‹ Histoire des sciences mathématiques et physiques chez les BelgesChapitre 23 sur 37 · UM^RES · texte numérisé non relu

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Dans les résultats qui précèdent, on n'a pas fait entrer les valeurs obtenues pendant des circonstances extraordinaires, telles que les brouillards, les neiges et les pluies.

En général, l’atmosphère est toujours électrisée positivement; l'électricité négative ne se manifeste que pendant la eliute de la pluie, de la grêle ou de la neige, ou bien à l'approcbe de ce pbénomène. Alors l’électricité change rapidement de signe; et, dans des instants très-rapproehés , l’éleetromètrc accuse successivement une charge extrême, soit positive, soit négative. Pendant les pluies tranquilles, CCS changements d’élcctrieité ne se manifestent pas; on ne les remarque que por des temps orageux.

Les brouillards secs présentent la particularité d'une électricité extrême, positive, spécialement quand le soleil est dans ratraosphere australe : l’électricité négative, au contraire, ne se manifeste guère que pendant l’été.

Si l'on considère l’état de l'élcctricité pendant la durée du jour, un trouve également une variation diurne. Le minimum de l'électricité statique se manifeste vers trois heures de l’après-midi; et, en s’éloignant de cette heure jusque vers la nuit, la quantité d'électricité augmente. Il en est k peu près de même pour le psychromètre : le minimum arrive seulement un peu plus bU. Le thermomètre a une marche analogue, mais dans un sens inverse.

L’électricité dynamique de l’air, accusée par le galvanomètre, est peu sensible en l'abscncc des orages. L’aiguille de mon galvanomètre ne dévie guère, pendant la durt-e de la nuit, que d’un à deux degrés par rapport à sa position ordinaire; quelquefois l’écart est plus grand, surtout par la présence des brouillards. Cette déviation est as.scz régulière pour qu’on puisse se dispenser de la suivre constamment. Il y a donc un ilux continuel d’électricité entre les régions supérieures et inférieures de l’atmosphère, qui semble croître avec la différenec des températures et particulièrement avec la présence des orages.

Les grandes perturbations électriques, qui agissent de la manière la plus marquée sur le galvanomètre, ne se présentent donc qu’au moment des orages, et alors on voit l'aiguille de l’instrument parcourir rapidement des arcs irès-étendus , et quelquefois passer instanlanément de l'extréinibi la plus éloignée de l'arc positif à l'extrémité opposée de l'arc négatif, ou rire vemri.

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Des reelierclies sur l'électricité atmosphérique avaient été faites auriennrmcnt par De Saussure, Volta, Scliübler, etc.; mais, quoique dirigées avec habileté et talent, elles ne présentent pas de résultats assez suivis pour être comparés à ceux obtenus depuis. Les moyens qu'on peut employer aujourd'hui sont beaucoup plus sûrs et mieux marqués. M. Kümlz, dans sa Météorologie, a été en position de parler lui-même d'observations électriques remarquables qu'il lui a été donné de faire sur le sommet des Alpes.

Dans ces derniers temps, des études intéressantes ont été suivies à cet égard d'une manière continue. Les travaux de M. Lamont, directeur de l'Observatoire de Munich, ont montré, comme les miens, que l'électricité de l'heure de midi est moindre en été qu'en hiver; mais la différence qu'il trouve est beaucoup plus faible. La série des recherches faites à Kcw, en Angleterre, par M. Ronalds, s’accordent mieux avec les nombres que j'ai trouvés. Les époques des maximu diurnes et annuels correspondent parfaitement pour les stations de Munich, de Kiew et de Bruxelles; cependant les grandeurs des maxima et minima ne sont pas tout à fait les mêmes. M. le professeur Diiprcz, de Gand, désirant se former une opinion à cct egard, a bien voulu, à ma prière, faire des observations suivies, avec un instrument exactement semblable au mien, sur le sommet de sa maison. Seulement son < instrument est placé sur une tablette qui est fixée à l”,3 au-dessus de la base d’une ouverture rectangulaire, pratiquée dans un toit dont la pente est telle, que la hauteur du sommet audessus de la ligne horizonbde menée par la base de l'ouverture est, à six mètres de distance de celte base, égale à cinq mètres; ce même toit est surmonté d'une cheminée d'environ un mètre de hauteur. » Cette différence dans la disposition de l'instrument fait que les valeurs ab.solues sont de quatre à cinq fois plus faibles qu’à Bruxelles, mais les variations .sont exactement les mêmes.

Les observations sur réleclricité de l'air, qui se font chaque jour, à l’heure de midi, sur le sommet de l'Observatoire de Bruxelles, continuent à donner des résultats moyens tout aussi réguliers que ceux du tbermoinèlre: la moyenne annuelle et la moyenne mensuelle pré.scntent des valeurs aussi constantes que celles fournies jiar le tbermoinèlre; mais ce genre d'observations exige les précautions les plus minutieuses, et rinslrumcnl ne doit être dérange par aucun point avoisinant plus élevé : c’est ce que prouvent de la manière la

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plus cviJfiiU' les résiillnls que M. Duprez, depuis plusieurs années, a la complaisance de recueillir avec un soin et une régularité dont on ne saurait trop le remercier.

Quant au nombre m<tyen de jours d’orages que l’on compte à Bruxelles, comme sur les autres points du royaume, on peut l’évaluer à quinze ou seize par an. Ce nombre, du reste, ne paraît pas constant, car il a été, moyennement, de vingt-sept jours pour chacune des trois années d’observation de l’abbé Mann, de I78C à 1788 inclusivement. Il est vrai que, pendant l’année I8u2, qui a été tout exceptionnelle pour les provinces de Liège, de Xamiir et du Hainaut, on y a compté aussi de trente à trente-sept orages. Le nombre, comme on le voit, est assez variable d'une année à l’autre.

Il convient peut-être de mentionner ici un des plus terribles orages qui aient éclaté sur notre pays. Le 19 février I8(i0, vers sept heures ilu soir, eet orage se manifcslait à Itollrgliem et à Coiirtray; une heure après, ses ravages s'exerçaient sur Gand, Bruxelles et les environs d'Anvers. Se détournant ensuite vers Liège, où il éclatait, à neuf heures, en semant la dévastation sur son passage, il pénétra sur le terriloir»! prussien ; et, vers dix heures du soir, il incendiait l’église de Mrihem, près de Cologne. Cet orage, entre nos frontières, a frappé vingt-deux églises et quelques habitations particulières. Il est h remarquer que la foudre a sévi particulièrement sur les points bâtis les plus élevés, sur les églises, par exemple. On peut lui comparer un autre orage qui éclata sur la France du 14 au 15 avril 1718 et qui frappa également vingt-quatre clochers.

Nous donnerons ici quelques renseignements qui pourront mieux fixer les idées sur l'état de l'élcctricité et des principaux phénomènes, pendant le cours d'une année, dans l’intérieur de la Belgique:

(<) Dffré» de rinslrument de M. Pellier et voleur de re» de^rêt réduits à ta Diéme unité

lit

Janvier ....

Février ....

Mars

A\tü

Mai

Juin

Juiilet

Août

Septembre . . .

Octobre ....

Novcnil)re . . .

Décembre . . .

Par «ois. . .

Par arsée . .

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