‹ Histoire des sciences de l'organisation et de leurs progrès, comme base de la philosophieChapitre 7 sur 61 · IV. Énumération et analyse de ses oui^rages · texte numérisé non relu

IV. Énumération et analyse de ses oui^rages

Ses travaux n'embrassent évidemment qu'un des rayons du cercle, et même qu'une partie de ce rayon. Car nous n'avons pas à compter le petit nombre de ses autres travaux administratifs ou historiques. Mais, comme il a compris la méthode, autre rayon du cercle, dans celui qu'il a étudié, nous avons dû l'envisager sous ce point de vue; c'est donc comme méthodiste, et non comme botaniste, que nous le considérons.

La série de ses travaux peut être partagée en quatre catégories : i"" ses travaux préliminaires, qui embrassent sa thèse, portent sur la famille des renonculacées. Tordre des plantes adopté dans les démonstrations du Jardin , les rapports qui existent entre les caractères des plantes et leurs vertus'; a°ses travaux d'exécution ont tous pour but l'établissement de la méthode et son application à l'élude des plantes, depuis le célèbre Gênera plantariinij jusqu'à la table alphabétique des ordres, des genres et des synonymies' ; 3® ses travaux d'études et de

' I. Les travaux préliminaires d'An t.-La nr.de Jussieu embrassent sa thèse : An œconomiam animalem inter et vegetalem analogia? 1 770.

Son Examen de la famille des renonculacées, 1773.

Exposition dun nouvel ordre des plantes adopté dans les démonstrations du Jardin royal. 1774-

Mémoire sur les rapports qui existent entre les caractères des plantes et leur vertu, (Mém. de la Soc. roy. de méd. 1786.)

* II. Ses travaux d'exécution ou de construction renferment :

Gênera plantarum secundum ordines naturales disposita , jiixtà methodum in horto regio parisiensi exaratam, i vol. in-8" de 498 pages. 1789. Une seule édition renfermant :

i^ Introductio in historiam plantarum* 6a pages ; seule partie que

perfectionnements sont clans la même direction , et consistent en plusieurs mémoires sur diverses parties de la fleur y les caractères généraux de familles, et l'établissement de nouvelles familles' ; 4** ses travaux de terme ou d'exécution terminale sont la conséquence de tous les travaux précédents , et la démonstration définitive des principes de la méthode naturelle *.

nous puissions analyser, parce qu'elle contient les principes qui ne sont qu'appliqués dans les autres.

a^ B, de Jussieu ordines naturales in Lud, XV horto Trianonensi, disposai. (A un. 1759. 8 pages.)

^^ Index methodi ordines naturales complectentis,

4® Séries ordinum naturalium aut familiarum.

h? Expositio characteristicay classium ordinum aut familiarum et gencrum, 1754.

6° Index et expositio plantarum incertœ sedis, 3o pages.

7® Appendix correctiva et addit,

8^ Index alphabeticus ordinum^ gêner um synonymorum. 44 p^ges.

* III. Ses travaux d'études et de perfectionnement comprennent :

I® Note sur le calice et sur la corolle, (Ann.du Mus.^XIX, 181.)

a** Mémoires sur les caractères généraux de familles , tirés des graines et confirmés ou rectifiés par les observations de Gaertncr, au nombre de quatorze, de 1 804-1819. (Anu. du Musée.)

3® Mémoires sur Rétablissement de familles nouvellesy et Obserya^ tiens sur quelques familles anciennes^ au nombre de quinze, de i8o3-w i8ao. (Ann. du Mus.)

4*^ Mém, sur dijfér, genres de plantes ou sur quelques espèces, au nombre de dix.-huit, de 1 802-1 820. (Ann. du Mus.)

5° Articles du Dictionnaire des sciences naturelles de 1804-1825.

•IV. Ses travaux de terme ou d'exécution terminale comprennent :

1" Principes de la méthode naturelle des végétaux, (Dictionn. des sciences nalnr., Paris, 182/i.)

2** Introductio in historiam plantarum, introductionis olim generibus plantarum prœmissœ cditio altéra^ posthuma , aucta et maximft parle nova ; accedunt ordines naturales in horto parisiensi primant dis^ jyositiy post annum 1774- Ope poslh. à filio et successore A. de Jussieu publicata iu Se. nat. Ann. i838.

Analyse de Vlntroductiu in historicun plantarum. Après quelques considérations sur l'histoire naturelle en général y qu'il définit Scientia quœ animantium ^ vegetantium et mineralium naturam scrutatur et ei^olvit, il montre que l'on doit rejeter la division en trois règnes, et partager tous les êtres naturels en deux : règne organique et règne inorganique; les uns ayant vie, et les autres en étant dépourvus.

Il distingue les végétaux des animaux par la vie, qui est plus simple dans les premiers; ils sont privés de nerfs et de muscles, et, par conséquent, ne sentent ni ne se meuvent spontanément.

Animal est corpus organicwn vii^ens ^ sentiens etagens; planta vero corpus organicuin vitœ compoSy sed rnotûs propriè et sensationis expers.

11 passe ensuite à la botanique, qu'il définit dans toute son extension : Scientia quœ vegetantium naturam in-quirens , organorum in ipsis téxturam , actionem , situm mutuum , prœstantiam et reciprocam discrepentiam de^ terminât , et indè deducit signa exteriora plantis distin^ quendis, definiendis et ordinandis utilia. D'où il est évident que, pour lui, le dernier terme de la science est la méthode.

11 donne ensuite l'exposition des parties et de leur fructification ; la différence des parties qu'il énumèreet analyse méthodiquement ; la définition des caractères tirés de la difFérence de ces parties ; la manière dont il faut s'en servir pour distinguer les espèces et les variétés, pour définir convenablement et établir les genres; pour les nommer, d'où la nomenclature (nomenclatio), et les décrire, d'où la description (descriptio) ; pour en former des classes et composer les systèmes et les méthodes, et il prend pour exemple ceux de Tournefort et de Linné, qui sont artificiels.

58 CONTEBfPOKAIirS.

Puis, déduisant du but véritable de la science que la seule bonne méthode est la méthode naturelle , il en expose la nature et les principes.

Il définit la méthode naturelle : Methodus quœ ommr gênas connectit plantas vinculis indmsis sive seriatim expositas velutanmdos in catend^ sive collectas fasciatim quales bacUli in fascicido plures, aut fasciculi in fasce.

Par suite de Timpossibilité qu'il voit à établir la série, à cause du manque d'un trop grand nombre de cbai* nous, il croit qu'il faut perfectionner lamélhode sous forme de carie géographique.

Exposant ensuite les principes de la méthode naturelle, il commence par définir l'espèce , la collection des individus semblables dans toutes leurs parties , et toujours conformes par une série continue de générations.

Le rapprochement naturel des espèces est produit enjoignant celles qui sont conformes par le plus grand nombre de caraclères, ce qui constitue le genre, Fassemblage des espèces semblables, donl il est difficile de donner une définition et de fixer les limites, surtout dans la méthode naturelle.

Les règles données par Linné pour la formation des genres ne suflisent pas; les caractères tirés de la fructification sont incomplets dans la méthode naturelle, qui demande des caractères de toutes les parties, car la nature a sanctionné d'autres lois imprimées dans les plantes mêmes. Parmi ces caractères, les uns sont constants, les autres varient. La triple partition des caractères en stables, semi-stables et instables, ne sufTit pas pour établir les genres; il faut encore peser la valeur des caractères et donner à chacun sa place immuable.

Après que les espèces voisines auront été réunies dans leur genre naturel, il faut, par la même loi d'afB-

nité| réunir les genres en familles ou ordres , puis ceuxci en classes. Mais les caractères ne doivent pas seulement élre comptés^ ils doivent encore être pesés et estimés. Et c'est là la base principale de la méthode naturelle j la loi de la subordination des caractères.

Ces caractères se distinguent en trois classes :

I ^ Primaires, essentiels, toujours uniformes et constants dans tous les genres: ils sont tirés d'oi^anes essentiels;

a® Secondaires, généraux, presque uniformes, variant seulement par exception : ils sont tirés d'organes non essentiels ;

3^ Tertiaires, tantôt uniformes, tantôt variables: ils sont tirés d'organes essentiels ou non essentiels.

Appliquésaux plantes, ces principes donnent comme caractères :

1® Primaires, le nombre des lobes ou cotylédons dans Teq^ryon, et, conséquemment, dans les dicotylédones, la structure intime stratiforme de la tige environnée d'une écorce, et dans les monocotylédones la inémetige fasciculaire et sans écorce distincte. A ce caractère, certainement primaire, se joint prochainement la situation respective des organes sexuels ou l'insertion des étamines ordinairement constante, et, pour cela même, presque essentielle. Il faut y joindre encore l'insertion de la corolle staminifère , qui est en affinité avec riosertion des étamines.

a^ Secondaires , l'existence ou le défaut du calice et de la corolle non staminifère, la structure de la même corolle comme monopétale ou polypétale : auxquels il faut joindre peut-être le défaut ou l'existence, et les caractères du périsperme dans la semence, la situation mutuelle du calice et du pistil, exprimée par le signe du germe supère ou infère, peut-être aussi la situation

6o CONTEMPORAINS.

de Tembryon au dedans de la semence, et de la semence au dedans du fruit.

3^ Tertiaires, les caractères tirés des enveloppes florales, de la structure de l'ovaire, des étamines et des stigmates, de leur nombre; des feuilles et de leur situai» tion, des stipules, des bractées^ des spatlies, delà tige herbacée ou ligneuse.

Ainsi succède aux systèmes divers, la science qui, recherchant non-seulement les noms, mais encore la nature des végétaux, considère leur organisation tout entière, et leurs caractères; qui, s'appuyant sur des principes simples en même temps que certains, montre la série naturelle, ou la méthode établie sur la loi des affinités, de sorte que les végétaux qui se ressemblent par le plus grand nombre de caractères sont associés, et que, dans cette énumération des caractères , on estime davantage les plus importants. Il donne l'appKcation de cette méthode dans le tableau suivant.

Index methodi ordines naturales complectentis.

Clas.

Acotylédones I

., ^,,1 ( stamiua hypoKvna II

Monocotylcdones \ « iit

1 — perigyna IIJ

[ — epigyna IV

/anetala; ( ^^amma epigyna V

I apetaïaî . . . î p^j,.i^,yna vi

I hypogyna VII

corolla hypogyna VIII

— perigyna IX

. , , /antheris con-

Dicolvlédoncs./ '""""P*'"''* . ( natis X

- «P'gy"»- antheris dis- ^ \ tinctis. ... XI

Istamina epigyna XII

— hypogyna XUI

— pcrigyna XIV

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