II
nlililali essel cunsulluin , eut non iiujraluin noslrum laborem sperainm fore. II y a de la dcli(;alcsse dans la manière de procéder dcHondius cl de l’eslimc pour son illustre compatriote.
L’un des plus dignes chefs de l’école des géographes flamands, AhrahamOrlcIius,élaitnéà Anvers, le 4avrilIS27. N. 18*7. Son père, Léonard Orlelius, voulut lui donner lui-méme les premiers principes du lalin et du grec; mais sa mort prématurée, qui eut lieu en 1535, ne lui permit pas d'exécuter son projet. Les premières années de notre jeune compatriote furent consacrées à l'élude des mathématiques pures. Voici ce que dit François Sweerl, dans sa notice imprimée en télé de l’édition in-folio qui parut à Anvers en 1603 : In mathemalicis tamen ei propè unica conligit laus, cttm plerumque sine praeceplore , involulas enrum arlium subtilitates, et per se caperet séduit), et caeteris adiniranlibus lucidissimè recUaret. Anno aelalis stiae Irigesimo, muUa magnaque anima agilans et quielis patriae pertaesus, profeclionem in varias orbis plagas cogitare
DiHicillimum sano nobîs fuit in tantâ (abularuni Hi»paniac pcimriâ quidquam
boni et cerli in viilgus edere quamobrcoi licct Gurardus Mercalor vir
doctissiimis etiamnuni supcrsU’S esset, neque sibi, neque alHs simili modo bic satisfaccrc posscl, nus ccrlc pro virili in hiscc partibus describendis » probatissiinüs quosque auclorcs scquuti, nostruin laborcm gcographiac caii* didali.s non ingralum fore sporanius. Potuisset Mcrcator hacc felicius faleor.
Quis cnini bujus accuralas descriptiuncs , diligcntiam, curam et judicium iinitabilur? Quani nilidè, quam eleganter, quant accurntc, quam ad aiiius* sim, quanio judicio quidvis fccil! Laudatur non immeritb Spkculuii orbis a Gerardo de Judacis edilum : laudatur viri diligcnlissimi Abrabami Ortclii TiiCATRtM: Laudaritur et aliorum non coutemnenda opéra. Sed si cum Mcrcatoris opéré cnnferast longé buic poslponeiida quivis vcl mcdiocriter ductus judicabiU In illorum enim labuiis desuni plcrumquè longitudini.s latiludinisqup gradus : imo et ubi babenlur, sine mensurà certà etordine addili. OmiKoct alla in quibusauctoruni ncgligeiitià,veldircctoris insciliâ pccratum...
— lao —
vnepil. Ce ne fui guère que vers l'àge tle Ireiile ans eu effel qu'il commença à s’occuper aclivcment de la géogra|ihie. Scs goûts, cl peut-être It; voisinage de Mcrcalor, le portèrent vers réludc du glolte : il s’en occupa de la manière la plus pcrscvcranic et conçut la grande pensée de faire un atlas universel. Ce vaste travail était déjà exécuté à moitié, lorsqu'il en parla à son savant ami. Mercator ne crut pas devoir lui cacher qu’il avait eu la même pensée et qu’il avait terminé son œuvre; mais ce grand homme avait déjà réussi à faire sa fortune, et il sentit que celle de son jeune ami restait encore à faire. Il ajourna généreusement la publication de son travail jusqu’à ce que la seconde édition de l’ouvrage d’Orlelius eût été publiée. De lo7l à 1.^87, il parut sueeessivemenl cinq éditions du Théâtre du monde, sans compter les contrefaçons et les traductions qui furent publiées dans différentes langues. Le roi d’Espagne, Philippe II, voulut témoigner à Ortclius l’estime qu’il avait pour ses talents : il le nomma son géographe en titre et le décora de son ordre. Le duc d’xVIbc fut chargé de lui transmettre le décret royal peu de jours avant de résigner le gouvernement des Pays-Bas (le 17 novembre IS75).
Notre savant compatriote avait senti le besoin d’aller étudier les pays étrangers qu’il avait à décrire. Il entreprit avec son ami Vivien, l’un des savants archéologues de cette époque, un voyage dans la Hehiique et la Germanie inférieure : les deux savants s’étaient parliculicremenlatlaehés à étudier tout ce qui tenait aux éludes géographiques et à l’archéologie (1375).
Dans une autre excursion, il parcourut l’Angleterre et l’Irlande avec I historien Van .Meleren, son compatriote; et dans trois voyages (|u'il lit en Italie, il put recueillir d’utiles et abondantes riele sses pour faciliter ses travaux.
Sou dernier voyage dans ce pays eut lieu en 1578; il le parcourut alors avec Georges Houfnagel d'Anvers et en rapporta de nombreux documents. Il s’occupait particulièrement de réunir des antiquités et de compléter son cabinet de monnaies et de médailles anciennes ; c’est de son musée (ju’on tira la plupart des modèles qui figurèrent plus tard dans le recueil présentant les physionomies des dieux et des déesses de l’antiquité.
Il publia également une Syjiomjmie géographique, qu'il donna, avec des additions considérables, sous le nom de Trésor géographique. Ces divers ouvrages témoignent de la variété et de l'étendue des connaissances de leur auteur.
Ortelius mourut le 28 janvier 1598, à l'àge de soixante et onze ans : il fut enterré à Anvers dans l’abbaye des prémonlrés. Il était resté célibataire et ne laissa qu’une sœur, Anna Ortelia, qui vécut, comme lui , dans le célibat et qui mourut peu de temps après son frère (en 1600). Ortelius avait pris la devise suivante: Conlemno et orno, meute et manu. Ces mots peuvent paraître fiers, mais ne seront pas désapprouvés par les véritables amis de la science.
François S\veert,dans l’aperçu placé en tète de l’édition des œuvres d'Ortelius, qui parut en 1605, donne le portrait suivant de notre savant : Fuit Ahrahamus staturâ longiore , corpore gracili, conui barbàque flavi coloris , glaucis oculis; fronte ad laudeut exporrectà ; aditu facilis, et alloquio perhumanus. In seriis sine fastu, gravis, inserendis jocis suavissimus evadebat, ed tainen temperie, ut cuncta ad christianain pietatem revocaret (').
(*) Sc8 principaux ouvragr.8 sont :
Synnntjmia tfcayraphica j IÎÎ78, in-t“» à laquelle il domia plus ile déve* loppenient dans le Thrsaurum geotjraphicum , I5S7 cl 1596, iii-fol.j
Thrtttrmn lerrarnm , qu'on a souvrnl rrlonché et qui est traduit en
Comiiu- 1rs «uvrngrs d’Oiirlius, de même que ceux de Mereator ('), élaient d'un prix fort élevé et que leur format in-folio était peu eommode, on produisit, dans les dilTérenls pays et dans les différentes langues, des éditions petit in-quarto qui se vendirent avec la plus grande rapidité. Il en parut à Anvers une édition française, dédiée aux areliieliidues Albert et Isabelle, par les soins de Jean-Baptiste Vrienls, l’un des amis d'ürtelius (*).
On a aussi un écrit d'Arnoldus Mylius, originaire de Vryemoer$beim,qui fait suite au lliéùlre d'Ortelius et qui porte pour titre : Locorum (jeographicorttm nomina anliqua et recenlia. Mylius habitait alors Anvers et était typographe; plus tard il s’établit à Cologne, où il reçut le
UiOcrcnlCÂ tangues. Michel Coignot en a cxlrait suii épitome. Anvers, <570, in>ful., avec cinquanle-lrois cartes;
/(incrarium per ttnnmtllfrs Galliac lieJgicae parteXf ab OrtcHo et J. Viviano. I5SK;
Jurri sacciili hnago, où il peint les mœurs des anciens Germains. Anvers, <596,
F. Swecrlius donna, après la mort d'Ortelius, une description de scs anciennes médailles : Deorum Drarnmtiue capita.
(’) D'après rcxcmplaire que je possède, je vois, par une ancienne inscription écrite, que, un an apres la publication de l'ouvrage, ü avait été vendu soixante florins à l'acquéreur: c'ctail sans doute te prix de vente, qui cluil assez considérable pour l'époque.
(*) On lit dans l'cpilrc dédicatoirc : ■ Abraham Orteliiis, AA. SS., cet excellent géographe de notre temps cl celui de la Catholique Majesté, du roi Philippe II , votre père , lui dédia vivant son Théâtre du monde y et en faveur de la nation espagnole, Christophe Plantin , imprimeur de Sa Hoyalc Majesté , Je fit traduire en espagnol et le dédia à Philippe, son fils, lors infant cl à pré.scni heureux roy des Espagnes. Incontinent après, en faveur de ceux qui voyagent (et qui ne peuvent sc charger d'un si grand volume, plus propre à tenir la chambre ou l’étude que d'clre mis en malle), il s’advisa d'en faire un abrégé.... Or, ayant acquis «les héritiers d’Ortelius tous scs travaux et veilles, pour les •llviilguer «le mon impression, e'«*st si Vos .\llc>s«‘s
litre (le sénateur ('). Il mourut en 1604, c'est-à-dire environ six ans après Ortelius.
Michel Coignet (ou Cognet) d’Anvers fil partie de cette n. tiw brillante réunion d’hommes qui , par le prestige de leurs ' connaissances variées, élevèrent si haut la ville d’Anvers.
11 donna en IS8I, en formai in-12, un ouvrage français intitulé : Instruction des points les plus excellents et nécessaires touchant l’art de naviguer, « ouvrage bon pour le t(‘mps, dit l'historien des mathématiques, et dans lequel il annonçait d’ailleurs, comme de son invention, un moyen facile cl sûr pour naviguer est cl ouest, c’està-dire pour déterminer la longitude. C’élail par le mouvement de la lune; mais en cela il était, comme tant d’autres, loin de son compte (’). » On peut craindre que le géomètre français n’ait pas exprimé clairement sa façon de penser, et qu’il laisse supposer qu’on ne puisse déterminer les longitudes à l’aide des montres ou des chronomètres.
Or Coignet s’était spécialement occupé de cet objet, cl il paraissait en avoir des connaissances assez étendues.
Il publia, un Epitome ou réduction de l’ouvrage d’Orlclius, qu’il donna avec des témoignages d’une grande estime pour son auteur et qui prouvent qu’il savait dignement l’apprécier (’).
Adrien Romain avait une estime particulière pour Coi-
que j'ai voué ce livre.... •• — En 1995) il en parut une édition ilalicnnc par les soins de J. Paulcl et de rasscnlinicnt d'OrlcIius \ il est dit, dans 1 epltrc dédicatoirOf qu'il en avait déjà paru des éditions latines et françaises.
(') Fopprns cite encore de lui un ouvrage i|tii renferme une collection de portraits des souverains de la Pologne : Prineipum et regum Pohnontm fffigiûy cHtn commentariOf etc.; Coloniac, 4994, iii>fol.
(*) Montucla, //isloire et mathémaiiquety t. Il, p. 697, à Paris, an VII.
{*) Malgré sou incriU*, Michel Coignet ne trouva pas te chemin de la fortune. D'après Foppens, la plupart de ses éerits durent rester eu mauu-
^nel. Voici le jiigcnicnl qu’il en porte dans la notice sur les géomètres eontcmi)orains qu’il met en tête «le ses Ideae matliemalicae : (') « Très-versé dans toutes les parties di*s mathématiques, comme le jirouvcnl et le prouveront tant ses ouvrages imprimés en diverses langues que ceux «pi’il a en manuscrits sur l’arithmétique, la géométrie, la stéréométrie, la géodésie et l’astronomie, ouvrages remplis d’un savoir singulier et qu’il a bien voulu me montrer quand j’allai le visiter à Anvers. Je passe sous silence scs belles mécaniques qui font l’admiration des connaisseurs. Je ne dis rien non plus de diverses horloges qu’il a construites pour la ville d’Anvers, d'après une théorie exposée dans un traité exprès. J’, ajouterai .seulement qu’il s'occupe avec ardeur de la recherche des mobiles secondaires et que bientôt il présentera de nouveaux principes sur cette partie de la mécanique. » Ce jugement paraîtra exagéré, mais on peut voir par les expressions honorables de diiïérents savants et par le titre de mathématicien des princes Albert et Isabelle, dont il fut honoré vers la lin de sa vie, qu’il jouissait au moins d'une grande réputation , «■t particulièrement parmi ceux qui pouvaient rajtprécicr. .Michel Coignet occupait, comme attaché à la maison des archiducs, une position de confiance, si elle ne fut pas lucrative; et du moins , après sa mort (’), l’infante Isabelle se montra favorable à sa veuve.
scrit: irithmcticaj Gcomclricay Sterenmetrienf (icodeUen rt A^lrouomica f'arii* lingui* couirripta et fimjttUtri dodriml rr/Vr/a, è tinilun jdcraqitc wmgunm édita Mccrnatem L'xpccfarimt f qui in Uteem produccret. (À'pviidaiit Coignvl, comme l'iiuliquc répigraphe iiiscrilc sur sou tombeau, était mathématicien des princes séréiiissimes Albert et Isabelle.
(') Nous empruntons la traduction françai-sc que M. de IteilTcnbcrg a insérée dans le I. VIII, p. Ô27, de notre (^orrespoadaticc tnathcmntique.
(*) Il mourut le 24 décembre Ilî25, dans i.i ville d'Anvers, où il était né en 1510. Voici de quelle manière titiieeiarilin , «lans •‘a fhareipHnn drx
Ce géographe itislingué ii’élail pas seuleineiil versé dans la connaissance des sciences, il s'occupait aussi de la littérature et faisait avec facilité des vers latins : on trouve ceux qu'il adressa à Frédéric Saminiati en tète de l'ouvrage que fit imprimer ce savant dans le cours de l’année 1599. Saminiati était espagnol et s’était établi en Belgique; il publia, dans le format in-4'>,iinc série de tables astronomiques, Tabulae aslronomicae, qui devaient particulièrement servir pour la navigation et qui furent accueillies avec faveur.
« Nous avons réduit ces tables au méridien d'Anvers, disaitil , afin de pouvoir les faire servir à tous les climats de l’Europe. » Il montre en effet les moyens qu’il convient d’employer et les corrections qu'il faut faire à ses résultats pour les approprier aux autres points qui nous entourent : on eonçoit qu’un pareil travail, surtout au milieu de l’élan rapide que prenaient alors les sciences, ne pouvait avoir qu’un but d'utilité très-limité et devait faire plaee aux tables fondées sur des eonnaissances plus étendues et sur des théories mieux établies.
Un autre géographe de mérite était Cornélius Jode, t’*
d’Anvers, qui vivait a la meme epoqiie. Il avait parcouru la Norwége , le Danemark, l’Islande et d'antres régions éloignées; malbeureusemenl il fut enlevé à la fleur de son âge. En revenant d’Espagne, il voulut rapporter avee lui une
Pays-üaSf sVst exprime sur le mérite du nialhétnalicien anversois :
« Michel Coignel, jeune homme de grand esprit et savant en mathcmaliques, ainsi ((irU Ta montre par sa nouvelle Instruction sur Vart de navigiter, qu'il a mise sous presse, et dans laquelle, outre plusieurs beaux et utiles instruments qu'il a inventés ^ il enseigne aux pilotes et mariniers le moyen de prendre au vrai la distanec en lieues dans les voyages qu'ils font du levant au ponent, ou du poncnl au levant. •
On cite un Gilles Coignet d'Anvers eomme un peintre paysagiste distingue (lîSôO-lfiOO); on peut .supposer qu'il était parent de notre mathématicien.
ISC8.
grande quunlité d’or qu'il avail gagnée pendant scs voyages; mais en elierclianl à éluder les décrets royaux qui défendaient l’exportation de ce métal précieux, il devint victime de son imprudence. Il se fit une cuirasse d’or, et, par suite d'un brusque refroidissement, il fut saisi d’un mal de poitrine et mourut en 1600, à peine âgé de 30 ans. Il fut enterré à Sainte-Waldeburgc, et ses frères lui firent dresser une épitapbe commémorative. On a de lui une introduction géographique aux tables de l’Europe et du reste du monde : InlroducHo geographica in tabulas Europae, Àsiae, Africae ef .'/merfeoe; in-folio, IS93.
Le goût des études survivait eneore, du moins pour les travaux composés en dehors des idées politiques : on a pu voir en effet que les pensées des hommes les plus distingués SC portaient surtout vers les connaissances de la géographie et du système du monde. Il ne pouvait en être autrement à une époque où les sciences recevaient une impulsion si puissante par les découvertes qui se faisaient et s’annonçaient chaque jour dans les différents pays. On cherchait à s'associer, au moins par la pensée, aux dangers des voyages lointains et à prendre part aux inventions qui se multipliaient. Dans ce mouvement général, les travaux purement didactiques n’étaient pas négligés; les observations que nous avons signalées déjà pour la connaissance générale du globe, étaient secondées parles autres travaux scientifiques, qui leur prêtaient un appui nécessaire.
Les voyageurs belges continuaient également à se distinguer par leurs excursions dans les climats nouveaux dont on cherchait à étendre les découvertes. Nous citerons en particulier François Pyrard de la Val, qui était de Stembert près de Verviers. Il s’était établi à Saint-ilalo en France, où il fil fortune, et équipa deux navires au moyen desquels
il all:i visiter le Drésil, les iles Maldives et les Molii(|ues. Il fut mallieureux dans eette expédition nautique; les deux bàtimenis quittèrent Saint-Malo en mai 1601 ; la diseipline y était très-mauvaise; et, le 2 juillet 1602, le Corbin 6t naufrage sur les Maldives par la faute de son capitaine. Le second vaisseau, le Croissant, se dirigea vers Sumatra; l’équipage y fut aecueilli, mais le personnel se répandit dans l’intérieur du pays. Ici se présenta une série d’accidents pleins de détails pittoresques : Pyrard passa sucecssivement entre les mains de dilTérentes nations; plusieurs fois il vit la mort de près, et ce ne fut qu’au bout de dix ans qu’il parvint à rentrer en France. Il publia, aussitôt après, le récit de ses infortunes sous le titre: Discours du voyage des François aux Indes orientales, ensemble des divers accidents, adventures et dangers de l’autheur en plusieurs royaumes des Indes, etc. Traité et description des animaux, arbres et fruits des Indes , etc. , plus un brief advertissement et advis pour ceux qui entreprennent le voyage des Indes. Paris, I6H, in-8°; et 1619, 2 vol. in-8". Les voyages de Pyrard sont souvent eités par Buiïon, dans son Histoire naturelle de l’homme et dans sa Théorie de la terre; Raynal et plusieurs autres .savants distingués le eitent également avec éloge. Pyrard donna à la France la première idée d’une eompagnie des Indes, et il en fut nommé le premier armateur (').
Plusieurs de nos savants Belges, dans ces Umips d'agitation cl de trouble, s’étaient réfugiés à l’étranger sans qu’on ait pu eonserver de Iraees de leur nouveau séjour, ou bien les renseignements recueillis sont insuffisants pour se faire
(’) Voyez le Dirlionnairc biographique det Belge», par Pounels de Vis. 1 roi. grand in-8". Bruxelles, chez Perielion, 1813.
iiiic idée un peu exaclc <lc Inir mérilc cl des motifs de leur éloigncmciil.
VulcriusRegnarlius, savant belge, s’élail réfugié à Rome; il y écrivit, en 1610, un ouvrage mentionné par Foppens et par Valère André, sous le titre Dc.Éslrolabiorum et ulriusfjue plaiiisphaerii universalis et parlicularis usu, in-4“.
Vers la même époque, un autre de nos eompalriotes se fixa également en Italie : e'étail le Gantois Adrien l'odesehinus; il devint capitaine de la cohorte pontificale sous le pape Paul V. On a de lui un ouvrage sur la castramétation et sur les machines de guerre : De Castroriim metalione et machiniti bellicis commentarhim , dont Foppens nous a eonser\é le litre: on peut fixer la date de eet ouvrage à 1610, comme celle de l’ouvrage de Valerius Regnartius dont nous venons de parler.
D’autres savants restèrent en Belgique, mais ils firent imprimer leurs ouvrages à l’étranger, ou par prudence les gardèrent en manuscrit; ainsi, nous ne connaissons que par les assertions de Foppens plusieurs malhémalieiens qui prirent le parti de ne pas livrer leurs travaux à la publicité. Peut-être est-ce à une cause semblable que l’on doit le silence de Gerardus Drunæus, ebanoine de Tongerloo, qui était, parait-il, un mathématicien habile et qui s’oceupait de la construction des instruments. Il a donné des tables des sinus, des tables pour les ascensions droites, d’autres pour les parallaxes; il s’occupa aussi d’écrire sur l’astrolabe, sur le lever et le coucher des astres , sur les fêles mobiles, etc; mais ses divers écrits n’ont probablement pas été imprimés. Foppens, dans sa BibUotheca Belgica, n’indique point l’époque de sa naissance, mais il rapporte sa mort au 25 janvier 1601.
Nous citerons encore Ægidius Guillon, ecclésiastique
lü!) -
liégeois, qui enseigna avee disliiieliuii les sciences inalliéinatiques dans sa patrie cl qui se rendit ensuite à Knine. Il écrivit en français plusieurs ouvrages, entre autres les Principes de VurUhméli^ue ; il y fait intervenir des exemples puisé,s dans les documents religieux. Cet ouvrage a été imprimé à lâége, sous formai in-8®, en 1604. Guillou a fait paraître également, et de rassenliment de l'auteur avec qui il était lié, une traduction française de l’Algèbre de Cli. Clavius. Liège, in-4®, 1612.
II mourut à lu fleur de l age, laissant inédits dilTérenls écrits sur la fortification des villes, sur les éléments d’astronomie, sur l’optique, ainsi (|ue sur les principes desseienees mathématiques.
Juste Lipse (') et Rembert Dodonée (*), quoique spécialement occupés des lettres et des sciences naturelles, n’étaient eependanl pas étrangers aux sciences positives. Il serait diflleile d’omettre les noms de ces hommes distingués, en parlant des travaux faits en faveur des sciences pb ysiques. M. le professeur Ekama, qui a écrit sur les Frisons les plus remarquables, cite un ouvrage de Dodonée, De Spherd sive de aslronoiniae et geographine principiis, cosniographiae isagoge, (|ui a joui d'une eertaine réputation. La première édition parut en 1547, l'auteur en donna une seconde en 1584. Cet opuscule ne se compose que d’une centaine de pages in-I8; il est rédigé avee ordre, mais il se ressent naturellement de l’insuflisance des connaissances qu’on avait alors sur l'ensemble de l’univers.
Nous devons regretter de troin cr à peine (|uelques ren-
{*) Juste. Lipso naquit n Isqiie pràs de Bruxelles en 1517, cl il mutirul à Louvain le ^3 mars 1605.
(*) Dodonée, Dodnens ou plutôt Doedes, était né à Matines en 15lHj il mourut à Leydc en 1585.
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seigncments sur difTéreiits suvanls qui ont servi leur pays d’une manière utile, soit par les ouvrages qu’ils ont éerits et dont le souvenir est presque elTacé, soit encore par les élèves qu'ils ont formés ; nous citerons entre autres Olgerus a f'ivariis, qui était né dans le pays de Liège. Valère André et Foppens louent son antique simplicité et parlent en même temps avec éloge de scs connaissances en mathématiques. On a de lui un ouvrage intitulé ; De ConsUtulione fyurae coelesfis, tempore inauguralionis Ferdinandi, principis Leodiensis, die 27 jan. 7613.
Le silence qui s’est successivement établi sur ces ouvrages et sur ceux que nous citerons ci-après semble tenir moins aux idées politiques qu’au peu d influcnce qu’ils ont exercé dans le monde savant. Ainsi Ilenricus a Lindhout, de Bruxelles, docteur en médecine, publia, d’après Foppens, p. 456, et Valère André, p. 361, les deux ouvrages suivants : Spéculum astrologiae in quo vera astrologiae fundamenla et genethliacae arabum doclrinae vanitales demonstranlur; Hambourg, i597, in-4" : Traclalum astrologicum seti introduclio in phgsicain judiciariam; Lipsiae, 1618, in-4°.
Le docteur Ph. Poelardius, chanoine et doyen de Saint- Sauveur, à llaerlcbeke, donna de son côté trois livres sur les nombres et sur la manière de pbilosopber des pythagoriciens; ils portent le titre d'Ætiologiae sive characlerismi de modo philosophundi veterum, mais il paraît qu’ils sont restés en manuscrit dans la bibliothèque de l’université de Louvain.
C’est aussi vers la même époque que Martin Everaerts, de Bruges {Marlinu.s Everardus)., docteur en sciences et en médecine, publia, à Anvers et à Heidelberg, des Ephémêrides météorologique.^ , écrites en latin pour les années
1583 à 1615; il fil fsl parlé dans Fup|iens, ainsi qiif dans la Bihliotheca beUjica de Vnlère André, page (ioO. (les éphémérides sonl menlionnées encore dans quelques autres écrits; maison conçoit qu'un recueil pareil, au milieu des progrès de la science, ne put guère obtenir qu'un succès éphémère et qu'il est dilllcile d’eii retrouver aujourd’hui des exemplaires même dans les bibliothèques |iubliques.
Un recueil semblable a été publié par Jean Franco, n médecin bruxellois, qui eut une prébende dans la métropole de Cambrai. II écrivit en flamand un ouvrage qu’il fit publier à Anvers en 1594, et dont le titre traduit était : Ephémérides météorologiques , ou grande prognostication et journal des surprenantes révolutions de l’univers, mais particulièrement des inclinations favorables des astres par rapport aux Pays-Bas. L’auteur était né à Eersel, dans le Brabant, vers le milieu du XV1">' siècle, et il mourut h Cambrai, le 16 août 1610(‘). Cet ouvrage indique également combien la science était encore peu avancée, et combien il était facile de lui faire dire tout ce qui passait par la tête de ces jirétendus savants.
Le Liégeois Jean Galleit, architecte habile, était issu d'une famille du Hainaut; il dédia au prince Albert un ouvrage qui ne nous est point parvenu, mais que Foppens a signalé, dans sa Bibliothèque belge, sous le nom A’Epitome arithmetices novae conside7'ationis.
Si nous reportons nos regards sur l’université de l.ouvain, nous trouvons qu'elle avait gagné depuis son origine: les sciences mathématiques s’étaient développées sous l'influence de Gemma Frisius, et, après avoir été stationnaires
(*) /hographisch-iilerarisekes f/attdu'àrtrrbuch, Poggt*ridm‘(T, P' vol., p. 790, iii-8*. l.^ipzig, 1839.
pondant quelque temps, elles avaient repris un développement nouveau par le présenee d'Adrien Romain et de Juste Lipse. Ces deux hommes, bien qu'ils ne fussent pas également distingués par leur mérite comme mathématiciens , ont cependant laissé leurs noms dans les annales d<! la science.
N. 1501. Adrien Romain {Fan Roomen)^ médecin et mathémati- " cien de talent, était né à Louvain, le 29 septembre 1S61; il appartenait à la noblesse et fit .ses premières éludes à Cologne. 11 revint ensuite prendre ses grades à l'université de sa ville natale, quelque temps avant l'époque où la peste fil périr plusieurs de ses professeurs('). Ce fléau lui fil abandonner sa patrie. Il passa à Paris et de là se rendit dans les principales villes de l'Italie. En IS86, il revint en Belgique et fut choisi pour enseigner, à Louvain, les éléments des sciences mathématiques, qui y avaient été négligées depuis la mort de Gemma Frisius.
Il publia alors sa Méthode des poh/gones, ouvrage remarquable à plusieurs égards (*). Il y donne le rapport de la circonférence d'un cercle à son diamètre, avec quinze décimales : c'est la détermination la plus exacte que l'on eût calculée jusque-là. Elle se trouve reproduite, sous son nom, dans plusieurs traités de géométrie et donne pour valeur, en prenant le diamètre comme unité,
CirconftM’cncc du wreïo = (.
Le reste de l'éeril ne renferme qu'un développement de
(*) Nous avons déjà VU qu’en lî)78 l'uîiîversilc de Louvain perdit plusieurs de scs prnfe.sscurs, et entre autres Cornélius Gcninin et Pierre Beausnrdus.
(■) /(ieap mafhemaiicac pars printa, sive meihodus polygononwt, etc . , yfdr, fiomano lovanirnsi , mrdico et malhentalirOf in-i®; Louvain. Le premier privilège, donné à Briixclle.s, date du 7 novembre 1500.
Uuiles les valeurs que l'on peut obtenir a\ee ce rapjiort; car, comme l'auteur le dit lui-même, liaec f'er'e siimma est libri illiiis, qnain hoc loco referre libuit, ut tisus horum Ubrorum maqis innotesceret.
L’ouvrage est dédié à Clavius, père jésuite, dont Adrien Humain fait le plus grand éloge, dans rénumération des principaux mathématiciens de son époque qu'il donne en tête de son livre. On y trouve parmi les Belges les plus distingués Michel Coignel, Kicolas Peetersen, Simon Stévin, etc.
A la fin de 1390, Adrien Romain fit paraître, à Louvain, son Uranographie ('), ouvrage plus spécialement destiné à faire connaître au vulgaire, peu familiarisé avec les écrits des savants et surtout de Plolémée, les idées alors accueillies sur la structure de l'univers. On conçoit que ce traité, formant en quelque sorte un cours d’astronomie élémentaire, présente peu d’intérêt, aujourd'hui que la science a pris une tout autre marche et a réformé en général les idées de nos aïeux sur la nature des corps célestes.
A ectte époque le célèbre Joseph Scaliger, professeur à Leyde, oubliant son vrai mérite, se donna en spectacle par scs ridicules prétentions sur la quadrature du cercle. Il publia en 1392 son écrit JSom cijctometriu cl fut réfuté successivement par Clavius, par Viète et par Adrien Romain (’). Notre compatriote qui, par ses nombreuses relations, avait toujours fait preuve de l'esprit le plus conciliant, ne parvint cependant pas à trouver grâce aux yeux
(’) L'ranographia iive coeli dcêcriptio f iii-i". Kouviiin, 7 ticccmbrc 1500, (') Vuyez riiistoirc de la géographie, par M. Chasles, pages i45 et i4(i : .)lcmoir€s couronnes de V icadémie royale de HruxcUeSf 1859, Ionie II. — l/üuvrage d'Adrien Romain a pour litre: .ipologin pro Archimède ^ ad darifsimum Josephum Scaligerum. Exerrilationes cyclicae conlra J. Scaligernm f Oronliuin Futneum d /tnymarutn Frsum f in derem dialftgos disfinrtae. iii’zhmgi , 1H07, in-fol.
ir.t —
(le son conipétileur : Sealiger répondit avec beaucoup d’humeur, mais sans améliorer sa cause. L’écrit d’Adrien Romain subsista comme un des ouvrages didactiques les plus intéressants qui soient sortis de sa |dume. Sa réponse renferme sur les mathémaliques en général des vues très-justes et qui pressentaient l'espèce de révolution que les idées savantes auraient bient(>t à subir.
Vers l'année 1594, le roi de Hongrie, Rodolphe 11 , avait décoré Adrien Romain d<! l’ordre de la chevalerie, en lui témoignant l'eslime qu’il faisait de ses talents. En même temps il avait déterminé notre célèbre compatriote à aller s’établir comme professeur à l’université de Wurzbourg.
On peut juger du dévouement pour la science et de la probité d’Adrien Romain par un incident qui eut assez de retentissement et qui se trouve raconté par deux hommes distingués, l’historien de Thou et Tallemant des Réaux. Les deux récits sont également exagérés et fautifs, quoique le fond en paraisse véritable : à cause de sa notoriété, nous citerons la version de Tallemant des Réaux : « M. Viète était un maître des requêtes, natif de Fontenayle-Comte, en bas Poitou. Jamais homme ne fut plus né aux mathématiques ; il les apj>ril tout seul -, car, avant lui, il n’y avait personne en France qui s’en mêlât. Il en fit lui-même (dusieurs traités d'un si haut savoir qu'on a eu bien de la peine à les entendre, entre autres son Isagoge ou Introduction aux mathématiques. Un ^Illemand, nommé Landsbergius, si je ne me trompe, en déchiffra une partie, et depuis on a entendu le reste. Voici ce que j’ai appris touchant ce grand homme. Du temps de Henri IV, un Hollandais, nommé Adrianus Romanus, savant aux mathématiques, mais non tant qu'il croyait, fit un livre où il mit une proposition qu’il donnait à résoudre à tous les mathémali-
tiens de l’Europe; or, en un endroit de son livre, il les nommait tous et n'en donnait pas un à la France. Il arriva, peu de temps après, qu'un ambassadeur des États vint trouver le roi à Fontainebleau. Le roi prit plaisir à lui en montrer toutes les curiosités et lui disait les gens excellents qu'il y avait en chaque profession dans son royaume. — Mais, Sire, lui dit l'ambassadeur, vous n’avez point de mathématiciens, car Adrianus Romanus n’en nomme pas un Français dans le catalogue qu'il en fait. — Si fait, si fait, dit le roi, j’ai un excellent homme. Qu’on m’aille quérir M. Viète. — M. Viète avait suivi le conseil , il était à Fontainebleau; il vint. 1/ambassadcur avait envoyé chercher le livre d’Adrianus Romanus. On montra la proposition à M. Viète, qui se mit à une des fenêtres de la galerie, où ils étaient alors, et avant que le roi en sortit, il écrivit deux solutions avec du crayon. Le soir, il en envoya plusieurs à cet ambassadeur et ajouta qu'il lui en donnerait tant qu’il lui plairait, car c’était une de ces propositions dont les solutions sont inrmies. L’ambassadeur envoie ces solutions à Adrianus Romanus qui, sur l’heure, se prépare pour venir voir M. Viète. Arrivé à Paris, il trouva que M. Viète était allé à Fontenay. A Fontenay, on lui dit que M. Viète est à sa maison des champs. Il attend quelques jours et retourne le redemander; on lui dit qu’il était en ville. Il fit comme Apelles qui tira une ligne. Il laisse une proposition; Viète résout cette proposition. Le Hollandais revient; on la lui donne, le voilé bien étonné; il prend son parti d’attendre jusqu’à l'heure du dincr. Le maître de requêtes revient; le Hollandais lui embrasse les genoux. M. Viète, tout honteux, le relève, lui fait un million d’amitiés; ils dînent ensemble, et après il le mène dans son cabinet. Adrianus fut six semaines sans pouvoir le quitter. »
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Ce récit, fait pur un littérateur spirituel, mais nullement au courant de la science, surtout quand il faut porter un jugement entre la Franee et un des pays voisins, renferme différentes erreurs : une des moindres est de faire d’Adrien Romain un malliénialicien hollandais ('). Charles Bossul, qui était cependant historien des sciences mathématiques, fait, de son côté, de notre compatriote un géomètre allemand. Voici comment il s’exprime à l égard d'un travail de mérite pour lequel il rend du reste justice à notre compatriote : « Il serait aussi inutile qu’ennuyeux de citer ici une foule de géomètres qui écrivirent en ce temps-là des ouvrages fort estimables, mais peu profonds, et aujourd'hui presque entièrement oubliés. Je nommerai cependant deux mathématiciens allemands , Pierre Metiiis, Adrianus Romanus, et un mathématicien hollandais, l^endolphe VanCeulen(*): tous trois auteurs de differentes méthodes pour déterminer d’une manière beaucoup plus approchée qu’on ne l’avait fait encore le rapport de la circonférence du cercle au diamètre (’). »
Selon les habitudes de l’époque, Adrien Romain avait proposé un problème à tous les géomètres, et Viète lui en avait envoyé la démonstration: mais en même temps ce dernier savant proposait au géomètre de Louvain de mener un
(’) ■ Atlripii Roninin et Viète, riiii en Bt'lgit|ue el l autre en rrniice, so rencontrèrent dans un nouveau dcveioppemeiU de trigonométrie »(77«? assurance nuujnzinCf vol. A, part. 5, n* XV ; avril iHîH, page 198). (U‘IU* coïncidence d idées sur un inénie sujet ii’expli«jue-l*clle pas mieux reiilrevuc des deux géonirires que les idées mises en avant par l'écrivain français?
(*) Dans ce peu tic mots il y a plusieurs erreurs ; liscx Adrien Meliiis, d'AIcktuaer, en Hollande, et non Pierre Métius, .4llcmand; lisez .Adrianus Uomanus,de Louvain et non .4llcmund\ eidiii lisez l.eudnlphe VaHilcuhn (de Cologne) cl non de //oflnnde.
(•) Hisinirr des ninfhciuah'qncs^ par Cli. Ionie I’’*’, page iHli.
irrcle langent à trois cercles donnés. Adrien Koniain résolut le problème par l’intersection de deux hyperboles ; mais cette solution ne rentrait pas dans la rigueur de la géométrie ancienne. Vicie le lui lit observer, et il en présenta à son tour une solution qui avait toute la rigueur désirable.
Kn 1606 parut \c Spéculum aslronomicuni qu’Adrien Homain 6t imprimer dans sa ville natale et qu’il dédia à l’archiduc Albert. Il semblerait que notre géomètre 6t un voyage dans sa pairie pour veiller à l’impression de cet ouvrage. (!et écrit, qui a principalement pour but de faire connaître les phénomènes de la sphère céleste, est précédé d’un traité élémentaire de trigonométrie sphérique. L’auteur revint sur ce dernier sujet en 1600, et publia à Mayence un traité spécial sur les triangles sphériques, sous le litre de C.unon Iriaugulorum sphericoruin. Il s’est cITonîé avec succès de donner à cette branche des sciences une marche plus rapide et de réduire toute la trigonométrie à quelques principes simples que l’on peut saisir sans peine et soumettre au calcul avec facilité. << On a de lui une trigonométrie fort ingénieuse, dit Monlucla, page 579, tome 1“'', où les vingthuit cas de celle partie de la géométrie sont, au moyen de certaines projections, réduites à six seulement. Elle parut en 1609, sous le titre de Canon Iriangulorum , etc. » (').
{*) Di'Intnbrc pnrli' avec éloge «Ic.s travaux d'Adrien Romain, u EIFrayc de riiorribic prolixité de Rheticus ctd'Olhun, dit-il, il réduisit toute la Irigonumctrie spiiériquc à six prohlèmcs, dont tous les autres ne sont que des cas particuliers. Il guiilc peu le moyen des pcrpondiculaircs qui partagent un triangle quelconque en di'ux rectangles; il préréruit les pratiques indiquées par V'iète, mais son analyse lui en fournit ensuite do nouvelles qu'il juge beaucoup plus expéditives; enfin il chercha a renfermer dans un problème uni(|uc tous les cas qui peuvent se présenior, et à les renfermer dans line règle générale cl facile à retenir. Ce qui sc réduit à dire qu’il dispose un peu difTéreniment le> calculs.»' (//ut/oiVr de Vn^trommic moderne, l. Il, p. oh.)