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point recherché; et c'était là la source de Fhiatus entre l'anatomie et la physiologie. Il n'en était plus ainsi pour Gall : cherchant à traduire pour arriver à la prévision, il devait localiser; et c'est là, lorsqu'on envisage le rapport de l'âme et des organes , que la thèse de Gall peut être nettement soutenue, quoiqu'il soit impossible d'arriver ici à un rapport semblable à celui qui existe entre les autres organes et leurs fonctions, qui donnent un produit matériel , comme la bile, l'œuf, le sperme, etc. Dans le cas présent, en effet, il faut reconnaître une difTérence entre faculté et fonction; il n'y a point de sécrétion connue pour les fonctions précitées : ainsi, comme chaque organe a une structure particulière , et une sécrétion aussi particulière, nous en concluons un rapport d'organe et de fonction ; mais c'est tout autre chose dans le substratum intellectuel. Lorsqu'on envisage la digestion, il y a matière particulière modiBée, mais toujours matériellement; de même pour les sécrétions , dans les végétaux comme dans les animaux 9 il y a produit matériel à l'aide de matière. Mais, dans l'exercice d'une faculté, il n'y a plus de matière; par exemple , pour le système musculaire, il résulte de son action un mouvement sans aucun produit matériel, mais un mouvement sensible, d'où résulte la fonction de locomotion , et c'est la faculté qui permet à l'animal de changer ses rapports avec le monde extérieur.
Lorsque l'on considère un organe des sens, tel que l'œil, il y a choc; il y a, à l'aide de modifications, une image, ou , ce qui est la même chose, une idée physique; mais ce n'est pas encore l'idée plus élevée. Par là nous arrivons de la sensation à la perception, et nous sommes conduits à admettre, avec la nécessité d'un substratum, la nécessité de l'être intime qui perçoit,
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recueille et compare; et ici nous ne sommes pas plus avancés par Gall, que nous ne l'étions auparavant; et, quand on a osé dire que le cerveau sécrète la pensée comme le foie sécrète la bile, on est non -seulement étonné , mais effrayé que des penseurs aient pu tomber dans une pareille méprise.
IL Le cerveau est essentiellement le siège des sentie ments moraux et intellectuels, C est le siège du sentiment général, en distinguant toutefois comme nous ravona fait. On peut le prouver :
I® Par observations empiriques diverses^ En effet ^ les facultés se manifestent, augmentent ou diminuent, sui* vaut que les parties cérébrales qui leur sont propres se développent y se fortifient ou s'affaiblissent.
a® Par le développement anormal. Le développement défectueux des organes de Tâme rend défectueuse la manifestation de ses facultés.
3° Par tordre du développement normal des parties du cerveau. Quand le développement du cerveau en général, ou d'un organe en particulier, ne suit pas l'ordre graduel ordinaire, la mauifestation des fonctions s'écarte aussi de Tordre ordinaire. Dans l'enfant, les parties antérieures et inférieures, les parties latérales, les parties postérieures, les parties antérieures et supérieures se développent avec les facultés.
4^ Par la différence dorgardsation du cerveau dans les deux sexes ^ qui explique la différence d'énergie dans certaines qualités et facultés de l'homme et de la femme. Ainsi , la tête s'allonge à la partie postérieure pour former une tête de femme, et s'allonge dans le diamètre transversal pour une tête d'homme, d'après les observations de Gall, sans criti(|ue et sans contrôle.
5° Par la considération de la transmission , par la
génération , de la conforination de la téte'aveo les qualités morales et intellectuelles dans les familles \
6^ Par l'observation que les lésions de toutes les autres parties , même de la moelle épinière , n'ont aucun effet sur les facultés morales et intellectuelles : ainsi , dans les maladies des chiens , la paralysie monte de la queue jusqu'au cerveau par degrés. ,
'jo Parce que la vie automatique ou organique n'exige ni le cerveau ni le cervelet^ comme le prouvent les monstres^
8^ Parce que , dans la série animale , le nombre des fonctions morales et intellectuelles augmente avec les parties du cerveau. Ici la thèse peut être acceptée d'une manière générale; mais il y aurait beaucoup d'objections à faire, car des animaux sans circonvolutions cérébrales ont autant d'intelligence que d'autres qui en possèdent.
V. De la localisation des fonctions ^ des facultés in-iellectuelles et des sentiments moraux. I. Une faculté, une fonction 9 de quelque nature qu'elle soit, dérive de .Foi^anisation, dans la doctrine de Gall.
IL Les facultés, les fonctions intellectuelles et morales ont leur siège dans le cerveau.
III. Ces facultés, ces fonctions étant de sortes dilTérentes, leur siège, leur organe doit être propre, particulier à chacune d'elles.
IV. Dès lors le cerveau n'est pas un organe unique, mais un composé d'autant d'organes qu'il y a de facultés primitives : et de même qu'un bras fatigué n'empêche pas les jambes d'agir, de même aussi nous reposons
* Ce qui est critiqué par les observations de M. Fovîlle pour Toulouse et plusieurs parties de la France, et chez les Caraïbes qui appliquent une planche sur le front de leurs enfants.
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un organe cérébral , en faisant agir l'autre. Mais il faut déterminer ces divers sièges ; cela était très-aisé pour l'ouïe y YœWj etc., mais au delà la difficulté était extrême. Il fallait déterminer, i*" les facultés; et ici on ne peut pas se dissimuler que Gall a fait une analyse extrêmement profonde. Il faut voir qu'un être a été créé dans une harmonie telle, qu'il est, avec les circonstances extérieures, dans les proportions et les limites nécessaires à son existence. Mais l'homme est créé sociable, de sorte qu'un seul homme serait un contre -sens. Dès lors il faudra soigneusement distinguer les facultés générales des facultés spéciales. D'après Gall , les facultés générales ne sont que des attributs, des qualités communes à toutes les facultés primitives, ou bien des degrés, des abstractions de ces facultés primitives.
La sensation, la perception, le souvenir, l'attention, le jugement , le raisonnement, l'imagination, qui constituent l'entendement, l'intelligence, ne sont que des qualités générales et communes à toutes les facultés. Les anciens en étaient à peu près là; mais ils n'avaient pas franchi l'intervalle corporel que l'école française a cherché à combler, et qui Ta conduite dans le matérialisme, où elle est encore ; car le moi pour elle est animal, et n'appartient pas à l'esprit humain.
Le penchant, le désir, l'entraînement, la passion, pouvant être poussés jusqu'à la manie y ne sont que des degrés de tendance à l'action d'une faculté primitive, en rapport nécessaire avec le développement de l'organe de cette faculté.
N'en est-il pas de même des affections ?
La volonté est aussi une faculté générale, qui peut aider ou combattre un penchant, faciliter ou non un acte de l'intelligence.
Le besoin est un sentiment qui demande Taction d'un penchant; il est la source de la peine et du plaisir. Le plaisir est le sentiment d'un besoin satisfait, soit physique, moral ou intellectuel.
la douleur est le sentiment contraire d'une sensation physique intellectuelle ou morale exagérée.
Après avoir ainsi distingué des besoins généraux, des facultés communes, il n'est plus nécessaire de chercher de cogitativuj de memorativa , etc., c'est-à-dire, de siége^ comme les anciens; car il est clair que, s'il y a, par exemple, un organe chargé de la génération, il y aura nécessairement tendance au penchant; et par là Gall montre que les philosophes anciens s'étaient trompés en localisant les facultés générales, qui ne sont que des degrés des facultés spéciales.
Il reste maintenant à déterminer quelles sont ces qualités spéciales, et où est leur siège, ou mieux leur substratum particulier dans le cerveau.
La première question peut être résolue à priori, en cherchant psychologiquement , ou înétaphysiquement parlant, par l'histoire naturelle de l'entendement humain seulement, quelles sont les facultés nécessaires pour que les fonctions d'un être animal agissent dans la nature.
Elle peut l'être à posteriori par l'histoire naturelle des actes de cet être.
Elle peut l'être empiriquement, en remontant des actes eux-mêmes à l'organe, ou traduisant à l'extérieur, c'est-à-dire, en cherchant quelle particularité du crâne «correspond à telle faculté primitive. C'est celte dernière méthode qui a été employée par Gall ; mais la preuvequ'elle était insuffisante, c'est que de nombreux changements ont été faits dans sa détermination.
Dans cette méthode , il a fallu démontrer que cette
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traduction peut être considérée comme légitime, en prouvant que c'est le cerveau qui , le premier formé , est le législateur de ses enveloppes , et montrer que le crâne en est une.
Dès lors la masse totale , ou sa proportion , a pu être prise en considération pour toutes les facultés et leur équilibre convenable.
Puis 9 la proportion de ses parties ou régions princi* pales; parties postérieures, inférieures et supérieures; latérales; antérieures , inférieures et supérieures; enfin supérieures.
Lorsqu'on étudie la série animale, on s'aperçoit que le crâne est composé de trois parties essentielles, l'une supérieure, l'autre latérale, et la troisième postérieure. On voit qu'il y a des parties plus voisines de la moelle épinière, qui est positivement locomotrice et sensible. Sœmmering avait déjà vu que plus on s'éloignait de la moelle, plus on marchait vers les facultés intellectuelles. Joignant àce fait la belle dissertation de Camper sur Tangle facial, Gall eut dès lors un point de départ ; il dut dire : les facultés les plus animales seront les plus développées dans les animaux ; or , ces facultés sont les fonctions de reproducion et de nutrition , ce qui n'est pas pour l'homme. Le cervelet, qui est plus prés de la moelle , sera donc le siège des facultés de reproduction , et, entre lui et le cerveau, sera la philogéniture, latéralement les facultés propres à le rendre capable du soin et de la défense de ses petits. Viennent ensuite les facultés propres à la nutrition; et, selon la complication de ce penchant, il faudra un certain nombre d'organes. Les artistes grecs viennent ensuite montrer à Gall les facultés les plus élevées, et aussi les plus éloignées de la moelle dans le développement d'un beau
front. Mais , au-dessus de toutes ces facultés, il y a rap^ port a\ec le Créateur, et Torgane sera placé à la partie la plus élevée du crâne, et celui qui traduit la faculté de rapport avec nos semblables sera postérieur et avant la philogéniture. On voit facilenient que, s'il n'en est pas ainsi, c'est pourtant une conception de génie.
Comme conséquence de cette conception , les bosses, les protubérances que peut présenter cbaque organe, ont été successivement découvertes et attachées à une faculté primitive. Le nombre de ces facultés a été, pro* visoirement du moins , porté à vingt^sept par Gall.
Cependant ses disciples , les propagateurs de sa doc« trine, n'admirent pas la même analyse, ni la même classification ; ils multiplièrent le nombre des facultés primitives et leur assignèrent d'autres sièges en partie.