‹ Histoire des sciences de l'organisation et de leurs progrès, comme base de la philosphie;Chapitre 21 sur 45 · L. XIV · texte numérisé non relu

L. XIV

5 Opin, des philosophes, passim, .vi> ,.^oa

AVAKï kKwrorÉ. }jS

et que^ suivant ÂpoIIodore, 'il naquit daiis la 63* olym^ piade, et mourut environ le temps de la prise de Sardes, oe qu'on estime remplir de 55oà 5oo avant notre ère. Il lui attribue un livre composé dans un langage simple ebdép(»jrvu d'images; de qu'on neipeiiit attendre d'un cejKitemporain.de Phérécvtde^i comme le remarque fort bien Meiners'. Diogène lui> attribue aussi deux let^» ires'k Pythagone^idans l'une desqueflesest la fablë'de Thaïes, tdmbé danâiUM fosse eà observant les astres. Maiâ «files sont évidertiment' apocryphes. Àtbën^e ra« conte p d'après Hérmippej q«e lie vêtement d'Anaxî* tnènesiMpmi été blâme par Thédcrite de Chio*; et Eufeèbe, daps; ses Chroniques, dit qu^àn^mèhes florissait vers la deuxiènie année de la 56* olympiade, ce qui'place* rait satnaiésapce vers la :4B' du 49* blympiadei , corres-^ pondiiait à 58o etqùelquésy^t'Berait ainsi plus d'accord SL\èc les dates de la vie dé Tfaafês iet d'An^ximandre.

iCic^ïï est donc le premier qui nous ait appris les opi: nions d'Anaximènes lin peu'|>k]s explicitement, etaprès luiPlâlarqueetDiôgène; c'est d'apre* eux qûeles moder-» oeis ôt)t^ compose la vie et la doctrine ^e ce philosophe. II. Fi€ et apmiùti^: Noua voyonî par les indications préoë^nf es combicfti^ les oirpom'^npes de la vie -d'Anaximènes nous sont encore moins conmies f^t celles delà vie de ses deux prédécesseurs. Nous savons cependant qu'il ëlait de Milet, delà secte io»ienne,ïdisciple d'Anaxifiiandre et ami d'Anaxagore^ et plus âgé cpie lui. Il floris«^ ^àit'dans l'intervalle de 55o' à Soo'. • <

» Il prétendait que l'ait itifinl «SI Dieu , qu'il est im* ménse et toujours en mouvement, mais que toutesles

' T.I, p. 33, note 53. ». h .. ' -^

• L.I,Deipnos. ' u. ^ | >HiV '

^4 imoin OR^xjOE

choses qui naisseiit de Tair sont définies; qtoé la veÊve, Feauy le feu, et tout ce qui natt d'eux , sont prodwii»'. Toutes choses sont engendrées de l'air, et se résolvent en lui: « Comme notre âme, dit-il, qui est air, nous maintient en vie, ainsi l'esprit et l'àir contient en vie tout ce monde; car esprit et air sont deux mots qui signifient une même chose ^ »

Il pensait que la circonférence du cîel est de terre; que les aittes sont fichés comme des têtes de clou au csristal du ciel; qu'il» se meuvent ausstbien vers la terre qu'autour de la terre. Le soleil, selon lui, ^t plat comme une lame, les astres sont repoussés par l'air épaissi et résistant , et les éclipses arrivent quand la bouche par où sort la chaleur du feu est close. L'air en s'épaississant forme les nuées; et quand celles-ci se coagulent encore davantage, il s'en exprime de la pluie, qui devient de la neige quand l'eau en tombant vient à se prendre et à geler, et de la. grêle quand cela vient à être surpris d'un vent froid. L'arc-en-ciel se fait par illumination du soleil donnant sur une nuée épaisse, grosse et noire, de manière que les rayons, ne pouvant percer et pénétrer à travers, s'amassent dessus. Mais à côté de ces idées, passables pour son temps, il ajoutait que la terre est plate comme utie table^ que la raréfaction et la sécheresse de la terre sont la cause de ses tremblements^.

Au milieu de beaucoup d'absurdités, il y a quelques conjectures assez tolérables , dont on a fait honneur à tous les Ioniens les uns après les autres; et Pline, en attribuant à Ai^aximènes la découverte du gnomon et du cadran, dont d'autres, font honneur à son maître, four*.

' Cic, 1. c

' Plut,, Opin, des philosophes.

^ Ibid.y passim.

Akotie nbuveUe preuve du peu de foi qu'où doit ajouter à toutes ces prétendues découvertes. Aristote, que nous allons voir si précis et si détaillé quand il s'agira des ofrâlods d'Anaxagore et de ses successeurs, n'a presque rien dit des trois philosophes de Milet, preuve assea forte qu'il n'y avait pas grand'chose à en dii^e; il les cite pourtant ur assez grand nombre de fois, mais c'est presque toujours pour la même idée ; et s'ils en avaient émis d'antres, un honlme aussi soigneux n'eût pas man« que de les recueillir. Nous allons entrer dans Une voie uil peu plus large par Ànaxagore*

Ânaœàgore , de la 70* « la ft8* olympiade^ ennron de 5oo à 4^8 as^ani /. C.

I. Sources. Platon venait au monde quand Anaxagore le quittait; il est le premier qui parle de lui dans son Cratyle et sonPhédon, ainsi qu'en plusieurs autres endroits. Mais c'est par Aristote que nous connaissons toute la doctrine d'Anaxagore. Il nous apprend qu'il était de Clazomène, plus ancien qu'Empédocle; mais qu'il lui était inférieur par ses ouvrages ^ et que par conséquent il avait écrit' : il cite même, 011 plutôt Théophraste, un livre qu'Anaxagore avait adressé à Léchinéon ( Tçpoç Aej^tvfov)*. Anaxagore y disait que l'humidité des plantes vient de la terre; que la terre est leur mère, et le soleil leur père.

Xétiophon a aussi cite Anaxagore, et Cîcéron le fait disciple d'Anaximénes, et l'auteur de cette opinion, que le système et l'arrangement de l'univers sont dus à la puissante et à la sagesse d'un esprit

^ M€taph.,\. I, ch.III.

^ Des plantes, 1. I; fragment d'ArisIfM fu M "ftéophii^sto?^^ ^

^6 iSkHjIJB GRtOQDE

in&ii.!]I le'ctteeQcôrè pour son mépris des richesses et son amour de là scî«)ce>. Luèrèce , épicurien qui basa son s}rstèmesur Finiini matériel d'Ânaxiraandre et sur les atomes de Démoerite , expose et cpmbat la philoso*" phie d'Anaxagore^. D^aprèsî $trabon, Anaxagore physicien fut. un' homme illustre de Clazomène , ami d'Anaximènes de Milet; Arcbélaùs le physicien et Euripide le poète- 6urent ses disciples ^. Les Grecs y dit Mine , célèbrent AnaxagoreBdeClazomèney la seconde année dè4à 78? olympiade, pour avoir prédit^parsa sctebce des choses célestes y quand une pierfe tombetîait du fcîql fi

Élien , aussi peu et moins digne de foi que Pline, cite l'ouvrage d'Anaxagore icepi ^a^tXetaç^ àur ^a tyrannie. Phitarque répète 'tout ce que noussavonspar les précédents, en y joignant quelques autres détails tirés de Platon, et autres auteurs qu*ir ne cite pas. Il dît, entre autres choses, que lors de sa condamnation à Athènes, Anaxagore aurait composé un écrit sur la quadrature du défcle.

Diogène Laërcé fait Anaxagore discîplfe d'Anaxinîènes. D'après Timon , dans ses poésies satiriques, il dît qu'Anaxagore fut le premier philosophe qui jbîgilit un esprit à la tnatière. Cela semble assez d'accord aVec ce que nous apprenons d'Aristote. — Àpollbdore, dans ses Chroniques, rapporte qu'il naquit dans la •70® olympiade, et qu'il mourut la première année de la 78^- cette chronologie est en coiitraciîction avec celle de Pline, aussi bien qu'avec celle de Diogène, qui lui donne 7,2 ans de vie. Pètau ,^Meur^rus eV Ménage corrigent l'erreur, et placent sa mort dans la 88* olympiade. Lârclier, adoptant

' De Nat. deor,,}^!; TusçuLf l.,V. .

* De rerum Natiira^ 1, I,

3 Strab., 1. XIV. ' ''^ i- <• v ^

Cette manière de compter, fait naître Ânaxagore en 5po avant J. C, et mourir en 4^8. La Bletterie pense qu'il vivait versPan 478avant J. C. — Demétriusde Phalère veut, dans son histoire dçs archontes, qu'il ait commencé dès l'âge de vingt ans à exercer la pliilosophie'à Athènes, sôus l'archontatde Callias. Suivant Fa vorin, dans son Histoire diverse, il paraît avoir été le premier à croire que le sujet du poème d'Homère était de recommander k vertu et la justice. — Sotîon, dans la succession des philosophes, dit que Cléon l'accusa dTmpiété, pour avoir défini le soleil une masse ardente; mais que Périclès, son disciple, ayant pris sa défense^ Ânaxagoi^ fut seu- Jement condamné à une amende de cinq talents, et envoyé en exil. — Satyre, dans ses Vies, taxé Thucydide de s'être rendu son accusateur. — Hermîppe prétend , dans ses Vies, qu'il fut mis en prison et jugé coupable de mort; que Périclès le fit absoudre, mais qu'Anaxagore se suicida de dépit. — Selon Jérôme, au second livre ^de ses Commentaires divers, Périclès le fit comparaître dans un temps où il était si chancelant et si exténué de maladie, qu'il fut absous plutôt par pitié que juridiquement. — Telles sont les autorités, trèsdiscordantes entre elles,cilées par Diogène, qui nous apprend une foule d'autres circonstances tout aussi contradictoires , sans dire d'où il les tire.

Saiqt Clément d'Alexandrie nous ajpprend que, suivant Anaxagore, la fin de la vie est de montrer la contemplation, pour en faire sortir la vérité'. — -Saint Augustin le dit disciple d'Anaxi mènes et maître d'Archélaùs, et ajoute qu'il fut condamné pour avoir défini le soleil une piqrre, et nié sa divinité; il p^b aussi

« Surom.,l.II. • c . .

j9 i^ifSn CRJ5CQF.E

des opinions d'An^atximiènes et d'Anaxagore^ d'après Gjceroq\

Stobée nous a conservé qijelques opinions d'Anaxagore dans ses fragments ; mais puii^qu'il reproduit Plutarque, et que celui-ci copie d^ps ce qu'il a de bon Aristote, nous revenons toujours ? ç.e dernier,, comme à la véritable source.

SimpUciuSy commentateur d'Épî<^^^ ^* d'Aristote, nous a transmis plusieurs fragments 4'A naxagorepuis.es dans son ouvrage sur la physiqucj^ iiUitulé toc $ucixà, en plu£^eurs livres.

Enfin p parnai les modernes, Meiners a parfaitement analysé ce qui nous reste d'Anaxagore.

II suit de cette courte exposition, qu'Aristote est l'unique et la véritable source des doctrines d'Anaxagore; tous les autres l'ont copié directement ou médiatement, en puisant dans (es compilateurs.

Mais Plutarque et Diogène Laêrce sont les seuls qui nous donnent quelques circonstances de sa vie; et touleb ne sont p^ acceptables, puisqu'elles se contredisent.

II. Sa vie. Tous ceux qui ont parlé d'Anaxagore s'accordent à dire qu'il était de Clazomène en lonie. Nous savons aussi qu'il était plus ancien qu'Empédocle ^ , et qu'il vivait du temps de Périclès, de 5oo à4a8 av. J. C. Il fut ami et peut-être disciple d'Anaximènes« Quoique riche et d'une famille illustre, tous les anciens, Aristote à leur tête* s'accordent à dire qu'il négligea le soin de ses affaires temporelles, pour s'occuper uniquement de la philosophie. Il quitta sa patrie, et vint à Athènes,

» CiêédeDiéu, \. VHI, ch. Il; I. XVIIi, c^. XLI, 56* lettre à Oioscore sur les questions curieuses.

» Arist., Métaph., 1. 1, ch. III.

AVUTT ARISTOTJPw 70

OÙ il se lia avec Périclè^. C'est là qu'il commença à enseigner, et, selon toute vraisemblance, il ^st le premier philosophe qui ait paru à Athènes, qui y ait vécu, et émis une doctrine; ce qui porterait à croire qu'Athènes reçut de llonie les premiers germes de la science» Sa physique efFaroucba les Athéniens; il fut accusé d'im* piété pour avoir nié la divinité du soleil et celle des astres} car, dit Plutarque, le peij|)le n'aimait pas et ne souffrait pas volontiers les physiciens , qu'on appelait alors mé* téorologistés , persuadé que par leurs raisonnements ils réduisaient toute la Divinité à des causets purement na*» turelles et dépourvues de raison , à des puissances ou facultés sans providence, et à des accidents ou passions involontaires et dépure nécessité \ »

On ne sait trop comment Anaxagore finit sa carrière. D'après Diogène, citant une inscription lue sur son tombeau, il mourut à Lampsaque. C'est, après Pbérécyde, le premier et le plus ancien philosophe duquel nous avons la certitude qu'il ait écrit quelques ouvrages» Aristote cite son ouvrage sur les plantes, adressé à Léchinéon ; Plutarque, celui sur la quadrature du cercle; Élien, celui sur la tyrannie SimplicMus, ses livres sur la physique. Quoique SimpUcius vécût environ 900 ou 1000 ans après Anaxagore^ cependant il nous parait certain qu'il a bien cité, et qu'Anaxagore avait écrit sur la physique ou les phénomènes de la nature : en effet, Aristote, qui ne rapporte que des on-dit de ses prédécesseurs, cite.de très-longs passages d'Anaxagore^ en ces termes: Anaxagore dit, Anaxagore assure , pense, prétend, etc.j il fait plus, il dit positivement que les ouvrages d'Anaxagore étaient inférieurs à ceux d'Empédode \ En outre,

' Plut., Fie de Nicias^ * Métaph., Il, ch: ai

9s ipôQvn ôRÏéQtTÈ

Socrale, dans le Pîiëdon de Platon, dit qu'il a jeté les yeux sur un livre d'Anaxagore, qui commençait ainsi : « Tous les corps étaient confondus , mais un esprit les sépara et les arrangea;» ce qui plut beaucoup à Socrate. Hutarque avait lu le même ouvrage, ou bien avait pris dans Platon cette phrase, qu'il cite aussi comnie commençant l'ouvrage d'Anàxagore. On peut donc admettre positivement qii' A naxagore â laissé des ouvrages, et de plus, par les citations d'Aristote,*qu'îl avait bien agrandi le champ de ses prédécesseurs. En effet, ceux-ci s'occupèrent des éléments *des maihëmatiques, de l'astronomie et de la' météorologie;' Anaxagore y joignit les plantes et les animaux, et s*éleva jusqu'à un Dieu infini, spirituel, indépendant de la matière, et la dominant. Mais on conçoit ^ue les progrès qu'il fit faire àla science durent être bien restreints, quoiqu'il ait plus reculé les bornés des connaissances humaines qu'aucun de ceux qui fleurirent 'dans le même temps. L'examen de sa doctrine va no'ufe' en fournir la preuve.

III. Doctrine ctjnaxagore. Il suivit lé même ordre que ceux qui Pavaient précédé, et que suivirent ceux qui vinrent après luî: Il commença par des recherches générales STir la nàtUte et les causes premières de toutes choses y et siir leur oVigine : il passa ensuite à Pétude de la nature et dés qualités des diverses parties dû monde, â celle des phénomènes et des divers objets qui sont sur la terre.

Tout ce qtii est, dit-il, a existé de toute éternité '; car il est également impossible qu'une chose vienne de rien, et qii^'efle retourne dans le néant*. Mais les choses

* SimpUcius in Jr, phys., XXXIII, XXXTT 1 ; /

* Arist., 1. 1, de Gen. animal., ch, XVIII.

ÀVA3VT ÀRtStOTË. 8l

réelles n'eurent pas toujours Tordre, la situation et les rapports que nous remarquons à présent en elles. Au commencement il y a^ait l'unité des choses, un amas d'éléments infiniment petits, de corpuscules composés chacun de parties semblables; ce sont les homoïomérîes qui avaient toutes les qualités que nous découvrons maintenant dans le monde corporel'. En sorte que cet amas primitif contenait une infinité de petits os, une infinité de petits viscères, une infinité de petites gouttes de sang, une infinité de particules d'or, d'eau et de feu , en un mot, une infinité de petites particules de tous les corps qui existent, formant alors autant d'espèces différentes qu'il existe maintenant de corps différents. Car si on n'admet pas pour chaque espèce de corps des éléments particuliers indestructibles, et d'unenature semblable à la leur ; si on n'admet pas que les os sont formés d'un certain nombre de petits os, les viscères d'un certain nombre de petits viscères; que plusieurs gouttes de sang réunies donnent naissance au fluide qui coule dans nos veines, que plusieurs molécules d'or composent ce métal précieux, que le feu et l'eau naissent de particules de feu et d'eau, et que tous les corps enfin naissent de l'assemblage de parties similaires ^, on sera obligé de convenir que les choses ont été faites de rien, et retournent à rien. L'agrégation de ces petits corps homoïomères donne la production ou la naissance des corps que nous voyons , et la désagrégation

» Arist., 1. 1 , MétapL, ch. IV, VI; Lucrèce, 1. I; Plutarque, 1. 1, Opin» des philosophes,

■ Arist., de Cœlo, 1. III , ch. IIÏ; de Gêner, et interitUy 1. I, ch. I ; Lucrèce, 1. I ; Plutarque, des Opinions des philosophes, 1. 1, ch. IlI ; Stob., Ed. phys», p. a6.

33 ^éPOQfJfi PRfiGQPP

4e ces petites particules irpiqu^blfis pi pop^ti^iftiv^ cause la d^stFuctipn ou la mort %

A l'originp de ce mopde? cette niasse infinie de petite corps hQmoîocnères , iqélés et confondus ^ était iauuQr bile et dan3 un repos complet. Alors l'intelligence, l'entendement divin> fiussi éternel, infini, pouvant (opt et renferipant tout, connaissant )e passé, le présent et l'avenir, tant ce qui pouvait être produit que ce qui Tétait déjà, sépara cette masse d'éléments confondus, y mit l'ordre et les arrangea, et fit ainsi les génér^tipns de toutes choses ^.

Les éléments légers, clairs et secs s'élancèrent daqsia partie supérieure; et de ces éléments furent formée le soleil, la lune, les autres astres, l'ajr, l'éther, o^ les ^pacesdu ciel. Les éléments compactes, humides, froids et obscurs , s'abaissèrept vers l'endroit où est la terre. Chacun de ces éléments se réunit k soq semblable; les dissemblables se séparèrent; d'ail il résulta d^^ouyelles compositions d'éléments qui i^vaiept été origipairement confondus. Des nuages fut fpfmé^ l'eau ^ de l'eau )$l terre, de la terre les pierres; et, p^r d'autresî séparations et d'autres réunions 4e parties , fu^ept produits les plantes, les animaux ^ pt Vhomme. Ce p'est dope point le hasard, le soit^ pu 1^ p^e^sité, pu une n^^ure aveugle et sans raison, ix\9ds upe divinité, qui embrasse tout, qui pénètre tout, qpi ef»t l'unique pauçe du çpiou-

* Arist., 1. I , Métaph., ch. III ; de Gêner, et interiiu, 1. 1, ch. I ; iie Ccelo, |. ÏII, c^i. lïl; Physicœ Juscultationis, 1. I, ch. III; Plutarque, des Opinions des philosophes ^ 1. 1, ch. XVII, XX]^.

* piî^top; Çratylc]^ Phédoni Arist., 1. 1; Métaph.^ ch. III; Physécœ Ausciflta^, 1. yin^ çb. I> ^\]L\.^desÇpin,desphiîos,^ \. I; Simplicius, 1. c, fol. SaetÛ b.

vementy de Tordre et dç la beawtë du monde' \ et rien tfarrWe ^an^ qu'elle l'ait prévu.

Du système d'Auaxagore, il suit que Dieu Q^apoipt créé} il a fseulemeut coordonné le» élément^ éternels » doué^ par essence de toutes les propriétés et qualités que )e§ corps possèdent, Platon et Aristote l'ont oom* bilttu dur ce point » tn lui reprochant de ne faire inter» venir la Divinité que quand il ne pouvait plus expliquer lep choses par leurs qualités essentielles.

Pour justifier ^ doctrine des bomoiomères ^ il admit que dans chaque partie de nourriture il y avait une infinité de parties semblables à la chair, aux os, etc.^ mais imperceptibles. Pressé par les dernières conséqu^iiee^, il ne put se borner là, et fut obligé d'ajouter que tout était dans tout, que tout se séparait de tout, et que dans les plus petites parties de la matière composée il y avait une infinité d'éléments essentiellement différents.

Dans toutes les autres pensées d'Anaxagore sur la naiturc des corps célestes, sur les phénomènes les plus importants du ciel et de la terre, sur l'essf nce de rbom-^ me, des animaux et dçs plantes, il y a| comme dans ses conjeeturea sur Forigine de toutes choses, des vé« rit^ et des erreurs, mais toujours plus d'erreurs que de vérités.

L'univers, avançait^, s'appuie lui-même ou est fondé sur lui-même , voulant expliquer pourquoi il ne f 'affais-* sait pas. Il disait que le feu et l'éther n'étaient qu'une même substanee remplissant l'espace, dans le haut du« quel le soleil et les autres astres étaient mus comme des masses de pierres brûlantes^.

' SiintjUieim, uU suprà; Platon , dans 9ùb Cmfyh. * PlatoDy Xénophon et autres ; Plutarque, des Opiniom des phi'»^ hsoph.p 1. n, ch. XX.

84 ÉPOQUB (^RECQUJ!

Diogène Laêrce, Plutarque, et plusieurs Pères de l'Église après eux, lui attribuaient Topinion que les astres étaient des pierres enlevées de la terre, et changées en étoiles; que ces masses devenues brûlantes s'éteignaient et tombaient sur la terre. Pline et Plutarquedisent qu'on vénérait encore à ^Egos-Potamos une pierre ainsi tombée, dont il avait prédit la chute. Toutes ces absurdités paraissent apocryphes, d'autant plus que Platon, Xénophon et Aristote gardent le silence sur celle prétendue prédiction et sur le resle. Cependant Aristote a eu l'occasion d'en parler lorsqu'il a fait mention delà pierre d'./Egos-Potamos^

Ses opinions sur les astres, qu'il dépouillait de leur divinité, le firent poursuivre, et rendirent sa doctrine si suspecte, qu'on ne se la confiait qu'en secret jusqu'au temps de Platon.

Le premier il osa avancer dans ses écrits que la lune n'était point une déesse^ mais une terre semblable à la notre, et qu'elle recevait sa lumière du soleil: il la disait moinsgrandequele Péloponnèse^; quelescomètesétaient la réunion de plusieurs planètes ; que la voie lactée était la lumière de plusieurs étoiles sur lesquelles le soleil ne donnait pas , ou auxquelles la tçrre interceptait la lumière du soleil par sa situation intermédiaire^.

Plutarque lui fait dire encore que le soleil a plusieurs fois la grandeur du Péloponnèse^.

Selon lui, le mouvement des astres est dû à la répulsion de l'air qui est autour des pôles^ et que le soleil,

• Arist., Météon, 1. I, ch. VII.

* 'Dio^hue eiV\xxi2iT({\xej des Opin, des philos,, 1. XI, ch. XXI.

3 Arist, Météor., 1. 1, ch. VII , VIII ; Plut., des Opin. des philos.^ km, ch. U.

^ Opin. des philos., \. II, ch. XXI.

AVANT ABISTOTE. 85

même en le poussant, i^nd plus fort et plus dense'; par là les astres se meuvent d'orient en occident.

Il expliquait très-bien comment l'air reçu dans la clepsydre est la cause qui empêche l'eau d'entrer, vu que la fistule est bouchée ^ ; il disait aussi qu'on entend mieux la nuit que le jour, parce que pendant le joiir l'air échauffe par le soleil fait du bruit y tandis que pen* dant la nuit il se repose, toute chaleur étant absente^.

Il croyait, avec Ânaximène et Démocrite, que la terre était plate ; selon lui, elle avait été d'abord spongieuse et marécageuse, environnée d'eau; cette eau ayant été brûlée par le soleil, la partie huileuse s'exhala, et le reste s'affaissa en salure et amertume, pour former la tïier. à cause de sa forme plate et de l'air qui y est renfermé , la terre est immobile ; les tremblements de terre sont occasionnés par des rayons d'éther qui se précipitent dans les cavités inférieures; l'air est un corps réel; le vent est un mouvement de l'air raréfié et agité par les rayons du soleil; l'éclair est une masse d'éther venue d'en haut, et qui, en s'éteignant, produit le tonnerre; la grêle se forme lorsque des exhalaisons humides s'élèvent jusque dans l'air supérieur et froid; l'arcen-ciel est une réfraction de lumière ronde du soleil, donnant contre une nuée épaisse^.

Il s'est souvent contredit dans sa doctrine sur l'âme : tantôt il la confond avec l'intelligence divine; tantôt il dit que celle-ci est distincte et séparée de toutes les autres substances; tantôt, que l'intelligence pénètre,

86 iPùîiMt GHMOi^E

(^ompi^nd et gouverne tout; qu'elle se troUve dans les animaux èfc même dans les plantes, et qu'elle est partout la cause du sentiment et du mouvement; mais qu'elle ue souffre pas^ et qu'elle n'est pas composée de parties. Il accordait à tous les anitnau& là viei le setltinient^ lé désir et la pensée ( mais il plaçait l'homme au*-de8sus des animalixi parce qu'il a des maini et une intelligence qui les soumet tous '•

Se plaignant de la faiblesse des dens^ sujets à l'erreur, et regardant l'intelligence comme pouvant sèulecônduire à la vérité, il voulait qu'on expliquât les qualités inconnues des choses par leurë qualités connues^ niais il enseignait que toutes choses étaient ce qu'elles semblent être ^ et qu'entre l'être et le non-^étre, ou elitre deut principes contraires, il existe un certain milieu *4 II suit de là que le monde n'est plus qu'une apparence fantastique et phénoménale^etqUerien n'est (certain) c'est le scepticisme»

Dans sa doctrine physiologique ^ l'âccroissemeht de la chair se fait par la nourriture; la généràtioh s'opère par la semence du mâle ^ et la femelle ne fournit que la place où se développe l'embryon; la semence est animée par une chaleUr éthérée, Une faculté divine et formatrice qui l'organise insensiblement; la semence est une émanation de la moelle^ de laquelle se forme aussi la graisse et la chair. Si la demende vient dû côté droit ^ elle forme un mâle; si elle vient du côté gauche ^ il en résulte une femelle. Le côté droit de la matrice est aussi destiné à contenir les mâles, et le côté

' l?\sLtoniArist.,deJnima, l.I, éh. II; P^i., LVffl, feh.V; des parties des anim., 1. III; Plut.^ des Opin, d9$ pk^^sophêê^ 1. Y, 0b< XX.

• Arist., Méfaph. , 1. ni ^ êhi VU.

AVAIfT ARIBTOTS. 87

gàdche les femelles. Ànaxagdi^ë enseignait encoi'e que la tête ou le certefcu étant la pai*Hè la plus noble du corps humain ^ le siëge de toute sensibilité et la source de toutes les sensations, était formée la première^ et c|uè l'atiiitial ébauché tirait sa nourriture par le nombril '( On est surpris, après ces observations | de* l'entendre dire que les chats font I^urs petits par la bouche ^ qlie les corneilles et l'ibis s'aecoùplent et engendrent par Itf bec; que les végétaux sont réellement des animâlix} qu'ils sentent^ ont des peilséesi des désirs et des aversions ^^ Il pensait que lôs végétaux respirent^ aussi bieii que les poissons^. La terre 5 dit-il ^ est la mère comtnune^ et le soleil le père commun de toutes les plantes ^i Il ne regardait comme heureux que ceux qui s'appliquent aux actions justes et hontiéteii) et qui participent par la contemplation à quelque chose de divin ^i

Nous ne connaissons de lui ^ en médecine , qu'une erreur rapportée par Aristote s il disait que le fiel était la cause des maladies aiguës ; il affirnlait que lorsque le fiel abonde , il se répand dans les poumons , les veities et les côtes ^.

D'après Plutarqùe, il faisait naître lés crues dti ^il de la neige de l'Ethiopie, qui se fond en été, et se gèle en hiver. Démocrite et beaucoup d'autres disent à peu près la même chose ^ toujours suivant Plutarque7f

* Ar\st,,de la Générât, des àrUniaUx , l. IV, ch. I, VIII, QipassirHi Ceasorin, de Die natal,, ch. VÎ.

* Ariât., de la Génén des animaux, L III; de Plantis, 1. 1^ ch. I. ^ Arist., de Respirât.^ 1. 1, ch. IL

^ Arist., ûfe Plant,, 1. 1, ch. IL

* Arist., Ethic, à Eudème, 1. L

* Arist., des Parties des animaux, 1. VII, ch. IL 1 PlHlj Opin. des philos., l IV, ch. L

Ce dernier trait mérite d'être remarqué , car on a fait expliquer cette crue du Nil par presque tous les anciens philosophes grecs, chacun à leur façon, et on en a tiré une preuve pour plusieurs qu'ils avaient été en Egypte. Or, Anaximandre, Â.naxagore, Démocrite et plusieurs autres, expliquent ces crues à peu près de la même manière. Personne pourtant n'a prétendu que ni Ahaximandre ni Anaxagore fussent sortis de la Grèce, et on l'a dit de Démocrite et des autres. D'autre part, on attribue à plusieurs philosophes les mêmes opinions ; et dans les fragments qui nous restent d'eux , ils se répètent presque tous. N'ont-ils pas dû se copier sur ces mêmes particularités des pays étrangers à la Grèce? supposé qu'ils en aient réellement parlé, car les sources authentiques n'en disent absolument rien.

Enfin, si nous nous sommes un peu étendu sur Ânaxagpre, c'est parce qu'il est la source probable où nous verrons ses successeurs puiser. Il eut en effet pour disciple Ârchélaûs, qui fut maître de Socrate, par lequel nous arrivons à Platon.

P/thagorej né dans la 49* olympiade ^ mort à la fin de la 68% environ 58o à ^10 ^ ou 5o6 ou 5op.

Il n'est aucun des anciens philosophes de la Grèce sur lequel on ait lant écrit que sur Py thagore , et il n'en est aucun sur le compte duquel on ait aussi débité plus de fables contradictoires et incroyables. Fidèles à notre méthode, nous allons recueillir ce que les anciens auteurs en ont dit, et puis nous discuterons les points les plus marquants de sa vie, ceux qui importent le plus à l'histoire des sciences, sans nous occuper de toutes les fables que l'on ne peut admettre.

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