I. Éléments et êxttait de sa biographie
Ces éléments sont en petit tiombre^ et péut-étfd siijeti à la critique. Ils consistent en : i^ un Discours prononcé sur sa tombe par M. Etienne -Geoffroy Saint*>Hilattie$ ^^ un autre Discours , également prononcé sur sa tombe par M. Latreille. Ces discours , quelque justes et vrais qu'ils puissent être, contiennent peu de détails. M. La» treille a dû lire Un travail sur M. Lamarck à la Société entomologique ; mais il n'est pas venu à notre connais^ sance.
3** Son Éloge par M. Geoi^e Cuvier, secrétaire per^ pétuel de l'Académie des sciences. Mém. de tAcad. des sc.j t. XIII ^ i835. Lamarck mourut en 1829, et Cuvier en i83a. Ce travail ne parait pas avoir été dans une direction convenable pour la science, puisque le co* mité de lecture proposa des changements auxquels M. Cuvier se refusa ; ce qui fut cause que ce discours ue fut lu qu'après la mort de son auteur, par M. Sylvestre, et y à ce qu'il parait , assez fortement tronqué : il ne peut donc fournir d'éléments sûrs.
4^ Un article de la Biographie des Contemporains» sans nom d'auteur , à la date de j83oy et par conséquent peu de temps après sa mort. L'anoiiyme n'était peut-être pas assez à la hauteur de la science pour ju« ger M. de Lamarck.
5^ Ses ouvrages, aussi bien que les souvenirs de ses amis^ paraissent les sources les plus sûres.
Jean-Baptiste-Pierre- Antoine de Monet, chevalier de
Lamarèk^ nâquk le 1^ août 1744, à fiaretitin, village de Picardie, situe entre Bapaume et ÀlbeH, de parents nobles, d'origine languedocienne. Son père était seigneur de Monet, mais n'avait qu'une fortune assez médiocre, et devenue tout à fait dis[iroportiohnée au nombre de ses enfants. Lamarck, cadet d'une famille assez nombreuse, puisqu'elle se composait de huit enfants, dont il était le dernier, fut, par les conditions sociales, destiné à l'état ecclésiastique. Dès son enfance, il aimait la solitude, et avait peu les goûts de son âge. Il fut placé à Amiens chez les jésuites, où il fit sa première éducation, qui dut être aussi étendue que cet ordre remarquable savait la donner. Mais , ayant perdu son père dès l'âge de seize ans, il changea sa direction pour suivre l'état militaire, à l'exemple de ses aïeux et de ses frères, dont deux avaient été tués à la bataille de Berg-op-Zoom.
Il part donc comme volontaire, et entre à dix*sept ans, en qualité de cadet, dans le régiment de Beaujolais ^ muni d'une simple lettre de recommandation d'une dame de ses voisines. Il rejoignit l'armée commandée par le maréchal de Broglie, alors en Hanovre, peu de jours avant le i4 juillet 1761 9 jour où fut attaquée l'armée allemande commandée par le prince de Brunsvi^ick. Il assista à la bataille de Fissingshausen , qui fut perdue par les Français. Il s'y conduisit avec un courage et un sang-froid remarquables, qui peignaient dès lors toute la force et la vigueur de son caractère. Placé à un poste dangereux , tous les officiers qui le commandaient périrent, Lamarck resta seul avec quatorze ou quinze soldats, et tint, malgré les remontrances des vétérans, jusqu'au dernier moment, et il aurait péri là, si l'on n'était venu le relever. Aussi le maréchal de Broglie,
344 CONTEMPORÀ 1 NS .
instruit de ce fait, le nomma-t-il officier sur le champ de bataille, et peu de temps après il fut élevé au grade de lieutenant. Il suivit son régiment à Toulon et à Monaco.
C'est à cette époque qu'il commença ses études de botanique dans l'ouvrage de Chomel sur les plantes usuelles. Pendant qu'il était en garnison à Monaco , un de ses camarades, en jouant, l'ayant soulevé par la tête, il en résulta une altération dans les parties environnantes du cou, qui le força de recourir aux soins de la médecine, et par suite de venir à Paris, où M. Tenon eut le bonheur de le guérir au bout d'une année de soins , d'abord infructueux. Cet accident le força à quitter la carrière militaire pour suivre la profession de médecin , à l'âge de vingt-quatre ans. Mais , comme il n'était pas riche, n'ayant qu'une petite rente de 4oo fr., il sévit obligé de travailler, pour vivre, dans les bureaux d'un banquier. Il demeura fort isolé, ce qui du reste s'alliait avec ses premiers goûts , et se logea trèspauvrement dans'le quartier latin. C'est alors qu'il prit, vers la météorologie , la direction qu'on lui a reprochée. Il y fut déterminé par la position assez élevée de son logement, et composa sur les vapeurs de l'atmosphère un premier Mémoire, qui fut lu à l'Académie.
Le célèbre Duhamel y fit attention et en donna un rapport très-avantageux ; et il jouit du privilège de n'être pas soumis à la censure. Suivant les cours du Jardin des Plantes , il se trouva en relation avec les Jussieu , les Desfontaines, les Thouin. La nature de son esprit, à la fois méthodique et investigateur, le conduisit à critiquer les systèmes de botanique adoptés, au point que, défié par ses condisciples de faire mieux, il se mit à l'œuvre, et, en six mois, il composa sa Flore française.
DE LAJIARCK. . . 3^5
11 fut aidé, comme il le déclare lui-même, dans la rédaction , par M. Tabbé Haûy, alors professeur d'humanités à Paris , non-seulement pour le perFectionnement du style, mais encore pour la disposition de son introduction. On ajoute, dans la Biographie des Contemporains, que BulTon chai^ea Daubenton d'arranger le discours préliminaire. BufTon dut protéger fortement cet ouvrage, comme critique des systèmes et surtout du système de Linné. Aussi le suffrage de TAcadémie et la protection de Buffon lui obtinrent la faveur de voir la première édition de la Flore française publiée aux frais du gouvernement, qui, sur la proposition de BufTon, abandonna l'édition entière à l'auteur. Cet ouvrage eut un succès prodigieux , et cela devait être pour deux raisons : BufTon n'aimait pas Linné et protégeait ses adversaires; Lamarck voyait qu'on pouvait faire mieux que Linné, quoiqu'il pourra être défini Linné méthodiste et antithéiste. Sa Flore et sa Méthode dichotomique furent donc protégées par BufTon, Duhamel, etc., ce qui le mit dans une assez belle position. Il faut ajouter, pour seconde raison du succès, que les Lettres de J.-J. Rousseau avaient donné l'élan aux études botaniques, mais ne fournissaient pas les moyens de les faire. Lamarck, qui avait même été admis aux herborisations mystérieuses ' du citoyen de Genève, vint offrir ce moyen, et son ouvrage fut épuisé en trois ou quatre
ans.
A trente-huit ans , en T779, il fut nommé membre de l'Académie des sciences , sans doute par l'influence de Buffon; car il n'était présenté au roi qu'en second.
' La condition absolue, pour y être admis, était de ne point interroger, de ne point faire attention à Rousseau, sans quoi ii prenait la fuite, et laissait en plan tous ses élèves.
34^ GoimnrMRATBrs.
En 1780 9 il donna la seconde édition de la Flore fVan^ çaise. Il présenta aussi, à peu près à la même époque, à l'Académie , ses Recherches sur les causes des principaux faits physiques . BufTon , désirant faire voyager son fils, le confia à M. de Lamarck, comme guide; à cet effet, il lui fit donner, par le roi , la commission de visiter les herbiers, les musées, les jardins de botanique^ et d'acheter les objets utiles à la collection. Il visita ainsi les pays de la Hollande, la Prusse, TAllemagneet la Hongrie, ft par conséquent les plus célèbres bota* nistes du temps, Gleditsch, Jacquin, Murraye.
Le voyage fut terminé plus tôt qu'il ne devait Tétre, parce que le Mentor ne s'accorda pas toujours avec le Télémaque, et BufTon les rappela. A son retour, Lamarck est nommé conservateur des herbiers du Jardin du Roi. Il continua ses études favorites, fit, dit-on, quelques voyages agronomiques en France, et surtout en Auvergne, avec Thouin, et par là augmenta son herbier.
Sa réputation de botaniste s'était tellement accrue, qu'on lui confia le Dictionnaire de botanique de l'Encyclopédie méthodique, qui se publiait alors. La première partie du premier volume parut cette année, 1786, et les autres pendant les années suivantes. M. de Lamarck n'était cependant pas à cette époque tellement restreint à la botanique qu'il n'entrât quelquefois dans le champ de la zoologie , au moins comparativement, comme le prouve un mémoire qu'il lut à l'Académie des sciences, en 1785, dans lequel il compare les classes à introduire parmi les végétaux, avec celles déterminées dans le règne animal, en ayant égard, de part et d'autre , à la perfection graduée des organes.
Enfin, à la mort de Buffon ^ il entra comme adjoint de Daubenton à la garde du cabinet du Jardin du
Rôi, et châtié de tout ce qui codcernâit tes herbiers.
En 1791, il publia le premier volume de l'Illustration .des genres en botanique , ouvrage faisant partie de TEncyclopédie méthodique.
Cest alors (179^1) qu'il s'associa avec plusieurs de ses atiiis, et entre autres avec Bruguières, Olivier, Haûy et Pelletier, pour la publication d^un journal d'histoire naturelle. Toutes les généralisations de cet ouvrage sont de M. de Lamarck. Ce fut lui qui donna l'idée du journal , de son but , dans un premier article intitulé f Sur riiistoire naturelle en général. 11 y publia des articles sur la philosophie botanique, et des articles d'observation ; on y trouve aussi un article sur lès travaux de Linné.
Mais voici une nouvelle époque dans sa vie; il va encore changer de vocation, et de botaniste devenir zoologiste.
En 1792 fut fait à l'Assemblée constituante un célè« bre discours, où Ton proposa la réforme de l'enseignement et la création du Muséum d'histoire naturelle. Lamarck fut le premier à bien comprendre ce que devait être cette école spéciale ; il adressa à l'Assemblée constituante un projet de réorganisation du Jardin du Roi, qui plus tard a été la base de sa constitution actuelle. Le décret d'organisation de ce jardin, converti en Muséum d'histoire naturelle ^ est du lo juin 1793, sui* le rapport de Lakanal , au nom du Comité d'instruction publique de la Convention.
Par ce décret, le nombre des chaires fut porté à douze ) dont trois de botanique et quatre de zoologie; par un autre article de ce même décret, ces douze chaires devaient être attribuées aux ofTiciers de l'établissement, qui, sur la liste, n'étaient qu'au nombre
348 COIfTEMPOBAINS.
de douze , parce qu'on n'avail pas pu y mettre M. de Lacépède, alors chassé de Paris comme ci-devaut noble.
Dans la distribution des chaires de botanique^ M. Desfontaines j ancien professeur, M. de Jussieu , ancien démonstrateur, et M. Thouin, ancien jardinier en chef, durent naturellement avoir chacun leur chaire, et M. de Lama rck ne pu t être place. Dans la distribution des chaires de zoologie, M. Portai, ancien professeur, et M. Mertnid, ancien démonstrateur, eurent les deux chaires d'anatomie. Les deux chaires de zoologie restaient: M. Daubenton, en prenant la minéralogie, en laissait une libre, celle des mammifères et des oiseaux, et elle fut donnée à M. Etienne Geoffroy, jeune homme de vingt-deux ans, qui à cette époque aidait M. Dauben ton. Restait la seconde chaire , celle des reptiles et des poissons, qui ne pouvait appartenir qu'à M. de Lacépède, ancien sousgarde du cabinet , et qui avait publié l'Histoire naturelle des reptiles et des poissons. Mais, dans cette combinaison , le reste des animaux, c'est-à-dire les insectes et les vers de Linné, n'étaient pas compris, et M. de Lamarck n'était pas placé ; en sorte que lout naturellement il fut obligé d'accepter celte position et la chaire, qui ne fut créée et ajoutée aux autres qu'en 1795. Use chargea donc des animaux sans vertèbres , et lui seul le pouvait, car là tout était à créer. A l'âge de quaranteneuf ans il se voit obligé de changer subitement la direction de ses travaux , et de les porter sur la partie de la science la moins avancée , la plus difficile, et pour laquelle les collections étaient presque nulles. Il le fil cependant avec un tel succès, qu'un an après sa nomination, il ouvre son cours le 3o avril 1796, et entre complètement en matière. C'est aussi à cette époque
qu'il publia le résultat de ses réflexions sur les causes des principaux faits physiques.
En 1795, il est nommé membre de Tlnstitut lors de sa création ^ mais encore dans la section de botanique.
Après avoir publié, en 1796, sa Réfutation de la théorie pneumatique ou de la chimie nouvelle , il publia , en 1797, sous une nouvelle forme, ses Mémoires, en opposition aux idées reçues sur les questions générales de physique et de chimie, et dont il avait lu plusieurs devant l'Académie pour engager la discussion.
A cette époque naissait la grande théorie pneumatique de Lavoisier; elle était soutenue par Bertholet; Fourcroy et Lamarck n'en étaient pas satisfaits, et c'est pour cela que le dernier eut le courage de publier des mémoires contre cette opinion.
On trouve déjà, dans son septième mémoire, les bases de sa physique animale comparée à la physique végétale, et de plus, les tableaux de la classification générale des animaux, distingués en vertébrés et invertébrés. Reprenant ensuite en sous-œuvre chaque partie*, il publia ses premiers travaux sur la conchyliologie présentée dans son ensemble; mais il fut arrêté dans sa classification par des considérations analomiques tirées du sang. Ses principes, et le résultat de ses travaux, sont exposés nettement dans son système des animaux sans vertèbres. La géologie commençait ses progrès si remarquables; mais les géologues avaient imaginé et pris des temps innombrables qui ne leur coûtaient rien; Lamarck entra dans cette voie, et fit sentir l'importance des coquilles fossiles, et, dans son hydrologie ou hydrogéologîe, il sonde les grandes questions géologiques, en cherchant à expliquer les faits. Cependant^ il n'abandonnait pas ses observations, ses pensées, ses travaux sur
35o GONTEMPOEAmS.
la météorologie, comme le prouvent les mémoires successifs qu'il inséra dans le Journal de Physique, et sur^ tout la publication de ses Annuaires de 1800 à 1811»
Les mathématiques dominaient alors dans l'Académie; Lamarck vint pour combattre leur influence par ses travaux météorologiques ; mais il trouva de l'oppo^ir tion. Cependant, sentant bien qu'il n'y avait pas de science possible sans prévision, et que la prévision naiit de l'observation, il crut pouvoir tirer de ses observa*tions des prévisions sur les pluies, les vents, etc., ce qui peut être et est même vrai pour les localités; mais peutêtre généra lisa-t-il trop. Il était aussi arrivé à la conviction de l'influence du soleil et de la lune sur la mer. Dès lors il crut pouvoir faire un annuaire. Les mathématiciens en avaient fait un, appliqué à l'art nautique; Lamarck tourna le sien \ei*s l'agriculture et les voyages. Mais l'Académie s'éleva contre cette publication.
Méprisés par M. de Laplace, ses travaux météorologiiques furent, pour ainsi dire, dénoncés au chef du gouvernement d'alors (Bonaparte), qui eut la dureté de lui transmettre publiquement cette opinion dans une séance de présentation de l'Institut. 11 dut donc cesser ses Annuaires, quoiqu'il soit resté convaincu de la vérité de ses prévisions jusqu'à sa mort; et nous sommes aujourd'hui dans cette direction.
H n'avait pourtant pas cessé de continuer, avec une persévérance rare, ses travaux de zoologie; il publia ses nombreux mémoires sur les coquilles vivantes et fossiles, sur les polypes ( Ann. du Mus., i8o2-i8i5); sa Philosophie zoologique parut en 1809. Il travailla les dix dernières années de sa vie active à son grand ouvrage des animaux sans vertèbres, qu'il publia de i8i5 à 1822. Mais, dès 1818, sa vue commença à bai$ser as-
DE LAHAaCK. 35 f
sez pour être obligé de faire faire en partie , d'abord, puis en totalité, sod cours par M. Latreille. En 1820, il publia son Système analytique des connaissances de riiomme, qu'il^fut obligé de dicter à cause] de sa cécité presque complète. Devenu eutièremenl aveugle, en i8a5, l'Académie y sur la proposition de M. Foumier, lui conserva ses jetons de présence ^ quoiqu'il ne pût assister aux séances. Entin il mourut le 18 décembre 1829; son infirmité ne lui avait rien fait perdre tle sa gaieté. 11 fut marié quatre fois et eut sept enfants.
La moralité de M. de Lamarck, toute d'instinct , était assez connue. Il n'est personne parmi ceux qui ont eu l'avantage de vivre et de causer avec lui^ qui n'ait admiré sa véritable philosophie ; au milieu souvent des soucis que devait lui causer une position peu aisée avec une nombreuse famille, sa sérénité d'esprit était toujours entretenue par le bonheur qu'il cherchait et puisait dans la science.
En définitive, la vie de M. de I^marck est une belle vie de savant, et elle nous montre déjà comment il était apte à toutes les parties des sciences naturelles.
m. Énumération méthodique de ses principaux ouvrages j et comment ils nous sont parvenus.
Liamarck, comme Àristote, a entamé toutes les parties des sciences, depuis la météorologie jusqu'à la science de l'homme. 11 était logicien ; mais ses principes n'étaient pas toujours bien étudiés, et les coméquences s'en apercevaient quelquefois.
Ses travaux peuvent être divisés en trois catégories. 1^ d'essai; 2<* d'exécution; 3*^ de perfectionnements
lo En météorologie. 11 a commencé par étudier ritk'
Jluence de la lune sur V atmosphère terrestre et les nuages; il publia ce trav<iii dans le Journal de Physique , an VI. Sur le mode de noter et de rédiger les obsen^ations météorologiques^ afin d'en obtenir des résultats utiles, et sur les considérations que Ton doit avoir en vue pour cet objet (Jour, de Ph., an XI ).
Sur la distinction des tempêtes d^cwec les orages et les ouragans f et sur le caractère du vent désastreux (Journ. de Ph., an IX).
Recherches sur la périodicité présumée des principales variations de l'atmosphère dans les latitudes moyennes, entre Féquateur et le pôle, an IX; et sur le moyen de s'assurer de son existence et de sa détermination. Lu à l'Institut, le tiG ventôse an IX (Journ. de Ph., an IX).
Sur les variations de l'état du ciel pour Fan VIII ( 1 800), contenant l'exposé des causes qui y donnèrent lieu ( Journ. de Ph., frim. an XI ).
Annuaire météorologique y précédé de probabilités acquises par une longue suite d'observations sur l'état du ciel, les variations de l'atmosphère , pour difFérenls temps de l'année; l'indication des époques où l'on doit s'attendre à avoir du beau temps ou des pluies, des orages, des tempêtes, des gelées, des dégels ; enfin , la citation , d'après les probabilités, des temps favorables aux fêtes, aux voyages, aux embarquements, aux récoltes, et aux autres entreprises dans lesquelles il importe de n'être pas contrarié par le temps; avec une instruction simple et concise sur les nouvelles mesures. Diverses éditions, revues d'année en année, de 1800 à 1812.
M. de I^marck avait commencé ses observations météorologiques de fort bonne heure, dès 1776; dès lors il avait soumis au jugement de l'Académie des sciences
un Mémoire sur les vapeurs de r atmosphère , qu'elle a^ait d'autant plus accueilli , disait Duhamel dans son rapport sur la Flore française , que les observations renfermées dans ce Mémoire lui parurent de nature à être suivies, et qu'elle engagea l'auteur à se livrer à ce travail et à lui faire part de ses observations. Il avait donc
du les continuer; mais lorsqu'il voulut les faire connaître de nouveau 9 l'Académie avait changé d'esjprit Les mathématiques avaient écrasé , étouffé les sciences naturellesy et dès lors ses observations ne pouvaient plus avoir d'application ; les essais, plausibles ou non, étaient traités de ridicules, et cependant ils ne l'étaient pas. Cest ce qui arriva à M. de Lamarck. Dans l'état de ses connaissances, ayant obtenu une sorte de certitude, il voulut publier des Annuaires météorologiques, comme il y avait un Annuaire du bureau des longitudes; et nous avons vil comment il fut accueilli.
Phtsique. Recherches^ sur les causes des principaux faits physiques y et principalement sur ceux de la combustion; de l'élévation de l'eau dans l'état de vapeur; de la chaleur produite par le frottement des corps solides ; de celle qui se rend sensible dans les décompositions subites , dans les effervescences , dans le corps des animaux pendant la vie ; de la causticité ; de la saveur et de l'odeur de certains corps composés ; de la couleur des corps; de l'origine des composés et de tous les corps minéraux; de l'entretien de la vie des êtres organiques, de leur accroissement, de leur état de vigueur, de leur dépérissement et de leur mort, a vol. in-S*', 1794-
Mémoire sur la matière du son. Lu en l'an VIII, 16 et a6 brum.
* Recherches n'était pas le mot, il Malt Pensées sur. T. III. a 3
354 COVTEHVORillIIS.
Sur la matière du feu y considéré oomme instrument chimique dans les analyses. Lu à rinstit.(Jouro. de Ph., floréal an VII).
Sur la formation d!une échelle chromatique.
On voit qu'il n'a touché qu'aux grandes questions de la physique; il dit lui-même qu'il n'a point fait d'expé* riencea.
Chimie* Réfutatiofi de la chimie pneumatique, a vol. in-'S**, 1796.
Ce travail a été résumé dans quelques pages de ses Mémoires de physique et d'histoire naturelle , sous le titre à' Erreurs remarquables sur lesquelles reposent les principes de la théorie pneumatique.
Réfutation de la théorie pneumatique ^ ou de la nau* celle doctrine des chimistes nuiderneSy présentée arti** cle par article , dans une suite de réponses aux principes rassemblés et publiés par le comte Fourcroy dans sa Philosophie chimique , précédée d'un supplément complémentaire de la théorie exposée dans l'ouvrage intir tulé : Recherches sur les causes des principaux faits phjsiques jRuquel celui-ci fait sqite et devient nécessaire. Paris, 1796. I vol. in^S^^.
Sur les molécules essentielles des composés, et sur lUnuariabilité de leur forme et C imité et l'identité de leur nature. «^ Sur le résultat des altérations que la nature ou Vart peuvent faire subir aux molécules essentielles des composés, -r-r- Sur l'état de combinaison des principes j dans les différentes molécules essentielles des composés ^ — Sur la tendance naturelle qu'ont les mçlécules essentielles des composés à se détruire. *^ Sur la véritable cause des dissolutions.
Ces cinq Mémoires furent publiés, en 1797, en un vol. in-S^'y sous le titre ù&i Ménwires de Physique et
m L4M4RQK, 353
iFffi^loiréi naturelle j établis sttr fle^ b^s^f d^ raisonne^' ment indépendantQ^ 4^ tquf0^ thé^rie^; aççç feocposiliofi déi flo^yplles çQn^id4r^tiQri^ ^ur l^ c€^^se génémh des dissolutions i ^ur la m^fièn^ du fm^ fur la caulfiur dejf corps , snr h fçfffifitifm d^f QOffipçsé^t ^ur f'pHfffne des minénwf» et ^nr forgmUmflon d^^fçrpsvi^nis, Paris, Ï797. (g^LOGjp. fffdrolpgi^ PU Hjrdi-ogpuhgie, R^ph^ches WF l'jnflueijise qq'qqt If^ ^^\x\ ^w U SM^fac© dq globe terrestre, sur les causes <}(^ l'e^isi^nfBf? du lia$fiiQ des m^r^t dp gQP dpplaicein^illt , de çpp traQspoFt »ucpe^if ^gr U% diffprgpts points du globe; en6p, %\xv h% cbangegïQDf^ que l^s corps YÎv^pU ^]|^e^penl; spr }a oa^ ÎHPftj Pt rét?t de ceUi» wrfape, 1 vql, in-8^ iftoa. Cet ouvrage a été traduit en allemand par Wredis, Berlin 1 l8p6,iPr^P.
Cqw^iiévilUon^ ^{ir qu^elques faits applicables à la théorie du globes observés pçLr M, Péronp dans son voyage au^ terres australes ;
£p I 8qî^ y dans Tiptroductiop de ses Mémoires sur 1^^ çpqpîUes fossiles de^ epviron^ de Paris; pour Temp)pi de cp pioyea d$ins les questions géologiques.
Sp}t ifj^ ÇQRFS pjiQ49frsés pN (^ÉNÉBAL. Recherches sur Pçrganisation des çorp^ vi^untSy^x particulièrement sur son origine y sur ta caus^ de ses dév^loppemients et des j^^Qgrès de sa cqrpppsition y et sur celles qui, tendant epPtiQMellemept à U déipuire daps ehaque individu, amèpent nécessairement sa piortt Paris, 1 80s. i vol. in^S^. Prei^dé dp PiscQurs d'ouverture du cours de zoologie, dqpne dans le Mpséup) d'histoire naturelle, Tan X de Ig république.
Méfnçirfi ^ur les ela^ies les plus cowenables à intro-^ fbUffi fi^rw les végétaux , et sur l'analogie de leur nombn «¥e« Pidlâft 4étoi'>9Û06^s dans le r^fie animal, ajrant
égard de part et d'autre à la perfection graduée des organes (Mém. de l'Acad. des Se, 1785).
Phttologie.. /7or^ française ^ ou Descriptions succinctes de toutes les plantes qui croissent naturellement en France , disposées selon une nouvelle méthode d'analyse, à laquelle on joint les citations de leurs vertus les moins équivoques en médecine, et de leur utilité dans les arts, précédées par un exposé des principes élémentaires de la botanique.
Dictionnaire de Botanique de F Encyclopédie méthodi'' que y par ordre de matière. Les quinze premiers volumes sont de Lamarck ; les neuf suivants sont de Poiret. — Les deux premiers volumes de la Botanique du Buffon de Déterville.
lUustrationes hotanicœ. — Extrait de la Flore française^ contenant l'analyse des végétaux, pour arriver à la connaissance des genres. Paris , 1 79a.
Zoologie. Recherches sur Vorganisation des corps vitrants y particulièrement sur leur origine, sur la cause de leur développement et des progrès de leur composition, et sur celles qui amènent la mort; 1802. 11 est probable que cet ouvrage a des rapports nombreux , si même il en diffère, avec le septième de ses Mémoires de physique et d'histoire naturelle.
Système des animaux sans vertèbres, i vol. in-8°. Paris, 1801 (an X). Traduit en allemand par Floriep, sous le titre de Nouveau système de conchyliologie. — .Description des coquilles fossiles des environs de Paris y comprenant la description des espèces qui appartiennent aux animaux marins sans vertèbres, dont la plupart sont figurées dans les vélins du Muséum. Ann. du Mus., du tom. 1®' au tom. VIII, 1802-1806. — Sur les genres de la sèchcy du calmar et du poulpe ^vulgairement polypes
DE LàMARCK. 357
de mer. Lu à l'Institut le 2 1 floréal an VI ( Mém. de la Soc/d'hist. nat., i pi. ). — Prodrome dune nouvelle classification des coquilles^ contenant une rédaction appropriée des caractères génériques, et rétablissement d'un grand nombre de genres nouveaux. Lu à Tlnstitut, le 1 1 frim. an VII (Mém. de la Soc. d'hist. nat., I, p. 64)-
Il y fait sentir l'importance de cette étude pour la géologie.
Il s'appuie sur les observations et les découvertes intéressantes de G. Cuvier, sur l'organisation des animaux sans vertèbres; — sur la riche collection qu'il possède; — il annonce des éléments de conchyliologie; il cite Richard, comme ayant imaginé le nom de cyclostoma et pleurotoma.
Philosophie zoologique, a vol. in-8", 1809.
Programme dun cours de zoologie sur les animaux sans vertèbres. 1 vol. in-8®, 1812.
Les articles de conchyliologie du nouveau Dict. d'hist. naturelle de Déterville; 18 17.
Histoire des animaux sans vertèbres. 7 volumes, de 181 5 à 1822. M. Cuvier dit que , dans le sixième volume, les mytilacés , les malléacés , les pectinides , les ostracésy sont de M. Valenciennes.
Anthropologie. Système des connaissances positives de r homme, restreintes à celles qui proviennent de l'observation, i vol. in-8**, 1821. — 5wr les cabinets d' histoire naturelle, et leur organisation au Muséum d'histoire naturelle, de 1802 à 181 5, c'est-à-dire dans les Annales du Muséum d'histoire naturelle de Paris; une suite de Mémoires pour l'établissement des genres tubicinelle, crénatule, trigonie, galatée, dicerate, amphibuline; et pour la monographie des espèces des genres porcelaine, ovule, tarière, ancillaire, olive, vo-
358 cof¥»iMi(A}jfs.
lûXè i mitre ;-^6ur lés polypier» em{i&té& él côHicdrèréiiJ -^ sur (Quelques riôùveàujt genres d'irisectès.
Lès tratàui de LAtiihrcik nôtis éôtiï ^ârvéâuS ! ï^pàt ses cotlTerââtibHs et ^ ëHtréiiëiiâ pârHcUliéhâ; Sôti» eè rapport, il était TéHtâblëMeiii t'èfilai^bàblfe pài" là cbii« lehr, la Titddté, lii bôtîrië fbi et sbHôUt là èôtJVictiôb kvec lë^qtièlles il éjtpo^slit èë§ idëes, ses bplHldtls, lé résultat de ses profondes et continuelles méditations iUh ttllites les inâtlêres (]n'll avait éttidiéës. Màiâ il ftiit cbnvëtiir que c'était peiî dâtis ribtehtibh de s'édàir«r c}ti'il eutretebait k disëUssion; il éctiutait en efTet fôK pèû^ et y au lieu de répondre aux objections , il rentrait dabs Tëxposition de sëâ doctrines | il était lui-même, el ne pouvait rien recevoir d'ailleurs.
Il" Par ses leçoilâ orales , qu'il A ëonliniiéeis pètidant plbs devingtHcinq abs- au Jardin des Plantes sëulëmënt| avec une exactitude et une potidtualité remarquables.
Il avait pour tnélhode dé eomrbencer par un discours d'ouverture, dans lequel il Faisait Voir d'où sortait la branche qu'il avait à exposer; il entrait ensuite en biatière par l'exposition des caractères des divisions systématiques ^ des classes, des ordres, des famille^, des sections et des genres, qu'il avait cru utile d'établir} ce qu'il écrivait et dictait.
Quand il descendait aux espèces, il faisait la métne chose; après quoi il venait aux explications orales, plds ou moibs développées , et dans lesquelles il faisait ëritrer plus ou moins les considératioris d'drganisatiob ^ de classification, de rtiœilhs, d'habitudes, et quelqbefbis d'bsage, en biontrabt les objets. Il avait parfaiteibent pris le caractère du démonstrateur méthodique et positif, comme le voulait là natule de l'établissemeilt.
3*> Par ses ôui^ràges^ qui otit été composés pebdiUt
M IiAHAlCfti 5Ô^
un laps âm temps de quarante^lnq ahIi lli 6itt ëU la plils grande itifluenoe sur les progrès de Id Bcieticé etl général , comme le dit fort bien M. Comiei Ils ont été pu«> bliés pendant la vie et sous les yeuk de TautêUf ^ à Paris^ eu fur et à mesure qu'ils étaient composés^
Les sujets spéciaux ^ pArticulierri , et les essftis Tout été dans les divers recueils de l'époque ^ et dans deux qu'il avait lui-même créés.
Il avait senti et publié les rapports naturels ttVée dé^ gradation sériale, non «^ seulement dans les végétauit^ mais encore dans les animaux , avant le grand ouvrage de M. de Jussieu.
Les objets généraux ont été publiés dans des ouvrages à part ^ et souvent à ses frais ^ ce qui ne laissait pas de le gêner pécuniairement^ car il n'était pas richci lia tel^ftiinépar le système analytique des connaissances positives de l'homme, publié à ses frais» '^^ Là donc encore était rhomme de force et de conviction^