‹ Histoire des sciences de l'organisation et de leurs progrès, comme base de la philosphie;Chapitre 42 sur 45 · VII. Analyse de ses principaux ouvrages · texte numérisé non relu

VII. Analyse de ses principaux ouvrages

I. De Administratione anaiomicâ. Il avait d'abord écrit cet ouvrage, au commencement du règne d'Antonin , à la prière de Boéthius. Brûlé dans l'incendie du temple de la Paix, il le recomposa, sur les instances de ses amis, avec beaucoup plus de soin et de grandes améliorations. C'est le plus complet et le plus parfait de tous ses ouvrages anatomiques. Il consacre les préliminaires à déterminer le sujet sur lequel on doit étudier; et comme il était extrêmement difficile de se procurer deâ sque^

lettes humains, il veut qu'on ëludie sur les singes, parce que, dit-il, parmi tous les animaux, le singe ressemble le plus à l'homme, pour les viscères, les muscles, les artères , les nerfs et la forme des os. Il marche sur deux pieds, se sert de ses membres antérieurs comme de mains. Il a la poitrine la plus large de tous les animaux, des clavicules semblables à celles de l'homme ; la face ronde, le cou court. Comme il y a, ajoute-t-il, une corrélation entre les muscles, les viscères, les autres parties et les os, je veux que vous connaissiez d'abord les os humains, non-seulement par les livres qu'on intitule ostéologie, et qui ne disent rien de vrai , mais que vous les voyiez par vous-même , soit à Alexandrie, où le professeur fait sa démonstration sur un sujet, soit, comme je Tai fait, en vous procurant des os de quelques sépulcres, ou des restes des cadavres de brigands, jetés sur la voie publique, ou bien des enfants exposés. Si vous ne pouvez étudier par ces moyens, il faut prendre un squelette de singe, et choisir ceux dont les mâchoires sont les plus courtes, et dont les canines ne dépassent pas les autres dents, parce qu'ils ressemblent plus à l'homme que les cynocéphales, dont le museau est long, les canines proéminentes, et qui marchent à peine à deux pieds. Il serait même avantageux d'étudier le squelette dans le singe et dans l'homme. Après cette étude, il faut passer à celle des muscles, car ces deux parties du corps sont comme le fondement de toutes les autres; ensuite viennent les artères, les veines, les nerfs, les viscères; puis les intestins, les graisses et les glandes. Voilà l'ordre que je vous conseille de suivre; si les singes vous manquent, il faut disséquer d'autres animaux, en notant les différences, car je les indiquerai.

Après ces préliminaires, il renvoie à son traité des os,

378 iCOhE J>'AI(nAlfDKIE.

dont il ne parle point ici en détail. Il montre que les anciens ne savaient point faire l'anatomie et qu'ils ep avaient difficilement Toccasion favorable. Il indique ensuite la manière de tuer l'animal sous l'eau pour qu'il soit plus propre à être disséqué»

Ce livre est très-remarquable en ce que, comme on vient de le voir, il établit un ordre rationnel à suivre dans l'étude des parties. Â l'exemple d'Aristote^ il fait de l'homme sa mesure^ le regardant comme le chef-d'œuvre de la création, et cela avec d'autant plus de raison qu'il s'agit pour Galien de le guérir. Il cherche le signe le plus marquant de son intelligence; car il reconnaît que c'est elle qui domine dans l'homme. Il ne cherche point à l'expliquer : elle était aussi inexplicable pour lui qu'elle l'est encore aujourd'hui pour nous. Il reconnaît qu'elle a son siège dans le cerveau , et qu'elle a pour principal instrument la main ; c'est pourquoi il commence par l'anatomie de la main dans le singe.

Il entre en matière par les muscles intérieursdu coude, qui fléchissent le brachial et les doigts ; il parle ensuite des muscles externes du coude et de leurs tendons; de la tète des muscles intérieurs et extérieurs du coude; il j parle de l'insertion et des ligaments. Les muscles supinateurs et pronateurs du radius le conduisent au^ mus» des de la main qu'il Rppéï\e\e sommet ; au chapitre X, il décrit les ligaments du coude et de la main, puis il finit ce livre par le bras et l'épaule, de l'articulation de laquelle il donne une figure avec des lettres indicatives.

Le livre second est consacré à l'anatomie des mus* clés et des ligaments de la cuisse, de la jambe et du pied , qu'il compare à la main, et il le finit en parlant des ongles, qu'il distingue des os, et qu'il dit naître d'une concrétion des os, des nerfs, de la chair et de la peau.

Gkum. 379

Ti6 livre troisième traite des nerfs et des vaisseaux dans les membres, de leurs veines et de leurs arlères ; car, dit^il, un membre est composé d'os, de ligaments, de muscles, d'artères, de veines et de nerfs, et le tout est recouvert par la peau. Il compare avec plus de détails les diverses parties de la main et du pied. Ainsi il divise le membre thoraçique en iastrunimtumy instrument, la main ; wa/iwbrium , le manche, le poignet et l'avant-bras ; pedicuJum^ pédicule, le bras j et radix, racine, l'épaule. Prenant ensuite le membre pelvien, il y trouve les mêmes parties à peu près, mais avec des différences ; il observe que le pied A plus des trois quarts de ses parties solides soudées ensemble par des tendons, tandis que la main a une bien plus grande partie de libre. Tout ce livre est consacré à montrer comment il faut disséquer pour voir tous les vaisseaux et les nerfs dans les membres, et à les dé-r crire. 11 montre l'importance de cette étude par l'exemple de médecins ignorants, qui, par des sections imprudentes, avaient causé les plus graves accidents.

Le quatrième livre résume d'abord ce qui précède ; il a commencé par la main, « parce que c'est dans l'homme seul qu'on trouve véritablement cet organe} » et puis il est venu à la jambe, parce que là encore, à l'exception de tous les animaux, l'homme seul a quelque chose qui lui est propre. Seul , par le bienfait de ces membres, il marche droit; car nous avons, dit-il, toujours montré que le singe n'était qu'une ridicule similitude de l'homme ; mais, dans les principales parties mêmes, il est manchot, //la/ica. La structure de ses jambes est bien moins droite; le grand doigt de la main (le pouce), qui est tout le fondement des fonctions de cet instrument, est mutilé chez lui. Tpus ces chapitres, dans lesquels Galien traite de la

38o lécOLE D'ALÏEXàNDRIE.

main, sont très-beaux ; il y parle convenablement des nerfs, des artères et des veines. Jusqu'ici, nous avions vu les nerfs confondus avec les tendons ; mais Galien en établit nettement la distinction , et démontre parfaitement l'origine des nerfs de Tencéphale et delà moelle épinière;il en démontre même la fonction, par des expériences sur des animaux vivants , tout aussi concluantes que celles qu'on a faites de nos jours.

Il arrive aux trois cavités, où il observe le contenu, le contenant et l'extérieur. Le quatrième livre traite des muscles qui meuvent les mâchoires, les lèvres, la mâchoire inférieure, la tête, le cou et les épaules. Il parle d'abord des cinq mouvements des parties de la bouche ; tous les animaux, excepté le crocodile, ont la mâchoire inférieure mobile et la supérieure immobile. Il donne l'anatomie de toutes ces parties dans le singe, et le chapitre troisième est consacré à comparer la longueur des mâchoires dans les différents genres d'animaux, et il trouve que l'homme a, pour sa grandeur, la mâchoire la plus courte, le singe ensuite, et tous les animaux l'ont plus longue que le singe. Après les singes viennent les lynx, les satyres, les cynocéphales ; tous ces animaux ont un cou de itiême longueur et des clavicules comme l'homme; tous marchent plus ou moins facilement sur deux pieds ; nul des autres animaux n'en est susceptible. Après les ours et les cochons, viennent les animaux qui ont les dents en scie et qu'on appelle pour cela carcharodonta ; ensuite deux autres genres d'animaux : l'un a des cornes , des ongles bifides, et il rumine; l'autre n'a point de cornes ni d'ongles bifides , mais il est solipède.

Il fait en détail l'anatomie de tous les muscles de la tête, des mâchoires, des yeux, du front, etc.; parle du

mouvement de la première et de la seconde vertèbre, des muscles qui vont de la tête à la poitrine et aux clavicules.

Le livre cinquième est tout eti lier consacré aux muscles du tronc, d'abord du thorax, puis au diaphragme, ensuite aux muscles de l'abdomen , des lombes et de l'épine.

Le livre sixième traite des organes de la nutrition, qui sont les intestins, l'estomac, le foie, la rate, les reins, la vessie, et leurs dépendances. Le chapitre premier de ce livre est très-remarquable. II y démontre que la forme extérieure traduit la forme intérieure, et qu'on peut toujours conclure de l'une à l'autre; et que de la forme des os et de leur nombre, on peut également conclure à la forme et au nombre des muscles; et aussi de la fonction de l'organe à sa structure : «car les parties qui exécutent une fonction semblable, et qui ont au dehors la même figure, doivent nécessairement avoir au dedans la même structure; ainsi donc, pour ceux qui font une même action, qui présentent une même figure extérieure, toute la nature interne de leurs parties est absolument semblable. La nature, en effet, a construit pour chaque animal un corps propre aux affections de l'âme, et c*est pour cela qu'aussitôt qu'ils sont nés, tous se servent de leurs organes comme s'ils étaient instruits par un maître. Je n'ai jamais disséqué de petits animaux comme les fourmis, les cousins, les puces, mais j'ai disséqué ceux qui se traînent comme les belettes, les rats; et ceux qui rampent, comme les serpents; et en outre, un grand nombre de genres d'oiseaux et de pois* sons, pour me confirmer plus fortement que c'est une même intelligence qui les forme tous (evexa tou weiaO^vai Pêêaiwç ?va Tov vouv elvat tov ^laiAocTTovra TaiÏTa); et que dans tous les animaux, le corps est propre aux mœurs

3Bà icoLB d'jjlbxandrie.

de ranimaL Par une semblable connaissance, en voyant un animal que vous n'aviez jamais vu , vous connaître! d'avance sa structure sous-cutanée; et cela sera encore bien plus facile si vous le voye^ remplir ses fonctions. i> On ne peut s'empêcher d'admirer la profondeur phii<^ sopfaique du génie de Galien , qui , dans ce chapitre^ a donné la conception la plus juste et la plus vraie de l'anatomiecompârée^ et posé en germe tous les principes devenus si fécobds entre les mains de M» de Blainville, qui en a tiré la plus haute et la plus belle philosophie de la science ; en a fait sortir la démonstration de la série animale, bien entendue, et la créajtion de la Vraie méthode naturelle, dont les bases sont désormais trop bien assises, pour qu'elle ne finisse pas par régliez seule sur la science, dans le plan et les limites qu'il lui a si logi<* quement tracées*

Après s être ainsi résuiné, Galien passe aux oif^ânes de la nutrition ^ dont il reconnaît trois espèces c les uns sont faits pour saisir, préparer la nourriture^ et la porter dans tout le torps ) les autres pour recevoir le superflu, les excréments; et les autres enfin, pour servir aux excrétions ou sécrétions, a Ce que nous avons à dire ici, ajoute*t-il, paraîtra incroyable; mais dès que vous l'étudierez, vous n'en douterez pas plus que du reste^ et vous admirerez comment ces parties démontrent unjseul art ouvrier de tous les animaux, qui a voulu que le but de leur structure fût leur usage. »

Tout ce qu'il dit de l'estomac est parfait; mais il n'a pas été tout à fait aussi heureux sur le foie et ses fonc^ tions, comme nous le verrons. Il a parfaitement senti et démontré la différence et les modifications des estCMOsacs des auHnaux^ selon la diversité de nourriture, aussi bien que leurs relations avec la forme desdeots et l'absence de^

«Atuur* 383

incisives supërieures dans les ruminants. Daiisla classi* fication des aniraaux d'après l'estomac, il place les solipèdes avant les ruminants; c'est la seule difierence de son autre classification d'après les mâchoires et les pieds. Il parle ensuite du péritoine , du mésentère, de ses ar-^ tères et de ses veines; des intestins , et enfin j de toutes les autres parties du canal intestinal , qui lui était très« bien cbnnu , non-seulement pour les usages, mais encore pour la structure de ses diverses parties. Les ap<*: pareils de la sécrétion liii étaient également connus; la rate, le foie et ses vaisseaux, les méats du fiel, les reins^ les méats urinaires, les uretères ^ la vessie, les muscles qui servent à retenir ou à expulser les excréments, sont très-bien démontrés»

Le livre septième traite du cœUr^ des poumons et de» artères» La trachée, les bronches, et leurs ramifications dans le poumon, sont parfaitement décrites; il prétend que le cœur n'est pas un muscle, contre l'opinion de quelques médecins de sou temps; qu'il est la source de la faculté irascible et de la chaleur naturelle. Il entre dans les détails de l'anatomie des oreilleltes, des membranes, des vaisseaux du cœur, des vaisseaux qui nour^ rissent le cœur; en un mot, de tout ce qui tient à cet organe, qu'il regarde, avec le cerveau, comme les deux mai tresses parties. Il parle fort au long de la cloison de^ ventricules, dans laquelle se trouve, chez plusieurs ani-» maux, un cartilage qui s'ossifie dans les plus grands, et il dit qu'il a lui-même, à Rome, tiré cet os du cœur d'un éléphant. Il donne la manière d'expérimenter sur ce vi»* cère chez les animaux vivants ^ passe aux artères, où il démontre qu'il y a du sang, contre l'opinion des sectateurs d'Érasistrate, qu'il ridiculise.

Le livre huitième doime ranatomie du reste du lho<K

384 ^GOtG P^AtKXANDBIK.

rax , des côtes , et traite du mouvement du thorax par Faction du muscle diaphragme; il y parle très-nettement des expériences sur la section des nerfs intercostaux , et de ceux qui se rendent au diaphragme, et des divers effets de paralysie de tout mouvement qu'opérait cette section. Il s'étend très-longuement sur la manière de faire ces expériences de physiologie.

Le livre neuvième contient, dans la partie qui nous reste, l'anatomie du cerveau. L'autre partie, qui est perdue, traitait de la moelle épinière. Le livre dix contenait l'anatomie de l'œil, de la langue et du pharynx; le onzième, celle du larynx et de l'os hyoïde; le douzième, l'histoire des artères et des veines; le treizième traitait des nerfs du cerveau; le quatorzième, des nerfs de la moelle épinière; le quinzième, des parties de la génération. Galien lui-même nous a ainsi tracé l'histoire de ces livres perdus, dans celui de ses propres ouvrages; c'est d'ailleurs à peu près le même ordre qu'il va suivre dans son autre grand traité de Usa partiurriy qu'il nous reste à analyser.

IL De Usupartium. De r Usagé des parties. Il commence également ce traité par la main, et revient, en faisant le cercle, au cerveau. C'est le premier ouvrage qui ait sorti de l'ensemble les parties pour étudier séparément leurs fonctions. Le traité de Administratione anatomicd est un traité complet de démonstration anatomique; mais après avoir décrit et fait connaître la structure des organes, il fallait en étudier les fonctions, et c'est ce qu'il fait dans ce nouveau traité, qui n'est qu'une belle physio. logie de toutes les parties de l'organisme animal, dont il recherche les fonctions et les usages d'après les actes. Il pose d'abord quelques généralités de définitions. Il dit ce qu'il entend par parties, et c'est ce que nous entendons

GALlElr. 385

par appareil. Il parle de la différence et des modifications des appareils en relation avec les mœurs des animaux : les animaux féroces et courageux sont armés de défenses 9 et les timides ont reçu pour la fuite la vélocité. fcMais à rhomme, car cet animal est sage et seul divin de tous ceux qui sont sur la terre (âvôp^ww ^à, coçov •yàp to5to to 2[ôov xal (jl(>vov twv iiA yHç ôeîov ) , pour toute arme défensive, a été donnée la main , instrument nécessaire à tous les arts, non moins propre à la paix qu'à la guerre. Il n'a donc pas eu besoin de cornes, ni d'ongles, puisqu'il peut, quand il voudra, recevoir dans ses mains des armes bien meilleures que des cornes.... L'homme, par son intelligence et par ses mains, dompte le cheval, est plus prompt que le lion.... L'homme n'est ni nu, ni sans armes, ni facile à blesser^ ni dépourvu de chaussure, car il peut, quand il veut, se faire une poitrine de fer, organe plus difficile à blesser que tous les cuirs; il a une multitude de chaussures, d'armes et de téguments, puisque, non-seulement la cuirasse ^ mais les maisons, les murs et les tours, sont ses téguments. S'il avait des griffes aux mains , il ne pourrait s'en servir ni pour faire des cuirasses, des lances.... ni pour construire des maisons, des murs et des forteresses. Avec ses mains , il tisse ses vêtements, tresse des filets pour la pêche; par elles, il domine non-seulement les animaux qui sont sur la terre, mais encore ceux qui sont dans la mer et dans l'air. Telles sont les armes que ses mains lui fournissent pour exercer sa puissance. Mais l'homme, animal pacifique et politique, écrit les lois avec ses mains, élève aux dieux des autels et des statues, construit les vaisseaux , les flûtes, les lyres, le scalpel, les ciseaux, et tous les autres instruments des arts. Il laisse même des livres écrits sur leur spéculation; et T. I. a5

386 ÉCOLE i:^'4i<ESÀyoiiiË.

par le bienfait des maini, il vous est permis de parler

maintenant de science avec Platon ^ Aristole, Hippo-f

crate et les autres anciens, d a A-insi donc, la main a

été donnée à l'homme^ non pas, comme le prétend Anai^agore, pour qu'il fût le plus sage, mais parce qu'il est le plvis sage des animauxo" Comme son corps est dépouillé d'armes, de même aussi son intelligence est dépQ^illée d'arts ; or, à cause de la nudité de son corps, il a vécu la main, qui est un instrument au-dessus de tous les ipstruments, puisqu'elle peut tous les faire, et k cause de l'ignorance de son intelligence, il a reçu la raison, qui est un art au-dessus de tous les arts, puis« qu'elle est née pour les recevoir tous. »

C'est ainsi que la différence des doctrines philosophir ques en établit une immense entre les vues admirables de Galiep sur Vhon^me, et l'abjection dans laquelle on se rappelle que P^ipe avait traîné ce premier être de la création.

Galien entre ensuite dans le détail de toutes les paiw ties de la main ; montre avec quelle perfection elle est faite pour remplir toutes ses fonctions, intellectuelles et sensorialesj il considère la division des doigts, qui leur permet d'embrasser upe plus grande étendue; la brisure des articulations; le pouce on ne peut plus facilement oppos.able à tous lesav(tr<^ dpigts; la faculté qu'a la main de poHXoir paodifier la disposition de toutes ses partie», pçiur me&urer et saisir un cçrpsrond; la nature même de t<>utesi leç parties de la waiq, modifiée pour tou^b^ les cpTp^ qiaus^ comme les dur»* £n un mot, on pe peut riep due d? plus sur cet organe, auquel il consacre yn liyrç q\ii est adpiirable de conception et de philosophie» f t m i^ déi^P^US que nep pe peut çtre cppçp d§ m^&^

q[ue, h \miK% p^ur )e% us^^^ 2|uxqp«)s.eHe ^t â^sUnâe-

GALIKV* 387

Il y cite, avec les plus grands éloges^ Hippocrale, Socrate, Platon et Aristote, qui avaient tous pense comme lui sur la main ; mais il y ajoute beaucoup , comme il le dé» montre lui-même, par une auatomie plus profonde et plus détaillée.

Le chapitre vingt-unième de oe livre traite des tendons, contre les sectateurs d'Épicure etd'Asclépiade, quiprétendaient que les usages de la vie formaient les organes, 11 les réfute avec une puissante logique, tout en les ridiculisant, car, dil-il , si c'est l'usage qui forme l'or* gane, pourquoi le trouve^t'-on dans le fœtus? pourquoi ne le trouve^t-on pas double dans ceux qui en usent beaucoup? et pourquoi le trpuve4«on dans ceux qui n'en usent pas?

Le livre second expose l'usage des autres parties de la main, du carpe , du coude et du bras. 11 y démontrç aouvent la sagesse du Créateur et son admirable providence, et cela surtout dans le chapitre huit, où il parle des os des diverses parties du bras et de leurs usages; et dans le chapitre neuf, où il compare le pied à la main.

Le livre troisième enseigne l'art de la nalure dans les jambes, l'usage du pied, de la jambe et de la

cuisse L'homme n'a que deux pieds, parce qu'il a

deux mains, et qu'il n'avait paa besoin de promptitude, puisqu'il peut dompter le cheval. Il montre qu'un plus grand nombre de pieds était nécessaire aux différents animaux à cause de leur genre de vie, et pour remplacer le défaut deFoi^ane intellectuel, de la main. U résulte de^ détails dans lesquels il entre sur le oombre des pieds des insectes et des aninuiux inférieurs, qu'il y voit une marque évidente de dégradation.

Le chapitre dix de ee livre traite de^ instruments d^s

388 icOLE B'ALEXàKDRIE.

mouvements de la jambe ^ et de la bonté, delà sagesse et de l'admirable puissance du Créateur. Après y avoir réfuté certains hommes qui blâmaient la Providence des prétendus inconvénients de leur corps , et les avoir fort maltraités, il dit |qu'il compose un hymne au Créateur, et qu'il pense que la vraie piété consiste , non à offrir des hécatombes et à faire fumer des parfums, mais à connaître d'abord , et à démontrer ensuite aux autres^ combien est gi*ande la sagesse, la puissance et la bonté du Créateur.

Lorsqu'il a donné tous les détails sur les fonctions et les usages des muscles , des os et de toutes les parties du membre postérieur, il consacre le livre quatrième aux divers instruments de la nutrition. H parle parfaitement des divers organes; mais il erre sur le foie, en lui attribuant en grande partie la sanguification du chyle. Il fait, du reste, admirablement bien consister la nutrition dans plusieurs propriétés physiques du canal intestinal et de toutes les parties. L'estomac et les organes de la nutrition possèdent donc ce une faculté attractive qui leur est propre, une faculté qui retient les aliments reçus, et une faculté excrétrice des superflus; et, sans doute, avant toutes celles-là, une faculté altérante, pour laquelle le ventre a besoin du secours de toutes les autres. » 11 dit que toutes les parties puisent leur nourriture dans le sang des vaisseaux, comme les arbres dans la terre, par la faculté attractive; mais que les animaux diflFèrent des végétaux en ce qu'ils peuvent se mouvoir pour choisir leur nourriture; que, à cause de cela, ils ont reçu un estomac pour l'élaborer. Il parle très-bien de la chylifîcation , et, sauf le secours delà chimie qu'il n'avait pas , il analyse assez bien le chyle. Il a parfaitement vu la différence de structure des ar-

tères et des veines; mais il a erré en soutenant que le sang veineux nourrissait comme le sang artériel. «La fonction des intestins grêles est, dit-il, de transmettre Talîment, le chyle, du ventricule aux veines; mais comme le foie sert à la sanguification , et le ventricule à la chylification , les veines servent au transport du sang, et les intestins au transport du chyle; cependant les intestins servent aussi à la concoctioriy et les veines ont une faculté de sanguification, afin que, pendant le transport, la substance ne s'altérât pas. »

Il a parfaitement démontré que les nombreuses circonvolutions des intestins avaient pour but de faciliter l'absorption du chyle ; que les gros intestins et le cœcum , qu'il a reconnu double dans les oiseaux, servaient à une dernière absorption avant l'éjection des fèces. Il finit par les muscles et la nutrition des intestins.

Dans le livre cinquième, il termine ce qui concerne la nutrition , et particulièrement la déjection. Il range la bile, le fiel, parmi les excréments, ou plutôt les excrétions; et il a vu que ces fluides se rendaient dans le ventricule {duôdenurn)\ il a également connu que la bile avait une propriété extrêmement acre , mordante et dissolvante (rtirâfé/â'/^^e/??); que le foie sécrétait la bile, et que les reins sécrétaient l'urine. Il a parfaitement démontré les nerfs des intestins et des organes de la nutrition; mais il n'a pas aussi bien connu leur fonction et leur importance dans la digestion.

Les deux livres suivants sont consacrés aux diverses parties extérieures et intérieures du thorax; il reconnaît que les poissons n'ont que le cœur dans le thorax, qu'ils n'ont point de voix, parce qu'ils n'ont point de poumons , et qu'ils ne respirent pas l'air Il explique les fonctions de toutes les diverses parties du cœur

306 1ÉCOLE D^LUXANDRIE.

et du poumon y des artères et des veiues^dtla traobéâ, tiii lat*yDX et deToshyoïde*

Dans les quatre livres suivants ^ consacrés aux di^ verses parties de la tête, il démontre que le cerveau est le principe des nerfs ^ de toute sensation et des mouvezments volontaires ^ comme le cœur est le principe des mouvements des artères. En exposant comment les sens spéciaux tirent leur origine et reçoivent des nerfs du cerveau , il est conduit à parler de rame, de rintelligence , dont il reconnaît qu'il est impossible d'expliquer la subëtance, et il ne s'y arrête pas inutilement. Mais il explique les divers usages des organes des sens y et s'étend assez longuement sur l'œil et la vision^ dont il donne des démonstrations à l'aide de figures et de lettres. Cependant la physique était en>core trop peu avancée pour qu'il pût atteindre à une étiologie satisfaisante de fonctions si relevées.

Le douzième et le treizième livres traitent du cou, de l'épitie du dos , des vertèbres , de leurs ligaments, de leurs cartilages, des nerfs, des tendons, des muscles, et de toutes les autres parties qui s'y trouvent, ainsi que de leurs fonctions.

Le quatorzième et le quinzième livres traitent de la génération. Il commence par les organes femelles , parle des rapports de l'utérus et des mamelles) mais il est surtout remarquable dans la démonstration de la ressemblance et de l'identité de signification des organes mâles et des organes femelles. « Toutes les parties, ditil, qui sont dans l'homme, vous les trouverez dans la femme ; si ce n'est que dans l'homme elles sont extérieures , et dans la femme intérieures. » Et il poursuit sa démonstration partie par partie. C'était déjà d'une manière très-positive et très-avancée la thèse que soutient et démontre M. de Blainville*

GALIBir. 3^1

Il donne, dans le seiziètne livre ^ un enieftiblë de tous les nerfs et des artères de Forganisnië.

Cet ouvrage, en thèse générale, est une admirable réfutation du matérialisme scientifique, même moderne; ce n'est d'un bout à l'autre que là grande et admirable thèse des causes finales , et une démonstration scientifique de la sagesse, de la puissance du Créateur ^ et de sa providenceé

Page 1