II INTRODUCTION
Dès lors , i|\is^tç| que pes travapi si|r r^qseinble de la science de l'organisation animale ont été suffisamment avancés, j'ai éprouvé le besoin d'en confirmer et même d'en corroborer les principes par l'étude des progrès de la zoologie, envisagée dans toute l'étendue dont elle est susceptible, comme je l'expose dans mon enseignements ^ cet efFf;^^ j'ai j| pendant les années 1889 et 1840, fait à la Sorbonn^ mon cours sur ce sujet, en l'intitulant : Dçs principes de la zQologie^ dédui(s des progrès de la science depuis Aristotejusquà nous; mais, sous ce titre, j'ai véritablement embrassé mon sujet de manière à pouvoir le présenter comme une base de la philosopbie, ainsi que je la conçois; distinguant soigneusement la philosophie eller même, que je définis, avec Platon, la connaissance des choses divine^ et humaines, et qui a été si admirablenient formulée dans la religion chrétienne, de l'histoire des différentes sectes ou opinions ^ites, on ne sait pas trop pourquoi, philosophiques*
Jusqu'ici, en effet, on a appelé philosophie, sans se rappeler l'étyniologie de ce mot, ou bien l'exposé plus ou moins étesidu de I4 manière dont les hommes d'intelligence ont conçu la cosmogonie, c'est-à-dire , la formation de Tunivec^, par les propres forces de la matière, ou par celle d'un des élémentSi dont elle est formée, jointe au mouvement qui lui était propre, ou à l'aide d'un esprit qui en était distinct et qui en a été l'ordonnateur, l'un et loutre étant considérés comme existants de toute éternité j ce qui a conduit à l'étude de la terre en masse, comme partie de l'univers , et, par conséquent, à la géométrie et a l'astronomie immédiates.
< Il est bon de dire que, sous ce nom de zoologie, je comprends toutes les sciences qm ont trait à Thomipe et aux animaux » îosqu'à celle de leur éducation et de leur gouvernement.
mTAODUGTIOV. lU
Ou h\e\k l'analyse et la démonstration des procédés que suit et doit suivre l'intelligence elle-même pour atteindre à la véf ité dans l'acquisition de la conpaissance, aussi jbien que pour faire reconnaître les erreurs que l'esprit humain est mallieureusfQient porté à lui substituer, entraîné qi^'il #flt p^f ^ nature physique, d'pù sont npes 1^ logique et la dialectique, et mên^e |a granuoiaire» qui |es précède néçes«illirement, e^ les mathématiques, qui en sont, au çqQ\jp^it^^ la suite inévitable.
On bien cette grande part de la connaissance qui ^ por^ tant l'intelligepce à l'étude des cqrp^ en particulier, s'est élevée, en considérant les qualités, les propriétés d'une ma-< nière générale, sous forme de catégories, et ainsi de génél^lités en généralités, aux principes, aux lois qui régissent les phénomènes, aux causalités, et a constitué ce qu'où a désigné par la grande dénomination deniiétaphysique.
Ou bien cette autre partie qui, ^'appuyant sur la ccins*> cience de Thomn^e, ce juge intérieur si intègre, quand il est franchement et conveuablement interrogé, de ce qui est bien ou mal dans nos pensées^ comme dans nos actions, et par conséquent dans celles des autre:^, a constitué la morale, dont on a fait honneur à Socrate, en disant de lui qu'il avait fait descendre la phi}qspphie du ciel sur ^a terre*
Ou I:^ien même cette grande et difficile application de }a connaissance du mo^de et de rh<>tpn)e, au gouvernefnent général et ))articulier des hommes réuuis en sociétés pluf ou moins nombreuses, dans tel ou tel ensemble de circonstances, et qui a reçu le nom de politique, qu'aucun philosophe ancien n'a négligée, comme partie intégrante, et presque terminale de la philosophie.
Mais, ce qui xjàe semble tout à fait dig^e d'être remarqué, c'est qu'à grand'peine si, depuis les temps anciensi, ou du moins depuis le moyen âge, époque où la philosophie
IV iHTBODUCTIOIf.
comprenait nécessairement la physiologie, les connaissance^ naturelles , et surtout celles qui embrassent la science de Torganisation , même celle de l'homme, encore moins celle de l'homme- malade, ou la médecine, ont été, si ce n'est par accident, considérées comme faisant partie de la philosophie. En effet , dans les temps modernes , et même de de nos jours, à l'exception toutefois du grand Descartes, comme nous l'avons déjà dit au commencement de cette introduction, de Kant , ainsi que du célèbre Gall, dont nous subissons encore l'influence, et de quelques jeunes geqs entrés pleinement dans cette direction, comme MM. Auguste Comte et Bqchez, aucun philosophe n'a fait cet honneur, aux sciences naturelles.
Voyez en effet : parmi les hommes éminents dont fait mention l'histoire de la philosophie, aussi bien dans le dixhuitième siècle que dans le nôtre^ pas un, peut-être, ne s'est occupé des sciences naturelles; pas un n'a étudié l'homme en lui-même, et encore moins par comparaison avec les animaux. Tous , acceptant presque complètement ce point' de la philosophie alexandriue, que la science universelle se réduit à la conscience ; que, pour tout connaître, l'âme n'a qu'à regarder en elle, ont cru qu'il suffisait de s'étudier euxmêmes, sous les rapports intellectuel et moral; et le résultat, plus ou moins avantageux, auquel ils sont parvenus , a été proportionnel à la beauté de leur nature , et peut-être au calme de la société , alors qu'ils s'observaient. Ils ont cherché à analyser l'histoire naturelle de leurs sensations, celle de la marche de leur intelligence dans l'acquisition de la connaissance , ce qu'ils ont nommé l'histoire de l'entendement humain. Quelques-uns se sont élevés jusqu'à établir les lois de la morale, de la politique naturelle, du droit naturel, de la religion naturelle; enfin, un assez petit i^ombre, il est vrai, des plus élevés, Descartes, Spinosa,,