‹ Histoire des sciences de l'organisation et de leurs progrès, comme base de la philosophieChapitre 4 sur 61 · NOTIONS ZOOLOGIQUES, ETC · texte numérisé non relu

NOTIONS ZOOLOGIQUES, ETC

par des moyens plus ou moins artificiels, de le faire reconnaître aux autres, et de disposer les animaux de manière à faciliter l'emploi de la voie d'analogie et d'induction ; ce qui constitue la zoologie proprement dite;

4^ Enfin les différentes manières dont les combinaisons d'organes, constituant un animal, affectent une forme déterminée, agissent sur les circonstances extérieures pour se nourrir et se propager, c'est-à-dire, les mœurs, les habitudes des animaux; ce qui donne leur histoire naturelle proprement dite.

Fort de cette manière denvisager complètement le règne animal^ l'application immédiate à l'utilité de l'homme devient facile; on n'aurait plus qu'à traiter de l'art de s'emparer, d'élever, de perfectionner les espèces utiles; de celui de poursuivre et de détruire les espèces nuisibles; et enfm, de l'art, bien plus important encore, de connaître les lésions dont le corps animal est susceptible, et d'y remédier.

Cette simple énumération des diverses sortes d'application immédiate de la connaissance des animaux, parmi lesquels il est impossible de comprendre notre espèce, parce qu'elle n'est pas simplement animale, suffit sans doute pour montrer le but et l'importance d'une telle science. Ce but éminemment philosophique ressort comme conséquence de toutes les parties de cette science ; il consiste à démontrer, d'une part, par une comparaison exacte des faits et des phénomènes naturels, que l'homme est le chef-d'œuvre, le plus élevé des êtres créés, le seul qui puisse concevoir l'ensemble de ces êtres, et remonter jusqu'à la nécessité d'un Dieu, d'une intelligence souveraine et infinie, qui a créé toutes choses et qui les gouverne toutes. D'autre part, faire voir que si l'intelligence humaine peut s'élever si haut

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qu'elle semble remonter à sa source , et que si par sa uatui*e elle est essentiellement unie au monde spirituel el soumise aux lois qui le régissent ^ son corps est ce«^ pendant soumis aux mêmes lois physiques que tout l'univers créé; que toutefois ces lois physiques sont modifiées en lui par les lois intellectudles; enfin, comme conséquence , rendre évidente cette influence réciproques du corps et de l'intelligence , par des faits irrécuwbles pris dans l'étude de tous les animaux, aussi bien que dans celle de l'homme lui-même, et par là arriver à prouver que l'homme n'est ni un animal raisonnable ni simplement une intelligence servie par des organes; mais que, réunissant dans une seule personne, dans an seul être, qui ne peut être complet sans cela, la matière organisée vivante et la substance immatérielle, spirituelle, il est une intelligence incamée, le noeud du monde et de Dieu , le passage de la matière à l'esprit, le lien qui unit les créatures au Créateur. Il n'est pas l'image de Dieu, mais il est fait à son image et à sa ressemblance; et les êtres qui sont au-dessous de ce chefd'œuvre de la création, reflètent en eux-mêmes quelques traits de son image à lui-même. Tel est le but le plus noble auquel nous puissions prétendre. Mais il en est un second qui ne l'est peut-être pas moins, et qui offre une utilité plus immédiate,' du moins en apparence. C'est de montrer que les systèmes de gouvernement, c'est-à-dire les lois et les règles de la société à laquelle l'homme est nécessairement appelé par sa nature, forment une véritable science d'application, ou mieux, un art déduit d'une science d'observation ; que, par conséquent, ces systèmes ne peuvent avoir de base solide que dans Tétude de la double nature de Thomme comparée à celle des autres créatures; qu'ils sont nécessai-

8 GOlfTEMPORAINS.

Telles sont les considérations les plus dignes et les plus intéressantes qui entrent dans le but de la science zoologique complète, qui en font ressortir la haute im» portance, et le caractère vraiment philosophique et religieux.

Mais elle ne se borne pas là; elle descend de ces hauteurs jusque dans les détails de la vie domestique, pour fournir des bases aussi solides quMnvariables à l'art de s'emparer des animaux utiles sans tendre à leur destruction, c'est-à-dii*e,dans des limites déterminées; à celui qui les élève, les modifie dans telle ou telle de leurs parties , et pour un but d'utilité plus ou moins immédiate; à celui qui les emploie comme forces vivantes, les nourrit et les modifie dans ce but; enfin , à l'art qui cherche à poursuivre et à détruire les espèces nuisibles.

La science zoologique est donc la base de l'économie sociale comme de l'économie domestique; elle apprend à l'homme à se connaître lui-même, à devenir meilleur, à connaître les créatures qui l'entourent, à connaître Dieu et ce qu'il lui doit; car Dieu apparaît d'autant pins grand, dit Cyrille de Jérusalem, qu'on connaît mieux les créatures ■ ; ce n'est point en vain que Dieu les a faites, puisque la sagesse divine ne dédaigna pas d'enseigner cette connaissance au plus sage des rois, a Dieu lui-même, dit Salomon, m'a donné la vraie science de tout ce qui est, afin que je connaisse la disposition de l'univers et les vertus des éléments, le commencement et la fin et le milieu des temps, les changements successifs et le retour des saisons, le cours des années, la marche des étoiles, la nature des animaux,

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PAR H. H. DE m^IN VILLE,

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PAR F. L. M. JLAUPIED,

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