de son cours public, le i5 janvier 1808. Paris, 1808; deux éditions.

4** Recherches sur le système nerveux en général et sur celui du cerpeau en particulier ; mémoire présenté à l'Institut de France, le 14 mars 1808, par MM. J.-J. Gall et G. Spurzbeim. Paris, 1809, in*4% ^^^^ planches.

5* Anatomie et physiologie du système nerveux en général et du cerceau en particulier^ avec observations sur la possibilité de reconnaître, plusieurs dispositions intellectuelles et morales de Thomme et des animaux par la conformation de leurs têtes. 4 vol. in -4^9 avec atlas de 100 pi. in-fol. Paris, 1810-1819.

6* Des Dispositions innées de Vdme ; de Vesprit du matérialisme^ du/ataUsme et de la liberté morale^ avec des réQexions sur Tédu- Ciition et la législation criminelle, par J.-J. Gall et Spurziieim. i vol. in-8®- Paris, 1812. — Ce sont les trois premières sections de son a* volume, publiées à part.

7* Sur l'Origine des qualités morales et des facultés intellectuelles

dSo CONTEMPORAmS.

système nerveux , et surtout du cerveau, compjpenaut la psychologie , la philosophie et la morale. Son premier ouvrage, sa thèse , na pas paru. Le premier travail publié que nous ayons est une lettre de Gall à Retzer, sur le cerveau de IHiomme et des animaux. Le se* cond, qui n'était pas de lui, est intitulé : Loi sur les fonctwhs du cerveau^ par Blonde, un de ses audi* leurs. Il n'y avait point encore d'anatomie; c'est sur cet ouvrage que porte la critique d'Ossiander , en 1 778. Il n'y était question que de fonctions, quoiqu'il y eût déjà une conception anatomique.

Sa philosophie médicale, un vol. in-8®, publiée à Vienne en 179 1.

Enfin, son grand ouvrage en quatre vol. in-4^, publié à Paris, de concert avec Spurzheim, puis plusieurs articles sur le cerveau par Gall et Spurzheim. Ainsi ses travaux les plus importants ont été publiés par lui à Paris, d'abord avec Spurzheiih , comme son collabora* teur, puis par lui-même, aidé sans doute par quelques-uns de ses élèves; et les autres ont été publiés par ceux-ci.

de V homme y et sur les condiiions de leur manifestation, i vol. in -8^, , x8aa, G. et Sp.

8** SuF l'Origine des qualités morales et des /acuités intellectuelles^ et sur la pluralité des organes cérébraux, a vol. i Sa a. G. et Sp.

Influence du cerveau sur la for me du crâne. 18a 2, t. III.

Organologie, o\x Exposition des instincts, des penchants ^ des sentiments et des talents, t. IV et V,

Reçtie critique de quelques ouvrages anatomico-physiologiques, etex» position d'une nouvelle philosophie des qualités morales et des /acuités intelUctuelles, t. IV, i8a5.

g^ Du Cerveau , par Gall et Spurzheim ; Dict. des se. médicales, 32 pages in -8°, t, IV, 181 3.

lo* Du CrdnCy par Gall et Spurzheim; Dict, des se. méd., t. VU, x8i3, 5page8ia-8*^.

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