AVANT ARISTOTE. SS
très fois îl fait lui-même des vers à la louange de ses héros, en sorte qu'il se mêlait également d'amplifier. Son contemporain Sextus parait avoir puisé dans les mêmes sources que lui.
Élien , qui vivait vers Fan 22a, n'est que le compila* teur de Ctésias, et de tous les historiens analogues qui suivirent Alexandre. — Porphyre (a33) a plagié tous ses prédécesseurs, et souvent sans critique. On peut en dire autant de Jamblique, son successeur et son co^ piste. Jamblique commet de plus, par une négligence impardonnable, une foule d'anachronismes ; il vivait sous Julien l'Apostat.
Saint Clément d'Alexandrie (217), Eusèbe de Césarée (326), saint Augustin (354-45o), et tous les Pères des premiers siècles, sont très-certainement des autorités de bonne foi; mais comme ils n'ont pu puiser que dans des sources corrompues, telles qu'elles étaient alors , leur témoignage , en ce qui concerne les premiers philosophes grecs , est de peu d'importance.
Après eux vient Stobée, de la fin du quatrième siècle au commencement du cinquième; il suit Plutarque presque partout; il nous a conservé des fragments de la plupart des philosophes ; mais il ne dit pas toujours où il a puisé, en sorte que l'authenticité de ces fragments manque souvent de certitude. — Simplicius, au sixième siècle, a commenté Aristote, et fait les arguments qu'on trouve à la tête de plusieurs livres du Stagirite; et là il a aussi parlé des anciens philosophes. Nous venons ensuite jusqu'à Suidas, qui commence le moyen âge (11* ou iîi« siècle), et quia fait dans son Lexicon grec une compilation sans choix et sans jugement.
Sans parler du moyen âge, qui a dû accepter les choses comme elles lui étaient transmises^ nous ne ci*
54 4?QQUE GHEÇQUE
|eroiis parmi les modernes ^ pour la ç|uestioii qui nouç occupe y que FHistoirq de l'origine, des. progrès et de 1^ décadence dos sciences dans la Grèce, par Christophe Meiners, professeur ordinaire de philosophie à i'wniyersitp de Goëttingue. C'est un ouvrage d'une l^aute critique^ pt qui mérite la confiance dont il jopit, Nous n'acceptons pas pourtant toutes ses vues, qugique nous l'ayons suivj et confirmé, après vérification, en bieq des points.
Si maintenant nous voulons conclure quelque chose de cet exposé succinct mais important, nous voyons que, dans la première période, Hérodote, Platon et Xénophop nous restent seuls, et qu'ils pous fournissent fort peu de chose. La seconde période est beaucoup plus importante, puisqu'elle nous donne x\ristote et Théophraste, dont nous avons les ouvrages, et de la véracité desquels nous ne pouvons douter; puis Àristoxène et Duris ^e Samos, qui sont souvent cités et dignes de foi. Après eux nous n'avons plus qi;e dep histoires fabriquées, que nous devons par conséquent rejeter. Cette proscription doit s'étendre à plus forte raison sur la troisième et la quatrième section, qui comprennent les faJDriçateurs alexandrins et les auteur^ inconnus. Les uns et les autres ne firent qu'augmenter les falsifications et les livres apocryphes.
Chez les Latins nous avons Cicéron et *Lqcrèce, qui sont de graves autorités dans la question présente.
Après Jésus-Christ, Strabon seql est digne de confiance; Pline nous donne beaucoup, il est vrai, mais il est nécessaire de le contrôler. Plutarqqe et Diogène Laêrce, qui sont en définitive toute la ressource qui nous reste aujourd'hui pour les circonstances biographiques, ne méritent pourtant aucune confianpe.
AVAîr» AHIftTOTK. Si
Nous $6Fa-t-il possible, ovec de tel» é|黀nU, d'arriver à quelque chose de satisfaisant? oous respérons, eo prenant Aristuteppur guide, et en écartant soigneu-* semept toutes les opinions trop douteuses qui ne seraient appuyées que par des auteurs peu croyables. Nous com-i mepœroa^ par ceux qu'on a appelés les sept sages.
II, LES SAGES DE JJL OEÀCE.
l^e nom de sage n'avait pas che? les Grecs la même signification que nous lui donnons, et il n'a pas tou<* jours eu chez eux non plus la même signification,
En rapprochant tous les textes des anciens auteurs, on trouve que le nom de sage était donné à ceux qui passaient pour habiles dans un art ou une science, et qui s'occupaient des connaissances les moins à la por« tée du commun ; et on donnait celui de prudent, pré^ voyant y à ceux qui s'occupaient de leurs avantages, de leur utilité, et de celle des peuples. Cette distinction est clairement établie par Aristote, au chapitre septième du sixième livre de l'Ethique à Nicomaque : « Il ressort donc, dit-il, de ce que nous avons dit, que ja sagesse est la science et llntelligence des choses qui sont les plus honorables par leur nature. C'est pourquoi on dit que Thaïes et Anaxagore , et autres , sont sages mais non prudents, parce qu'on les voit négliger leurs pro«« près avantages, tandis qu'ils savent les choses superflues, admirables, difficiles à connaître et divines, mais, dit-on , inutiles, parce qu'ils ne cherchent pas les choses humaines, tandis que la prudence concerne les choses humaines. » Plus tard le nom de sage fut remplacé par celui de philosophe, qui veut dire ami de la science, de la sagesse; car sagesse et science voulaient dire une même chose. Quand les s^v^nts prirent Je nom de phi-
56 iPOQXm GRiSGQtTE
losophe ) on donna le nom de sage à ceux qui s'occupaient des intérêts humains, de la société et d'euxmêmes , et qu'autrefois on appelait prudents. C'est alors que ce nom de sage fut appliqué à ceux qu'on a appelés les sept sages de la Grèce.
Il ne faut donc pas conclure de ce nom que les sept sages fussent des savants et des philosophes ; tout prouve qu'ils n'étaient que des hommes prudents, dans le sens qu'Aristote nous l'a expliqué. En effet, ni Platon ni Aristote, ni aucun autre ancien avant Plutarque, n'a parlé d'écrits des sept sages; et ce dernier ne cite qu'avec beaucoup d'incertitude et de doute des vers attribués à Thaïes. Dicéarque prétend qu'ils n'étaient ni des sages ni des philosophes, mais des hommes intelligents, et propres à former des législateurs. D'après Plutarque, ils s'attachaient plus particulièrement à la partie de la philosophie morale qui traite de la politique.
Jamais l'antiquité ne les a donnés comme des philosophes ou des savants; elle ne nous a transmis d'eux que quelques sentences. Or, si l'on examine ces sentences, attribuées aux sept sages par Platon, Aristote, Diogène, l'auteur du Banquet des sages , Démétrius de Phalère, Sosiade et Stobée, etc., on voit bientôt que chacune de ces sentences a été attribuée à chacun des sept sages j que, dans les derniers temps, les Grecs n'ont pas su eux-mêmes celles qui appartenaient à chacun d'eux ; et que, surtout, il y en a plusieurs de supposées ^. Elles sont toutes du reste très-simples, et ne sortent pas de la ligne de tous les proverbes des peuples enfants , proverbes que nous retrouvons encore naissant et se perpétuant dans nos campagnes patriarcales^ où les anciens
^ » Voir Diog. Laërce, Fie de Thaïes.
AVANT ARÎSTOTK. S^J
du village sont respectés et consultés , et donnent leurs réponses en s'appuyant de sentences analogues et tra« ditionnelles.
Les sages de la Grèce étaient donc des hommes doués probablement des grandes qualités de Tesprit et du cœur, réunissant une prudence mûrie par une expérience de plusieurs années , avec toutes les connaissances que l'on regardait alors comme utiles; ils étaient y à cause de ces qualités mêmes, consultés dans les circonstances les plus graves , et employés dans les affaires publiques les plus difficiles ; ils travaillaient à rendre leurs concitoyens meilleurs , par des sentences pleines de sens et faciles à graver dans la mémoire des peuples. Tout ce que Ton cite d'eux, soit de leure paroles, soit de leur vie, tout ce que l'on sait du commencement de tous les peuples, prouve et confirme cette manière de juger. Il n'était donc pas nécessaire qu'ils fissent de longs voyages chez les peuples étrangers, chez les Babyloniens, les Indiens, les Égyptiens, pour y apprendre des sciences qu'ils ignorèrent, et que ces peuples ne connaissaient pas encore. Leurs voyages se bornèrent tout simplement à la Grèce et à l'Asie Mineure. Selon le témoignage de tous les anciens , Thaïes de Milet fut le premier et le seul des sages de la Grèce qui fit des recherches et des observations sur l'origine des choses , sur la grandeur et le mouvement des corps célestes, sur les phénomènes météorologiques; enfin, sur lui-même et sur Fâme humaine; peut-être aussi jeta-t-il les fondements de la géométrie : c'est ce qui le fit appeler dans la suite le père de la philosophie grecque ^ C'est aussi le seul , avec Solon, qui ait passé pour
' Aristoie; Strabon, I. XII ; Plutarqoe» Fie de Salon ; Cicéron , Be nauin Deor., 1. I et II.
58 l^POQUP (ïliPCQl]^
avoir voyagé en Egypte et eo Phénicie. Nous allons étu^ idier ces données, et commencer par Thftlès l'histoire de la philosophie avant Aristote.
m. PHILOSOPHES AHT^A&ISTOTlÊLlClEirS.
Thaïes de Milet^ 38® olympiade ^ , environ 636 aidant Jésus-Christ y ou 63cf ou 64o.
I. Sources, Thaïes relie donc les sages aux philoso* ph^s d^ 1^ Grèce, dpnt il est le plus ancien. Le premier auteur qqi ait parlé de lui est Hérodote (i**® année de la 7î^® olymp.i 489 avant Jésus-Christ), qui vivait environ i5o ans après lui; il n'en parle que sur des bruits pu«hlics ^j et d£|qii trois endroits seulement. Dans son prejuier livre, au chapitre soixanteK}uatorzième, il dit que, pendant uv) combat entre les Lydiens et les Mèdes, le jour deviqt tQut à coup la nuit; et il ajoute que Tbalès le Milésien ayait prédit ce changement du jour en nuit aux Ioniens, Au chapitre soixante-quinzième, il dit que c'était un bruit général parmi les Grecs, que Thaïes de Milet avait fait passer le f^e^v^ Halys à Crésus, lorsque ce prince marchait contre Cyrus, en lui conseillant de p^irtager le fleuve en deux lits 9 et de le rendre par là gi|éable. Quoique pette espèce de tradition ait été àdoptép ensuite par unq foule d'écrivains, Hérodote pense
* La chroqologie grecque est de la plus grande incertitude pour les temps anciens. « Avant les olympiades, dit Jules Africain ', vous ne trouvez rien de précis ni d'exact dans la chronologie grecque, tous les faits ayant été mêlés , et ne s'accordant nullement entre eux avant cette époque.» Jules Africain , ap. Ëusèbe, Praep. £v., 1. X , cb. X, p. 4B7. — Une olympiade était une révolutioii de quatre ans; la première a commencé au mo}s de juillet 77a ou 776 ayant J, Ç,, suivant la plus commune opinion.
^ *0ç fii^ ffûXoa li^oç m^vûiv, liv. I, eh. LXX:!V.
que Çr^i^us, gtaqt arrivé sur les bords ^e lHalys, n'eut besoin que (le fair^ pai^ser i^pp arniée sur Ifs pont? qu'il y trouva. Au chapitre cent §oi\ante-4ixièine, Hérodote dit que I^i famille de Thaïes de Milet était originaire de Phéniçie , ^t que , dftos l'assemblée de ripnip qui sa tenait à Téps | il çoqpçjUa ^Mx lonien$ de sg ponfédérçr.
Platon, qui vivait deqjc cents et quelques années après Thaïes, en a parlé m plusieurs endroits, mais sans aucune particularité biographique, si ce n'est qu'il cite la fable de sa chute daps une fosse, eq observant les astres. L'origine dp cette fable est dans pne letlre évidemment sqpposée d'Aqa)j.imène à Pythagore, citée par Diogène Laérce.
Aristote, le premier qui nous ait clairement fait connaître les opinions de Thaïes, n'en parle jamais que d'après la tradition : on dit y o^ f apporte ^ oji attribue. Jl l'appelle toujours Thaïes le Milésien, et le donne comrne le maître d'Anaximandre. Il le cite également comme le premier théologue naturaliste^ le preipier qui se soit occupé d'observer les phénomènes phvsiques S On regardait, dit-il, Thaïes, Apaxagoreet d'autres, coipme des hompies sages qui s'occupaient des choses élevéeç, mais non comme des hommes prudents ^ parce qu'ils négligeaient leurs propres intérêts et les choses humaines*. Cependant, comme on objectait à Thaïes l'inutilité et la stérilité de l'étude de la philosophie, à cause de sa pauvreté ; ayant prévu par l'astrologie que cette année serait fertile en olives , il se procura un peu d'argent, puis , dès l'hiver , acheta des oliviers ; et quand la sai-
* Arist., 1. I , Métaph, , ch. III.
•Eth. àNic, 1. VI,ch.Vn.
6o ]^I»ÔQtT£ GRCCQtTE
son fut venue , îl les revendît , en lira beaucoup de gain, et prouva ainsi à ses amis Futilité de la science. Aristote ' dit qu'on lui attribue ce trait; mais on l'a aussi attribué à plusieurs autres , et nous soupçonnons pour cela même que c*est un conte des Grecs.
Nous avons plus de confiance èti ces paroles d^Aristote : «Thaïes, prince de cette philosophie qui observe les phénomènes naturels, dit que Teau est le principe de tout 9 que tous les êtres ont été produits par elle, et qu'ils doivent tous s'y résoudre. » Après avoir exposé assez longuement cette opinion de Thaïes, il ajoute : a Si donc cette opinion sur la nature est antique et vieille, cela n'est pas évident. Cependant Thaïes est dit avoir pensé de cette manière sur la première cause *. » On lui attribue aussi l'opinion très-ancienne qui dit que la terre repose sur l'eau ^. Les philosophes anciens tenaient qu'il y a une intelligence répandue dans tout l'univers, et c'est peut-être ce qui avait pei*suadé à Thaïes que tout était plein de dieux : car il pensait qu'il y a une âme du monde; que l'âme est une nature se mouvant toujours et soi-même; que tout a une âme, même l'aimant, puisqu'il meut et attire le fer ^.
Telles sont les opinions qu'on attribuait à Thaïes suivant Aristote; mais il ne faudrait pas trop se hâter de prononcer sur cette question de l'âme de l'aimant, et de tout ce qui se meut; car si, comme nous le prouverons, le traité De anima y d'Aristote ,' est une physiologie sur la vie , ne serait-il pas permis de croire que les anciens, pas plus que lui, n'entendaient pas par le
« Politiq., 1. I,ch.VII.
» Métaph.^\.l,c\ï.lll,
3 DucieL, l.II, ch.XIII.
* De la vie [De anima ) , 1. 1, eh. II et V.
AVANT ARISTOTIS4 6i
moi psjyché (ame) ce que nous entendons, mais simple* ment la vie ; et alors leurs opinions seraient moins exagérées et plus vraisemblables.
Cicéron dit que Thaïes de Milet, le premier qui ait examiné ces questions , a dit que « l'eau est le principe de toutes choses,» et que «Dieu est cette intelligence par qui tout est formé de l'eau ^ » Cicéron semble avoir copié ici le passage du chapitre troisième du premier livre de la Métaphysique d'Aristote ; c'est le même sens et presque les mêmes termes.
ce De Milet, dit Strabon, furent des hommes dignes de mémoire : Thaïes, l'un des sept sages, qui fut parmi les Grecs le premier auteur de physique et de mathématique, et Anaximandre, son disciple, et Anaximène, disciple d'Anaximandre *.»
Pline a parlé de Thaïes pour l'éclipsé prédite, dont Hérodote a fait mention le premier ^. Il Ta donné ailleurs comme inventeur des horloges, et a cité l'histoire des oliviers.
Plutarque de Chéronée, qui vivait sept ou huit cents ans après Tlialès , a résumé à peu près tout ce qui circulait de son temps sur le philosophe dé MiJet. — Il dit qu'il voyagea en Egypte , qu'il y apprit que l'eau est le principe de toutes choses , qu'il est le plus ancien des sept sages, le premier auteur de la philosophie, et le chef de l'école ionienne; qu'il publia sa doctrine en vers, etc. C'est absolument tout ce que dit Aristote, sauf deux circonstances : la première est le voyage en Egypte, que nous discuterons bientôt ; la seconde est la publication de sa doctrine en vers, que Plutarque donne comme
' De Im nature des dieux* » Str. Géog., 1. XIV.
^ ffist.naL,\. II.
douteuse^ et que nous pouvons pftf conséquent bien rejeter après un homme si peu difficile.
Athënée, au onzième livre du Déipnoso^hîsle , fait dire à Phénix de Colophon^ dans ses !anibes, que «Thaïes^ qui fut un citoyen tfès*utile à sa patrie, et de beaucoup le plus probe parmi plusieurs hommes de W joiéme siècle y reçut un Tase d'ori » Ce vase d'or ést saftô doute la coupe (d'autres disent un autre vAse, d'autres le trépied y que leâ sept sages se renvoyèrent, et que Thaïes aurait consacré à Apollon, dans le temple dô Delphes , au dire de Diogène Laêrc^»
Diogène LaërcCf dans sa vie de Thaïes ^ a résumé tout .de qu'on a pu dire sur son compte; il est hécessairé d'apprécier les autorités sur lesquelles il s'appuie. «Hérodote, Duris et Démociite, diuîl, dise&l qUe Thaïes naquit d'Examius et de Cléobuline , qui était issue des Thélides, famille fort illustre parmi les Phéniciensr, selon Platon^ qui fait descendre cette maison de Cadtdu6 et d'Agénor. Thaïes est le premier qui porta le nom de sage.» Immédiatenient après des autorités aussi imposantes et les plus anciennes de toutes, Diogène , comme s'il les rejetait à cause de leur ancienneté même, ajoute, sans dire de qui il le tient : « Ce philosophé ayant suivi Nilée à son départ de Phénicie^ son pays natal, obtînt à Milet le droit de bourgeoisie ; d'autres conjecturent pourtant qu'il y prit naissance d'une maison noble du lieU4 )> Eu présence d'une contradiction double et aussi flagrante, il n'y a pas à balancer pour accepter l'opinion qui fait naître Thaïes à Milet, surtout quand l'sittre n'est appuyée sur aucune autorité.
« Pamphila, dit encore Diogène, rapporte qu'il étudia les éléments de la géométrie chez les Égyptiens; mais si l'on se rappelle que Pamphila était une Égyptienne,
que de plus elle était femme savante , ôti aut*a bied de la peine à ne pas regarder son assertion comme un petit mouvement de vanitë en faveur de son pays. Si Ton djoute qu'elle copia Clésias et les fabricateurs de la bibliothèque d'Alexandrie, on sera bien tenté de regarder son récit comme apodryphe. «Cependant, continue Diogène, Thaïes n'eut jamais de précepteur, excepté qu*îl s'aUaeha aux prêtres d'Egypte. Jérôme de Rhodes rapporte qu'il connut la hauteur des pyramides par Tobservation de leur ombre, lorsqu'elle se trouve au même point d'égalité avec elles.» Ces deux nouvelles assertions sont fondées sur les mêmes témoignages sans doute; mais il est malheureux que l'assertion de Jérôme, qui fut l'un des copistes et des inventeurs de la bibliothèque d'Alexandrie, soit en contradiction avec celle de Pamphila ; car celle-ci dit qu'il apprit la géométrie en Egypte, et celui-là insinue qu'il fut le premier à connaître la hauteur des pyramides par l'égalité de leur ombre. Mais comment Thaïes, qui venait apprendre la géométrie en Egypte, découvrit-il à se^ màitres les propriétés des triangles semblables que sa découverte sup^ pose, et qu'ils ne devaient pas connaître, puisqu'il les leur apprend? Sans doute ces propriétés des triangles ne dépassent pas ce que nous appelons aujourd'hui les éléments de la géométrie ; mais si l'on se rappelle que le carré de i'bypoténuse, attribué à Pytbagore, parait cependant plus probablement la découverte d'Eudoxe , qui vivait longtemps après, on aura peine à croire que les propriétés des triangle» fussent connues de Thaïes: ' quand même cela serait, l'assertion de Jérôme t\e serait pas prouvée pour cela; car il dit qite ce fut au moment où la longueur de l'ombre égale celle des pyramides ^ %ue k hauteur de celles-ci fut mesurée; ce qui, outre les
64 liPOQU]^ Ctt£CQU£
propriétés des triangles, suppose encore des connaissant» ces astronomiques assez simples , il est vrai , mais que Thaïes dut apporter 'd'ailleurs, puisqu'il les apprit aux Égyptiens. Mais d'où les tenait-il . lui qui ne connaissait pas la géométrie quand il vint en Egypte? Ce sont là des assertions si contradictoires, qu'il est impossible de les admettre.
a Le Nil, dit plus loin Diogène, mérita aussi son attention. Il prétend que les débordements de ce fleuve étaient occasionnés par des vents contraires, qui revenaient tous les ans et faisaient remonter les eaux.» Mais où Diogène a-t-il pris cela? il ne le dit pas; où Tbalès a-t-il parlé de la sorte? Il n'a rien écrit, ou s'il a écrit, on ne possédait plus ses œuvres du temps de Diogène, car il n'en parle que sur des on-dit. D'autre part, on a mis sur le compte d'Ânaximandre et de plusieui*s autres, qui n'avaient certainement point été en Egypte, la même explication des débordements du Nil : elle ne prouve donc rien.
Enfin , la dernière assertion , sur laquelle repose tout l'échafaudage du voyage de Thaïes en Egypte, est contenue dans une prétendue lettre de Thaïes à Phérécyde , dont Diogène dit : « On attribue à Thaïes les lettres suivantes.» Il n'était donc pas sûr lui-même de leur authenticité. Voici ce que contient cette lettre : « Ne croyez pas que nous soyons, Solon et moi, si peu raisonnables, qu'après avoir fait le voyage de Crète par un motif de curiosité, et pénétré jusqu'en Egypte pour jouir de la conversation des prêtres et des astronomes du pays, nous n'ayons pas la même envie de faire un voyage pour nous trouver auprès de vous. » Dans la même lettre il dit à Phérécyde : « Vous êtes le premier des Ioniens qui vous préparez à donner aux
AVANT ÀRISTOTÊ. 6S
Grecs un traité sur les choses divines ; » et à la fin : ce Mais nous 9 qui n'écrivons point , nous parcourons la Grèce et TAsie. » Outj-è.que ce dernier trait est une cojitràdiction formelle de' tout ce que Diogène raconte ^ur les écrits de Thaïes, qu'il, aurait .dû croire au moins sur parole, puisqu'il dit que lui et Soloa n'écrivent point, il (est in^posslbIç d'accepter Tâuthenticité de cette lettre. En effet, Pbérépyde, que l'opinion la plus générale s'accorde à regard<er cojnme le premier qui ait' écrit sur !es choses naturelles et divines ^ était postérieur à Ânaximandre de quelques otympiades ; il était contemporain d'Â.naximènes, et vivait au plus tôt vers 5é6 àvpînt J. C. , et Thaïes vers 636, ce qui met entre les deux une distance de soixante-seize ans. Il n'est guère admissible que Thaïes, octogénaire, ait écrit une pareille lettre à un tout jeune homme; cela est opposé au caractère des S|ages,'qui ensçigiiaient les jeunes gens et n'apprenaient pas d'eux : mais de plus, comment supposer que ce vieillard ,.qui mourut quelques années après, voyageât encore comme dans sa jeunesse? La chronologie de Diogènè le réfute bien plus, fortement encore. Il dit que Phérécyde vivait 'dans la S^' olympiade, et que, suivant Apollodore, lliâlèâ naquit £a première antiée de la ^5^ olympiade, et mourut. à soixante-dix-hui't ans. ce, qui donne entre les deux vingtrguatre olympiades, chacune de quatre ahs^ jpar coùséquént quatre-vingt-dix-neuf ans à Thaïes au temps.de Phérécyde; et, suivant Apollodore, il* était mort depuis vingt et un ans. Il est vrai que Diogène cite une' autre cThrônologie d'après Sosicrate, suivant lequel Thaïes serait mort dans la 58* olympiade, a quatre-vingt-dix ans; mais cela n'est pas plus
66 ÉPOQJOE GRECQUE
favorable à la fameuse lettre, que nous devons dès lors ' regarder comme apocryphe,
Diogène transcrit, d'après Lobon d'Argos^ qui parait être de la même trempe qu'Héraclide de Pont, des vers qu^on lisait au-dessous de la statue de Thaïes : «r Cest ici Thaïes , <laas la personne duquel Milet rionienne, qui Fa nourri, a produit le plus grand des hommes par son savoir dans l'astrologie. » Ces vers s'accordant avec les témoignages d'Hérodote et des plus graves auteurs, et réfutant d'ailleurs plusieurs des assertions de Diogène, on peut au moins en accepter le contenu. Nous ne pousserons pas plus loin la critique des récits de Diogène ; il lésa tous puisés à des sources que nous connaissons pour suspectes, et ils ne valent pas la peine d'être discutés.
Mous n'avons rien à dire des modernes ; ils ont tous copié Plutarque et Diogène Laérce. Mais que reste-t-il de positif sur Thaïes? Nous allons le résumer en queliques mots.
II. Fie et opinions de Thaïes. Sa famille était oi iginaire de Phénicie, et descendait de Cadmusetd'Âgénor; peut-être par elle put-il recevoir quelques connaissances astronomiques des Phéniciens, ce peuple navigateur; et cela expliquerait sa priorité en lonie. Mais, quoi qu'il en soit, il naquit à Milet vers 636 avant J. C. Il ne sortit probablement jamais de l'Ionie et de la Grèce, et n'eut pas besoin d'aller en Egypte pour apprendre ce que les Égyptiens ne savaient pas. Il s'occupa des affaires de sa patrie , et fut le premier des sages qui s'appliqua à l'étude de la philosophie naturelle et de la théologie. S'il connut assez d'astronomie pour prédire une éclipse, les notions de géométrie qu'il
put donner auxMilésiens nç dépassaient pas les éléments les plus simples , comme on peut le voir dans Ëuclide.
Sa théologie et sa cosmogonie étaient encore moins élevées. Il enseignait que l'e^u est le princi|>.e de toutes (^os«6) que tous les êtres ont été produits par eUe> et qu'ils doivent tpuss'y résoudre'; que Dieu est.l^ jduç ancien des êtres „ n'ayant jamais éié engendré; et le' monde 3^ la plus magnifique de toutes choses, puisqu'il est Touvrage de Dieu*. Ce Dieu était pour lui comme l'âme du monde» et lo^it était plein de dieux. Il ajoutait que l'âme est i^ne nature se mouvant tour jours et soi-même; quQ l'aimq^t a une âme, puisqu'il meut et î^lire le fer ^; que les démons sont des substances spirituelles; que les demi-dieux, sont des âmes séparées des corps, et qu'il y en a de bons et de mauvai^^; que les étoiles sont terrestres, mais néanmoins enflammées; quil n'y a qu'un mpnde; que le soleil s'éclipse quand la lune se met droit au-dessous; que celle-ci est illuminée par le soleil; qu'il n'y a qu'une terre; qu'elle est ronde et au milieu ^^^ et soutenue par Teau^.
Plutarque et Diogène lui attribuent beaucoup d'autres opinions, qu'ils ont tout aussi bien attribuées aux pythagoriciens, aux sept sages de la Grèce , à Démocrite, etc.; et par conséquent elles n'appartiennent à personne en particulier.
Thaïes eut pour disciple Ânaximandre; mais il ne
' Arist., 1. c.
* Diog. Laër., f^Se de Thaiês.
5 Arist*, fi^ e^.
* Plut., Opin, des philosophes, 1. I, ch. "VIII.
* Plut., éd., 1. U, ch. XIII, I, XXIV, XXVIII ; l lU, ch, I3^X, XI. ^ Arist, Le.
6à EPOQUE GR«CQ\liî
faut pas croîre qu'il fonda une école comme Platon et Aristote. L'institut de Pythagore fut la première école; puis vinrent celles d'Athènes, centre intellecluer où tous les phttosophes se réunirent de chaque point dé^îa Grèce. Anaximandre fut plutôt un ami auquel Thaïes communiqua ce quil savait ; et Ton voit qu'à part lès premières notions de l'astronomie et de la géométrie, ses connaissances se réduisaient à des conjecturées sans fondement; car, quant aux opinions attribuées à ce même philosophe et à ses amis sur les causes du tonnerre et delà foudre, on ignore si elles sont authentiques, quel que soit a ce sujet le concert de Sénèqucj de Plutarque et de Stobée, son copiste. Mais fussent-elles vraies, elles prouveraient que leurs connaissances météorologiques étaient nulles, ou fort conjecturales.
Anaximandre , 4 a® olympiade y enviroff. 636 avant J. C.
Anaximandre, disciple de llialèsou plutôt son ami, et probablement du même âge, nous est connu p^r les mêmes sources que son maître.
l. Sources. Aristote le cite pour avoir admis , avec Empédocle, que tout exista en même temps et en mélange ' ; il ajoute qu'Anaximandre admet l'infini comme l'unique cause; que cet infini est divin et impérissable; qu'il contient et gouverne tout; qu'il est la nature*. D'après Théophraste, ce philosophe faisait naître la mer du reste de la première eau; car .alors que l'espace qui environne la terjre était humide , la première humidité fut évaporée par le soleil,^ et devint
'•Jlf^>/*.,I. ill, ch. II. ''
» Juseufua. phjrs,, L III, ch. IV. ' ' "^
AVANT ARlStOnt. 69.
air, d'où naquirent les conversions dn iiolteil et de la l»ne., qui se tournent toujours vers le point d'oui ITiu* niidité leur est fournie autant qi/il est nécessaire. Ce qw. fOn e&t;j*eëté est la mer; et elle finira par être ainsi die»èécibée tout entière '. Âristote enfin l'appelle dtscipie de Thaïes, et le cite en plusieurs autres endroits, mais toujours pour les ^mémes choses. -
Cicéron y dans son livre de la Nature des dieux, et dans se^ Questions académiques 9 répète à peu près ce qu'a dit Aristote, mais d'une manière plus explicite , en rappe-» hlùl qu'Ànàiximandre était disciple de Thaïes , et qu'il n!ddmit pas son opinion siir l'eau ,.origine de tout ; mais il croyait que les dieux reçoivent l'être et meurent deloin en loin , et que ce sont des/méndes innombrables»
. Selon .Strabon , Ànaximandre' était de Milet, et ami de Thaïes *; et, d'après Ératosthène, cet ami et pojQciLoyen de Thaïes publiable premier une table dé* crite sur la position de la terre^; Si nous ;enl croyons Â.naximandre, physicien deMilet, dit Pline, ii y a dans la terre une certaine divinité imknot^eUe. Les Lacédé» moniens rapportent que ce' philosophe leur prédit le tremblement de terre/qui ruina leur ville ei une partie du mont Taygète^.
Plularque répète ce qu'ont dit Ari&tote et Gicéron, en amj^fiant^ pour se^donner, suivant sa coutume , le plai»^r dé réfuter^. Aiosi, il lui faitidîne>que les parties de l'élément infini sonfFraiecit des altérations , mais que le fond en êtaik immuable.
» Météor., Y, Aller. . , . .
» Géog., l.XIV.
* Plin., Hist. nat., I. II , ch. LXXIX.
* Plut., Opin. des philosop/ies^^lftd^^ms^ -^'^^^ '^^ t^uiizoY •
IMogènê ijàërMy «ar l^anitoritë de Favorin dfttis son Histoine diverse, et d'ÂpoUodore l'Athénien dans ses Chrooiques, dieisxauleurs dont nous n'avons plus rien^ BOUS donne le peià que nous savons d'Anakimandre^ sans citer d'ail très sources; mais on voit qu'il avait éga*leni^nl: copié d'après Aristole.
Eusèbe et Suidas ont tous deux répété les précé* dents. De fixt&j âuîda^ à l'article Anaximandre^lui attribue plusieurs ouvrages^ à tort, sans aucun doute) car Àpollodore, Théwfôtiuset Diogène liaerce ne con^^ naissaient tous qu'un seul livhe qui portât le nom d'A<« nasLÎmandre.; ce livre, cité par ApoUodore, parattavoir été écrit en prose. Or, comme ce que citent ces auteurs s'accorde avec ce que dit Artstote, on peut en conclure qu'ils ont tous eu le même ouvragé sous leà yeux. Cependant, tous les écrivains grecs, sans exception^ regardant Pfaérécyde, qui était né après Anaximandre) comme le premier auteur qui ait écrit en prose sur la nature des dieux et des choses , on est tenté de croire apocrypbe le prétendu livre d'Ânaximandre , à moins de dire qu'il ait été publié après celui de Phérécyde^
Yossiua cite, au sujet d'Anaximandre, Diogène et Suidas qui l'a reproduit, en élevant des doutes sur ce qu'ils lui attribuent*.
IL Fie tft opinions, Anaximandre était donc disciple de Thaïes, et comme lui dé Milet; d'après Apollddore, il avait s0i«Laote*'quatre ans la deuxième année de la 58^ olympiade, et il mourut peu après, ayant flem'i priâci<palement sous le règne de Polycrate, tyran de Samos; c'est là tout ce que nous connaissons de sa vie. Peut-être écrivit-il quelque chose soit sur la physique théogônique,
' Vossius, De hist. grm(fi^9èf ^ - - ^ ': * ^^ '-' '
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soh , phis ptt>bftbteiDent a» rapport à» Straboo^ snr la géographie. Rejetant )a théorie de son mattre, qui fai<< sait tout naître de Peau, on plutôt la qomplétant, U reconnaissait que rouf a^ait été plongé dans l'eau à l'origine; mais qu'un principe infini, qui est la nature^ avait débrouillé cette espèce de chaos primordiaL Au-dessous de ce principe , de cel élément infini qui souiTrait des altérations dans ses parties , mais dont le fond était im« muable, il admettait des dieux mortels qui naissaientet mouraient de loin en loin ; ces dieux , qui paraissent les analogues des demi-dieux et des démons de Thaïes, étaient pcfov Anaûmandre. des mondes innombrables.
Comme Thaïes encore, il enseignait que la terre oo» &a^ le milieu de l'infini, et qu'elle en est le centre. Ëllel est de figure sphérique^et la lune emprunte sa lumière du soleil, qui, sdion luî^ égale la terre en grandeur, et est composé d'un feu très^pur. Toutes ces opinions sev&0% égîdemefit mises sur le compte des successeurs des Ioniens'. Anax.imandre inventa le style des cadrans solaires, et le mit sur ceux de Lacédémone^; il fit aussi des instruments pour marquer les solstices et les équi-^ noxes, décrivit le premier la circonférence delà terr^^^ et construisit k sphère^. Cette dernière opinion parait confirmée par Strabon.
Anaximandre médita donc les mêmes pcânts q^e son maître : Dieu, l'origine du inonde matériel, les es« prks inférieurs ou demi^dieuxt l'astronomie, et de plus 1^ géographie de l'Asie Mineure , et peut-être aussi de la Grèce ; il chercha à expliquer l'origine de la mer, et crut qu'elle finirait par être desséchée; il dit quelque
* Plut., Opin. def pkilasopfkf; Diag. Laër., Fie d'Anaaimandre, ■ Favorin dans Diog., Fie d'Jnaximandre.
^ Diog., id.
7^ àpoqxTE GMeQuc
chose des tremblements de terre. Il n'y a donc enicorelà rien de bien positif; ce sont des conjectures sur les questions les plus difficiles, puis quelques points, comme la géographie, qui n'avaient pas été touchés par son maître; et cependant on ne dit nulle part qu'Anaximandre ait voyagé , ce qui confirme de plus en plus la fausse supposition des voyages de Thaïes. Ânaximatidre eut pour disciple Anaximèneft/ jinaximènes florissait vers la 56* olympiade^ environ 58o avant J. C.
I. Sources. Àristote cite Anaximènes le Mtlésien , pkis ancien qu'Anaxagore , pour son opinion sur les trem* blemenfs de terre, qu'il réfuUe' ; il dit ailleurs qu'Ânaximènes et Diogène établissent que l'air est avant Teau, et qu'il est surtout le principe des corps simples '.
Gicéron rapporte l'opinion d'Ânaximènes sur Dièu^ dans le traité de la Nature xlesdieux , et dans ses Questions académiques, où ii dit qu'il était diisciple d'Anaximandre^. Straboil» dit qu'il était de Milet, disciple d'A« naximandre et ami d'Anâxagôre^. >P)ine, répétant ie^' mêmes 'chosesyle dit' aussi disciple de Tbalès, et ajoctte: qu'il inventa: ie i^otnbn, et' que leripuemiev^'it monf^ tra à Lacédémone Fhorloge qu'ils appellent isciothérien (cadrâii Solaire). îf^us >âvoi»s vu lè^ mêmes inventions mises sur le compte d'Ânaximand>t>e. PKitarquele dit également de Milet, et nous? donne ^ses^^opinions^. Biogène Laërce ajoute qu'il ^tait disciple de Bavitlénide,
* Metcor. : lib. Jlter., ch. VU.
* Métaph.,llyCh.lU. , . î .
3 De Nat. deor., 1 1, çfa, X j QuœsL ac., 1, II, ch.XX.XVIL;