‹ Histoire des sciences mathématiques et physiques chez les BelgesChapitre 4 sur 37 · GG · texte numérisé non relu

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pour le pnys des eonséquenees si fatales. Ce fut aussi , sans doute, l’aspect de tant de richesses et la jalousie contre ces bour$;eois qui recevaient les rois et les princes avec une magnificence que ceux-ci n’auraient pu égaler, qui attirèrent sur la Flandre ces invasions périodiques sous lesquelles auraient péri une civilisation moins vivace et une race moins obstinée. Il faut rendre, du reste, celte justice aux comtes de Flandre antérieurs à l’avénement de la maison de Bourgogne, qu'ils contribuèrent, pour une grande part, à ce beau développement. Leurs comptes, que nous possédons à partir de l’année 1378, témoignent d’un luxe aussi développé que celui des ducs de la maison de Valois. Le peintre Mcichior Brôdiein fut pensionné par Louis de Male avant de l’être par Philippe le Hardi. La maison de Brabant participait aux mêmes goûts »

On a remarqué du reste que la protection de Philippe b; Bon ne s’étendit pas sur tous les artistes du pays ; le prince se borna plus particulièrement à donner des encouragements aux frères Van Eyck; mais les autres artistes, qui ne manquaient certes point de distinction, trouvèrent plutôt des protecteurs dans les villes du pays et parmi les chefs des corporations.

L’activité était générale. On pressentait une époque nouvelle, cl, dans tous les rangs de la société, on semblait s’y préparer et tourner ses regards vers des points plus élevés que ceux où l’on s’était trouvé place jusqu’alors.

N. isofi. Philippe le Bon termina sa glorieuse carrière en 1467: M. 1*67. j| soixante et onzième année. Il a laissé dans

l’histoire un des noms les plus glorieux et il a emporté l’estime de l’Europe entière.

Ce prince se rendit célèbre à plus d’un titre; non-seulement il se mit an rang des souverains les plus distingués de

l'Europe, mais il sut administrer ses Étals avee une grande intelligence et surmonter toutes les difficultés que présenta son règne. Il ne fut pas moins habile dans les encouragements qu’il donna aux lettres : les sciences peut-être ne furent pas aussi prospères; mais leur silence lient moins à la forme de son gouvernement qu'à l'abandon où elles se trouvaient encore dans toute l’Europe.

Le domaine de I hisloirc surtout prit un admirable développement, et il est facile de voir que le lustre répandu à celle époque sur les lettres en général tient particulièrement à la forme du gouvernement et aux idées qui prédominaient. Le Liégeois Jean Lebel , dont les ouvrages ont été récemment retrouvés, fut un des écrivains qui contribuèrent le plus à cet heureux état de choses ('); Froissard de Valenciennes, cet élégant chroniqueur qui visita plusieurs des cours de l'Europe et qui vint mourir ehanoine et trésorier de Chimay ('), ainsi que son continuateur Enguernind de Monstrelct ('), gouverneur de Cambrai, ajoutèrent beaucoup au lustre que les écrits historiques reçurent d'une pléiade d’écrivains de mérite, tels que Châtelain, indiciaire de Philippe le Bon (*), et son continuateur Molinet (’), Dynterus, qui fit également partie de la cour des ducs de Bourgogne (*), ainsi que Duclercq (’). J’aurais dû citer.

(') Jean le Bel llorissait à Liège vers 1520. MM. Polain et le baron Kcrryn de Letlenhovc ont entretenu rèeeniment rAcadémie royale de Bruxelles de son travail qu'elle vient de mettre au jour.

(’) Jean Froissard, né à Valenciennes en 1338, mort à Chimay vers t-iOO.

(') Enguerrand de Monstrelct, né en 1500, mort en 1J53.

(*) Châtelain, 1104-1174, indiciaire de Philippe le Bon.

(') J. Molinet, -1307, continuateur de Châtelain.

(•) Dynterus, -1448, né près de Bois-Ic-Due et mort à Bruxelles.

(’) Duclercq. On n'a point de documenLs exacts sur les époques de sa naissance cl de sa mort.

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en preniii’r lieu, lliislorien Philippe de Coin mine!; (') ipii, allaché d'abord aux dues de Bourgogne, se trouva gravement offensé, dit-on, par Charles le Téméraire, et se réfugia auprès du roi de France Louis XI, dont il devint un des dignitaires les plus dévoués (*).

Charles le Téméraire était âgé de trente-quatre ans lorsqu'il succéda à son pèrci il s’était rendu célèbre déjà par sa N. I4S.V conduite et sa vie militaire. Né à Dijon , il avait paru avec **■ le plus grand succès dans plusieurs tournois et s’était glorieusement conduit à la bataille de Rupelmonde, quoiqu’il n'eût encore que dix-neuf ans.

Il manifesta de bonne heure la haine qu’il portail, comme son père, au roi de France Louis XL II se mit à la tète d’un parti de mécontents et parut sous les murs de Paris avec vingt-six mille hommes. Le clergé voulut lui faire des remontrances, mais il répondit avec hauteur : « Dites à votre maitre qu’on a toujours trop de motifs contre un prince qui sait employer le fer et le poison , et qu’on est bien sûr, en marchant contre lui, de trouver nombreuse compagnie en route. Au reste, je n’ai pris les armes qu'à la sollicitation des peuples, de la noblesse et des princes : voilà mes complices (‘). » La bataille fut livrée à Montlhéry : un instant l’impétuosité de Charles sembla lui devenir fatale; mais il se trouva bientôt en position de parler en vainqueur.

Après la mort de son père, les Liégeois et les Gantois tentèrent de se soulever, mais Charles sut les faire repentir de leur rébellion. Il dut marcher jusqu'à deux fois

(’) Philippe de Comminc.s, 4445-1500, iic h Commincs sur lo fronlicrc de la France actuelle; sK)n véritable nom était La Clite.

(•) Il n’échappa cependant pas, du moins pendant un certain temps, aux terribles prisons de Louis XI.

(•) Eucyclopcdic univemeUe de Michaux, toiiu* VII, page 701.

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contre les Liégeois, et en dernier lieu il entra dans leur ville avec le roi de France, Louis XI, qu'il semblait trainer à sa suite comme pour le rendre témoin du châtiment qu'il voulait leur infliger.

C’est après ces guerres, et surtout après le siège de IVeuss sur le Rhin, que se développa en lui celle humeur farouche qui marqua si cruellement les dernières années de son règne. On se rappelle avec douleur scs invasions en Suisse et les sanglantes dépouilles qu’il laissa dans l’ossuaire de Moral. Livré ensuite à des mains perfides, il trouva la mort, le o janvier 1477, après un combat opiniâtre, dans une plaine voisine de Nancy.

Charles sera jugé sévèrement si l’on ne considère que ses dernières années, et si l’on n'a aucun égard aux malheurs qui peuvent, jusqu’à un certain point, avoir égaré sa raison : c’était un prince d’une grande magnanimité et d'une instruction remarquable pour son temps. Même en marchant à l'ennemi, il avait avec lui les auteurs anciens qui pouvaient animer ses sentiments et lui rappeler les grands souvenirs du passé. On a conservé en Suisse quelques-uns des ouvrages qui raccompagnaient habituellement; et e’esl avec une partie des livres, en petit nombre, qui formaient alors sa bibliothèque qu’on a commencé, à Bruxelles, la collection à laquelle on a conservé le nom de Bihliolhèt/ue de Bourgogne (').

Une décou verte merveilleuse qui changea rapidement l’étal mot.

intellectuel des principaux pays eut lieu à celle époque. C’est

(') On nommait aulrefuis fUhtiothcque de Bounjo^nc la collection des mannscriLs qui, très-faible d'obord,s*cst successivement augmentée par les achats de manuscrits nouveaux. Cette bibliothèque, conncc aux soins de M. Marchai, en IHôl, avait été jointe, rannée précédente, à la Bibliothè({iie Van Huit hem, laquelle, plus tard, a formé la Bibliolhèqiie nationale.

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