‹ Histoire des sciences de l'organisation et de leurs progrès, comme base de la philosophieChapitre 8 sur 61 · V. Des faits et des principes laissés par Jiissieu à la · texte numérisé non relu

V. Des faits et des principes laissés par Jiissieu à la

science des corps organises.

Une méthode naturelle est la science tout entière , et Jussieu nous en a donné le principe réel en s'appuvant sur la subordination des caractères; loi applicable à tous les corps naturels , et sur laquelle M. de Blainville se basera pour démontrer la série animale, non-seulement dans ses grandes coupes , mais même dans les espèces et les variétés.

La méthode diffère de Tordre et est bien plus importante. L'ordre artificiel n'est que mnémonique; l'ordre naturel 9 bien plus important, n'est cependant complet que lorsqu'il est converti en méthode, c est-à-dire lorsqull est établi sur les principe3 et les lois de la nature, principes et lois qui ressortent de l'étude approfondie des caractères distinctifs des êtres naturels, non pas précisément en comptant ces caractères, mais en les pesant et les rangeant d'après leur importance et leur valeur. Telle est la loi de la subordination des caractères.

C'est ainsi que cette pensée unique, cette seule idée de Jussieu, produite, exécutée, démontrée, devait nous mettre en état de lire l'ordre de la création dans les êtres naturels, et donner à la science la stabilité d'un principe. Dès lors il n'y aura plus qu'à appliquer ce principe pour faire , des sciences naturelles , non plus simplement des sciences d'observation, mais une science de démonstration positive, et par conséquent l'une des bases les plus inébranlables de la philosophie.

*L'idée même de Jussieu fut mal appliquée par lui aux animaux, lorsqu'il compara le cœur aux cotylédons, et toute la valeur de son principe n'a été bien appréciée que par les progrès de la méthode en zoologie. Tout

6a COftTEMPOHAINS.

Tavantage de Jussieu a éié de conlinuer un efTort préparé et commencé depuis longtemps, et par suite d'avoir pu émettre son idée de bonne heure, et, seul peut-être , d'avoir joui de sa gloire scientifique dans la postérité, lui vivant; il n'eut point d'honneurs cîvilS| rarement ils laissent au génie la liberté nécessaire pour créer , et le génie, à son tour, est trop élevé pour s'a ser à les désirer.

Page 1