‹ Histoire des sciences de l'organisation et de leurs progrès, comme base de la philosphie;Chapitre 19 sur 45 · PUBMIEBS ^L^MEITTS D< LA SCIENCE ORECQUS AVANT ARISTOTB · texte numérisé non relu

PUBMIEBS ^L^MEITTS D< LA SCIENCE ORECQUS AVANT ARISTOTB

I. Sources. Mais avant tout , si l'on veut jeter quelque lumière sur celte première période de l'histoire philosophique et scientifique de la Grèce, il est néces-

S4 ttKHJipU GRfiCQUE

saire de scruter les sources^ d'en discuter la valeur^ rauthenticit^y et tous les caractères qui peuvent conduire une saine critique à découvrir la vérité ^ au milieu du chaos inextricable où se sont jusqu'ici jetés tous les historiens de la philosophie ! ils n'ont fait que se co» pier les uns les autres, sans s'inquiéter d'où venaient tant de fables^ tant d'absurdités ^ tant d'incohérences. Aujourd'hui même on publie des ouvrages qui ne sont qu'une copie de toutes les pauvretés des crédules compilateurs anciens , et on ose bien les donner comme des recueils de fragments authentiques, ou comme des histoires bien au-dessus de tout ce qu'on avait publié auparavant.

En essayant de suivre une autre marche , nous es« pérons arriver à d'autres résultats. Pour être brefs et méthodiques , nous commencerons par discuter tout d'abord les sources anciennes où l'on a puisé, en ne disant que fort peu de chose des modernes, qui ne sont que des copistes. Il nous sera facile ensuite de prendre chaque prédécesseur d'Âristote, de dire quels sont les auteurs qui en ont parlé, et dont nous connaîtrons la valeur; puis d'exposer ce que l'on peut admettre comme probable sur la vie et la doctrine de chaque philosophe; et enfin, dans un résumé général, nous verrons la fiUaiibiï de toutes ces écoles*

Nous parlerons d'abord des auteurs qui ont vécu avant notre ère; et parmi eux, de ceux dont nous pouvons fixer l'époque; ensuite de ceux dont nous ne pouvons dire d'une manière bien précise quand ils ont vécu; puis nous parlerons de ceux qui sont venus après Jésus-Christ.

I. Sources antérieures à notre ère. Nous les diviserons en trois catégories : celles qui précèdent ikristote,

àVAirr ARisTOTx. 35

celles de son temps ^ et celles qui sont venues après lui.

1° j^îfant Aristote. Dans celle première période nous trouvons psrmi les poètes Ion de Ghio , qui florissaik peut^tre vers la 7a® olympiade; il a pu être contempo** rain deSocrate^ à moins qu41 n'y en ait eu deux. Diogène Laérce et Platon le citent; il ne nous reste plus rien de lui , et il a peu fourni à ses successeurs. *^ Aristophon et Aristophane, que Ménage croit être le même, 4^7 avant Jésus-Christ : c'est le fameux poète comique contemporain de Socrate. On sait que la calomnie lui coûtait peu : leêNuéê^, comédie dirigée contre Socrate, en font foi. «^ Cratinus, Antiphon S Mnésimaque, du même temps, et un peu plus tard Antiphane, tous poêles comiques ei par conséquent calomniateurs exagérés, puisque tel était le caractère de l'ancienne comédie grecque. A ces poêles il faut joindre le rhéteur Isocrate, qui vivait 4^7 avant Jésus*Christ i sacrifiant la vérité à ce qu'il croyait le charme de l'éloquence , il cherchait à faire hriller son talent par des paradoxes opposés aux opinions reçues de son temps ; témoin son éloge de Busiris, et ses récits sur Pyihagore. Il eut pour disciple Éphpre, qui avait beaucoup écrit même sur l'Egypte, sans y avoir été, comme leprouvent ses erreurs, relevées par Diodore, qui lui reproche de n'avoir même pas consulté ceux qui avaient vu l'Egypte. Sénèque^ Cen-* sorin, Duris de Samos^, l'accusent de mauvaise foi^

' Il y a «u un iiutre Antiphon de Rhamnus, auteur des Fies des hommes célèbres , que citent Diogène et Porphyre ; il est peu d'accord avec les anciens écrivains , et mérite peu de confiance. On ne sait trop quand il vivait. — » Il paraît qu'il avait aussi écrit un livre sur les poëtcs^ qu'on a àtti4bué à Glaucus de Rhégium.

' Liy. I de ses hist.

36 iPO<}UF, OREGQOE

d'erreur , et lui refusent même la grâce de rimitation. — Alcidamusy son condisciple , avait composé un Art de la rhétorique , cité par Plularque, un éloge de la mort y et divers autres ouvrages. On lui attribue une physique. 11 nous reste de lui deux harangues , dont l'une n'est qu'une déclamation contre les sophistes. — Enfin à cette classe appartient encore Simon le misanthrope ( 4^0 avant Jésus-Christ): il faisait profession de douter du mérite de tous les anciens philosophes, et ne cessait de les déprécier dans ses poésies.

Parmi les historiens , Eudème de Paros vivait longtemps avant la guerre du Péloponnèse; nous savons peu de chose de lui. — Hérodote d'Haï icarnasse ( 489 avant Jésus-Christ, i" année de la 72* olympiade), le plus célèbre historien de l'antiquité. Il avait vu par lui-même la plupart des peuples dont il parle. Il est certain qu'il a voyagé en Egypte et dans toute la Grèce. Nous avons de lui dix-neuf livres d'histoire. S'il est crédule, il est consciencieux ; mais il ne fournit que peu de chose sur les premiers philosophes de sa patrie; il parle de Thaïes et de Pylhagore seulement. — Chérille, aussi d'Halicarnasse ou de Samos , plus jeune qu'Hérodote; il vivait du temps de la guerre du Péloponnèse, et dut suivre Alexandre , si toutefois il n'y eut pas deux Chérille. — Ànaximandre, historien de Milet, vivait du temps d'Artaxercès Mnémon (4o5 avant Jésus-Christ) ; il expliqua les symboles des pythagoriciens. Suidas seul a cité cet ouvrage, qui eût épargné bien des peines et des erreurs à ceux qui ont fait des recherches sur Pythagore.

Viennent enfin les philosophes, et d'abord Hippasusde Métaponle, disciple de Pythagore et maître d'Heraclite, avant et avec lequel Aristote le cite toujours. Il avait écrit sur la physique, et probablement aussi sur son

AVAICT ARISTOTK. 37

tnaitre; mais il est resté peu de chose de lui, et on ne Ta guère cité après Arislole. — Lysis de Tarente, disciple et contemporain dePytbagore, et maitred'Épaminondas de Thèbes, suivant les uns; d'après d'autres, il y en aurait eu deux, et le disciple de Pytbagore serait le plus ancien. On lui a faussement attribué les vers dorés, d'après Meiners. Parménide ( 5o4 avant Jésus-Christ), disciple de Xénophane, avait écrit en vers sur la philosophie, comme tous les premiers philosophes, qui se rapprochaient ainsi des poètes , dont ils étaient les continuateurs.

Platon (de 4^9 à 348 avant Jésus^îhrist), le plus célèbre des philosophes de la Grèce, disciple de Socrate, est le premier dont il nous reste des ouvrages complets, que nous pouvons encore consulter. C'est uniquement comme historien que nous devons l'apprécier ici; et à ce point de vue nous sommes forcés d'avouer que le philosophe a quelquefois poussé l'historien à exagérer les opinions des anciens, pour amener plus facilement à l'absurde les sophistes de son temps. Il a aussi accepté quelques erreurs qui circulaient dès cette époque. S'il est donc précieux , il demande pourtant à être discuté. — Métrodore, fils d'Épicharme, cité par Jamblique dans l'histoire de Pytbagore, était contemporain de Platon. — Eudoxe l'astronome, pythagoricien et ami de Platon , était superstitieux, et n'examinait pas assez les auteurs dont il faisait usage; c'est du moins ce que lui reproche Strabon. — Aristippe, cité par Diogène, était disciple de Socrate; il a écrit sur son maître et sur les anciens philosophes; mais il ne reste rien de lui, et il a été peu cité. — Xénophon ( 36o avant Jésus-Christ ), disciple et historien de Socrate, mérite la confiance dans la plupart des choses qu'il nous apprend j cepen-

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dant on Tst accusé d'embellir parfois se» sujets.-^ Kntistbèoe, qui termiue cette période » vivait peu de temps avant Aristote; c'est, d'aprèaMeiners et plusieurs ancienf»! un menteur, qu'Aristote a cru sur ce qu'il dit des sciences des Égyptiens et des Babyloniens,

Ue toute cette série, il n'y a donc que Platon qui puisse être de quelque poids; ce que nous fournissent le$ autres ue sert réellement qu'à rectifier ou à confirmer quelques faits asse^ peu nombreux. Si l'on joint à cette pénurie rinçertitude de la chronologie grecque, laquelle n'a commencé à être un peu déterminée et fixée qu'au temps de Socrate et de Platon, on comprendra toute la difficulté que l'on doit rencontrer dans l'emploi de ces premiers matériaux. La seconde période va nous donner quelque chose de plus satisfaisant*

IL ^risMe et se^' contemporains. Les auteurs dont nous allons parler sont les plus importants , parce que tous les historiens qui sont venus ensuite ont surtout puisé dans leurs ouvrages; et du degré de confiance qu'ils méritent, dépend celui des faits qu'ils ont avancés, Nous y établirons deux classes: l'une renferme ceux dont il nous reste de* ouvrages, ou qui ont été très-fréquf mment cités ; l'autre, ceux qui l'ont été peu et dont il ne reste plus rien.

A la tétfl des premiers se présente Aristote (384 avant Jésu^Cbristi 99® olympiade), le premier par lequel nous qonnaissions quelque chose des anciens philosophes grecs; il est leur historien le plus sûr etleplusdignedefoi. Il surpassa sans exception tous ceux qui vinrent après lui, pprsa pénétration, par son amour pour l'étnde, par son érudition « Il avait au-dessus d'eu^^ de grande^ liaisons et de l'opulence } il avait tout le zèle et ^activité nécesmf^ pour employer cqs deu» moyens mj^ progr4« iks

A¥AKT ARiaXOTO. ^9

sciences et au profit de l'érudition ; il fut }e premier dans la Grèce qui forma une^ bibliothèque complète. 11 possédait, comme le prouvent ses écrits^ les ouvrages de tous les poètes et de tous les philosophes anciens. Il vivait avant l'époque ou au commencement de l'époque pendant laquelle les Grecs furent attaqués de la manie générale de supposer des livres. C'est à tort qu'on l'a accusé d'avoir falsifié la doctrine de ses prédécesseurs, pour se donner le mérite de la combattre^ et augmenter sa gloire en s'appropriant leurs découverte^. Quiconque en effet a lu Aristote saura qu'au contraire il cite souvent les propres expressions, qu'il raconte les opinions en historien, et les réfute en philosophe; ou bien qu'il accepte et approuve de irès-longs passages de ses prédécesseurs, en les fortifiant. A quel propos d'ailleurs se serait-U arrêté à réfuter des opinions supposées et chimériques, qu'aucun de ses auditeurs n'aurait connues? Comment aurait*il osé attribuer, à des auteurs qu'ils lisaient aussi bien que lui, des opinions qu'ils n'auraient jamais émises? et quelle confiance aurait -il méritée aux yeux de ses disciples, s'il s'était attribué des doctrines et des découvertes qu'ils savaient bien appartenir à d'autres? Il n'y avait pas alors d'Allemagne inconnue au vulgaire, pour fournir ses élucubrations à un petit nonv* bre de privilégiés qui en profitassent.

Les calomniateurs d'Aristote, car il en eut, étaient disciples et partisans des philosophes célèbres qu'Arislote avait blâmés ou réfutés dans ses ouvrages , et aucun d'eux n'osa lui reprocher' ni plagiat ni falsification. Son autorité est donc parfaitement établie } malheureusement il ne nous reste que ses grands ouvrages scientifiqiies , qui contiennent bien la doctrine et les opinions des anciens , mais non les circonstances de leur

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vie. La perte de ses ouvrages historiques est d'autant plus fâcheuse , que ses successeurs n'en ont donné que de rares extraits. Cependant Tordre dans lequel il cite les anciens est toujours le même et chronologique , et souvent il dit lesquels vivaient les premiers : sous ce rapport il supplée un peu à ce que nous avons perdu. Il est très'Certainement la source authentique où ont été puisées la plupart des opinions des philosophes qui ne sont pas apocryphes. Les opinions des philosophes de Plutarque sont copiées presque textuellement dans Aristote. Plutarque y a parfois mêlé des circonstances qui ne sont pas d'aussi bon aloi; et d'autres fois il a mis sur le compte de ses héros les développements qu'Aristote ajoutait à leur opinion pour la confirmer. Nous en donnerons des preuves à l'occasion.

Aristoxène de Tarente, l'un des plus grands et des plus célèbres disciples d'Aristote , a écrit des vies des hommes illustres, une vie de Pythagore, et celles de plusieurs autres philosophes, louées par les Grecs. 11 est fréquemment cité par les hommes les plus célèbres de l'antiquité , dont les écrits sont parvenus jusque nous. Cicéron ' et d'autres louent sa rare érudition , ses recherches, et l'étendue de son génie. Cependant on doit lui reprocher d'avoir calomnié Socrate, trompé par un certain Spintharus, disciple de celui-ci. On l'a aussi accusé de s'être déchaîné en calomnies contre son maître, parce qu'Aristote lui avait préféré Théophraste pour successeur; mais d'autres auteurs anciens le justifient sur ce point, ce qui ferait croire à la supposition de ses diatribes contre Aristote. Aristoxène a aussi com-

' De Orat., 1. HT, ch. XXXIII; Àttic.^ 1. VIII, ch. IV; TuscuL qnœs.^ I,i8.

AVANT ARISTOTE. ^ï

niîs quelques anachronismes. Tout bien pesë, il mérite pour la confiance le premier rang immédiatement après son maître. Nous avons de lui plus de fragments qu'on ne le croit communément , mais rien de complet.

Théophraste, le successeur d'Aristote, mérite la même confiance que son maître, des i-essources duquel il hérita; car Âristote, en lui léguant son école, lui légua aussi sa bibliothèque et ses propres ouvrages. Il ne nous reste plus de lui que ses Caractères, et ses livres sur les végétaux.

Nous entrons dans cette suile. d'auteurs qui ont falsifié les faits, ou supposé des livres de leur façon, qu'ils attribuaient à des auteurs anciens; ils méritent autant d'attention et peut-être plus que les précédents. Tous cependant ne sont pas coupables au même degré ; nous allons essayer de dessiner le caractère de chacun.

Dicéarque était condisciple et ami d'Aristoxène, mais il est loin de mériter la même confiance. Les uns , Cicéroff * entre autres, le louent comme historien, et comme géographe admirable et digne de foi. Strabon et Polybe lui reprochent au contraire beaucoup d'erreurs. Plusieurs de ses opinions nous prouvent qu'il était crédule, peu exact et négligent. — Héraclide de Pont, condisciple et disciple d'Aristote, est traité par tous les anciens et les modernes comme un imposteur crédule et vaniteux , qui faisait des ouvrages qu'il attribuait aux anciens, dans le but de tromper les connaisseurs et de rendre la pareille, lui-même ayant été ainsi trompé. 11 publia de la sorte des tragédies sous le nom de Thespis et d'Euripide. C'est dans ses contemporains que Diogène Laërce a puisé tous les faits qui font ainsi juger Héra-

• ^/ftVr.,n, a; VI, a.

43 iPOQUK GRECQUE

cUde« -^ Il faut joindre à Héraclide Cléarque, aussi dUciple d'Aristota, et ni moins crédule ni moins ef« fronté que son condisciple, d'après Âulu^Gelle et Diogène Laérce. Quant au prétendu ouvrage de cet écrivain, auquel Josèphe, contre Appion, a emprunté un passage 9ur la connaissance d'Àrjstote avec un juif, nous le croyons, avec Jonsius et Meiners % supposé. De plus, l'ouvrage de Josèpbe contre Âppion est probablement d'un juif du quatrième siècle- — Hermippe, sous Ptolémée Évergète, fut un des premiers philosophe^ grecs qui crut à la magie, et qui en traita dans ses écrits. Il parla le premier des ouvrages de Zoroastre, indiqua leurs titres , et fit monter leur contenu à àeux millions de lignes, simplement sur des bruits populaires. Il est fameux par ses impostures et son goût pour les fables, comme l'a fort bien prouvé Meiners*. Josèphe, ou plutôt son pseudonyme du quatrième siècle, contre Appion, le loue beaucoup; mais il est clair que c'est par une reconnaissance intéressée : il avait dit que Pythagore avait emprunté des Juifs plusieurs opinions et plusieurs usages; ce qui allait fort bien à ce juif, qui voulait relever sa nation à tout prix. — Andron d'Éphèse vivait aussi vers 336 avant Jésus-Christ. Nous savons peu de chose de lui, si ce n'est qu'il était superstitieux et crédule, quoique assez soigneux ; il a écrit sur les sept sages de la Grèce, — Théopompe, son contemporain, l'a beaucoup pillé. Il faut juger ce Théopompe avec sévérité ; il blâmait plus volontiers qu'il ne louait ; il a été accusé par les plus grands hommes d'être un détracteur méchant et partial, un plagiaire, un ra-

• Meiners, Hist de l*orig, des progrès, etc.^ des sciences dans ta Grêee^ 1. 1 , p. 164 et suivantes.

* Id. ibid., 1. 1, p. 184-188.

AVANT ARISTOTB. 43

conteur d'hUtorieUes, un inventeur de fables '. Telles saut les premières sources où ont été puisées toutes les erreurs et toutes les incohérences qui composent ce qu'on a appelé l'histoire de la philosophie des premiers temps de la Grèce ; nous aurons a discuter plus tard ce qu'il y a de vrai^

Parmi les auteurs de cette époque dont il ne nous reste plus rien et qui ont été peu cités, se rencontrent Zenon de Cittium , père des stoïciens ; Cléanthe son disciple , qui n'ont guère été cités que par Diogène Laérce. — Alexis de Thurium, poète comique, dont les fragments sont dans Crispin; un autre Alexis de Tarente a écrit sur la philosophie de Py thagore, — Enfin , Duris de Samos est un des historiens célèbres de la Grèce que l'on estime le plus, quoiqu'il ne soit pas exempt de fautes et d'erreurs^. Il a été souvent cité, mais nous n'avons plus rien de lui.

Nous allons voir tous les faussaires que nous venons déjuger, transportés et copiés à Alexandrie, où ils trouveront une foule d'imitateurs stimulés par l'appât du gain et des honneurs. Les Lagides, en arrivant au trône d'Alexandrie , démembré de la succession d'Alexandre le Grand , essayèrent de transporter en Egypte les sciences de la Grèce. Ptolémée Lagus Soter, le chef de la dynastie des Lagides, protège les sciences et les lettres, attire à sa cour les hommes qui les cultivent, par les récompenses et les honneurs qu'il leur accorde, Ses successeurs continuent ses efforts , et travaillent à l'envi à faire d'Alexandrie le foyer des sciences. La fondation de la bibliothèque et du muséum par Ptolémée V^^ vers

* Dionys., VI, 783-785, edit. Reiskii. Cïcéron.y de Leg., I, i. Porphy. ap, Euseb., Prœp. Evan, , ch* X, 3 ; Piutar. dans la Vie de Lysandre.

* Cicer., Mtic,^ II, a, 3 ; Diog. H. -

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3oo ans avant Jésus-Christ, va faire pulluler un nombre infini d'ouvrages que la cupidité attribuera aux auteurs les plus anciens, afin d'en obtenir un prix plus élevé. Mais l'étonnante stérilité de productions du premier ordre, au milieu d'une moisson si abondante de travaux littéraires, historiques et philosophiques, ne semblet-elle pas une confirmation puissante de l'incapacité des faussaires qui les produisirent, en même temps qu'elle prouve aussi leur effronterie, qui a jeté tant d'incertitude sur l'histoire? L'appréciation de ceux qui nous sont connus va mettre ces faits hors de doute.

III. Après Aristote, — Formation de la bibliothèque d Alexandrie. Après les temps d'Aristote arrivent deux hommes, Sosicrate et Néanthes de Cyzique. Le premier vivait après Héraclide de Pont et Hermippe, puisqu'il les copie: s'il n'est pas lui-même un inventeur de fables, ce n'est ni un historien ni un critique habile, autrement il n'eût pas puisé à de pareilles sources. — Néanthes était pythagoricien et vivait sous Attalus. Plutarque l'accusait de crédulité; il copia Hermippe, et fabric^ua comme lui des fables. Porphyre' et Diogène liaërce* fournissent des preuves de son ignorance.

Ces deux hommes nous conduisent de la Grèce en Egypte, où nous rencontrons d'abord Déraélrius de Phalère, bibliothécaire d'Alexandrie sous Ptolémée Lagus et sous Ptolémée Philadelphe, dont il encourut la disgrâce. Disciple de Théophraste, il se réfugia en Egypte par la crainte d'Antigone. Il a écrit une histoire des archontes d'Athènes. C'est lui qui commença à rechercher de toutes parts les livres podr augmenter la bibliolhè-

' De Abstin,^ ch. IV, 5.

» Ch. VIII, 55. .

AVANT AKISTOTÉ. ^5

que dont il était chargé. On a dit que par ses soins la Bible avait été traduite en grec; d'autres lui ont refusé cet honneur. Après lui, les livres affluaient tellement à Alexandrie, que les Ptolémées établirent sept juges pour apprécier le mérite de tous ceux qui étaient présentés. — Callimaque, surintendant de la bibliothèque d'Alexandrie, de Ptolémée Philadelphe à Ptolémée Évergète, a écrit un tableau de ceux qui se sont illustrés en quelque science que ce soit , en prenant un peu tout ce qui lui tombait sous la main sans distinction; et comme malheureusement les mauvaises sources et les livres apocryphes abondaient, il en résulte que son témoignage n'a presque aucune valeur. — Ératosthène deCyrène, né sous Ptolémée Philadelphe, fut appelé, par Ptolémée Évergète , d'Athènes à Alexandrie, pour être surintendant de la bibliothèque. Il jouit d'une très-grande considération dans l'antiquité, quoique Strabon lui reproche des conclusions fausses et des relations sans fondement. — Aristophane, disciple et successeur de Galiimaque et d'Ératosthène à la surinten* dance de la bibliothèque, obtint celte place, au rapport de Vitruve, pour avoir convaincu de plagiat plusieurs des auteurs qui présentaient des livres à la bibliothèque. Ce fait prouverait donc qu'on faisait faire des livres; et cela est d'ailleurs confirmé par Ptolémée Phiscon, qui employait toutes sortes de moyens pour augmenter sa collection; il accordait des honneurs et des récompenses aux écrivains, qui dès lors n'étaient pas difficiles sur le choix des matériaux.

Aux bibliothécaires il faut joindre quelques écrivains d'Alexandrie. Hiéronyme ou Jérôme était un célèbre pérîpatéticien qui vivait sous Ptolémée. Quoique souvent cité par les anciens, il parait peu exact. — Saty-

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rus péripatéticien^ et Sotion d'Alexandrie , paraissent avoir eu le même caractère. Sotion vivait sous Ptolémée Épiphane; son ouvrage sur la suite des philosophes est plein de faussetés, de contradictions et d'adachronismes; il est souvent cité par Diogène Laërce; et en comparant ses divers récits , il n'est pas difficile de le juger. Hétuclide, fils de Sérapion , sous Ptolémée Philométor, a abrégé Satyrus et Sotion, et ne mérite pas plus de confiance que le dernier.

Aristarque : il y a eu deux hommes de ce nom, l'un philosophe, 264 ans avant J. C, et l'autre le fameux cri» tique, 160 ans avant J. G.; il est assez connu. *-~Dé« métrius de Magnésie vivait du temps de Cicéron ; il a écrit sur les homonymes, ou les personnes qui portent le même nom. — Alexandre Cornélius, surnommé Poly^ histor pour sa grande érudition , vivait du temps de Sylla; il traite, dans ses ouvrages, de la suite desphiloso-^ plies grecs. 11 était crédule, et amusait les Grecs par des récits tirés d'auteurs étrangers ; comme Manéthon , Bé* rose et autres écrivains grécisés , qui , après avoir tout reçu des Grecs, brodèrent des histoires pour leur apprendre qu'ils leur avaient tout donné; et ce fut une troisième et nouvelle source de contradictions et d'erreurs. Cette fureur de chercher chez les peuples étrangers l'origine des sciences des Grecs, fureur qui domina depuis Alexandre et les historiens de sa suite, est encore prouvée par l'exemple de Philon , philosophe pythagoricien, qui vivait un peu avant notre ère. Les passages qui nous restent de lui démontrent son ignorance..

IV. Auteurs dont on ignore l'époque précise. Nous avons , avant de passer aux Latins , à dire un mot des auteurs dont nous ignorons l'époque précise , mais qui ont certainement vécu avant Jésus-Christ. C'est d'abord

AVAÎÏT ARISTOTË. 4?

un Eudoxe^ dont nous ne savons quHine chose: c'est qu'il attribua à Pythagore l'invention du système qui porte son nom, et qu'il sacrifia réellement une hécatombe. — Lycon d'Iasse se disait disciple de Pythagore; c*est un des calomniateurs d'Âristote les plus acharnés et les plus injustes. — Lycus, péripatéticien, était un histo-» rien très«négUgent. — Androcyde, appelé pythagoricien par Nicomaque ^ ne nous a laissé qu'une seule légende dans son écrit sur les symboles des pythagoriciens; — * Anticlide, cité par Athénée, Plutarque, etc. — Rufus et Myniès ne nous sont connus que pour être cités. — Hippobote, pythagoricien, avait écrit une histoire des hérésies ou sectes grecques, et de leurs fondateurs; il mérite peu la confiance et est plein de fables. — Lobon d'Argos, cité par Diogène Laérce, a écrit un livre sur les poètes. — > Hippias; il y en a eu deux : l'un d'Éléé, cité par Plutarque dans la vie de Nicias , et l'autre d'Érythrée, cité par Athénée. — Il y a eu aussi trois Glaucus : l'un deLocres cité par Athénée, l'autre d'Athènes, et le troisième de Rhegium^ sous le nom duquel des ouvrages ont été supposés. — Démocrite d'Éphèse a écrit sur Éphèse et sur Samos. — Timée, autre que le contemporain de Platon, puisqu'il a copié Héraclide et Hermip«* pe,a recueilli tous les prétendus miracles de Pythagore, et écrit des histoires; il se contredit souvent, et on peut dire de lui comme d'Héradide de Pont, qu*il ne mérite aucune croyance : ce jugement est fondé sur le témoignage de Plutarque % deLongin, et de tous ceux qui l'ont cité.' — Enfin AntilochUs, cité par Clément d'Alexandrie et par un anonyme, a décrit l'histoire des philosophes depuis Pythagore jusqu'à Ëpicure.

« Vol. m, 335 } Polybe, Hist^^^ Xn, i. 6 } ch. i5, i6.

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V. Auteurs latins açant Jésus^ChrisL Ces auteurs sont au nombre de quatre, Varron, Cicéron, Lucrèce et Ovide. — Varron (i 16 avant Jésus-Christ) est souvent cité par saint Augustin sur les dieux du paganisme et les opinions des philosophes: auteur assez estimé, il ne nous reste plus de lui que son traité de la langue latine et son âfe Re rustica; il était ami de Cicéron (106 avant notre ère), dont nous n'avons pas besoin de discuter le mérite : ce grand orateur est toujours aussi consciencieux qu'habile quand il a de bonnes sources ; mais malheureusement il a été parfois trompé comme bien d'autres, et a puisé dans les auteurs dont nous avons parlé précédemment.— liucrèce (gS avant Jésus- Christ) nous a conservé dans son poème de la nature des choses les opinions de plusieurs anciens philosophes grecs, qu'il combat comme opposés au système d'Épicùre, qu'il avait embrassé. En comparant ce qu'il dit avec les passages analogues d'Aristote, on voit qu'il est très-fidèle, et qu'on peut avoir confiance en lui. — Ovide (43 avant Jésus-Christ) est moins digne de foi ; le genre de son poème demandait des fables, et il les a accueillies. Ainsi toute son histoire de Pythagore , chant XV des Métamorphoses, est pleine de faits controuvés, et contient même des anachronismes positifs.

VI. Après Jésus'Christ. Nous commencerons cette dernière classe par des auteurs que nous aurions encore pu ranger parmi les précédents^ mais qui nous ont paru mieux placés ici. — Le premier est Diodore de Sicile, qui vivait sous César et Auguste : crédule, mais fidèle et vrai dans ses récits, s'il puisa dans Aristoxène, il copia aussi Dicéarque et toutes les fables de Ctésias sur Babylohe. Sa bibliothèque et ses excerpta sont pourtant à consulter. — Didyme d'Alexandrie, compilateur in-

AVAIVT AAldTOtË. 4$

faligable et sans soin , composa une foule d'ouvrages dont il parait que la perte n'est nullement à regretter. — Vitruve, sous Auguste, a écrit sur l'architecture un ouvrage en dix livres qui est venu jusqu'à nous. — Alcimus 9 qui vivait peu de temps après Jésus-Christ, a écrit sur l'Italie, et est cité par Athénée, — Strabon ( i4 de Jésus-Christ) était sans contredit un des écrivains les plus savants et les plus éclairés de son époque. 11 a écrit une géographie dont l'exactitude nous surprend encore, et à chaque ville il nomme les hommes illustres qu'elle a produits, et dit un mot d'eux. Non-seulement il connaissait très-bien les ouvrages des plus grands hommes, mais il les examinait. Il poursuit avec une sévérité inexorable les fables et leurs inventeurs; cependant , d'autres fois , on peut aussi lui reprocher de la crédulité ou de la faiblesse. — Thrasylle, platonicien, vivait sous Tibère ; il a écrit sur l'Egypte. Timon Apolloniade , cité par Dîogène Laérce. était du même temps, aussi bien que Dioscoride, médecin et botaniste estimé, cité par Galien et par Plutarque. — Pomponius Mêla a composé une description du toonde, en trois livres qui sont venus jusqu'à nous. L'Égyptienne Pamphila vivait sous Néron ; elle a composé des histoires mîscellanées et abrégé Ctésias , et ne mérite par conséquent pas plus de confiance que lui. Il faut penser autrement de Sénèque, qui, dans ses divers ouvrages, nous fournit aussi des renseignements.

Modératus de Gadès , pythagoricien du premier siècle, ignorant l'histoire , prétendait qu'Aristote et Platon s'étaient attribué les découvertes de Pythagore. Pour les rendre à son maitre , il donna à la philosophie prétendue de Pythagore une forme tout à fait platonicienne. Il transforma toute l'arithmétique des pythago* T. • 4

5t) iFOQUS OUBGQUE

riciens eti nù système de signes hiéroglyphiques pat* lesquels il prétendait qu'ils avaient exprimé leurs idées sur l'essence des choses invisibles, toujours égales et immuables, et sur celle des choses sujettes au changements Il doit donc être relégué parmi les conteurs. Nous ne connaissons que le nom de Muséus, granimai^ rien qui vivait sous les Césars. Pline, qui florissaif dans le premier siècle, est le plus fameux compilateur connu ; son témoignage a rarement de la valeur^ à moins qu'il ne cite ses sources. Cependant il critique quelquefois les fables. — Auprès de lui arrive Apollonius de Thyane, imposteur qui se donnait pour la véritable image de Pythagore. 1} réalisa dans sa vie toutes les fables qu'on débitait sur son modèle , et les choses qu'il ne pouvait faire il les supposait. Il fit passer toutes ses extravagances pour les actions de Pythagore^ dans la vie qu'il en donna; en sorte que Philostrate , qui a écrit sa vie à luimême , n'a eu qu'à reproduire celle de Pythagore. L'un et l'autre ont été copiés par Jamblique et Porphyre. C'est en grande partie d'Apollonius de Thyane que les Romains empruntèrent leur jugement sur Pythagore. — Flavius Josèphe , juif du premier siècle, est assurément un excellent historien de sa nation; mais, crédule de son naturel, il a adopté parfois les fables des inventeurs grecs et alexandrins. — Solin, qu'on a appelé le sii^e de Pline, n'est que son plagiaire, — Érotion vivait sous Néron, et Artémîdore Capito,cité par Galien, sous Adiien. — Gelse, philosophe épicurien du second siècle ^ est assez connu pour ses mensonges et ses calomnies ^ qui ont été plus d'une fois exhumés de l'oubli par des esprits d'une trempe semblable à la sienne. Tout au contraire de Celse, Numénius (deuxième siècle) prélendaît . que Platou avait {misé dsi^ Moïse. C'est aussi vers ce

ItAirt ÀKtàtotB. 5r

temps que Vivait Luciett, qui fit tnétîer de critiqUet tous les philosophes et toutes les croyances. — Les Nuits attîques, d'Aulu-Gelle ( r 3o de Jésus-Christ)^ sont importantes à consulter; la critiqué qui A présidé à leur i'^daction inspîi'e de la confîaticê en ce qu'il peut dite. «— Favorin vivait sous Adrien , et Apulée sous Antofiitl et Marc*Aurèle; ces deuA auteurs sont assez sotivetit cités. — Pausanias de Césaiée en Cappadoce^sotis An* tonin le Pieux , a écrit sur la géographie et les antiquités grecques.

Plutarque de Chétùnéëi s'il.âVail Un peu plus de critique, s'îl Savait estimef ses autorités, s'il citait plus souvent ses sources , serait un des auteurs les plus importants à consulter. Il a copié Arîstaté presque fnot pour mat dans ses opinions des philosophes, sans le dire toutefois; il a même souvent mis sur le compte de ces philosophes ce qu'Arîstote ajoute à leurs idées. Ainsi Aristote avait dit qu'Anaxagôfe mettait l'homme àu-dessu» de tous les animaux, parce qu'il avait des mains: mais en acceptant cette idée, Aflsfote avait ajouté que c'était parce que les maihs étaient l'instru*ment de rintelligèncè , et que rintelligenéè seule servait à l'homme à dompte^* tous les animaux. Plutarque à mis le tout sur le coiïipté d'Anaxagore, tandis qu'Ari»tote reproche k celui-ci de n'avoir placé la supério^ rite de l'homme que dans ses mains'. Mais Plutarque n'a pas seulement copié Aristote , il a encore plus copié tous ceux qui sont venus après lui. Il nous a laissé les vies des hommes illustres , les opinions des philosd-

' Nous pourrions citer bien d'autres preuve^ de notre jugement, car nous avons fait une comparaison de Plutarque et d*A.ristote que tout le monde pourra faire, en prenant simplement tes passages que ntm citerons plaà tard.

5a EPOQUE GRECQtJK

phes, et quelques traites de morale; il était épicurien.

Athénée , qui vivait de Marc-Aurèle à Alexandre-Sé^i» \ère, nous a laissé le Déipnosophiste, ou Souper des sages; c'est un recueil d'érudition sur toute espèce de choses. •— Nicomaque vivait dans la seconde moitié du second siècle; il se disait pythagoricien. Il suivit les traces de Modératus et d'Héraclide de Pont, et ne mérite pas plus de confiance qu'eux. Cependant Jamblique et les néoplatoniciens en font le plus grand éloge ^ ce qui montre quel cas on doit faire de leur sentiment. Apollodore l'arithméticien a vécu après INicomaque, puisqu'il le cite; mais il a aussi vécu avant Diogène Laërce.

Diogène, qu'il ne faut pas confondre avecLaèrce, a vécu on ne sait trop quand ; mais comme il a copié Aristoxène, Héraclide , Timée, Néanlhes , Modératus et f^icomaque, il doit avoir vécu dans la première moitié du troisième siècle; c'est un auteur crédule , peu connu et peu estimé de son temps même.

Diogène Laërce vivait probablement sous Autonin le Pieux, mais certainement après Plutarquè, qu'il cite. Homme crédule, écrivain sans méthode et sans ordre, souvent en contradiction avec lui-même, il n'avait ni le dessein ni le talent d'inventer des fables. Il a aussi bien suivi Héraclide, Hermippe, Timée et Néanlhes, ilju'Aristoxène et Aristote. Il conserve presque toujours les propres paroles des auteurs qu'il cite, ce qui donne à son style une inégalité et une bigarrure frappante. On peut donc le croire comme les compilateurs de bonne foi, quand on est sûr qu'ils ont puisé à de bonnes sources. C'est lui qui nous a conservé les noms et les dires de la plupart de ses prédécesseurs dans ses vies des philosophes, seul ouvrage qui nous reste de lui. Souvent aussi il ne cite pas , et se contente de dire on dit; d'au-

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