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variété infinie, compliquée par les phénomènes de la vie ani-* maie d'abord, et par ceux de la liberté intellectuelle ensuite; doù naissent une foule de données^^que la rigueur mathé* matique est essentiellement forcée de négliger; ce qui rend , par conséquent, sa solution toujours opposée à la réalité, quand elle veut sortir de son domaine. Aussi voyons-nous tous les esprits qui ont prétendu tout soumettre à cette méthode exclusive , aboutir presque nécessairement aux affli'» géantes doctrines du matérialisme, et par conséquent à la destruction de la philosophie.
L'instrument ainsi préparé s'applique à Pétude de la science^ dont les deux termes essentiels sont les créatures et le Créateur* Mais ici se présentent deux manières de connaître, la science et la foi. Il est clair qu'il ne s'agit ici que de la première; bien que la foi, critérium nécessaire de toute science, soit pourtant basée sur celle-ci, en ce sens, qu'il est nécessaire que Dieu prouve que c'est lui qui nous parle; mais une fois cette preuve acquise, nous devons croire ce qu'il nous révèle, et cela même est le principe et la base de la science, et sa véritable pierre de touche : car toutes les fois que la science humaine prétendrait Be trouver en contradiction avec la vérité, la science révélée, il serait par là seul prouvé que ses investigations sont incomplètes, et ses conclusions inexactes.
Mais, dans là science humaine, selon que Ton part de l'un ou de l'autre terme, des créatures ou du créateur, la méthode d'investigation est différente, tandis que les résultats, si la marche a été logique , doivent être les mêmes.* Cette vérité nous apparaîtra plus claire dans la suite de cette histoire ; qu'il nous suffise pour le moment d'exposer la marche de la méthode aristotélicienne, qui devra nous servir de point de départ. Selon cette idée d'Aristote, qu'il est dans la nature de l'esprit humain d'aller du plus connu au
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moins oonnii, la science pour lui doit naturellement com-^ mencer par les créatures ^ pour .s'élever par elles au créateur. L'étude de la nature se présente donc d'abord : la qiature en général , et les lois qui régissent le monde phy^siquey rMifermaotla physique générale, l'astronomie et les sciences qu'Aristote comprend sous le nom de métaphysique; ensuite la nature en particulier^ embrassant les êtres à l'état de corps inorganiques et de corps organiques ; et ici viennent la physique spéciale , la chimie et les sciences naturelles y qui embrassent la science de l'homme et noub conduisent à la théologie.
Tels sont les pritioipaux rayons du cercle deë eétltiais^ sances humaifies^ ou la véritable philosophie qub noiiti déBnissons avec Platon : L'ensemble des connaissatldes divines et humaines; et, par conséquent, comme coiislituanl un cercle cdmplet, ayant pour àut^ pour terme nécessaire, Pjeu, ou la puissance intelligente créatrice, que l'homme 99ul peut concevoir^ non pas en elle-même, mais seulement par ses couvres; pour moyen ou instrument $on intelligence, qu'il a reçue ^ cet effet ;^t comme matériaux, les 4tres ai^iitaiits^ ou le ptionde créé ; d'où la mariche naturelle % été la dibpositioa ^ l'aiguisement de l'instrumenl , puis l'étilde du monde comme moyen ^ et comme terpie l'homme matériel ou physique, et l'homme moral, c'est4<dtre «ociàl fil Tellgieuxy et enfia Dieu.
Aprè^ lavoir ainsi défini lastrienee^ et ce que )W doit entendre par philosophie ou éèrcle des connats^tices hii^ mainea^ nOW aurîoiis à rechercher comment l'esprit hû^ main, qu en est k compas, est venu à bout de ttaeër tfd Cercle. Wà& cette îmotense et magnifique épopée de l'iii^ telligenee et dé ses conquêtes ne peut être l'œuvre d^m seul homme ; à l'humanité seule appartient de se chanter dîgaemei^t ellerménie. Il y a jdéjà bien de quoi nous inté-
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resser dans Thistoire qui nous fait assister à la naissance, au développement et aux progrès de quelqu'une des parties d^ cet immense sujet, mais surtout dans celle qui a pour objet les progrès de la science de la nature , considérée dans toui^ les êtres organisés et vivants; car là se trouve émineifiment la solutipp I^ plus certaine et la plus évidente de toutes les hautes questions qui ont rapport à Thumanité. Daps la n^-* turè, l'homme étudie l'homme, il y découv|*e et y «cruteïon êtçe physique, et par suite son être moral; il s'y distingua de la brute, et élève son esprit à Dieu, qui l'a donné, S^&s cesse la conterpplation des lois de causalité et de finalité, plus évidentes ici que partout ailleiirs, ramène même l'esprit rebelle '4 {a confession et à la louange de l'adorabl^ Providence ^ et fies perfections infinies du Créateur.
Suivre donc les développements et le$ progrès des sciences naturelles; voir comment chaque époque, chaque peuple^ chaque siècle^ pour ainsi dire, est venu ajouter Un rayon nouveau aux rayons déjà tracés; constater en mêpie temps que la seul^ loi de progrès, la ^eule loi d'iiyenir, ici qpuune partout ailleurs, est essentiellement et Bécessairement fbn*? dée sur la dépen(|ance et l'acceptation authentique 40 U vérité religieuse jst morale , seule et même chps^ au Ipi^d ; par suite reconnaître, par les faits et l'histqire, qu^ loin d'avoir uuj a\ix progrès des sciences, le. qat^oljcism^ , pu h religion révélée, a, au contraire, été I4 ^PjifÇQ d^ l^pr^pluy grands progrès, puisque même Iça homm^ né^ hors dç son inflv^nce immtédiate, n'ont pif cputnbu^r pour leur part ^^ progrès qu'autant que, surpasisant le vulgaire, ils se sqnt rapprochés de l^ pureté de rei:^feignen[i^t catholique; vérité qui nous est prouvée par la plupart d^ philosophe^ du paganisme, sur plusieurs desquels ne pesa l'acçusatiop d'impiété, que parce que, génies trop élevés pour être esclaves de la superstition, ils ïnrenl raisonnaàlçmentftçwç:
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tel est le dessein dont il nous a paru important et utile d'essayer aujourd'hui l'exécution.
Notre marche et notre plan sont tracés par le cours du savant professeur dont nous nous efforcerons de reproduire les idées et les vues, en y ajoutant les développements qui nous ont paru nécessaires ou utiles au complément de notre tâche.
M. de Blainvillc commença son cours des Principes de la zoologie déduits de son histoire même ^ en iSSg. Je pris dès lors des notes nombreuses à ses leçons ; dès ce moment aussi il m'encouragea à développer son plan par mes propres recherches; il me promit ses notes à lui-même xît sa direction; il mit à ma disposition, avec une paternelle bienveillance, sa bibliothèque et tous ses manuscrits. Je m'appliquai aussitôt à étudier dans les sources mêmes tous les auteurs importants; en faisant l'analyse de leurs ouvrages, je recueillis tous les nombreux matériaux que je crus nécessaires à notre but. C'est avec ces éléments combinés , que y suivant pas à pas le plan si logique et toutes les indications de M. de Blainville , je l'ai rempli et développé tel qu'il est. A. mesure que je rédigeais, je remettais mon travail à mon savant maître, qui me faisait ensuite ses observations. Ce premier travail ainsi terminé, formait la matière de cinq gros volumes in-8^. Je l'ai repris tout entier en tenant compte des observations , et en essayant de le réduire aux trois volumes actuels sans rien omettre d'essentiel. Certaines parties n'ayant jm être traitées dans la chaire spéciale de M. de Blainville, j'ai dû les intercaler à leur place pour avoir un tout complet. Ce sont la période I : Premières notions de la science dans l'humanité ; tout ce qui tient aux Pères de l'Église dans l'époque d'Albert le Grand; l'Appendice sur l'Inde et la Chine; plusieurs aperçus historiques de diverses époques. M. de Blainville m^a éga-