‹ Histoire des sciences mathématiques et physiques chez les BelgesChapitre 26 sur 37 · HH · texte numérisé non relu

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Les seienees inalliënialiques et spéeialeniciit le calcul des probabilités, ont ouvert le chemin à diverses applications. Bien des questions ont été abordées avant même qu'on eût les éléments nécessaires pour les résoudre par l'expéricnec. Ces antécédents trop hâtifs ont produit, il est vrai, de nombreuses erreurs; ils ont entravé la marche de la statistique et ont fait tourner des regards inquiets vers le passé, surtout chez ceux qui avaient le plus de confiance dans son avenir.

Dans ces instants difficiles, des savants de premier ordre n'ont pas dédaigné de porter leur attention sur la statistique et de lui donner l'impulsion nécessaire. Il lui a fallu peu de temps ensuite pour prendre une place honorable parmi les autres sciences : on a reconnu bientét tous les services qu’on pouvait en attendre, surtout dans des pays libres, où l'attention se porte naturellement vers les questions soeialcs les plus iinjinrtantcs.

C’était afin de donner à la science la largeur de terrain nécessaire aux recherches dont elle avait à s’occuper, que I institution d'un congrès général rut lieu à Bruxelles en 18u5, pour mettre de l’unilé entre les statistiques des dilTérents pays. Son but tendait pliitùt à l'application qu’à la science même. On avait principalement en vue de tracer une marche facile qui pût porter chaque nation à réunir des résultats positifs et comparables entre eux. 11 devenait important néanmoins de ne pas méconnaître les principes qui devaient servir de base à l'œuvre projetée. La plupart des pays avaient senti, dès l’origine, l'utilité d'un pareil travail; et, en se faisant représenter au congrès international de statistique, ils ont eu soin de choisir des hommes qui, tout en s’occupant des chilircs, connussent la nécessité de les contrôler. Quand on emploie des matériaux, il faut, avant tout, en connaître la valeur et établir l’édifiec à construire sur des bases fermes et solides. Ce n’était pas la statistique étudiée sous scs différentes formes qu’on avait en vue de faire connaître, mais la statistique des nations, celle qui se rattache aux intérêts des peuples. Il fallait abandonner aux particuliers le soin des questions spéciales , de celles surtout qui ne peuvent se résoudre que par des documents individuels et recueillis en nombre suffisant pour inspirer quelque confiance.

Sans doute, parmi les hommes chargés de ces travaux, il s’en trouvera qui ne sauront pas avec la même facilité apprécier la valeur

pi'ühabir il'uti résultiil, et i|iii nu'Urunt sur une même ligne des quaiilitcs d'un poids mathématique bien différent; mais, si les runnaissances, pour le faire, leur manquent, il suffira de donner des nombres précis avec les documents nécessaires pour permettre à d’autres de faire l'appréciation de leur travail. Cette dernière partie appartient plus spécialement aux sciences mathématiques.

Le premier but à atteindre est donc de chercher à réunir des nombres essentiellement comparables entre eux et, de plus, comparables entre les différentes localités et les différents peuples. C'est ce qui m’a suggéré l'idée de proposer, au Congrès de Londres, le plan d'une statistique générale et comparée entre les pays les plus avancés, plan dont la nécessité était déjà suffisamment appréciée par mes honorables eollègucs, et qui, d’après notre projet, devait s’arrêter aux grands chiffres qui permettent d’établir des rapprochements utiles.

Il convient, avant tout, de s’occuper de la population et de la division territoriale, puis de considérer ensuite ce qui tient à l’agriculture, au commerce, à l’industrie, etc. Les questions sont trop nombreuses pour qu’elles puissent toutes fixer l'attention dès le premier instant. D’ailleurs , les gouvernements ne sont pas encore préparés à fournir les éléments d’un travail d'ensemble, et c’était à eux (|uc devait s’adresser l’appel fait aux délégués des principales nations. Il fallait donc prendre un exemple, et le choisir de manière à donner une idée précise du travail qu’il s’agissait d’exécuter.

La statistique des États ne doit pas être confondue avec une statistique individuelle. Celle-ci doit procéder librement; elle peut traiter des questions particulières, examiner des difficultés qui appartiennent spécialement à un État donné, peut-être même à une classe d'hommes. La statistique des États, marchant dans une voie suivie par d’autres nations similaires, doit, au contraire, offrir entre ceux-ri des rapprochements faciles. Pour établir les comparaisons, on doit éviter de recourir à un grand nombre d’ouvrages et n’user que de ehiffres constatés officiellement; s’il s'y trouve des erreurs, on les aura bientèt aperçues, et les hommes les plus compétents seront les premiers à les signaler.

Ixtrs du dernier congrès de statistique de Londres, les membres préposés à la rédaction des statistiques officielles se sont réunis, et ont bien voulu prendre l’engagement de faire un essai sur les docu-

ments qu'il peut être utile de présenter en premier lieu ('). Mais, avant de former ee travail comporatif, il convient peut-être d'en examiner soigneusement le cadre et les détails : il faut que la plus grande unité règne entre les quantités que l'on compare; il faut aussi que l'on connaisse les avis des hommes compétents pour arriver aux formes les plus simples.

Il nous a paru que, dans un travail d'introduction, le chiffre de la population appelle particulièrement l'attention de l'observateur : un pareil travail mérite toute son étude, et les documents qu'il en retire peuvent le eondiiire aux déductions les plus utiles. Mais, pour donner plus de rectitude à son jugement, il faut fî.xer d'abord, d'une manière rapide, la grandeur et la nature des lieux que cette population occupe. Dans le cas où ces statistiques de la population devraient figurer dans un meme ouvrage, ce qui sans doute serait préférable, chacune pourrait être précédée d'une petite carte, comprise dans le texte et représentant l'étendue des provinec.s, des départements ou des grandes divisions de l'État. Il ne conviendrait

(') La commission qui s’esl formée à ce sujet, lors de la dernière réunion du Congrès de Londres, tenu sous les auspices de S. A. R le prince Albert, présenté son rapport dans la séance générale du tS Juillet IMSO. Les pays qui ont souscrit i rengagement de fournir un plan de statistique générale pour les dilTérentes nations sont :

L'Angleterre, représenlée par M. r'arr;

L’Autriche,

La Bavière,

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