‹ Histoire des sciences mathématiques et physiques chez les BelgesChapitre 24 sur 37 · I 'oc -» Tu. I4» 4^ «4i 'w ■y · texte numérisé non relu

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Ékeirkité, uctinométrie , gelée, brouillard , etc. fl833 à IS32J.

Courants électrii/iies pour la détermination de l'heure.

L'éUiblisscmcnt dos clieniins de fer fit comprendre bientôt que eette Admirable invention n’était pas complète et demandait un accessoire obligé. Il ne suffisait pas de transporter des voyageurs avec une vitesse inusitée; il fallait encore pouvoir transmettre la pensée, ou tout au moins l’beure, avec une vitesse égale.

Au commencement de 1856, un arrêté royal avait demandé, eu Belgique, un travail complet pour déterminer exactement l’heure dans les principales localités, et faire cesser les incertitudes énormes que présentaient souvent les localités les plus voisines. Cet arrêté demandait h l’Observatoire de Bruxelles l'organisation de cinq lunettes méridiennes, à Cand, Liège, Anvers, Ostende et Bruges, et en même temps quarante et une villes furent désignées pour recevoir le tracé de lignes méridiennes. On n’avait point encore les télégraphes électriques, ces compagnons indispensables des chemins de fer, qui pouvaient répondre & tous les besoins.

Au eoromeneement de 1859, l’Observatoire de Bruxelles présenta l’aperçu suivant de tous les travaux qu’on lui avait demandés; mais, il faut bien le dire, la plupart de ces travaux sont ruinés aujourd’hui, en partie par l’insouciance des villes et en partie par l'élahlissement des lignes télégraphiques, qui donnent un moyen plus sûr de transmettre l’heure h tout instant et dans toutes les directions.

Nous ferons connaiire successivement ce qui a été fait, par le premier système, concernant les méridiennes et les instruments de passage, et ce qui a été entrepris ensuite pour transmettre instantanément l’heure par l’intermédiaire des télégraphes électriques. Il est curieux en effet de constater les premiers efforts tentés, en Belgique, pour régulariser ce qui tient à la connaissance des temps. Voici les principaux passages d’un rapport qui fut pré.senté, le 20 janvier 1839, par le directeur de l'Observatoire de Bruxelles, à M. le Ministre de l’intérieur, |>our l’établissement de l’heure dans le pays, par le moyen des méridiennes et des instruments de passage :

« Vous avez témoigné le désir de recevoir un rapport présentant le résumé de ce qui a été fait jusqu’ici en exécution de l'arrêté roval du 22 février 1836, et indiquant non-seulement les villes où il a été

place soit de petits instruments des passages, soit de grandes méridiennes, mais en même temps celles où ces instruments servent dès i> présent à leur destination.

L’arrête précité avait pour but de donner des moyens expéditifs pour déterminer avee précision, dans les principales localités du royaume, l'heure et la marelie du temps, et il autorisait à cet effet rétablissement :

I" Dans chacune des villes d’Anvers, d'Ostende, de Bruges, de Gand et de Liège, d'une petite lunette méridienne;

2“ Dans chacune des autres villes du royaume présentant quelque importance, soit sous le rapport de la population, soit sous celui de l’industrie, du commerce, des arts ou de la science, de grandes méridiennes qui seraient placées dans les murs des cathédrales, hôtels de ville ou autres édifices favorahics à leur établissement.

En me transmettant cet arrêté, par votre lettre du 2‘J février, M. le Ministre, vous m'avez fait riionncur de me charger de son exécution, et vous m'avez désigné particulièrement quarante et une villes où devaient être établies de grandes méridiennes, en me laissant, du reste, la plus grande latitude pour agir.

Ce plan de travail était immense, et je ne pense pas qu’ailleurs il ait été pris des dispositions sur une échelle aussi grande pour régulariser ce qui tient à la mesure du temps. Cela provient sans doute de ce que Jamais on n'a éprouvé un besoin plus réel de connaître l'élément que le gouvernement a voulu donner les moyens de déterminer avec précision. L’établissement des chemins de fer, en effet, forme de toute la Belgique, pour ainsi dire, une seule et même ville. Il est naturel alors qu’avec une nouvelle manière d’être, on sentit se former de nouveaux besoins; et ces besoins devaient être grands, puisqu’ils portèrent à demander tout à coup à l'a.stronomie, qui ne faisait que de naître parmi nous, le système le plus étendu qui ait été suivi pour la détcrroinatiuii et la mesure du temps.

Pour concevoir les difiieultés de la tache qui m’était imposée, il suffirait de lire, dans l'histoire des sciences, ce qu’il a fallu de temps et de .soins à l’illustre Dominique Cassini pour construire la seu/e méridienne de Saint- Pétrone à Florence, ou à d’autres astronomes, pour construire des méridiennes moins célèbres (').

(') On peut consulter à cet égard r.diiniMiire de rOhscn-atoire de Uruielles, année 1837, pages ilO et suivantes,

D'une autre part, je me trouvais seul pour faire faee aux travaux de l’Observatoire; et il m'était impossible d'abandonner souvent eet établissement et de le laisser inaetif aux jours les plus favorables pour des travaux astronomiques. Le tracé d’une grande méridienne, eomme ouvrage .seientilique, devait entraîner à de longs travaux de détail; en ne le considérant que comme destiné h régulariser la marche des horloges publiques, il n’en était plus de même. De petites erreurs, provenant de ec que nous ne connaissions pas encore avec une exactitude suffisante les longitudes relatives de nos villes, n'étaient point préjudiciables, et par suite n’exigeaient pas d’observations astronomiques préalables, l'nc exactitude minutieuse en pareille circonstance devenait même illusoire; car il serait impossible d’assujettir les horloges d’une ville à inarelier d’acrord avec la précision de la seconde, comme le feraient des régulateurs. Et quand même on pourrait y réussir, la méridienne, dans une ville telle que Bruxelles, par exemple, pourrait différer de six h sept secondes dans ses indications, scion qu’elle serait établie dans tel ou tel autre quartier.

En me donnant par conséquent quelque latitude, mais en conservant une précision allant bien au delà de tout ce qu’on pouvait demander à l’astronomie pour rester fidèle à l’esprit de l’arrêté royal , je pus simplifier mon travail. Il était à remarquer d'ailleurs que, pour l’horlogerie plus délicate, il s’agissait d’établir des lunettes méridiennes dans les villes où les besoins s’en faisaient le plus sentir et où l'on pouvait avoir à régler la marche de chronomètres, soit pour l’usage de la marine, suit dans l’intérêt des sciences.

Je résolus doue d’établir, avant tout, les lunettes méridiennes qui devaient me donner les moyens de régler, sur différents points du royaume, les chronomètres que je destinais à faciliter le tracé des méridiennes, sans que je fusse forcé de recourir chaque fois à l'Ob- .servatoire de Bruxelles. J’eus l'honneur de vous écrire à ce sujet. Monsieur le Ministre, et je fus autorisé immédiatement après à demander à MM. Troughton et Simms, de Londres, les cinq instruments méridiens destinés aux villes d'Anvers , d’Ostendc , de Bruges, de Gand et de Liège.

En attendant leur expédition, je commençai le tracé de la méridienne de Bruxelles dans l’église tic Saintc-Gudule. Je crois devoir entrer ici dans queli|ues détails, qui feront mieux comprendre la

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