P0QUE ROKAINE
animaux. Les cëtacés, les poissons, les mollusques, les crustacés, les testacés, si bien distingués par Aristote, ne sont pour Pline que la grande classe des poissons. Acceptant Topinion vulgaire, que tout ce qui naît dans les autres éléments , se forme aussi dans la mer, il rapporte en conséquence tous les contes de poissons qui ont des têtes de cheval, d'âne, de taureau; les histoires des tritons qui chantent, des néréides à l'effigie humaine, de l'homme marin. Ensuite il revient aux faits scientifiques, dont ce livre est beaucoup plus riche que les précédents; aussi est-il remarquable, qu'à parties erreurs de classification et les contes dont nous venons de parler, c'est uniquement le fond d'Aristote resserré. On y reconnaît la marche du créateur de l'ichthyologie; d'abord des généralités, comme Aristote; puis des espèces et des genres établis sur une anatomie extérieure exacte, ce qui n'appartient qu'à Aristote. Une seconde preuve, c'est qu'il ne parle guère que des poissons des mers intérieures, parce que c'étaient surtout ceux-là qu' Aristote . avait plus étudiés. Enfin, il cite Aristote beaucoup plus fréquemment. Les poissons vivant plus loin des hommes que les animaux terrestres, ils sont moins connus, moins d'auteurs en avaient parlé , et il y avait aussi beaucoup moins de fables sur leur compte.
Ce qu'il soutient contre une opinion contradictoire d'Aristote ',qui refuse la respiration aux poissons, parce qu'ils n'ont pas de poumons, est fort juste. D'autres organes, dit-il, y font l'office de poumons, comme d'autres humeurs y remplissent celui du sang. Il revient aussi sur la classification , et distingue assez bien les animaux
' Aristote avait fort bien dit que les poissons respirent, etTopinion combattue par Pline n'est sans doute qu'une contradiction interpolée, .telle qu'il s'en trouve plusieurs dans les œuvres d'Aristote.
PLTNE. 3^9
aquatiques, d'après la considération des téguments^ des poils, ducuir, des écailles, des coquilles, des croûtes, des piquants.
Il ne compte que soixante-quatorze espèces de poissons proprement dits, et il énumère les plus grands, sans autre considération.
Il parle, d'après Aristote, des poissons qui ont des cartilages au lieu d'os , et il les appelle cartilagineux.
A. l'article des mollusques : Je vais, dit-il parler de quelques poissons qui n'ont pas de sang. Ils forment trois classes : mollusques, crustacés, testacés. Uy a, en général, d'assez bonnes choses dans tout ce qu'il dit des mollusques, mais jamais d'après lui-même. Sur les crustacés, il n'y que peu de détails; il y range les oursins. Pour les testacés, ce qu'il expose touchant les perles, les unies, les pourpres, leur pêche, et l'emploi de leur substance colorante , est très-intéressant.
La dernière question roule sur la génération des poissons; mais là il est souvent hors de la vérité.
Il finit son livre par citer ceux qui, les premiers, ont formé des viviers de divers poissons.
Malgré les améliorations de ce livre, il n'y a pourtant ni ordre ni principes; il passe d'un sujet à l'autre, toujours avec le même vice de méthode et la même pro» pension à chercher le merveilleux au lieu du vrai.
Lii^. X. Des oiseaux. Nous avons vu qu'il avait placé les poissons avant les oiseaux, parce qu'ils étaient plus gros; la même raison le fera commencer ici par l'autruche. C'est , dit-il , le plus grand des oiseaux, et presque du genre des bêtes. 11 parle ensuite en général des oiseaux de l'Ethiopie , de l'Inde et de l'Arabie , et rapporte au long les fables débitées sur le fameux phénix. Viennent les aigles et les vautours, sut lesquels il
33é lÉPOQUB AOMAINE.
donne d'assez bons détails, spécialement 8|ir les {>r^ieâ6.
À tous les oiseaux dont parle Âristote , il eti a joint quelques autres, et puis des histoires. Il a, sur uq grand Hom^re, d'excellents dj^tails. On f trouve quelques «ssais généraux de classification fondée sur la <^onsidé« ration des pieds et leur comparaison avec le bec; sur la considérât jon des ai}es en rapport avec ces mêmes parties, et de toutes ces parties en rapport avec la iiourriture. La fnigration des grues et dés autres oiseaux y est aussi assez bien traitée , sauf les cqntes.
Conime à son ordinaire, il finit son traité des oiseaux par leur gépération. Il parle ensuite delà génération danà l'homme et dans les autres animaux; c'est eticdre un résumé d'Àristote, mais qui n'est pas plus à sa pïacé que le résupié des sens spéciapix par lequel il termine; peutêtre les manuscrits ont-ils été transposés.
Lii^. XL II ne reste plus que les insectes, les entamozoa d'Aristote; c'est par eux qu'il commence le onzième livre , dont le début est magnifique ; puis il exdr inine si les insectes respirent et s'ils ont du sang 9 II le croit; mais ce n'est pas pour quelque raison scientifique; c'est uniquement parce qu'il ne croit rien d'impossible à la nature. Il résume encore Aristote sur rànatômie et les sens spéciaux des insectes.. Il consacre aux abeilles vingt' chapitres très-intéressants surtout comme lilté; rature; il croit bonnement qu'on peut réparer leur perte par lès entrailles d'une génisse en putréfactiotl ^ coipme le dit Virgile dans l'épisode d'Aristée.
A l'occasion des vers à soie , i) tombe dans son défaut fai^ori contre l'espèce humaine qui se fait de 1$ soie up objet de luxe. Il place les araignées dans le même genre, parce qu'elles filent une toile. Après les scc^rpionS| les seafabéet, les sauterelles, les fourmis, il vieai aux
chrysalides qu'il dit sortir d'un ver né de la rosée épaissie y et qui s'accrott^ se forme eqsuite une croate, d^où le papil}on s'envole après l'avoir brisée. Il finit pai^ les insectes parasites et parenchymateux , qq'il pense naître spontanément, sans génération.
Km chapitre quarante-quatrième, il commencé Fanalomie générale de tous les animaux, à laquelle iréon^ sacre tout le reste de son livre, aussi bien qu'à l'atiatomie extérieure; et il finit par quelques considérations siir 1^ physionomie. Gomme il n'a fait que résumëf Aristote , nous n'entrons dans aucun détail.
Z-«V. XI/ à XXIL Les neufs livres suivants sont consacrés aux plantes, qu'il divise en arbres et en végétaux; puis en quatre grandes sections assez peu ratiotinelles: plan tfss étrangères, arbres fruitiers, arbres sauvages, arbres cultivés» Il traite de leuf culture, de leurs fruits , et des usages auxquels la médecipe les emploie , des maladies qui les attaquent et des remèdes qui les^ guérissent. Il consacre un livre entier à la culture des plantes potagères, et au lin, à l'occasion duquel fl'faît une assez jolie échappée sur Taudace de Thomme, qui, ne sachant comment se procurer la mort, la cherche par des moyens infinis, 'et jusque dans la culture (^e cette mauVake plante qui servira à l'emporter sur les tners. Le vingtième livre traite des remèdes que fournissent les planter des jardins. Les (}eux derniers , de la nature des fleurs, et de celles qui servent à faire des couronnes. Il ter-i mine par les remèdeç qu'on tire des fleurs, et parles plantes qui servent à la teinture j; tout cela sous le titré diauctoritas^ pratique ou empirisine.
Lw. XXIII à XXXII, Tous ces livres sont consacrés à la médecine proprement dite, partagée, pour Pline, en dçux grandes branches s i^ remèdôs que foui^nit le