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si'joiir à Brédii, et il porta le géomètre français à écrire son Compendium de la musique qui ne parut qu'en 1 648. Beeckman composa lui-méme un ouvrage Mathemalico-physicarum medilatiotwm, quaestionum, solutionum cenluria, qui fut publié après sa mort en un volume in4», à Utrecht, en 4 644. Ses relations amicales avec le savant français prouveraient en faveur de l'étendue de ses connaissances (*).
B se fit à cette époque dans le pays un vide déplorable qui ne fut point comblé : on n’cul pas seulement à regretter les savants, mais encore les littérateurs les plus distingués et particulièrement les hommes politiques, parmi lesquels nous nommerons surtout Marnix de S'<'-Aldegonde. .
Les malheurs religieux qui désolaient le pays étaient une
(*) Cependant, vers la fin de sa vie, une discussion assez vive s'éleva entre Dccckroan et le célèbre philosophe français. Becckman avait, à ce qu'il pa^ rait, les formes de l'école, et sa manière de procéder avait peu édifié Descartes, qui lui écrivait avec une aigreur désespérante. • Je vous redemandai l'année passée mon traité de musique, non pas à la vérité que j'en eusse besoin, mais parce qu'on m'avait dit que vous en parliez comme si vous me l’eussiez apprise ; toutefois je ne voulus pas vous on écrire aussitôt, de peur de paraître trop défiant si je doutais de la fidélité d'un ami sur le simple rapport d'autrui. Mais maintenant que, par plusieurs autres témoignages, j'ai reconnu que vous préférez une vainc ostentation à la vérité et à l'amitié qui a été jusqu'ici entre nous, je veux vous donner un petit mot d'avis, qui est que, si vous vous vantez d'avoir enseigné quelque chose à quelqu'un, encore que ce que vous dites soit véritable, cela ne laisse pas d'étre odieux; mais si oc que vous dites est contre la vérité, il est encore plus odieux; et enfin si vous avez appris de lui la chose mémo que vous vous vantez de lui avoir apprise, certainement cela est tout à fait odieux. Mais sans doute que la civilité du style français vous a trompé, et que vous ayant souvent témoigné de bouche et par écrit que j'avais appris plusieurs choses de vous, et que j'espérais meme encore tirer beaucoup de profit de vos observations, vous n'avez point cru me faire tort de confirtiier par vos discours une chose que je ne ferais point difficulté de publier moi-mcmc. Quant à moi, je me soucie fort peu de tout cela; mais la déferonee que j'ni encore pour notre ancienne
vraie calamité : la Belgique, arrivée à la plus belle époque de sa vie intellectuelle, aurait pu présenter à TEurope l'exemple de ce que réalise un petit peuple dans la carrière de l'intelligence, quand il marehe d’un pas ferme et sans crainte d’un gouvernement oppresseur de la pensée.
Philippe III était âgé de vingt ans seulement quand, en 1598, il succéda à son père Philippe II. Bientôt après, le gouvernement des Pays-Bas fut transmis à sa sœur Isabelle qui avait épousé l’arehidue Albert, fils de Maximilien II d’Autriche. Lee nouveaux princes arrivèrent à Bruxelles le 3 septembre 1399; ils eurent à s’oeeuper d’abord des intérêts du pays et du siège d’Ostende, qu’ils parvinrent à reprendre sur Mauriee de Nassau , après un siège de trois
amitié m'oblige à vous avertir que lorsque vous vous vantez de quelque chose de scmblubic devant ceux qui roc connaissent, cela nuit beaucoup à votre réputation ; car ne pensez pas qu'ils croient rien de tout ce que vous leur dites, mais croyez plutôt qu'ils se moquent de votre vanité; et il ne vous sert de rien de leur montrer les témoignages que j'en donne dans mes lettres, car il n'y a pas un qui ne sache que j'ai même coutume de tirer instruction des fourmis et des vermisseaux; et ils ne eroiront jamais que j'aie pu rien apprendre de vous, si ce n'est de la même manière que j'ai coutume d'apprendre des moindres choses de la nature. Si vous prenez ceci de bonne part, comme vous le devez, je n'appclIcrai te passé qu'une erreur et non pa.s une faute, et cela n'empêchera que je ne sois comme auparavant votre serviteur. Adieu. • OEuvret philosophiques de DetearleSj par L. Aime Martin , grand in«8*, p. 550. Paris, 185â. L'aigreur de celte lettre est dépassée encore par celle d'une seconde lettre que Descartes adressa à Beeckman le mois suivant. Celte nouvelle lettre est fort longue, et l'on a peine à voir un homme de son mérite prendre plaisir à humilier celui qu'il a considéré pendant longtemps comme un ami, et qui n'avait d'autre tort après tout que le pédantisme de l’école. 11 est peu philosophique en effet de dire à un ancien ami: « Il ne vous sert de rien de montrer les témoignages que j'en donne dans mes lettres, car il n'y en a pas un qui ne sache que j'ai même coutume de tirer instruction des fourmis et des vermisseaux. Si vous prenez ceci de bonne part, comme vous le devez, je n'appellerai If passé qu'une erreur... •
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iiiis ('). Ce lie fui guère qu’au bout de ueuf à di\ uns qu'une Irôve fut conclue à Anvers, le 9 avril 1609, et signée à la Haye, le 7 janvier suivant.
La tranquillité qui se rétablit après plus de quarante années de troubles et de guerres permit au pays de se reconstituer pour ainsi dire sur des bases nouvelles; aussi eette époque a-t-elle laissé des traces dans l’histoire de la Belgique. Les germes du bien-être publie semblèrent se ranimer : on les attribua à l’influence des princes qui d’ailleurs se montraient favorables à leur développement
Les écrits du temps montrent que les archiducs, quoique favorables aux lettres, n’en étaient cependant pas des juges fort éclairés. On avait recours à leur prolcelion, mais les protégés n’élaicnt pas toujours les écrivains ou les savants les plus distingués de la nation. Wenceslas Coebergher d’Anvers vint, après dilTércnls voyages, se fixer à Bruxelles, et il fut nommé par Albert et Isabelle leur peintre et architecte. Il rendit à la vérité des services en desséchant des marais du coté de Dunkerque et de Bergues, et il établit les monts-de-piété en Belgique sous les auspices des gouvernants. Il est aussi l'auteur de divers ouvrages sur l’archileelure et les médailles.
Les princes avaient également nommé, ainsi qu'on l’a
(*) On transmit, comme souvenirs, dans les collections de Bruxelles, les chevaux empaillés qu'Albert et Isabelle montaient pendant ce siège mémo* rable; l'un d'eux avait etc blesse d'un coup de feu dont on voit les traces. La princesse Isabelle fil preuve d'un grand courage pendant la durée du siège auquel elle prit une part active. On conserve un autre souvenir bis« torique assez curieux, s'il est véritable : La duchesse jura de ne changer de linge qu'après la prise d'Ostende. On ne dit pas combien de temps elle eut à observer son serment; mais le linge qu'elle portait avait fini, dit-on, par prendre une teinte fauve :i laquelle on a conserve depuis le noiii de couleur ItnMh.
vu, Michel Coignel leur inalhématieieii honoraire , el ils avaient attribué de grandes faveurs au médecin Th. Fienius. ainsi qu’au savant Erycius Puteanus , tous deux professeurs à l’université de Louvain. Cet état prospère apparent ne fut pas de longue durée; la mort de Philippe III, arrivée le 31 mars 1621, et celle de l’archiduc Albert, le 13 juillet de la même année, amenèrent de nouveaux changements dans l’état moral du pays. D'après l’acte de donation, la souveraineté de la Belgique devait retourner au roi d’Espagne, si l’archiduchesse devenait veuve sans avoir d'enfants. Le roi cependant laissa à sa tante le gouvernement général du pays avec les prérogatives de la souveraineté. Isabelle accepta; mais ses dernières années furent altristécs par différents échecs qu’éprouvèrent scs armes contre les Provinces-Unies.
En résumant les principaux événements qui se sont passés pendant la jeunesse de Charles-Quint et pendant son séjour en Belgique, on trouve que le pays présentait un état très-prospère. La valeur des richesses était considérable; les sciences, les lettres et les beaux-arts avaient élé portés à un haut degré d'élévation : la Belgique était dans sa maturité. Les talents toutefois ne se développent pas instantanément; leurs fruits ne mûrissent pas au moment même où un pays reçoit l'impulsion la plus vive et la plus bienfaisante; il s’écoule toujours un temps plus ou moins long entre cette apparition et la manifestation des causes qui l’ont fait naître. Le grand développement du siècle de Charles-Quint ne se montra dans toute sa plénitude qu’après l'époque de la mort de ce prince; mais bientôt le duc d’Albe et le fatal gouvernement de Philippe II portèreni les roiips les plus rudes au pays; ils éloignèrent de ses fron-
liëres les hommes politiques les plus distingués en même temps que les talents les plus en état d'ajouter à sa gloire scientifique. Les beaux-arts, moins offensifs, se développent sans effort; on les voit rarement blesser le pouvoir et manifester, à travers une franchise extrême, cet esprit d’indépendance que Michel-Ange ne craignait pas de montrer parfois, même au souverain pontife, malgré le danger qu’il y avait à le faire.